‹ État mental des hystériques (volume 2)Chapitre 65 sur 102 · Pick, op. cit · texte numérisé non relu

Pick, op. cit

du rétrécissement du champ de la conscience, on doit admettre \m rétrécissement de Vimpulsion motnce,ei c’est pour cette raison que les’ impulsions motrices simultanées ne peuvent réussir à se développer h « Je crois que ces deux phénomènes sont absolurhent identiques : ce que M. Pick appelle un rétrécissement de l’impulsion motrice n’est, en somme, qu’une réduction du nombre des images kinesthésiques ou autres que le sujet peut réunir simultanément dans une même perception personnelle, qu’il peut, à un moment donné, assimiler à sa personnalité. Des faits de ce genre ont été longuement étudiés à propos de l’amnésie et de l’aboulie. Mais je suis heureux que M. Pick ait vérifié d’une manière aussi complète et aussi intéressante l’hypothèse générale du rétrécissement du champ de la conscience chez l’hystérique. .

4“ Les mouvements volontaires sont affaiblis. Le tait avait été déjà remarqué par Briquet qui l’avait ingénieusement comparé à l’engourdissement que produisent les émotions vives ^ Cette interprétation ne nous paraît exacte qu’en un point, c’est qu’il s’agit là d’un phénomène moral. M. Burcq, M. Charcot, puis M. Paul Richer ont décrit le fait avec une grande précision sous le nom d'amyosthénie \ On est surpris de voir une personne d’apparence robuste, dont les muscles sont volumineux, vous serrer la main, quand on l’en prie, avec si peu de force, ou résister aussi peu aux mouvements communiqués. Si, pour plus de précision, on eniploie un dynamomètre que l’on fait serrer au sujet, on obtient des chiffres extrêmement faibles. Cette diminution porte sur l’une et l’autre main, mais elle est plus forte dacôté anesthésique. Voici quelques exemples frappants : Marguerite, anesthésique à droite, obtient 8 à droite et 25 à gauche. Berthe, anesthésique à

les troubles du mouvement. l'îl

ffauche nous donne 25 à droite et 10 à gauche. Camille, anesthésique à gauche, 18 à droite et 3 à gauche. Célestine, anesthésique des deux côtés marque 9 à droite et 5 à gauche. Ces chiffres expriment les moyennes de nombreuses mesures prises pendant que les malades ont les yeux ouverts et peuvent regarder leur main pendant qu’elles serrent. ^ ^ '

Quoique ce phénomène paraisse localisé, il n en est pas moins la manifestation d’un état général de l’être tout entier*, et il se rattache évidemment à tous les faits psychologiques déjà décrits. Quelques remarques vont nous le prouver. Il est certain que les phénomènes moraux influent énormément sur cette faiblesse musculaire. L’amyosthénie augmente, par exemple, si on diminue l’attention du sujet, si on ne lui permet pas de regarder la main qui serre^ Marguerite, les yeux fermés, n’a plus que 0 à droite et 10 à gauche; Berthe n’a plus que loàdroite et6 à gauche; Camille, 9 adroite etO à gauche; Célestine, 0 à droite et 0 à gauche. La faiblesse va disparaître, au contraire, si on excite vivement l’attention par tous les moyens, en faisant regarder les malades, en leur montrant le mouvement et leur faisant remuer la main plusieurs fois avant qu’elle ne serre, etc.

J’ajouterai seulement une remarque générale pour montrer l’analogie de ce fait avec ceux qui ont été étudiés dans les chapitres précédents. Ces chiffres, marqués par le dynamomètre, me paraissent tout à fait étonnants et je trouve que la plupart des auteurs les acceptent sans manifester une surprise suffisante. Si nous donnons le dynamomètre à serrer à des hémiplégiques, à des amyotrophiques, nous obtenons aussi ces chiffres de 5 à 10. Ici, ils ne nous étonnent pas, car nous savons bien, que nous avons affaire à des

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