‹ État présent de l'empire ottomanChapitre 18 sur 59 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Administration.

Divisions anciennes des provinces. -» Essais de décentralisation. Transformation des eîàlets en vilàïets. -» Liste des vilàîets.

Organisation générale des vilàîets. Leur subdivision en livâs (arrondissements), cazàs (cantons), et nàhîèhs (communes). Conseils administratifs correspondant à chaque subdivision. Organisation communale.

Organisation spéciale de la capitale. Vilàîet de Stamboul. Préfecture de la ViUe.

Provinces privilégiées. Vilâïet de Crête. — Muteçarriflik du Liban. -^ Principauté {beylik) de Samos.

Sous les trois premiers sultans, les possessions ottomanes furent divisées en petits gouvernements nommés livâs oixsandjaks « drapeaux » , dont leschefs(mir-i-/ît7a$ ou sandjak'beys) recevaient une queue de cheval (tough) comme marque distinctive du commandement. Ils obéissaient à deux gouverneurs généraux» Tun pour la Roumélie , l'autre pour l' Anatolie ; ceux-ci étaient décorés du titre de beyler^bey « bey des beys », ou wirmirân c émir des émirs » , et ils avaient deux ou trois queues.

Plus tard, sousMourad III (1574-95), l'empire fut partagé en grands gouvernements (éiâlet) qui comprenaient chacun plusieurs livâs. Les pachas placés à la tête de ces eïâlets eurent le rang de vezirs avec Tétendard à trois queues, les commandants de livàs« celui

de mir-mirans, A l'époque où écrivait d'Ohsson, qui nous a transmis ces détails, Tempire se trouvait ainsi divisé en vingt-six eïâlets, composés de cent soixantetrois provinces, lesquelles comprenaient dix-huit cents districts, nommés cazâs ou ressorts de justice (1), et formés, les uns d'une ville avec ses dépendances, les autres de la réunion de plusieurs bourgs et villages {mhUhs).

Cette division subsista jusqu'en 1834, époque k laquelle sultan Mahmoud établit une nouvelle classification des provinces, avec vingt-huit gouvernements, trente et un sandjaks et (cinquante-quatre vcUvodies indé* pendantes.

Après l'introduction du tanzimât, on reprit l'ancienne division en eïâlets. Les eïâlets étaient subdivisés en livâs , les livâs en cazâs, les cazâs en nahïèhs, composés de villages et de hameaux.

L'empire tout entier, moins les provinces tributaires, était partagé en trente-six eïâlets, cent vingl-six livâs et douze cent soixante-sept cazâs (2).

Les circonscriptions territoriales furent de nouveau remaniées à partir de 1864, La Porte, frappée des inconvénients qui résultaient d'une trop grande centralisation, et les exagérant peut-être, résolut de créer, à la place des eïâlets, de grands centres administratifs (vilâïets), où le gouvernement local serait organisé de façon à se suffire en quelque sorte à lui-même, en faisant une part plus large, dans les affaires, à Télé-

(i) Le cazà est proprement le siège du cadi ou cazi a juge ». (2) Voy. Lettres sur la Turquie, I, 45, la nomenclature complète des anciens eïâlets avec leurs subdivisions.

ment chrétien (1). Un premier vilâïet, composé des trois eiàlets de Silistrie, de Vidin et de Nich, fut institué en 1864 à titre d'essai, sous la dénomination de Touna vilaïeH c yilâïet du Danube » (2). L'épreuve ayant été jugée satisfaisante, on généralisa le nou-*veau système, qui fut étendu par degrés à tout l'empire (3).

Actuellement la Turquie est divisée administrativement. en vingt-sept vilâïets, comprenant cent vingttrois livâs* Les livâs sont subdivisés en cazàs, les cazàs en nahïèhSt Abstraction faite de leur étendue» qui est plus considérable, les vilâïets correspondent ainsi à nos départements, les livâs aux arrondissements, les casas aux cantons, lés nahïèhs aux communes.

La Turquie d'Europe, avec les îles, renferme dix vilâïets, avec quarante-quatre livâs ; la Turquie d'Asie, seize vilâïets et soixante-quatorze livâs; la Turquie d'Afrique, un vilâïet et cinq livâs.

Dans cette nomenclature ne sont pas compris Gonstantinople et sa banlieue^ non plus que le Liban, qui ont reçu une organisation spéciale, et sont placés, pour ainsi dire, hors cadres (4).

(i) Voir Joumai de Conttfmtinopk des 21 octobre, i 6 el 32 novembre 1864.

(2) Loi constitutive du vilâïet du Danube, dans le Journal de Gonstantinople des 23, 24 mars et 7 avril 1865. — Ibid,, 24 avril 1866.

(3) La transformation était complète dès 1868, sauf pour Bagdad et le Yemen. Ce dernier vilâïet ne fut constitué qu'au commeDO^defiit de 1873. Voy. Turquie du 10 février. — On tâtonna néanmoins pendant longtemps. Les vilâïets furent même un moment supprimés sous le premier vézirat de Mahmoud pacha. Midhat paeha les rétablit ea 1872 (août).

(4) Voy. p. 103 et 112,

ADMINISTRATION. Oi

YILAIETS

OU gouvernements généraux.

IiIYÀS OU MUTEÇÀRRIFLIKS.

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