Sollier, ojo
elle racontait en détail sa vie au début du mois d’août, mais ne pouvait rien dire sur ce qui était arrivé en septembre ou en octobre*. Quelquefois le point auquel cette amnésie s’arrête est parfaitement net. M”' D. peut raconter en détail ce qui s’est passé le 14 juillet et ne sait plus rien de ce qui est arrivé le 15. Dans d’autres cas, les derniers jours auxquels l’amnésie remonte sont vagues, etle sujet s’en souvient incomplètement. Enfin il faut être prémuni contre une difficulté très fréquente' dans l’examen des hystériques. Célestine, qui a aussi eu à la suite d’une attaque une période d’oubli de ce genre, comblait cette lacune par des événements imaginaires. Ces accidents sont désignés par le nom fort juste d’amnésie rétrograde ; je me contente pour le moment de la signaler, quitte à revenir sur elle en cherchant les explications que l’on ^peut donner de telle ou telle forme particulière d’amnésie. Enfin l’amnésie peut porter non pas sur les événements qui ont précédé l’émotion ou l’attaque, mais sur les événements qui l’ont suivie. Au bout d’un certain temps, ordinairement assez court, le sujet, qui avait paru remis de son émotion et qui semblait à peu près normal, se réveille complètement et rentre tout à fait dans son existence psychologique ordinaire ; on constate alors qu’il a oublié non seulement l’événement, non seulement ce qui l’a précédé, mais encore ce qui l’a suivi. On peut appeler cet oubli « amnésie antérograde », car elle porte sur des événements qui sont venus après l’émotion principale. M. Sollier l’appelle plus précisément « amnésie antérograde de reproduction^». N’oublions pas cependant que c’est toujours une maladie qui n’a d’effet que sur les souvenirs acquis anciennement avant le moment du réveil complet, elle ne modifie pas l’acquisition des souvenirs présents ; c’est toujours une amnésie localisée.
1. Voir, dansl’^Mlom.;oiÿeA.,p.93,robservationdelamalade décrite sous le nom de Rose.