Briquet, op. cil., 301 et
dans ces circonstances, le mouvement est supprimé ou ne peut s’exécuter que de façons très spéciales : un second groupe de phénomènes nous montre au contraire que, dans les mêmes circonstances, certains mouvements peuvent être conservés. Le paragraphe précédent a présenté l’étude des premiers, il faut étudier maintenant les derniers caractères de ce syndrome.
On pourrait croire, au premier abord, que ce singulier besoin de regarder sans cesse ses membres pour les mouvoir va beaucoup gêner les malades qui devront jeter les yeux sur leurs pieds ou sur leurs mains pour faire un pas ou un geste : il n’en est rien. Lasègue‘ s’étonnait déjà de voir une malade de ce genre travailler dans un atelier de couture, où elle était l’égale de toutes les ouvrières. Marguerite présente ce syndrome du côté droit au plus haut degré ; dans le laboratoire, elle est incapable de remuer son pied ou seulement un des doigts de la main sans le regarder. Dans la cour, elle marche très vite, les yeux en l’air, elle rattrape un objet qu’on lui lance, suit des yeux un oiseau qui vole, et cependant elle ne vacille pas et ne tombe pas. Camille, étudiée expérimentalement, ne peut absolument pas remuer son bras gauche sans le regarder : les expériences finies, elle cause avec moi et ne s’aperçoit pas que j’observe son bras gauche qui remue parfaitement en dehors du champ de la vision. Léonie ne peut retirer son bras gauche quand je le place derrière son dos, mais tous les matins elle lace elle-même son corset, met ses mains derrière son dos simultanément ou séparément et les retire aussi bien l’une que l’autre. Enfin, toutes ne sont pas comme Lucie immobiles pendant la nuit; beaucoup remuent, bouleversent leur lit ou se lèvent malgré l’obscurité complète.
Cette paralysie spéciale des membres anesthésiques et non regardés n’est donc pas absolument continuelle et