DLS SCIENCES , DES ARTS ET DU COMMERCE
Jusqu’à l’époque de Mathias Corvin, la civilisation de la Hongrie avait été sans cesse entravée par les guerres et les désordres les plus graves; ce grand homme entreprit, à l’exemple des souverains du temps, Louis XI, Henri VII, Maximilien, Ferdinand le Catholique, Emmanuel le Fortuné, les Médicis, de civiliser son royaume.
Malgré ses guerres avec les Turcs, il put accomplir une partie de ses projets, et c’est vraiment de son règne que date le développement de la civilisation hongroise, qui a sa source dans le catholrcisme et dans l’inQuence française exercée par les rois de la maison d’Anjou.
Le mouvement imprimé par Mathias à la Hongrie ne s'est pas continué. Les guerres contre les Turcs et contre l’Autriche ont arrêté l’essor de la nation , et la Hongrie est encore au-
jourd’hui l’un des pays les moins avancés de l’Europe, bien qu’elle ait en elle tout ce qui est nécessaire pour atteindre un haut degré de civilisation.
Instruction publique. — Il y a quarante ans, l’instruction était nulle en Hongrie. Depuis cette époque, les nobles se sont mis à étudier, à protéger les sciences et à encourager ceux qui s'en occupent. La bourgeoisie a fait aussi quelques progrès. Quant au paysan, il est toujours aussi ignorant. Ôn peut cependant faire aujourd’hui d’excellentes études en Hongrie.
Les établissements d’instruction les plus remarquables sont : l’université, l’archigyinnuse et les deux écoles ( Hauptschulcn ) de Bude; l’université, les deux gymnases , la société des érudits hongrois , la bibliothèque de Pesth ; l’académie, l’archigymnase, le lycée évangélique ; l’école nationale moderne, le séminaire, la bibliothèque et l'institut pour la littérature slave de Presbourg, et celle du comte d’Appony, que ce seigneur a fait placer dans cette ville pour répandre les lumières dans sa patrie ; la bibliothèque de Debreczin et le collège réforme de cette ville , célèbre établissement calviniste; l’académie de Raab; l’académie Ludovica de Waitzen, l’école des Sourds-Muets de cette ville; l’école pédagogique illyrienne de Zoinbor; l'académie et l’a'rchigymnasede Kaschau, de Gross-Wardein; l’école normale de Temeswar; l'institut philosophique des Piaristes; l’école pédagogique vaiaque d’Ait-Arad; l’académie d’Agram; l'école normale de Kronstadt, etc. On compte encore vingt-cinq gymnases, collèges et séminaires et plusieurs écoles primaires; celles de Pesth donnent l’éducation à plus de quatre mille enfants. Enfin les géograuhies les plus récentes font mention de cinq bibliothèques, indépendamment de celles que nous avons citées plus haut.
Sciences et arts. — L’étude des sciences est fort arriérée; cependant il existe un certain nombre d’établissements qui devront contribuer à leur perfectionnement et à leur propagation dans la Hongrie. Parmi ces éta-
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biissements , nous citerons les observatoires de Bude et de Karlsbourg ; l’université de Pesth; l’académie des sciences de Presbourg; l’école vétérinaire et l’école de chirurgie de Pesth; l’école forestière d'Esterhaz, fondée par le prince Esterhazy; l’école d’accouchement de Zara; les établissements agricoles de Zara et de Nona ; les écoles militaires de Pesth et de VVaitzen; le Georgicum ou école d’agriculture, fondée par le comte de Festelits à Kesztheiy, et surtout la célèbre école royale des mines de Schemnitz.
Nous ne savons pas que la Hongrie ait produit de grands artistes; cependant son sol est couvert de monuments remarquables, bâtis, il est vrai, dans le moyen âge; Mathias Corvin fit bien venir d’Italie divers artistes, mais le développement artistique de In Hongrie a été entravé par le désordre et la guerre, comme toutes les autres parties de son développement intellectuel. La Hongrie a tout à créer, elle le sent, et elle eu est aujourd'hui à préparer les éléments, à rassembler les germes de son éducation artistique. On cite en Hongrie deux écoles de dessin, à Bude et à Kaschau; une société de musique à Agram; et cinq musées assez considérables, celui de Pesth, la pinacothèque de Sankowitz dans cette ville, celui de Hermanstadt et les musées d’antiquités de Stein-am-Anger et de Spalatro.
