‹ États de la confédération germaniqueChapitre 210 sur 261 · JUSQU’A L’EXTINCTION DR CETTE BR ANCB R · texte numérisé non relu

JUSQU’A L’EXTINCTION DR CETTE BR ANCB R

(io5a-iax8).

Vers l’an 1052, Berthold I" n’était encore que comte , lorsque Henri III lui conféra l’expectative du duché de Souabe ; cependant , à l’avénement de Henri IV, Agnès de Poitiers, mère et tutrice du jeune empereur, confia l’investiture de cette province à son propre gendre Rodolphe de Rheinfelden.

Il ne restait à Berthold que son landgraviat du Brisgati , où il résidait au château de Zæhringen , près de Fribourg (*). Alors, pour lui faire ou-

(*) Quoiqu'il n’y ail jamais eu de duché de Zæhringen , on l'appela duc de Zæhringen depuis l'an io5a, à cause du lieu de sa résidence. Voici comment une tradition populaire , rapportée |>ar Grimm , raconte l’origine de rette famille : Les ancêtres des ducs de Zæhringen étaient des rharbon-

blier le tort qu’elle lui avait causé , Agnès lui donna en 1060 , à titre héréditaire , le duché du Carinthie et la Marche de Vérone. Treize ans après , Henri IV le dépouilla encore de ces possessions; aussi le duc courut-il au secours de l’anticésar Rodolphe , qui n’eut pas d’allié plus ferme. De là pour lui une nouvelle source de malheurs.

L’Empereur vint saccager la Souabe, et sa rage s’exerça particulièrement sur les possessions du duc de Zæhringen , qui avait défait les troupes des évéques

niers, qui avaient leur habitation sur la montagne et dan* la foret , derrière remplacement qui est à présent occupé par le château de cette famille, et ils faisaient là leurs charbons. Or, il arriva que le charbonnier auquel commence l'arbre généalogique de cette race, travaillant un jour dans un certain endroit de la montagne, prit de la terre et en couvrit le tas de branches , avant d'y mettre le feu. Lorsqu’il eut retiré le charbon , il trouva sur le sol une matière lourde et fondue , et après l’avoir examinée attentivement, il reconnut que c’était de l'argent pur. En conséquence , il brûla toujours son charbon dans le même endroit et continua à trouver de l’argent comme la première fois. Alors il fut certain que ce métal provenait de la montagne; mais il se garda bien d’en rien dire. De cette façou il amassa d'immenses richesses. Or, il arriva en ce temps-là qu’un empereur chassé de ses États , s’enfuit sur une montagne du Brisgati , nommée le Kaiscrstuhl ( la chaise de l'empereur) , où il eut beaucoup à souffrir de la pauvreté. Il fit bientôt publier que quiconque voudrait l'aider à reconquérir son royaume, serait élevé à la dignité de duc , et que la main d’une de scs filles lui serait accordée. Aussitôt que le rharbonnieT en fut informé, il se présenta devant le souverain avec une charge d’argent, et lui dit que s’il consentait à le prendre pour fils, à lui accorder la main de sa fille, et à lui donner en propre tout le pays où sont aujourd'hui te château de Zæhringen et la ville de Fribourg, il lui donnerait en retour une si grande quantité d’argent qu’il en aurait suffisamment pour reconquérir tous ses États. Le prince accueillit fort bien cette proposition, consentit à tout , prit la charge d’argent , donna au charbonnier qu’il adopta

Eour fils la maiu de sa fille , et de plus tout i pays qu’il avait demandé.

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de Strasbourg et de Bâle, armés pour la cause de Henri. Berthold ne résista pas à ce dernier coup. Il mourut de chagrin en 1073, laissant à son fils aîné, prince rempli d’énergie, le soin de sauver l'honneur de son nom et de défendre les intérêts de Rodolphe, (pii lui donna sa Ulle Agnès.

