Aboulie et idées fixes, Rev. philosophique
quoi je ne me souvenais de rien, c’est que je ne pouvais pas chercher, je ne pouvais pas suivre une idée, ni la tenir, ma tête était vide. » Les amnésies de ce genre sont ordinairement générales, et portent à peu près sur tous les genres de souvenirs; ainsi que toutes les autres cependant, elles suppriment seulement la perception personnelle des souvenirs qui se manifestent très facilement d’un façon subconsciente. C’est ici l’état présent de yesprit qui détermine l’amnésie du passé.
-• 1Γ>11 existe une forme d’amnésie bien étrange qui “’férà^longtemps encore le tourment des psychologues, c’est une forme d’amnésie localisée, l’amnésie rétrograde. M. Ribot a commencé l’étude de ce phénomène quand il a parlé de la loi de régression des souvenirs C 11 a montré que les souvenirs récents étaient moins stables que les anciens, sans pouvoir entièrement donner la raison de ce fait. M. Sollier a compris l’intérêt de ce curieux problème ; il a ajouté quelques remarques intéressantes et ingénieuses à son interprétation ^ Par exemple, il a repris l’examen des lois indiquées par M. Ribot; il a cru trouver dans la répétition plus fréquente des souvenirs anciens la raison de leur stabilité plus grande. Ainsi qu’il l’a supposé, avec un peu trop de subtilité à mon avis, le malade étend son amnésie sur une période correspondant à la durée présumée de l’accident qui l’a frappé, et, par une illusion, il se représente cette durée plus grande qu’elle n’avait été en réalité. Il a aussi fait une remarque qui doit être quelquefois vraie, c’est que l’accident cause de l’amnésie doit être associé avec les faits qui l’ont précédé et préparé et qu’il les entraîne avec eux dans le même oubli. M. Sollier doit penser comme moi que ce ne sont pas là des explications définitives e.t qu’elles ne s’appliquent que de temps en temps à des cas tout particuliers.
Je n’ai pas non plus d’explication de l’amnésie rétro-