Industrie et commerce. — Sous le rapport de l’industrie, la Hongrie est dans l’état le plus déplorable. On n’y fabrique guère que les objets de première nécessité; les autres produits industriels sont tirés de l’Autriche.
Les manufactures de tabac et les tanneries sont seulement, surtout les dernières, d’une importance réelle. Cependant il existe en Hongrie un certain nombre de manufactures qui ne peuvent manquer de prospérer et d’amener l’établissement de nouvelles fabriues; nous aurons à citer les fabriques e savon de Szegedin et de Debreczin; les fabriques de drap de Theresienstadt, de Szegedin et de Saros-Patak;
la manufacture d’armes de Neusohl ; les forges deRhonitz et de Dios-Gvcer; les blanchisseries de toile de Roseuau; les papeteries et les verreries de Dios- Gyoer; les manufactures de tabac de Szegedin, de Fiume; celles de rosoliode Fiume et de Dalmatie; les filatures de coton de Segesvar; les manufactures de toile de Bisztriz et de Zips; les fabriques d’alun de Bereylt, etc. Mais tout cela, comme nous l’avons dit, est peu de chose ; la Hongrie a bien des progrès à réaliser; l’école d’industrie pratique que l’on a fondée à Szarvas aidera sans doute à les accomplir.
L’industrie suffit à peine à la consommation du royaume; son commerce se réduit donc, jusqu'à présent, à l’échange des productions du sol; ces produits sont tellement variés et considérables que leur exportation compense avec avantage la somme des produits manufacturés que l’on tire du dehors. « Cependant, dit M. Beudant, il est à regretter, pour la Hongrie, que la plus grande partie de ce commerce se trouve dans les mains d’étrangers , qui Souvent, après avoir amassé des richesses, retournent en jouir dans leur terre natale, et privent ainsi le pays de l’aisance que leur fortune pourrait y répandre. Comment d’ailleurs espérer, avec une masse si considérable de commerçants étrangers, qui ne demandent pas mieux que de laisser subsister les entraves dans les relations commerciales, pour se rendre plus nécessaires, pour avoir un prétexte de vendre plus chèrement leurs marchandises; comment, dis-je, espérer de voir jamais porter une. attention directe sur les routes, sur les canaux qu’il serait nécessaire d’établir, et sur les moyen»de rendre les rivières navi gables ? »
Néanmoins, depuis quelques années, le mouvement commercial a pris beaucoup d’accroissement, et les routes commerciales ont été améliorées. Les grands centres commerciaux de Peslh, Debreczin , Klausenbourg, K ronstadt, peuvent déjà communiquer librement avec Fiume et Orsova ; dès lors , par le premier de ces deux ports avec l’Adria-
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tique , et, par le second , avec la mer Noire.
L’importance de cette question qui rattache la Hongrie au reste de l'Europe, en lui faisant prendre part à son commerce et à sa civilisation, nous engage à emprunter encore le passage suivant au Voyage du duc de Raguse :
« Orsova est un bourg fort chétif, mais destiné à prendre du développement. Le beau lazaret qui y est établi, crée pour ce point des intérêts commerciaux de quelque importance. Une grande partie du commerce par terre avec la Turquie doit prendre cette direction, et les marchandises venant par mer y seront mises en entrepôt.
C'est le premier lazaret que l'on trouve sur le Danube, dans les États autrichiens, du côté de la mer Noire, et, par conséquent, c’est là que les marchandises doivent se purifier et les voyageurs faire leur quarantaine. Rien n’a été épargné pour donner à cet établissement l’importance qu'il mérite, ainsi que les commodités qui le feront préférer à d’autres. Des travaux, considérables, pour faciliter la navigation, vont être exécutés à peu de distance d’Orsova. Là, le fleuve est d’une grande majesté; la masse des eaux qu’il roule n’est comparable à rien de ce que l’on voit dans le reste de l’Europe. Contenu entre deux montagnes qui bordent les deux rives, et coulant à plein bord , sa largeur est le double de celle du Rhin devant Mayence. Je m’embarquai peu de temps après mon arrivée, et je descendis le fleuve pour voir le banc de rocher qui le barre et gêne la navigation, et le lieu sur la rive droite où l’on a projeté de creuser un canal, pour tourner cet obstacle; l’exécution m’en a paru fatüle.... Mais le terrain, sur lequel le canal doit être exécuté, est sur le territoire servien, c’est-à-dire sur le territoire de la Tttruie; en fait on pourrait se passer d’un rinan; mais en droit il est nécessaire et convenable, et le divan de Constantinople ne paraissait pas disposé à l’accorder, malgré les demandes réitérées ui lui ont été faites. Comme tous les très faibles, le divan met une obsti-
nation extrême 5 refuser ce que l’on préfère obtenir de sa bonne volonté.
