Ibid; m
avoir perdu tous les autres, une malade ne savait plus reconnaître que le goût du jus d’oipons . ^
Dans tous ces cas, il semble que la sensibilité et 1 insensibilité soient réparties non pas d’apres des modifications phvsiques du sens lui-même, mais d apres decertaines idées du malade qui déterminent le choix des impressions senties ou non senties.
Anesthésies localisées. - On donne ce nom à des. insensibilités complètes siégeant sur une région particulière du corps; aucune excitation faite sur cette région ne produit une sensation dans la conscience, tandis que les mêmes excitations faites à côté sur une région voisine sont parfaitement senties. La plus Iréquente et la plus curieuse de ces localisations mérite bien le nom A'hémianesthésie, car elle occupe 1 une des moitiés latérales du corps et s’arrête assez exactement à, la ligne médiane. Quand elle est complète, aucune impression douloureuse, tactile, thermique ou musculaire provoquée sur ce coté, qui est le plus souvent le côté gauche^, ne provoque une sensation consciente. L’anesthésie des sens spécianx du môme côté n accompagne pas nécessairement cette hémianesthésie, mais elle s’y joint souvent. La répartition de la sensibilité n’est pas toujours aussi simple. On peut voir une sorte de croisement, l’hémianesthésie qui siège sur la face, le bras et le tronc du côté gauche, passe à la jambe du côté droit, tandis que la jambe gauche reste sensible . J’ai vu plus souvent des malades ayant la face anesthésique d’un côté et le corps de l’autre. Enfin des plaques, des îlots d’anesthésie peuvent être déterminés irrégnlièrement sur le corps sans ordre bien apparent.^ Parmi ces anesthésies localisées, les plus curieuses ont été autrefois décrites par M. Charcot sous le nom
e du côté droit, di-
à'anesthésies en segments géométriques K Des membres entiers ou des parties de membres, un doigt, la main ou les dusses deviennent anesthésiques dans toute eur superficie et l’insensibilité est limitée par des lignes assez régulières, perpendiculaires le plus souvent à 1 axe du membre : ce sont là les anesthésies, en nianche de veste, eu gigot, etc. Je crois pouvoir rattacher a ceüe classe une répartition assez singulière que pavais décrite autrefois comme une simple curiosité ^ et. que je viens de revoir deux fois. Cette répétition de 1 observation, mé fait penser qu’il y a peut-être là autre chose que du hasard. Certaines malades présentent de 1 anesthésie nette sur tout un côté, mais elles ont conserve des bracelets de sensibilité intacte autour de toutes les articulations. Inversement un malade a deini-guéri d’une monoplégie brachiale iT sensibilité du bras, mais gardait
un bracelet d anesthésie fort net au niveau de son poigne encore peu mobile. Enfin, M. Gilles de la fourette a appelé l’attention sur une répartition bien intéressante au point de vue psychologique : souvent une tache d anesthésie vient se superposer à l’endroit du corps ou siège déjà un autre accident hystérique comme une parésie ou un spasme. Isabelle, par exemple! une malade que nous citerons quelquefois', a normalement une hémianesthésie gauche qui s’arrête nettement sur la ligne médiane du cou, comme sur le tronc Souvent, après une attaque, elle a des spasmes de la région du larynx et des muscles hyoïdiens et elle ne peut plus parler. A ce moment, l’anesthésie gauche forme une encoche sur le côté sensible et recouvre la région du larynx et la région hyoïdienne.
Ces répartitions de l’anesthésie ne correspondent évidemment pas à des régions anatomiquement dis-
t du système nerveux, 111,345.