C0BSTITPTI05 , RET1HUS , ARMÉE
Le gouvernement de la Prusse est absolu; mais le cabinet de Berlin a su de tout temps , par une marche prudente et juste, se donner des apparences libérales qui contrastaient avec le système illibéral de l'Autriche. Pendant la guerre (te ta délivrance des peuples , Frédéric -Guillaume III promit une constitution pour .animer le courage de ses sujets; un édit, du 22 mai 1816, sanctionna cet engagement. Le besoin passé, la parole royale fut oubliée; seulement , une loi du t " juillet 1 82S établit les étals provinciaux, dont l'influence est presque mille dans les affaires publiques, puisqu’ils ne s’assemblent guère que pour des délibérations financières. Le roi actuel a déjà , il est vrai, étendu leurs attributions et a rendu leurs sessions publiques ; néanmoins il vient d’adresser une réponse fort acerbe aux états et aux municipa ités de certaines villes, qui lui rappelaient les promesses de 1 81 3, remises en question par un ordre du cabinet du 10 février 1841. Au nombre de ces protestations , dignes de remarques on distinguait celles deKoenigsberget de Breslau.
Dans ces deruières années, les revenus publics s'élevaient à 61,287,000 tlulers (*), produits des domaines de l’État , de la douane , des postes , de la loterie, du monopole du sel et de differents impôts. La dette publique était de 185, 158,378 thalersf*;.
Un décret récent promet une diminution des impôts dans le cas où la guerre n’aurait pas lieu.
(*) Environ »o5 millions de francs.
(**) Environ 740 millions de francs.
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PRUSSE
La Prusse, puissance militaire de premier ordre, possède une armée qui, sur le pied de paix, compte 165,000 hommes, sans la réserve. En cas de guerre , elle peut facilement armer 600,000 combattants. Cette armée, dont le budget absorbe ordinairement 32 millions de thalers ( 88 millions de francs), se compose de jeunes gens de famille, se destinant à la carrière des armes et nommés officiers , après avoir subi des examens; de volontaires, qui s’habillent, s’équipent et s'entretiennent à leurs frais pendant un an ; d’enrôlés aussi volontaires , mais soldés , et âgés de dix-sept à quarante ans; de vétérans qui se vouent au service au delà du temps prescrit; enfin, d'une partie de la jeunesse, requise de vingt à vingt-cinq ans. A côté de ces corps permanents de différentes armes, existe une Landt rehr ou réserve , et au besoin une lÀturMurm, ou levée en masse de tous les citoyens valides, de dix-sept a cinquante ans , levee décrétée par ordonnance royale dans les dangers imminents. Tous les Prussiens sont tenus au service militaire depuis l’âge de vingt ans jusqu'à cinquante , mais ils ne sont assujettis à un service régulier que pendant les cinq premières années; ils n'en passent meme que trois sous ies drapeaux. En temps de paix, ils sont renvoyés dans leurs foyers, d’où ils ne sortent que pour un service temporaire, jusqu’à la fin de la cinquième année ; alors ils sont inscrits sur la landwebrdu premier ban, jusqu’à l’âge de trente-deux ans accomplis. Le second ban est formé d'hommes plus âgés, et tous les deux sont régulièrement soumis à l’exercice. En temps de guerre, celui-là est destiné à renforcer l'armée perinanenie; celui-ci à défendre les places fortes qui , en ne comptant que les plus importantes , sont au nombre de vingt-huit. Ces deux bans reunis montent à 360,000 hommes.
lai monarchie prussienne est divisée en huit circonscriptions territoriales, affectées chacune au recrutement d’un corps d'armée. On compte deux cent soixante et un bataillons d’infanterie,
deux cent cinquante-six escadrons de cavalerie (cent seize bataillons et cent quatre escadrons font partiede la landwelir.) L’artillerie a cent quarante-quatre compagnies , non compris dix-huit compagnies de pionniers. L’avancement n’a lieu que par rang d’ancienneté, et la discipline avilissante établie par Frédéric-Guillaume a été entièrement abolie. , ,
Le contingent de la monarchie à la confédération germanique est de cent mille hommes.
DIVISION DK LA PRUSSK.
Les Ébats prussiens sont divisés en huit provinces : le Brandebourg, la Poméranie, la Prusse royale, le grandduché de Posen , la Silésie , la Saxe, la Westphalie et la province Rhénane, auxquelles il faut ajouter le Lichtenberg et le canton de Neufchâlel, en Suisse. Chaque province comprend plusieurs régences, qui se subdivisent en cercles (vingt-cinq régences et trois cent vingt huit cercles.)