Ce travail est pourtant très-urgent et très-important.
« Quoique la navigation soit possible aujourd'hui, quand les eaux sont d’une hauteur moyenne (un bateau à vapeur franchit alors sans accident les cataractes, et les basses eaux ne sont à redouter qu’en août et septembre ) , on ne pourra regarder cette navigation comme régulière et assurée que lorsque ce passage sera ouvprt. Une opération semblable sera nécessaire encore sur un autre point du Danube, à dix lieues plus haut qu’Orsova, où, il se trouve aussi des cataractes. Une fois ce second travail terminé, la navigation de Vienne à la mer sera établie d’une manière prompte, facile et certaine.
« Les travaux du Danube étaient l’objet d’une sollicitude particulière de l’empereur François; il m’en parla au moment de mon ‘départ. Il voyait dans leur exécution de grandes conséquences commerciales : effectivement, ce sera une source de richesse et de prospérité pour la Hongrie. Les produits de ce pays perdent la plus grande partie de leur valeur, faute des moyens d’exportation. L’Autriche, qui paye de forts impôts, n’a fias pu admettre sans indemnité dans ses marchés la Hongrie qui ne paye rien; et cette indemnité, jointe aux frais de transport, réduit à un petit nombre d’objets , et particulièrement pour les pays voisins, la faculté de transporter dans ces marchés et d’v vendre les denrées hongroises avec quelque avantage. Des exportations peuvent avoir lieu par Fiume; mais les transports par terre, en prenant la route I^iuise (*), et en traversant la chaîne des Alpes Juliennes, sont chers : il en est de même pour Trieste; et d’ailleurs cette expor-
(*) La roule Louise (Louisenjtriuse), longue de 7a milles, va de Fiume à karlstadt, en passant sur le dos des montagnes et entre des précipices affreux; elle a été faite pat une compagnie d’actionnaires et ouverte en 1810. Sa construction a coûte plus de 5 millions de francs. Baibi , p. 3ao.
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tation ne peut convenir qu’à la partie occidentale de la Hongrie; le centre, le nord, le midi et l’orient de ce royaume ne peuvent y participer. La navigation du Danube assurée, et la communication avec la nier rendue facile, tous les produits de la Hongrie peuvent être envoyés à peu de frais en Italie et en France; ils entrent naturellement dans les marchés de l’Europe, et retrouvent toute leur valeur.
Cette navigation peut même servir utilement à une partie de l'Allemagne, et faciliter les relations avec l’Inde,soit par l’Egypte, quand une communication facile aura été établie entre la Méditerranée et la mer Rouge, soit par Trébisonde et la Perse.
« On a calculé que la durée du voyage de Vienne à Constantinople ne dépasserait pas douze jours, et l’on ife saurait trop admirer ces grandes et belles applications des connaissances actuelles, ui lient ensemble toutes les parties u monde, font disparaître les distances et unissent tous les intérêts, en multipliant à l'infini les points de contact entre les hommes, et en modifiant l’influence des localités. Les effets qui doivent en résulter sur l’état de la société sont hors de toutes les prévisions (*). »
VILLES rBIKCIPSLES DE la hosgrie et de SES ABUSEES.
Büde ou Ofbn , sur la rive droite du Danube, dans le comitat de Pesth, est, depuis 1784, lacapitaledu royaume, dont elle est aussi à peu près lè point central. Les édifices les plus remarquables de cette antique cité , pleine de souvenirs , sont quelques palais des magnats , le vaste château du vice-roi, dont la situation est délicieuse , et un observatoire, bâti sur le rocher du Bloeksberg , dans une belle position, mais du reste indigne de compter parmi les bons observatoires de l’Europe. La population de Bude s’élève à trente-trois mille âmes. Néanmoins, si I’Anciennb-Ofkn et la grandecité-
(*) Voyage du duc de Raguse , 1. 1 , p. ni et Miiv,
de Pesth peuvent être regardées comme faisant partie de la capitale, sa population totale dépassera cent cinq mille habitants.
