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SECOND INTERRÈGNE

Les catholiques et les Utraquistes ( c'est le nom sous lequel on désignait alors les Hussites) , réunis à Prague, convinrent d’ajourner toute discussion jusqu'à l’accouchement de la reine Élisabeth. Quatre mois après, Ladislas naquit. Cetévénement devait mettre tout le monde d’accord ; mais la crainte des troubles qui accompagnent ordinairement une minorité , engagea les états à offrir la couronne à Albert de Bavière et à l’empereur Frédéric, oncle de Ladislas.

Tous deux refusèrent. Seulement Frédéric se chargea de l’éducation du jeune prince, et conseilla aux Bohèmes de confier le gouvernement à deux seigneurs , en attendant sa majorité.

Cet honneur fut dévolu à Meinhart de Neuhaus et à Henri de Lippa. Le vœu unanimede la nation étaitiievoirgrandirau milieu d’elle le prince qui devait un jour régner sur elle, et a qui il était nécessaire, par conséquent, de se familiariser avec sa langue, ses

mœurs et ses besoins; cependant Frédéric n’y voulut point consentir, malré les instances des premières familles e la Bohème. Cette résistance ne pouvait manquer d’amener des tentatives de révolte; le peuple était d’ailleurs trop habitué a la guerre et au pillage , pour se tenir tranquille, lorsque I autorité royale n’était pas là pour le contenir; on vit bientôt sortir de leurs châteaux ces chevaliers qui faisaient métier d’exploiter les chemins , et tels furent bientôt leurs excès , au dire des chroniqueurs, que les paysans n’osaient plus ensemencer leurs champs que pendant l’obscurité de la nuit. La veuve de Sigismond se mit de son côté à intriguer, mais sans arriver au résultat qu’espérait son ambition, et le gouvernement resta tel qu’il était. Toutefois ,on nomma dans chaque province un capitaine (hauptmann), espèce de préfet, assisté de deux chevaliers, chargés de maintenir l’ordre.

L’un des gouverneurs étant mort deux ans apres, les capitaines de cercles se reunirent à Kuttemberg, et élurent pour chef du gouvernement George Podiebrad (1444), à qui ils accordèrent une autorité égale à celle d’un roi. Il n’en usa que pour le bien du pays; et lorsque enfin les Bohèmes eurent enlevé Ladislas des mains de son tuteur, Podiebrad alla le recevoir à lit lau , et déposa aussitôt entre ses mains le pouvoir qu’il avait exercé pour lui.

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