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ET DE BADE-DURLACH

Bernard I ” ou le Grand , fils aîné de Rodolphe, partagea le pouvoir avec son frère Rodolphe X, à qui il donna Iiade, gardant pour lui Pforzheim et Durlach , avec le margraviat. Une action mémorable signala les commencements de son règne. Pour prévenir un morcellement funeste, il conclut, en 1380 , avec son frère, un pacte de succession d’après lequel le territoire ne pourrait, à l’avenir, être partagé qu’entre des héritiers mâles , et jamais en plus de deux parts. Le pouvoir devait appartenir toujours à l’aîné, et, à l'extinction d’une branche , l’autre devait entrer dans ses droits. Les autres enfants, de l'un et de l’autre sexe, n’auraient droit qu’à des apanages, montant à 500 florins par an , pour les garçons, et a 6,000 pour les filles, à l’époque de leur mariage. Bernard réunit, dès 13JI1, à ses possessions, la part de son frere , mort sans enfants (**). Bien qu’il vécût dans des temps de troubles continuels , il sut ménager sa puissance en montrant autant de courage contre des ennemis , même supérieurs en nombre, que de circonspec-

(*) Il acquit aussi en ia83, d'Olton le Jeune, son beau-frère, le quart du château et du comté d'Eberstciu.

(*) Rodolphe X avait acquis en 1387 la moitié du comté d'Eberstein, dont Rodolphe l" avait déjà acheté le quart.

tion dans les affaires en temps de paix. Les dépenses nécessitées par ses armements ne l’empêchèrent point d’avoir encore assez d’argent pour acheter de nouvelles possessions, telles que le margraviat de Hoehberg , et pour faire des prêts considérables à l’empereur Sigismond. Il mourut en 1431, laissant^ de sa seconde épouse, Anne d’QEttingen, un fils unique qui lui succéda.

Jacques Ier régna sur le margraviat pendant 32 ans , et laissa la renommée d’un prince éclairé. Il n’était pas belliqueux , et ne fit que des conquêtes pacifiques (*). Il s’efforça d’établir, dans ses États, l’ordre et la sécurité. « Lorsque le margrave Jacques, écrit le célèbre Æneas Sylvius , apprend que les grands chemins de son pays sont infestés de brigands, il fait appeler ceux qui ont été pillés et les dédommagé de ses propres deniers ; puis il poursuit les brigands pour les condamner à la roue , supplice extrêmement redouté des Allemands. Par ces mesures, il a rendu son margraviat plus sûr que tous les autres pays. » Il mourut en 1445, laissant cinq fils.

Charles I"r resta bientôt seul maître du gouvernement, quoique son père eût partagé ses possessions entre les trois aînés, à charge par eux d’indemniser les deux plus jeunes. - Le dernier d’entre eux mourut, et le plus

(*) Sous son règne (1437), s’çuvritàson profit , la succession de Sponheim , au sujet de laquelle il s'est élevé en 1827 entre la margrave de Bade et le roi de Bavière un différend 1res- long, el te rattachant à des prétentions d’un ordre supérieur. Les ancêtres des deux ]>arlies, le margrave Jacques et le palatin de Veldenz , auxquels ce comté de Sponheim échut par indivis en vertu d’une promesse érrite du dernier comte (i4a5), conclurent en 1437, à Crenznach, une transaction sur leur commune propriété. Voy. là-dessus unedisserlation de M. Sehoell, dans sa consciencieuse Histoire, des États européens, i83t, t. XIV, p. 371 et 378. Jacques In acquit aussi, en 1442, des comtes deSaanverden, la moitié indivise des seigneuries de Lahr et dcMahlberg, deux villes de l’Ortenau. Cette possession sortit ensuite de la maison de Bade pour y rentrer plus lard.

