‹ États de la confédération germaniqueChapitre 108 sur 261 · ADISLAS I.C POSTHUME · texte numérisé non relu

ADISLAS I.C POSTHUME

Ladislas fut obligé de partager ses soins et son temps entre scs divers États de Hongrie , d’Autriche et de Bohême. Mais, dans ce dernier pays, rien 11e se faisait que par les conseils de George Podiebrad, qui avait été confirmé dans sa dignité de chef du gouvernement. Les états avaient prié le roi de se choisir une épouse ; il avait demandé Madeleine, fille de Charles VII , roi de France, et le mariage était sur le point d'être consomme, lorsqu’il mourut subitement, empoisonné, sui vant tes uns, parG eorge

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BOHEME

Podiebrad , suivant d’autres , atteint de la peste, ce qui est plus probable.

czoftGK fodihkad (1458-1471).

Plusieurs princes puissants aspiraient à la couronne ae Bohême , entre outres , l’empereur Frédéric luimême ; mais George Podiebrad l’emporta, et il fut couronné à Prague, le 7 mai 1458. Toute la Bohême adhéra à son élection , à l’exception de la Moravie , de la Lusace et de la Silésie. Toutefois , la Moravie et la Lusace se soumirent bientôt à la volonté générale; mais il fallut employer la force pour soumettre la Silésie. Jusque-là, ies rois de Bohême qui avaient d'autres possessions, faisaient de fréquentes absences et laissaient ainsi le champ libre aux intrigues, à l’ambition et aux excès des factions. George ne quitta pas la Bohême et s'appuva sur de fortes alliances. Il secou ru 1 1 'Empereu r assiégé dans Vienne, et Frédéric, reconnaissant, lui confia la tutelle de son fils Maximilien , âgé de quatre ans. Mais la fortune ne fut pas longtemps fidèle à Podiebrad.

Il s^attira l'inimitié des papes Pie II et Paul II, pour avoir refusé de poursuivre les Utraquistes et de se rallier sincèrement au parti catholique. L’Élise lança contre lui ses anathèmes; Empereur lui-même oublia les services qu’il en avait reçus, et une insurrection éclata en Bohême(1466). Tous les désastres qui avaient accompagné la guerre des Hussites, vinrent encore une fois fondre sur le pays. Cependant Podiebrad, après avoir anéanti les factieux, marcha contre l’Empereur, et bientôt Frédéric se trouva dans le plus grand embarras; mais Mathias Corvin , roi de Hongrie et gendre du roi de Bohême , à qui le pape avait promis ce royaume , et envoyé cinquante mille ’écus d’or , fît diversion, en envahissant la Moravie. Enivré de ses succès, il porta aussitôt ses armes en Bohême, et poussa jusqu’à Kuttemberg.

George courut à sa rencontre, et sut si bien l’envelopper, qu’il l’amena à composition ( 1468 ). Mathias, pour échapper audanger, souscrivit aux con-

ditions qu'on lui dicta ; mais , une fois arrivé en Moravie, il recommença les hostilités. Il était secondé par deux des principaux seigneurs de Bohême, Zdeuko de Sternberg et Jean de Rosenberg. George, par sa fermeté, conjura l'orage. Enfin, en f 169, les armées de Bohême et de Hongrie étaient sur le point d’en venir aux mains , lorsque les deux rois signèrent la paix. Nous ne connaissons pas les clausesdu traité; mais à son retour a Olmutz, Mathias trouva le légat du pape , qui le menaça des foudres du Vatican, s’il ne rompait à l’instant avec Podiebrad. Mathias était facile à ébranler; il envahit de nouveau la Silésie et la Lusace.

Podiebrad sentait les approches de la mort, lorsqu’il apprit la dernière perfidie de Mathias. Il convoqua à Prague les états de Bohême; et; préférant le bonheur de sa patrie à la grandeur de sa famille , il leur conseilla de choisir pour son successeur , Ladislas , fiis aîné de Casimir, et il mourut, en 1471, à l’âge de cinquante et un ans , après en avoir régné quatorze. Avant de fermer les yeux , il avait eu le bonheur de conquérir la Silésie , et de voir Mathias , qui avait refusé un combat singulier avec lui , exciter le mécontentement de son peuple. Il laissa deux fils, qui furent princes de Munsterberg; rainée de ses filles, Catherine, avait, épousé Mathias: la seconde , Zdenka, était mariée à Albert, prince de Saxe; enfin, la troisième, Ludmila, fiancée à Ladislas , était destinée au trône de Bohême; mais ce mariage n’eut pas lieu.

