Gilles de la. Tourette, op . ait
LES ANESTHÉSIES.
tinctes. Ce n’est pas le territoire innervé par le cubital ou le médian qui est anesthésique, c’est la main ou le poignet. C’est le bras tout entier, y compris la région de l’épaule, qui est insensible et non le territoire innervé par le plexus brachial. Cette partie insensible ne correspond pas non plus à une aire vasculaire ou irriguée par une même artère ainsi que l’avait autrefois supposé Briquet'. Non, cette localisation n’est pas anatomique, elle est physiologique, comme le dit justement M. Charcot. Mais je voudrais ajouter un mot : cette répartition correspond à une physiologie bien grossière, bien populaire. Quand une hystérique a la main paralysée, où devrait être son insensibilité? Sur les muscles qui ne fonctionnent pas, c’est-à-dire sur l’avant-bras. Et cependant l’anesthésie est presque toujours limitée à la main elle-même et au poignet. Dans la cécité hystérique, l’anesthésie ne porte pas seulement sur la rétine, mais sur la conjonctive et même sur les paupières : l’hystérique amaurotique a une lunette d’anesthésie sur la face^ Elle a perdul’œil, non pas seulement dans le sens physiologique, mais dans le sens populaire du mot, c’est-à-dire tout ce qui remplit l’orbite. Il semble donc que, même dans ces anesthésies localisées, les associations habituelles de nos sensations, les idées que nous nous faisons de nos organes jouent un rôle important et déterminent ces répartitions.
Anesthésies générales. — En troisième lieu, quoique ce soit certainement moins fréquent, les anesthésies peuvent envahir toute la surface du corps et supprimer plus ou moins complètement telle ou telle catégorie de sensations.il faut faire ici une remarque importante qui s’appliquait déjà aux faits précédents, mais qui maintenant devient bien plus frappante. Cette anesthésie