Berthold //continua deguerroyer contre les partisans de l’Empereur. Après In mort de Rodolphe, il se mit eu possession des domaines de son beau-pere en Souabe et en Alsace; mais Henri IV en investit Frédéric de Hohenstaufen. Berthold, appuyé par les comtes de Habsbourg et d’Egisheim (*), essaya en vain de résister aux forces de Frédéric et de l’F.mpereur; cependant il se défendit avec vigueur , et ne céda pas sans gloire. Une assemblée des princes de l’Empire décida qu'il abandonnerait à son compétiteur la Souabe et l’Alsace, mais qu il conserverait le Ilrisgau , le pays de la forêt Noire et du Neckar; qu’il posséderait des terres en l'hurgovie, avec la ville et les deux églises de Zurich; enfin qu’if garderait le titre de duc. Berthold avait un neveu , Hermann I*r , fondateur de la ligne des margraves de Bade , et auquel nous reviendrons après avoir conduit jus-

u’a sa fin la ligne de Zaehringen. Ces

eux seigneurs figurèrent au premier rang parmi tous ceux de l’Allemagne méridionale. Berthold mourut en 1 1 f I , tin an après son frère Gebhard , évêque de Constance, qui l’avait énergiquement secondé.

Sept ans après la mort de son père , Berthold II/ fonda la ville de Fribourg en Brisgau. Il périt en 1122, à Molsheiin en basse Alsace, dans une guerre qui avait éclaté entre le comte de Dachsbourg (**) et ses sujets révoltés.

(*) Ces derniers, donl on voil encore le vieu x manoir ruiné près de Colmar (Haut-Rhin), descendaient d'un frère dcGonlran le Riche. Hugues , dont il s'agit ici, avait mérité par son zèle pour le parti de l'Église, le nom d 'infatigable soldai de saint Pierre.

(**) Un fils de Hugues II d’Egisheim avait fixé sa résidence au château de Dachshourg, en basse Alsace. Son petit-fils fut pape sous le nom de Léon IX.

Son frere et son successeur Conrad, prince non moins sage qu’actif, porta le nom de Zaehringen à l'apogée de sa gloire. Sa vie fut agitée et remplie de soucis par la jalousie toujours subsistante entre sa maison et celle de Hohenstnufen. Conrad ayant reçu de Lothairc mission de soumettre le comte Reinold de Bourgogne, le vainquit, le fit prisonnier et le conduisit devant l’Empereur. Il obtint en 1127 le rectorat de Bourgogne, après l’extinction de l'ancienne maison des comtes de cette province, issus d'Adelbert, roi d’Italie.

Son fils cadet Adelbert , qui possédait Calw et Teck, en Souabe (*), transmit à ses descendants le titre de ducs.

L’aîné, Berthold I y, en arrivant au pouvoir , eut à soutenir une guerre contre Béatrix, fille de Reinold. Il déposa les armes dès qu’elle eut épousé Frédéric l'r, Barberousse. En 1156, en vertu d’un arrangement conclu à Würzbourg ,' son rectorat fut restreint à la Bourgogne helvétique, y compris Genève, Lausanne et Sion. A une diète tenue en 1162 à Saint-Jean de Losne, il perdit encore son autorité sur Genève , dont l'evéque devint seigneur.

Pour se maintenir dans ce qui lui restait de la Bourgogne , Berthold construisit la ville de Fribourg en Uchtland ( Suisse ). Doué d'une haute intelligence et d’un courage éprouvé, il fut honoré par l’Empereur du commandement de l’armée impériale dans la guerre d’Italie.

Il mourut en 1186, laissant deux filles et un fils, Berthold y le Riche, héritier de toute sa puissance et de tousses talents. Celui-ci bâtit en 1191 la ville de Berne, et fortifia Burgdorf , qui , en son honneur , fut nommé Berthoud.

Possesseur d’immenses richesses accumulées pendant une longue paix et acquises par toutes sortes de moyens violents, il avait l’amitié du pape, et

(*) Dans le Wurtemberg actuel. Voyez l’Histoire de ce royaume. Les ducs de Teck s’éteignirent en 1439.

L'UNIVERS

la maison des Welfes était intimement liée à la sienne. Cependant , aucun prince contemporain ne fut l’objet de récits plus odieux que ce dernier rejeton des Zæhringen. On racontait qu’il était avide de chair humaine, qu’il égorgeait ses serviteurs et 1rs faisait bouillir pour s’en repaître; nu’il avait fait trancher eu secret la tête à son épouse; qu'il se livrait à l’adultère, aux déprédations, à mille excès abominables. C’était pour venger ces méfaits que la noblesse de Bourgogne avait fait empoisonner ses deux (ils, comme on tue les petits d’un animal féroce. En effet, Brrthold, qui avait la taille et la force d’un géant, était avare, cruel, brusque, capricieux et inquiet du jugement que le monde portait de lui.