L’UNIVERS

âgé, Bernard If, qui , dans le partage , avait eu Pforzheim , Ebérstein et Besighpim, résolut d'abdiquer en faveur de son second frère et de se retirer dans un cloître. L'empereur Frédéric III exigea qu’avant ae quitter le monde il se rendit dans les principales cours de l’Europe , pour les engager à prendre part à une croisade contre les Turcs qui venaient de conquérir Constantinople. Le margrave alla d’abord , en 1458, comme ambassadeur à Paris. Charles VII qui lui avait destiné, à ce qu’on assure, la main de sa fille Madeleine ( mariée ensuite à Gaston de Fois ) , l’accueillit très-favorablement. Il se rendit de Ut à la cour de Turin , d’où il devait aller à Rome ; mais il mourut subitement à Montcn- (ier, au mois de juillet 1458. li fut béatifié en 1468. On vit s’opérer, dit-on, beaucoup de miracles sur son tombeau à Montcalier, et cette ville l'a choisi pour son patron. George, son frère, qui était évêque de Metz, lui fit élever un autel dans l’église collégiale de Vie , où , avant la révolution , on voyait sa statue en costume guerrier (*). »

Charles I" aurait pu rendre ses sujets heureux, s’il n’avait pas été animé d’un esprit guerrier que la fortune ne secondait pas (**). Il prit en 1461 une part très-active à la guerre de Mayence , et entra, à l’instigation du pape et de l'Empereur, dans la ligue formée contre Frédéric le Victorieux, électeur palatin. Ainsi que nous l’avons vu dans l'histoire du royaume de Wurtemberg, je margrave fut fait prisonnier à la bataille de Seckenlieim ( 1462 ), avec Son frère, i'é^êque George , le comte de Wurtemberg, et nombre d’autres seigneurs. Les deux princes de Bade étaient grièvement blessés. Après leur guérison, l’évêque fut détenu à Manheitn ; le margrave, transféré à Heidelberg , y languit un an , cbarge de

(*) Scboell , ouvrage cité , vol. XIV, page 37».

(**) D’abord il fut forcé de rendre aux cotntei de Saarwerden la moitié de Lahr et

Mabtherg.

chaînes , dans un sombre cachot où il manquait même de pain ; enfin il obtint, non sans peine, sa liberté, et encore elle lui coûta cher. Beaucoup de villes et de districts furent cédés au vainqueur, ou remis pour sûreté d’une somme de 130,000 florins, dans laquelle n’étaient pas compris 30,000 autres florins , payables si , dans le cours d’une année’, Charles ne réussissait pas à faire lever tant l'excommunication que la proscription de Frédéric (*). Charles fut aussi contraint de renoncera l’alliance avec le Wurtemberg et avec Spire.

Il chercha ensuite à réparer par la paix les maux passés et a acheter de nouvelles possessions. La pe.ste l'enleva en 1474 ou en 1475. " Ce prince occupe une pince distinguée parmi les margraves de Bade. L’empereur Frédéric III, dont il avait épousé la sœur nommée Catherine, en faisait beaucoup de cas ; il jouissait d’une grande considération dans les états de l'Empire, et sa réputation de droiture et d’équité fut cause qu’on ie consulta

(*) Comme le margrave ne pava pas le»

40,000 florins pour lesquel* Pforxiieim était donné pour nantissement, cette ville resta fief palatin jusqu'en 1740, qu’on paya pour la racheter, la valeur sextuple de celte somme.

Vne autre perte considérable causée par la bataille de Seikenbeim, fut celle de la préfecture d’Ortenau , qui s'étendait sur les villes impériales d'Offenbourg , de Zell et de Gengcnliarh , et sur un certain nombre de villages du canton d'Ortenau. ancien Cau, situé du sud au nord entre le Brisgau et le margraviat , et de l’ouest % l’est entre le Rhin et la forêt Noire. Par un diplôme de 1453, l'Empereur, pour récompenser te margrave des servire-s que, comme négociateur et comme militaire , il lui avait rendus dans les troubles d'Autriche, lui avait permis de dégager la moitié de celle préfecture d’entre les mains de l’évéque de Strasbourg, qui la possédait depuis 1 35 1. Ensuite, apres la proseripliuu de Frédéric le Victorieux . il lui avait aussi adjugé la moitié palatine. Si cette concession fut aunulée par la victoire de l’électeur, elle valut néanmoins, en 1701 , 4 la maison de Bade, une possession importante.

BADE

dans les uffaires les plus importantes.