Un pont de bateaux réunit la métropole à la ville de Pbsth, qui passe justement pour la plus belle de la Hongrie. Elle en est aussi la plus grande, la plus peuplée , la plus industrieuse , et sa prospérité croît journellement, malgré tous les obstacles qui gênent son commerce. Mais elle est si bien placée au milieu d'un pays immense et fertile qu’il se traite, à chacune de ses quatre foires annuelles, pour plus de vingt-cinq millions d’affaires. L’améiioràtion successive de la culture , les dessèchements des marais de la Theiss et rétablissementd’un canal entre cette rivière et le Danube , imprimeront encore à cette marche progressive un nouvel essor. Toutes les têtes se préoccupent de ces utiles projets, qui se réaliseront sans doute dès que les lois civiles auront été réformées.
Pesth est la ville des novateurs, de l’opposition et de l’industrie, comme sa voisine est la ville du gouvernement. Les casernes, le théâtre, l’université, le musée national et quelques palais seigneuriaux méritent d’être remarqués.
Cette ville, que l’on peut considérer comme une création toute moderne, prend tous les ans un notable et rapide accroissement. Actuellement elle doit compter plus de soixante et quinze mille habitants. Des jardins, dessinés avec, goût, embellissent ses environs.
Phesboubo , la première ville du pays sur la frontière d’Autriche , n’a rien de remarquable. Elle doit toute son importance à la proximité de Vienne, qui l’a fait choisir pour la résidence habituelle de la diète et le lieu du couronnement des rois. Quoique assez belle, cette ancienne capitale présente, au premier coup d’œil, quelque chose d imparfait et d’inachevé, ce qui lui est commun avec toutes les villes du pays. Le. vieux château des rois couronne la montagne et domine la ville; séminaire sous Joseph II, puis caserne sous François I",
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il a été brûlé depuis et n’a point été rétabli. La délicieuse situation dePres- • bourg, sur la rive gauche du Danube , le bas prix des vivres , le voisinage de Vienne , des établissements littéraires importants sont autant de causes qui engagent un assez grand nombre de militaires pensionnés, de nobles et de magnats peu aisés, à y fixer leur séjour. Sa population dépasse actuellement quarante mille âmes.
L'industrieuse Debbecziix , dont les foires attirent quatre fois par an plusieurs milliers d’étrangers , peut être regardée comme le chef-lieu de la Hongrie orientale; mais elle ressemble, par sa construction , moins à une ville proprement dite qu’à une réunion de villages. Quoiqu’elle n’ait ni eau potable , ni matériaux de bâtisse, ni bois de chauffage, elle doit à ses manufactures et à son commerce de compter plus de quarante-cinq mille habitants.
Dans le cercle au delà du Danube, nous citerons encore : la petite ville de Güns, qui, bâtiedansunechannante vallée, semble plutôt allemande que hongroise et compte cinq mille habitants. Oldenbourg, chef-lieu de comitat, où l’on trouve, comme dans la plupart des citésdeson rang, de grands espaces couverts de maisons très-basses et éloignées les unes des autres, de larges rues, des places immenses. Ses dix mille habitants sont en général des bourgeois ; son industrie, ses vins, ses marchés de bestiaux sont renommés.
Près de là est le fort de Fortchtenstein, appartenautau prince Esterhasy, et renfermant l’artillerie considérable et les riches trésors de celte illustre famille. Slein-am-.-inger , la Sabaria, ou la Claudia- Juguùa des Romains, la patrie de saint Martin de Tours, possède un musée renfermant les antiquités romaines qu’on y découvre chaque jour, et une belle cathédrale moderne. Ce chef-lieu de comitat, peuplé de deux mille cinq cents âmes , a !e titre de ville épiscopale. Haab, qui est aussi une ville épiscopale, est remarquable par son académie et par le champ de bataille où, eu 1809, Eugène
et Macdonald battirent l'armée autrichienne. Comom est une forteresse célèbre, située au confluent de laWag et du Danube. Son importance date du reste de l’époque des malheurs de l’Autriche, et ne lui a fait jouer aucun rôle dans les dernières guerres. La ville , qui contient quatorze mille âmes, est en dehors des fortifications.