Lorsque son neveu, l’abbé de Thcnnenbach, revint de Rome, en 1216, il l'invita à venir à son château. Le prélat trouva le duc en société de joyeux chevaliers : on joua, on chanta, on dansa. L’hôte dut rendre compte de ses voyages. Berthold voulut savoir ce que le pape pensait de lui ; il n’obtint qu’une réponse évasive. Aussitôt, irrité , il ordonna à son neveu de dire la vérité : » Eh bien, dit l’abbé, à Rome « on vous accuse d’avarice et d’injustice « envers la veuve et l'orphelin. » Ja duc alors s’emporta en violentes invectives contre le malencontreux voyageur, et jura que, si ce n’eüt été le fils de son frère, jl l’eût fait précipiter du haut des rochers.

Berthold V mourut, et fut enterré à Fribourg en Brisgau l’an 1218, sans laisser de postérité ipâle. Avec lui finit la famille des Zæhringen , la plus illustre d’Allemagne, avec celle des Ho henslaufen et celle de Habsbourg , sorties toutes deux de la même souche u’elle. Ses biens , portés par ses deux Iles dans les familles de Kvbourg et d’Uraeh, devinrent la propriété des comtes de Wurtemberg et de Furstemberg.

PREMIERS MARGRAVES DE RADE JUSQO'a

UERMAKjf IV,

Outre Berthold n et Gebhard,

Berthold le Barbu avait eu un troisième fils, Hermann. Olui-ci, après les désastres de son pere, quitta sa femme et ses enfants et se réfugia au monastère de Cluny. Il y mourut sous la robe de religieux , en odeur de sainteté. Il paraîtrait que son épouse, Judith, était une princesse de la puissante maison d’Eberstein, dont les an. êtres auraient possédé le comté d’Uffgau, dans la France orientale ( Pagus a%ciacensis in francia orientali (*).

Elle lui aurait apporté en dot le territoire de Bade, avec le château qui commande la vallée, dont ses ruines font encore l’ornement.

Ce. qui est positif, c’est que le fils d’Hermann le saint, héritier des châteaux de Limbourg et de Horhberg en Brisgau, fixa sa résidence au manoir de Bade. Il prit le titre de margrave, conformément à un usage établi dans la maison de Carinlhie, d'après lequel les cadets de famille étaient nommés margraves de Vérone ('*). Il régua de 1074 a 1130.

Son fils et Son successeur, Hermann JJ, prit part à la croisade de 1 147, et aux expéditions de l'empereur Frédéric Barberousse en Italie. Ce fut à celte occasion qu’il reprit le titre et les fonctions de margrave de Vérone (***), dont ses ancêtres avaient déjà été honorés.

(*) Ainsi le margraviat de Rade, dans ses limites primitives, n'était pas situé en Souahe. On remarque encore, sous le rapport du caractère et du langage, une différence bien marquée entre les véritables Souabes et les habitants de re pays, desrendants des Francs, qui peuplèrent une parlie de l’Alèmanie après ta lutaille de Tolbiac.

(”*) Nous avons vu plus liant que son aïeul obtint , en ioUo,te duché de C^riuLbir et la iparrhe de Vérone.

(***) Un diplôme de 1 158 lui donne celle qualification , qu’au treizième siècle les margraves de Bade portent encore.

Parmi les témoins qni assistèrent en 1177 à la consécration d'un autel de l’église de Sainte-Marie 4 Vérone, par Alexandre III , il est nommé : Marchio et domimu lotlus Marchice yeronensii. Mais il est certain que ce margraviat ne passa point à ses descendants.

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BADE

Son fils , Hermann II l , ne montra pas moins de dévouement à la cause impériale. Il suivit aussi Frédéric I' r „ au delà des Alpes, et le servit avec bravoure et fidélité. En 1 189 , il partit avec lui pour la terre sainte, et mourut à Antioche, victime, comme son souverain , de son ardeur chevaleresque.

Deux fils étaient nés du mariage d’Hermann avec Berthe, fille du palatin de Tubingsn. On en vint a un partage.