Comme capitaine, Æneas Svlvius le met au même rang que Frédéric le Victorieux et Albert de Brandebourg; il lui reproche toutefois une certaine inconstance de caractère , qu’il ne montra pas du moins dans sa fidélité envers l'Empereur (*). »

Christophe, l'alné de ses fils, régna d’abord eu commun avec Albert, son frère ; ensuite il y eut un partage ; mais Albert ayant été tué en 1488 au siège de Dam en Flandre, sans avoir été marié, Christophe réunit toute la succession paternelle. Eu 1503 il ajouta encore à ses possessions les terres de la branche de Sausenbe.rg ; ainsi il fut seul margrave de Bade. Il surpassa, dit le chroniqueur badois, presque tous les princes de son temps pur les qualités de son esprit et les agréments de son corps. Plein de franchise et de douceur, il était clément et juste dans son gouvernement, constant dans la paix comme dans la guerre, et aussi actif que sage dans ce qu’il entreprenait. C’est pourquoi les trois empereurs sous lesquels il vécut lui accordèrent leur estime et leur amitié. Sa conduite envers le palatin Philippe prouve une magnanimité bien rare à son époque.

Le pays était en pleine paix , lorsque Philippe prit les armes à l’occasion de quelques contestations avec le duc Albert de Bavière. L’empereur Maximilien excita l’Allemagne entière contre Philippe, et mit tout en oeuvre pour déterminer Christophe à se joindre aux autres princes de l’Empire. Le margrave répondit : « L’honneur et le « serment doivent passer avant tout le * reste. Mon père a été obligé de jurer « fidélité au palatin Frédéric; je veux o garder ce serment envers celui qu’on « accable. u Non-seulement il prêta au palatin 12,000 florins, mais encore il se rendit à Kufstein où était Maximilien , et obtint un armistice en faveur de Philippe.

En 1516, Christophe, après avoir

fait des acquisitions assez considéra-

(*} Schflfil, ouvrage cité, tom. XIV, p.

blés (*) , remit pour quatre ans le gouvernement à ses trois fils, Bernard III, Philippe et Ernest , entre lesquels il avait partagé ses Etats et réglé l'ordre de succession par une disposition connue sous le nom de pragmatique sanction de Bade. Quelque temps après se déclara en lui une maladie mentale, qui engagea Maximilien a lui donner ses fils pour curateurs. Transporté au vieux chüteau de Bade, qui avait été sa résidence jusqu'en 1479 (**), il y mourut en 1527.

Division de n maiSoiv Di Sade e)V dedx liants.

Christophe avait eu huit fils : plusieurs embrassèrent l’état ecclésiastique. Philippe , après avoir contracté beaucoup de dettes, mourut sans descendance mâle en 1533 : alors le patrimoine fut partagé entre Bernard e t Ernest qui formèrent deux branches, celle de Bade et celle de Durlach. Bernard, l’aillé, reçut Bade avec ses dépendances. et fut l’auteur de la famille de Bade- Bade, éteinte en 1771; Ernest eut Pforzheim, Durlach, etc. De lui est sortie la maison de Bade-Durlach, qui fleurit encore.

HISTOIRE DK L A LIUKK DK BADE-BADE

jüsqu’a son extihctioh.

Bernard avait obtenu , en vertu de la disposition paternelle, les seigneuries récemment acquises dans le Luxembourg, et, par le partage de 1533, le margraviat supérieur, savoir, les villes et bailliages de Bade, Rasladt, Stollhoffen, Eberstein , Géroldseck , Beinheim en Alsace, etc. Il passa une grande partie de sa vie en voyages, embrassa

(*) L’archiduc Philippe, en considération des services que son père et lui avaient reçus du margrave, lui conféra, en 1494 , la seigneurie de Kodemacberen dans le duché de Luxembourg , que la maison de Bade a possédée jusqu'aux derniers temps. Eu 1497, les comtes de Saarverden lui abandonnèrent définitivement la moitié des seigneuries de Malilberg et Lahr.

(**) Il l'avait quitté alors pour le eli&teau neuf qu’il avait fait construire dans la ville.

L’UNIVERS

la réforme, l’introduisit dans ses États, et mourut en 1587.

Sa famille, lors de la majorité de ses lils , se divisa en deux autres branches, celle de Ilade , par le margrave Philibert, et celle de Hodemacheren , par Christophe ( 1556 ). La première s’éteignit des 1588.

La vie de Philibert fut remplie de vicissitudes, quoique courte. Après la mort de sa jeune épouse , il prit du service en Autriche pour dissiper ses chagrins. Il fit la campagne de 1566 contre les Turcs, et se laissa ensuite gagner par les huguenots de France ; en 1567, il amena un petit corps de cavalerie au prince de Condé. Mais, intimidé des menaces de l'Empereur, il retourna au parti catholique, leva un corps de 9,000 hommes pour le duc d’Anjou, et perdit la vie en 1509 à la bataille de Moncontour, à l’âge de trente-trois ans.

