L. Autom. psych
LES ANESTHÉSIES.
sensations symétriques D et G sont très semblables ; pendant les périodes d’hypoesthésies elles ont été confondues et à ce moment, comme on vient de le voir, il n’y avait plus de distinction des deux côtés du corps. Il en est résulté une association entre ces sensations, telle que la présence de D amène dans l’esprit l’image de G et réciproquement. Le sujet plus sensible pourrait maintenant les distinguer l’une de l’autre, mais par suite de l’association précédente, il ne les a pas isolément dans l’esprit mais toujours successivement. Par une illusion, je ne sais laquelle, peut-être par cette loi qui nous fait accorder plus d’importance au phénomène final d’une série et oublier le signe quand nous tenons la chose signifiée, il oublie la première sensation provocatrice D, il ne la perçoit pas dans son champ de conscience, il ne saisit que l’image évoquée G. Cette image étant assez nette, il la localise bien, mais elle correspond seulement au point symétrique du point excité h
On s’étonnera peut-être de me voir insister un peu sur ce petit fait; on verra plus tard, quand nous parlerons du mouvement, qu’il se retrouve dans plusieurs circonstances et qu’il est indispensable de le bien connaître pour étudier un phénomène qui a beaucoup intéressé les observateurs, celui du transfert.
6“ Anesthésies des sens spéciaux. — Je passe sous silence les anesthésies du goût, de l’odorat, de l’ouïe dont les caractères sont connus. On sait que la dernière est fort rare et toujours unilatérale ^ On sait aussi que ces anesthésies laissent subsister des phénomènes subconscients incontestables. Quoique Witm. ait une anesthésie complète de l’oreille gauche et paraisse ne rien entendre quand l’oreille droite est bouchée, on peut
1 Je regrette de ne point connaître les travaux qui ont dû faits précédemment sur l’allochirie hystérique. Je ne sais si mei servations et mon hypothèse se rapprochent de celles qm ont
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cependant lui faire alors des suggestions verbales qui seront très bien exécutées à son insu.
7° Anesthésie du sens visuel. —-Il est impossible d’examiner ici tous les troubles de la vue qui ont été l’objet de travaux remarquables et très connus. Je ne désire insister que sur un point particulier qui m’a toujours
Fig. 5.
vivement intéressé, le rétrécissement du chaynp visuel. Le champ visuel est un ensemble, un système de sensations perçues simultanément, il se comporte comme le champ de la conscience elle-même, il se rétrécit delà même manière. La sensation qui sert de centre autour duquel se groupent les autres, celle qui obtient toujours le maximum de conscience, est naturellement, sauf dans des cas exceptionnels, la sensation visuelle la plus nette, celle qui correspond au point de fixation.
LES ANESTHÉSIES. ^3
Aussi est-il naturel que le champ visuel, rétréci pour des causes psychiques, prenne la forme circulaire autour de ce centre, cela se voit on effet régulièrement dans tous les champs visuels très petits (fig. 5). Quand le champ n’est pas très rétréci, j’ai cru remarquer qu’il n’était pas régulièrement circulaire, mais affectait plutôt une forme à
Fig. 6.
peu près concentrique au champ normal, qui n’est pas non plus circulaire (fig. 6). Les exceptions à ces lois sont fort rares et devraient être étudiées avec soin pour voir si elles ne dépendent pas de quelque idée fixe tout à fait accidentelle. Briquet signalait comme assez commune (ce qui nous paraît bien singulier) l’hémianopsie hystérique *. M. Pitres admet l’existence du