L’ainé, Hermann II', eut le margraviat de Bade , et Henri l’\ la seigneurie de Hochberg , dont ses enfants firent une maison assez florissante.

Comme la ligne cadette s’est éteinte dès le commencement du seizième siècle , nous allons d’abord parcourir rapidement son histoire.

LICHI 6X DETTE DE HOC8BXEO.

(l lyo- 1 5o3).

Le château de Hochberg, où Henri I" fixa sa résidence, était situé en Brisgau (*) ; sa construction remontait, suivant la tradition, a un certain 11acho.qui vivait au neuvième siècle. I| parait qu’à l’extinction de la maison de Zæhringen (1218), l’Empereur conféra au fils cadet d’Hermann III le landgraviat de Brisgau. Les arrière-petitsfils de Henri I", Henri III et Rodolphe, partagèrent encore ses possessions, et fondèrent les branrhes de Hochberg- Hochberg et de Hochberg-Sausenberg.

La première, qui commença en 1300, possédait le Brisgau inférieur avec le château patrimonial. Cinquante-deux ans plus tard , elle acquit la seigneurie de Renzingen, le château de Kiirnberg, les villesd'Herfoolsheiin, Bleichen, tVeisweil , etc., qu’elle dut céder ensuite à Charles IV. En 1302, elle acquit la totalité de la seigneurie de Hecbingen. Mais Otton //, le dernier de cette ligne, vendit, en 1415, toutes ses possessions pour la somme de 80,000 llorins, à Bernard, margrave de Bade. Il mourut en 1418.

La seconde branche de Hochberg , dont l’auteur fut Rodolphe, eut une

(*) Les Français lr détruisirent en 1689.

existence un peu plus longue. Ses premiers princes prirent le titre de landgraves, comme landgraves de Brisgau.

Mais, depuis 1315 qu’ils acquirent la totalité de la seigneurie de Rœteln ( dont les Français ont fait Rothelin ), ils fixèrent leur’résidence dans ce nouveau château , et en adoptèrent aussi le nom. Rodolphe IH, qui régna de 1441 à 1487, ut deux acquisitions importantes : celles de ia seigneurie de Bndeuweiler et du eomtéde Neufehétel, qui lui vinrent, par donation entre-vifs et par testament, de son ancien tuteur, Jean, dernier comte de Fribourg et de Neufchâtel( 1444 et 1457). Philippe , son fils, conclut en 1490, avec la ligne de Bade, un traité de confraternité héréditaire, par lequel les deux maisons s’assuraient réciproquement leur succession totale à défaut d'héritiers mâles. Ce pacte, qui ne pouvait regarder que les possessions allemandes de la famille de Sausenberg , eut son exécution lorsque Philippe mourut sans postérité mâle en 1503; mais le comté de NeufchAtel sortit alors de la maison de Bade. Philippe laissait une fille nommée Jeanne , que Louis XI , roi de France, l’avait engagé a fiancer à Louis I*’, due de Longueville , petitfils du fameux Dunois. Le mariage fut célébré après la mort du seigneur de Rceteln, et Jeanne apporta à son époux le comté de NeufchAtel, ainsi que les seigneuries de Saint - George et de Sainte-Croix , en Itourgogné , patrimoine de son aïeule, Marguerite de Vienne. Le duc de Longueville forma ensuite des prétentions sur toute ia succession de Rœteln , et se plut à prendre ie titre de marquis de Rothelin.

MOME DS BADE DEPUIS HKRMAMM IV JUSQü’a DF. ARA R U LK GRAND.

Hermann l!\ auteur de la ligne de Bade, régna pendant un demi-siècle.

Suivant l'exemple de ses aïeux, il fut fidèle a la maison impériale de Souabe.

En 1227, il céda à Frédéric I! les prétentions qu’ij çdt pu former sur une partie du pays de Brunswick comme

L’UNIVERS

gendre de Henri le Long , palatin du Rhin . (ils aîné de Henri le Lion. Frédéric lui donna en compensation la ville de Durlach comme alleu , et celle d’Ettlingen à titre de fief, et lui engagea pour 2,300 marcs Summersheim et Eppingen (*).

Le margrave de Bade s’était attiré de puissantes inimitiés en se déclarant ouvertement pour Frédéric II , lors de sa lutte contre Otton IV. Son épouse, Irmengard, fonda le couvent de Lichtenthal, près de Bade, où ils ont tous deux, leur sépulture.