LADISLAS II (l47I-l5l6).

De tous les prétendants à la couronne de Bohême. Mathias fut le seul qui, après l'élection de Ladislas par les états, chercha à faire triompher ses prétentions par les armes. La guerre qui s’alluma alors dura sept ans. Toute la Moravie et une partie de la Silésie tombèrent au pouvoir de l’ennemi. Enfin les deux monarques eurent une entrevue à Olmutz (1478), et signèrent tin traité, dont les principales clauses furent que Mathias restituerait tous les pays qu’il avait conquis sur La-

L’UNIVERS

Sfe

dislas , excepté la Moravie ; que s’il ne laissait point d’héritiers, lé margraviat retournerait à la Bohême, sans aucune indemnité, et que, dans le ras contraire, il serait payé à la ■Hongrie une somme de quatre cent mille ducats. Mathias et T.adislas pouvaient d'ailleurs prendre tous deux le titre de roi de Bohême.

Les Utraquistes semblaient jaloux de la tranquillité qui , après tant d'orages, paraissait enfin promise à la Bohême. Les troubles qu’ils suscitèrent ne finirent qu'en 1485, lorsque Ladislas parvint à les calmer par un traité de paix signé pour trente ans, à Ktiltemberg.

A la mort de Mathias, non-seulement là Bohême rentra en possession de la Moravie, mais T.adislas , nommé roi de Hongrie, réunit les deux couronnes sur sa tête. Cette circonstance priva, pendant sept ans, la Bohême de son roi. Néanmoins, la paix lui avait rendu des forces , et Ladislas mourut à Bude le là mars I5IG, emportant les regrets des deux peuples. Son fils Louis lui succéda; sà fille Elisabeth, connue dans l’histoire sous le nom d’Anne, avait épousé farchiduc Ferdinand. Elle porta, après la mort de son frère, là couronné de Bohême dans la maison de Habsbourg.

louis (i5i6-i5a6).

Louis, déjà couronné roi dé Bohême, avait épousé Marie, archiduchesse d’Autriche. Il passa moins dé temps en Bohême qu’en Hongrie, où l’imminence d’une invasion dè la part des Turcs rendait sa présence necessaire. Les Turcs, en efl'etl au nombre de trois cent mille, inondèrent êe pays.

Louis ne pouvait leur opposer que trente-trois mille hommes, y compris les auxiliaires de Bohême. Les Bohèmes étaient d'avis d’attendre les secours qui étalent en marche de tous côtés; mais les Hongrois, brillant du désir de délivrer leur patrie, n’entendaient pas en partager la gloire avec des étrangers; ils ne voulurent pas reculer pour la première fois devant les Turcs. Par malheur, ils avaient à leur tête un moine franciscain, l’archevêque

Paul Tornorri. Revêtu de son costume religieux et ceint du cordon de son ordre, n'écoutant que sa témérité et l’emportement désordonné des nobles hongrois, il livra la fatale bataille de Mohncz (29 août 152G), où vingt mille Hongrois restèrent sur la place. Le jeune roi, entraîné dans leur fuite, périt dans un marais où il s’était enfoncé avec son cheval.

Ferdinand Ier fut élu, dans là même année, roi de Bohême êt de Hongrie; et, sous son règne, la transmissibilité de la couronné à l’aîné des enfants fut définitivement consacrée. La Bohême perdit alors sa nationalité. Depuis, elle ne fut plus qu’une des plus importantes parties des États de la maison d’Autriche, États dont elle partagea les vicissitudes et les lois.