Son fils, Philippe II, prince éclairé mais prodigue, introduisit de nouveau dans son pays la religion catholique nu sein de laquelle il avait été élevé. Il avait trente ans et ne s’était point marie, lorsqu’il mourut en 1588. Ainsi le pays de Bade échut en entier à la branche de Rodemacheren.

Le margrave Christophe, qui en était la souche , avait séjourné en Suède , où il s'était marié à la sœur du roi Erik XIV , fille de Gustave-Wasa ; la légèreté de cette princesse, sa prodigalité, sa scandaleuse conduite , jointes aux défauts de son époux non moins dissipé, non moins inconséquent qu’eileinéme, avaient attiré sur ce couple les plus grands malheurs. Accablé de dettes et de soucis, Christophe avait succombé en 1575.

Edouard- Fortuné (*) , l’aîné de ses fils , en eut assez de six années pour ruiner complètement le pays. Les défauts de ses parents avaient dégénéré chez lui en vices monstrueux , dont le

(*) Élisabeth d'Angleterre lui avait donné ee nom à sa naissance , à laquelle cependant présida une mauvaise constellation.

Il était né pendant un voyage de sa mère à Londres.

moindre était la dissipation. Ses folles dépenses à la cour fastueuse de l'archiduc d'Autriche, à Bruxelles, lui firent contracter de nouvelles dettes, aux-

?|uelles il lui était impossible de faire ace. Les excès qu’il se permit pour se procurer de l'argent sembleraient exagérés à plaisir par les historiens, si l’on n’en trouvait la preuve dans des dépositions juridiques. A la tête d’une troupe de brigands qu’il avait amenés d’Italie, ou de toute autre bande de voleurs de grands chemins, il chevauchait sur les routes, se cachait dans les blés, pour tomber sur les voyageurs; les aubergistes avaient ordre de l'avertir quand il se présentait une bonne capture. Le margrave ne .reculait pas devant l’assassinat, et comme toujours un crime en entraîne un autre, il devint aussi faux-monnayeur. Enfin il négocia avec Fugger , le fameux banquier d’Augsbourg, la vente de son pays et de son peuple, pour une renie viagère de 37,000 thaiers ; mais l’Empereur, les agnats de Bade-Durlach et ses créanciers l’en empêchèrent. Son pays fut séquestré, et lui- même déosé , après un procès public intenté ses complices par le margrave , son cousin, qui occupa le pays pour en prévenir le morcellement et la perte totale. Alors il ne lui resta plus qu’à prendre du service parmi les mercenaires. Après une foule d’aventures dans les Pays-Bas, en Suède et en Pologne, il revint au château de Castelnau, dans le comté de Sponheim , et v subit enfin , en 1600 , une mort digne de sa vie. Un jour qu’il était ivre, il se laissa choir du haut d’un escalier.

Son fils aîné, Guillaume , n’hérita du pays de Bade-Bade qu’en 1622 (*), car les margraves de Durlach s’etaient fait prêter serment par les habitants , et, s’appuyant sur l’union protestante, iis refusèrent de déguerpir jusqu'à l’époque de leurs revers pendant la guerre deTrente ans. Après la bataille de Wimpfen , une senteuce impériale

(*) Le second, Hermann - Fortuné, eut Rodemacheren, qui revint à la branche ciaèa de Rade, en 1667.

Bade.

rendit à Guillaume son patrimoine; une commission d’arbitres régla les intérêts des deux maisons, de telle manière que la supériorité territoriale fut assurée à celle de Durlach.

Le margrave ne fut pas heureux dans les premières années de la guerre de Trente ans. Partisan de l'Empereur, il se vit dépouillé par les Suédois en 1632, puis rétabli, après la bataille de Nordlingen et la paix de Prague , par Ferdinand II, qui lui adjugea meme le territoire de la branche de Durlach. Cependant , le traité de Westphalie adoptant une marche plus équitable, rendit à chacun des margraves sa part légitime. Guillaume , naturellement doux, économe et bienveillant, s’efforça désormais de vivre en paix avec ses voisins. Son fils aîné, Ferdinand- Maximilien, prince de grandes espérances, mourut en 1669 à la suite d’un accident. Son second fils, Léopold-Guillaume, qui serait le héros de la maison de Bade, si sa gloire n’était éclipsée par celle du digne émule d’Eugène et de Marlborough , servit avec éclat dans les armées impériales, contribua à la victoire du Saint-Gothard ( 1664 ), et mourut en 1671 (*). Guillaume luimême termina ses jours en 1677.

