‹ État mental des hystériques (volume 2)Chapitre 50 sur 102 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES ABOULIES

Le mot aboulie (à, pou'X-^i) désigne d’une façon générale les altérations, les diminutions de la volonté, il s’applique à la paresse, à l’hésitation, à l’impuissance dans les actes, comme à la lenteur, à l’indécision, à l’absence d’attention pour les idées. Ce caractère est bien connu des aliénistes qui l’ont observé très développé chez beaucoup de leurs malades, chez des intoxiqués, par exemple, soit par l’opium, soit par l’alcool, chez des neurasthéniques délirants, chez des mélancoliques. Certains malades, surtout, appartenant à un groupe encore mal déterminé, semblaient avoir le privilège de cette altération de l’esprit, et on a appelé leur état « la folie du doute ». Tout en reconnaissant que ce caractère appartient bien réellement à tous ces malades, je crois qu’il ne leur est pas propre. L’aboulie, sous toutes ses formes, est une des lésions les plus communes dans les affaiblissements de l’esprit : c’est pourquoi on la constate également dans l’hystérie.

Je crois même que ce symptôme joue dans l’hystérie un rôle capital, d’abord parce qu’il est très général et intervient plus ou moins dans beaucoup de phénomènes importants, comme dans la suggestibilité, ensuite parce que son degré de gravité plus ou moins grand modifie beaucoup le pronostic de la maladie. Pour montrer que ce caractère mérite d’être considéré comme uii

ABOULIES.

stigmate de l’hystétie, je choisirai, pour l’étudier dans ce chapitre, des hystériques incontestables présentant tous les symptômes classiques. Les sujets dont je parlerai ne sont pas seulement des abouliques, ce sont les malades qui ont déjà été étudiées dans les chapitres précédents et qui ont présenté des attaques, des anesthésies, des amnésies, enfin tous les symptômes classiques. Une seule pourrait soulever quelques discussions, c’est la malade que je désigne sous le nom de Renée. Pour moi, elle est une hystérique extrêmement intéressante; mais je reconnais que ni ses distractions, ni ses tics, ni même ses attaques, n’ont la forme classique. Si donc le lecteur tient à se montrer fort sévère sur le diagnostic de l’hystérie, je le prie de supprimer les quelques détails que je donnerai sur Renée : cela ne modifiera en aucune façon les conclusions générales.

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