Les Bohèmes voient raremertt leurs souverains, dont la résidence est à Vienne, et ce n’est plus que dans des occasions extraordinaires et solennelles que les solitudes de Hradschih se peuplent encore de leurs hôtes royaux. Cependant , un dps événements" les plus importants de l’histoire d’Allemagne a eu son origine et sa fin à Prague : ce fut la guerre de Trente ans, sous Ferdinand II. Elle, commença parla révolte des Bohèmes, qui, sous la conduite du comte de Thurn , jetèrent leurs gouverneurs par les fenêtres de Hradschin [di'Jénest ration de Prague, 23 tuai ICI 8) ; elle se termina par la prise de la petite ville (Rlcinseite) de Prague par les Suédois (25 juillet 1648). Un des hommes qui eurent, dans ces évènements, la part la plus brillante, fut le Bohême Albert de Waldstein, plus généralement connu sous le nom de tVallenstein. Cette guerre fut une répétition de celle des Hussites ; les Suédois, commandés par Bnner, ne le cédèrent pas en cruauté, à ces sectaires, et il se passa plus d’un siècle a vaut que la Bohême pût réparer ses désastres. Au reste, pour plus de détails, nous renvoyons nos lecteurs h cette partie de nos histoires d'Allemagne et d’Autriche, qui comprend celle, de la maison de Habsbourg , depuis 1526 jusqu’à nos jours.

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BOHEME

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APPENDICE

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LrrTxa^TOKE iohéme.

La littérature bohème, la plus ancienne entre toutes celles des peuples slaves , peut se diviser en cinq âges.

Le premier s’étend depuis le temps des mvthes jusqu’en 1409. 1 .es monuments littéraires des Trhekkes remontent au dixième siècle; mais il ne reste aucun ouvrage complet de ces époques reculées. Quoique le douzième et le treizième siècle aient été plus féconds et aient laissé quelques fragments de poèmes religieux , des chansons , des fables et des satires en vers rimés, on a perdu presque tous les hymnes qui exaltaient la valeur des guerriers d'alors. C’est seulement en 1S 1 7 qu'on a découvert, à Kneniginhof, les restes les plus précieux de cette ancienne littérature, faibles débris d’une collection de chants épiques et lyriques empreints d'un cachet tout national et surpassant, dit on, toutes les productions poétiques du moyen âge (*). Parmi les ouvrages écrits au 14' siècle, époque où la langue bohème refleurissait, et où Prague était devenue le centre d'un grand mouvement littéraire et scientifique, nous citerons:

la Chronique en vers de Dalémil Mezericki (I3I4\ le Recueil de lois d'André Dubu , l’Histoire des empereurs romains de Wawrince Brezowa et sa traduction desVovagesde Mandeville, l’Histoire de Bohême et de l'F.mpirede Pribjk Pulkawa, et le poème politicodidactique de Sinil Flaszka de Richenbourg. On a encore , de la même époque, plusieurs chants historiques, dont un sur la bataille de Crécy , rt de nombreuses traductions d'ouvrages etrangers alors en vogue. , comme la Table ronde, l’Alexandréide, l’Histoire de Tristan, etc.

De même que Luther marqua une ère nouvelle dans la littérature de l’Allemagne , de même Jean Huss ouvrit, pour la Bohême , la seconde période

(*) Ces chants avaient excité an plus haut point l'admiration de Gœthe.

littéraire ( 1409-1500 ). L’hnpulsion U’il donna par ses écrits et par seS octrines à la langue et à la nation bohème fut immense. Les docteurs répandirent alors la Bible parmi le peuple , et des ouvriers , des paysans, des femmes, s'associèrent au mouvement général en composant des traités dogmatiques ott ascétiques. Des chants religieux excitèrent l’enthousiasme des sectaires , et , après la mort des martyrs de la croyance nouvelle , l’indignation publique s’exhala en satires mordantes et en plaintes amères.

Les monuments les plus remarquables de cette époque sont un chant de guerre et une instruction stratégique du célèbre Ziska. des traités sur l’art militaire du chevalier llaïek de Ho.letin et du général Wenceslas de Czenow, des relations de voyages , divers ouvrages de religion . de politique, de médecine, d’astroiogie et d’économie rural !,des romans et desdictionnaires.

L'imprimerie fit pn Bohême des progrès rapides. Le premier ouvrage qu’elle y produisit, fut la lettre érritede Constarre par Jean Htis«,en 1459 ; puis vinrent une Guerre de Tmie en 1468, un Nouveau Testament en 1474, une Bible complète en 1488, et un calendrier en 1189.