A sa mort, arrivée en 1243 , il avait laissé deux fils : l’atné, Hodolp/ie rr, continua avec honneur la maison des margraves; son frère, Hermann V, surnommé le Petit, ayant épousé la princesse héréditaire d'Autriche, devint duc de ce pays , après la mort de son beau-frère Frédéric le Belliqueux, dernier rejeton de la maison de Bamberg-Autriche ( 1246). Le pape soutenait ses droits; mais les prétendants au même héritage étaient nombreux , et la possession qu’il en avait prise en 1248 était bien précaire. La lutte durait encore lorsqu’il mourut ( 1250), laissant un fils au berceau. Le jeune duc d’Autriche fut ce Frédéric qu’une étroite amitié lia à son cousin , le malheureux Conradin, et qui, avec lui, périt à Naples sur l’échafaud.

Resté seul à la tête du gouvernement , le margrave Rodolphe , par sa puissance, se plaça à coté du comte Rodolphe de Ualisbourg et du duc Louis le Sévère, de Bavière. Cependant son règne a été plutôt marqué par sa libéralité outrée envers le clergé et par des guerres particulières ruineuses , que par des actions vraiment dignes d’un prince sage et éclairé. Il faut avouer , du reste , que son règne fut l’époque d’un progrès important, la fusion du pays de Bade en une principauté compacte.

(*) Ces villes faisaient apparemment partie du duché de Franronie , appartenant aux Hohenstaufen ; ce qu’il y a de certain c’est u’elles étaient aussi peu situées dans celui e Souabe que la ville de Bade.

Dans la querelle entre l'empereur Frédéric II et le pape Innocent, Rodolphe prit parti pour le saint-pere : il se trouva au nombre des mécontents, lorsque Rodolphe de Habsbourg monta sur le trône. Il avait , comme les autrès princes et seigneurs de l’Empire, profité des troubles de l’interrègne et de la suppression de la dignité ducale en Souabe, pour s'approprier un grand nombre de fiefs et de privilèges; mais Rodolphe de Habsbourg revendiquait comme roi des Romains toutes ces usurpations , et mettait au ban de l’Empire ceux qui ne cédaient poiut.

Les seigneurs serrèrent leurs rangs pour mieux résister. A la tête de cette espèce de ligue était Rodolphe de Bade. On y voyait figurer les plus puissants personnages de la Souabe et de l’Helvétie , les comtes de Wurtemberg, d’Helfenstein, de Fribourg, de Neuenbourg , de Tecklenbourg , de Montfort, etc. La conjuration, à laquelle s’étaient alliés Henri de Eiavière et Ottocar de Bohême, s'étendait des bords du Rhin aux frontières de la Hongrie. Le nouvel empereur conserva tout son sang-froid, toute son énergie dans le danger. Se reposant sur la partie de la noblesse qui lui était restée fidèle, et surtout sur son puissant gendre , le palatin Louis de Bavière , il franchit avec une armée la forêt Noire , pénétra dans le Brisgau , où il assiégea Fribourg et envahit le pays de Bade. Il s’empara de plusieurs villes et châteaux , tels que Bade , Durlach, Muhlbourg , Gretzingen. Ces coups, frappés avec autant de rapidité que de vigueur, déterminèrent promptement la soumission du margrave. Les rapports d’amitié qui s’établirent dès lors entre la maison de l’Empereur et celle du margrave ne furent point troublés durant plusieurs siècles. Les descendants du prince de Bade se sont acquis des droits à la reconnaissance des successeurs du comte de Habsbourg, par les importants services qu’ils leur ont rendus.

Le margrave Rodolphe mourut en 1288. Il résidait tantôt à Bade, tantôt à Pforzheim, que son épouse Cuné-

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gonde d’Eberstein paraît lui avoir apporté (*).

Les successeurs de Rodolphe ne reconnaissant pas le droit de primogéniture , régnèrent en commun. Cette forme de gouvernement eût été fatale à leur maison , s'ils ne se fussent pas abstenus de faire des partages définitifs. Enfin Rodolphe l'ill (13-18-1372) ayant vu mourir tous ses cousins, put posséder seul la totalité du margraviat.

Il laissa deux fils de son union avec Mathilde de Sponheim.

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