L. Lasègue, Études média ., I
n’affecte pas tous les mouvements ; elle se comporte en réalité comme tous les stigmates et il faut rechercher ici également dans quelles conditions les phénomènes sont conservés.
On peut constater même expérimentalement cette conservation des mouvements et elle se montre de la façon la plus simple et la plus décisive dans le phénomène si curieux que Lasègue a décrit sous le nom de catalepsies partielles. On connaît bien cette disposition étrange que prennent les membres d’un malade pendant les attaques de catalepsie naturelles ou provoquées L Si on touche les membres, on s’aperçoit qu’ils sont extrêmement mobiles et pour ainsi dire légers, qu’ils n’offrent aucune résistance et que l’on peut très facilement les déplacer. Si on les abandonne dans une position nouvelle, ils ne retombent pas suivant les lois de la pesanteur, ils restent absolument immobiles à la place où on les a laissés. Les bras, les jambes peuvent être mis dans toutes les positions, même les plus étranges, qu’ils gardent sans les modifier; aussi a-t-on comparé tout naturellement ces sujets à des mannequins de peintre que l’on plie dans tous les sens.
Déjà les premiers auteurs qui se sont occupés de la catalepsie avaient remarqué que cet état peut n’être que partiel, c’est-à-dire n’exister que dans une partie du corps du sujet, tandis que le reste du corps est employé à de tout autres actes et présente des caractères tout différents. Un bras par exemple, se comporte comme s’il était le bras d’une personne en catalepsie, tandis que le sujet tout entier, loin d’être dans cet état, rit et cause sans se préoccuper de ce que devient son bras^ Laségue a été plus loin, il a montré que ce phénomène n’était pas rare, que ce n’était pas une attaque partielle, mais un caractère normal des membres anesthésiques