La période de 1500 h 1620 est appelée a juste titre l'âge d’or de la littérature bohème. F.n effet, la langue atteignit, à cette époque, sa plus haute perfection grammaticale ; l’amour des sciences , des arts et des lettres, se répandit dans toutes les classes de la nation , et cet élan remarquable, surtout sous le règne de Rodolphe II, ne s'arrêta même pas pendant les plus mauvais jours qui pesèrent sur le pays. Il est vrai que la poésie ne prit pas un essor bien elevé ; mais on vit s’accroître le nombre des traducteurs, des orateurs et des historiens. A la tête de ces derniers se placèrent le chroniqueur Wenceslas Haïek de Liboczan (mort en 1553), le savant Daniel- Adam de Veleslavine, le plus célèbre écrivain de son pays (mort en 1599) , et le Polonais Paproki. Vers la même époque fleurirent aussi le philosophe Bene-

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sofski ( 1587 ), l'habile archéologue Ginterrod ( mort en 1609), le poète Simon Lomnicki, enfin, le dernier évêque des frères bohèmes et le dernier flambeau de la littérature nationale, Jean Amos Comenius, auteur de vingt-six ouvrages en langue bohème, qui n’ont pas été surpassés pour l’énergie et pour l’élégance du style.

La quatrième période commence à 1620, et finit à 1774 ; elle forme l’âge de fer de la littérature bohème. Apres la bataille de la Montagne-Blanche, et les désastres de la guerre de Trente ans, la nationalité bohème fut complètement anéantie; le vandalisme des jésuites et des moines étrangers livra au feu les monuments de l'ancienne civilisation ; enfin, l’idiome natal fut détrôné par la langue allemande, et la barbarie étendit bientôt partout d’épaisses ténèbres. Un petit nombre d’hommes généreux luttèrent en vain contre ce mouvement destructeur.

La cinquième période, qui s'étend de 1774 jusqu’à nos jours, a été signalée , dès l'abord , par une impulsion régénératrice que des écrivains distingués cherchent aujourd'hui à continuer et à étendre. Le gouvernement de Joseph II s’étant relâché de ses rigueurs, plusieurs auteurs originaux ou traducteurs se présentèrent presque simultanément dans une lice qui avait été si longtemps déserte. Après le général Kinski ( 1774 ) et Pelzel, l’historien de la Bohème (1775), parurent Prochazka(l777-1804),Kramerius (mort en 1808), le meilleur écrivain populaire de la Bohème depuis 1780 ; puis le savant philologue slave, Jos. Dobrowski , le prêtre- poète , Antoine

Pachmayer ( 1795 ), etc. Toutefois, malgré ces nobles efforts , les classes élevées étaient restées à peu près étrangères ou indifférentes à la langue et a la littérature de leur patrie, lorsque la découverte du manuscrit de Koeniginhof, la fondation à Prague d’un musée national , et plusieurs décrets, malheureusement rapportés plus tard, annoncèrent, en 1818 , une ère plus heureuse. C’est alors que le professeur Jos. Junginann se fit connaître par ses excellents travaux sur la langue slave (1820-1825), Celakowski par ses poésies originales et populaires (1830), Kollar par ses sonnets , ses élégies et ses épigrammes (1824), Langer par des idylles, des contes, des satires (1830),

A. Schneider par de charmantes ballades (1823-1830), etc., etc.

Pour les sciences, nous devons ci- .

ter les membres de l’académie de Bohème et du musée national , et en particulier les comtes de Kollowrath Liebsteinski et Gaspard de Sternberg , Jean Swa. Presl , naturaliste, Ch. Schadeck, géographe etphisicien, Th. Hoenke et F. W. Sieber, botanistes et voyageurs, le comte de Bucquoy et beaucoup d’autres qui se sont fait un nom dans les mathématiques et l’économie politique.

Si l’on considère le public peu nombreux qui s’intéresse encore aujourd’hui à la littérature bohème, les entraves qu’apportent à son développement les rigueurs d’une censure ombrageuse , enfin le fâcheux état du commerce de la librairie , on s’étonnera encore qu’avec d’aussi faibles encouragements cette littérature ait repris autant d’énergie et d’activité.

L’UNIVERS

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HISTOIRE ET DESCRIPTION

DE TODS LES PEUPLES

DE LEURS RELIGIONS, MOEURS, COUTUMES, etc.

HONGRIE

PAR M. PH. LE BAS

. MEMBRE DE l’iHSTJTUT.

Ducairrion oi la hohgrie et de ses

A MOULES, LA TRASSTLVASIE, l’iSCLAVO*

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