On commence à la couvrir par un retranchement et des redoutes. Slu/tlweixsenbourg, une des villes les plus anciennes de la Hongrie, a perdu, dans les guerres des barbares , tous les monuments qui constataient son âge et rappelaient sa gloire. Sa population est detreize mille habitants. A es s thély est remarquable par les etablissements ue le comte Festetich, propriétaire u château, y a fondés, par son école gratuite d’agriculture, et sa magnifique bibliothèque. On y compte quatre mille habitants. Fiin/kirchen se glorifie d’avoir la cathédrale la plus ancienne du royaume. Sa population s’élève à neuf mille habitants.
Dans le cercle en deçàdu Danube, on remarque la vaste enceinte de Theresienstodt, qui , dans ses habitations éparses, compte plus de quarante mille âmes, et possédé de nombreuses fabriques. tVaitzen, ville épiscopale, avec une belle basilique bâtie sur le modèle de Saint-Pierre de Rome, offre plusieurs restes d’antiquités romaines et du moyeu âge. Ses habitants sont au nombre de dix mille. Neusatz, que sou pont de bateaux sur le Danube met en communication avec Peterwardein , est l’entrepôt du riche commerce que l’Allemagne fait par terre avec/JHa Turquie d'Europe; elle compte dixsept mille habitants. A Schemnitz , chef-lieu du pays des mines, dans les Rarpathes , des’ travaux souterrains, remarquablement bien conduits , produisent annuellement de l’or et de l’argent , mais en bien moins grande quantité qu’autrefois (douze cents marcs d'or et trente-cinq à quarante mille marcs d'argent, valant quatre à cinq millions de francs). Il en est de même des mines d’or et d’argent de Chremnitz et des mines de cuivre de
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Neusohl. Gran, siège de l'archevêque primat, est aujourd'hui l’objet d’une curiosité particulière à cause d’une église à dimensions colossales qui s’y construit depuis quelques années. Il parait cependant que cet édifice, mal conçu , mal exécuté, engloutira encore bien des millions avant d'être achevé.
Dans le cercle en deçà de la Theiss, nous citerons Erlau , célèbre par ses vins, ses manufactures et ses bains, et renfermant dix-sept mille habitants.
Kaschau, capitaledela hauteHongrie, florissante par son commerce avec la Pologne, et Tokay, renommée pour ses vins, peuplées, la première de dix mille habitants, et la deuxième de quatre mille habitants.
Dans le cercle au delà de la Theiss, on trouve, entre autres lieux remaruables, Csaba, le plus grand village e l’Autriche et un des plus grands de l'Europe. Il comptait, dès l’année 1825, vingt' mille cent quatre-vingt-sept habitants. Temesvar , une des places les plus fortes, mais aussi les plus malsaines de l’empire, et dont la population ne dépasse point quatorze mille âmes.
Aqram, en Croatie, est la résidence du ban ou vice-roi de cette province , du commandant général de ses limites militaires, d’un evéque, etc. On évalue la population de cette ville à dix-sept mille âmes, y compris la banlieue.
Fiutne , chef-lieu du littoral hongrois, doit une importance nouvelle à la route de Louise, et compte plus de neuf mille habitants. Elle a des environs délicieux , et la ville neuve offre des constructions élégantes.
La Transylvanie offre aussi plusieurs localités dignes d’être mentionnées , telles que Klausenbourg , siège du gouvernement général et de plusieurs établissements importants, et renfermant vingt mille habitants. A '.artsbourg, siégé de l’évêché catholique , et possédant , à quelques milles de ses remparts, les plus riches mines d’or de l’empire, f 'arhely, village du coinitat de Hungad,bâti sur l'emplacement de Zarmizegéthusa , capitale des anciens Daces et de l’Ulpia Trajana des Ro-
mains. Hermannstadt, chef - lieu du pays des Saxons et de toute la Transylvanie sous le rapport financier, résidence du commandant général des confins militaires de la principauté et d’un évêque grec. La population de cette ville est de dix-huit mille âmes. Kronstadt, la ville la plus peuplée, la plus industrieuse, et la plus commerçante de la Transylvanie, compte vingt huit mille habitants.
Dans les limites militaires on trouve Peterwardein , petite ville fortifiée, siège du généralat d’Esclavonic; Sem- Un, devenue très-importante par son commerce avec la Turquie et dont la population est de dix mille habitants.
Enfin, Karlotvitz, siège de l’archevêché grec, avec six mille habitants.