Louis-Guillaume, fils de Ferdinand- Maximilien , lui succéda. C'est ce prince qui est devenu si célèbre sous le nom de Louis de Bade. Le mariage de son père avec Louise-Christine de Savoie-Carignan (**) fut célébré à Paris. Louis naquit dans cette capitale le 8 avril 1656 , et eut pour parrain Louis XIV (***). Rappelé bientôt dans

(*) Son épouse, princesse de Millésime) , lui apporta, comme alleu transmissible , la seigneurie de Lonositz en Bohême ( une ville et 35 villages) , que les grands-ducs de Bade possèdent encore.

(") Fille de Thomas - François , premier prince de Carignan, et de Marie de Duurbon, comtesse de Soissons.

(***) Par une singulière coïncidence chei les trois ennemis les plus redoutables du roi de France, le prince Fugène, cousin du margrave , naquit aussi à Paris , et Marlborough servit d'abord sous les ordres des généraux français, dans les auxiliaires anglais.

son pays, Ferdinand -Maximilien ne put jamais décider sa jeune épouse à

?|uitter Versailles pour Bade. Il fut orcé de faire enlever l’enfant, âgé de trois mois , et ne revit plus la mère.

Répéter ici tous les services que ce grand capitaine rendit à l’Allemagne et à la maison d’Autriche, ce serait faire le tableau de toutes les guerres de l’Empire contre les Français, les Hongrois et les Turcs , depuis 1674 juseju’en 1705 (*). Sur les différents théâtres militaires, aux bords du Rhin et du Danube, dans la Souabe, en Bavière, en Autriche, en Hongrie, en Transylvanie, en Valachie, en Servie, il commanda les Impériaux, et les conduisit de victoire en victoire. Maintes fois la patrie n’eut plus d’espoir qu’en lui , et pourtant il ne recueillit que l’ingratitude. Le capitaine qu'admirait l’Europe entière, qui comptait vingt -six campagnes, qui avait dirigé vingt-cinq sièges et livré treize batailles , sans avoir été jamais vaincu , ce héros mourut de chagrin a l’âge de cinquante-deux ans (4 janvier 1707 ).

Une activité aussi infatigable pour les affaires de l’Empire lui laissait peu de temps à donner aux siennes. Ainsi, pendant qu'il gagnait, en 1689, la bataille de Nissa ( 25 septembre ) , dont la conquête de la Bosnie et de la Servie fut le résultat, il reçut la nouvelle de la dévastation de soii pays par les Français, et de l’incendie de sa résidence. Cependant , il fit ce qu’il put pour le bien de ses sujets ; et lorsque les événements le ramenèrent sur le Rhin , il protégea efficacement le territoire contre une nouvelle invasion.La paix de Ryswick lui rendit ses possessions sur la rive gauche du fleuve, scs seigneuries du Luxembourg, perdues par les réunions de Louis XIV. Mais la forteresse de Kehl , bâtie par Vauban, ne futd’abord qu’un faibledédommagement (1699) pour les millions absorbés par tant de désastres.

En 1701 , Léopold ayant besoin de l’épée du margrave pour la guerre d’Espagne, se montra plus généreux :

(*) Voy. t. IJ,p. 3i3 et juiv.

2' Livraison. (Bade, États tifssois , etc.'.

ts

L’UNIVERS

il lui conféra pour lui et ses descendants mêles la préfecture de l'Ortpnau (*).

La ville de Bade ayant été détruite, Louis-Guillaume fit construire le château de Rastadt , et y transféra sa résidence. Ce château, où l'on envoya les trophées de la gttèrre de Hongrfe, et qui a été en partie bâti par les prisonniers musulmans, est digne encore d’être visité. Louis - Guillaume était héritier de la maison de Saxe-Lauenbourg, par son épouse, Sibylle-Auguste, princesse née dudernierduc de cette maison (■**).

Il laissa deux fils, dont l'aîné, Louis- George, atteignit sa majorité en 1727.

Ce prince, d’une grande affabilité, et qui n’avait d'autre passion que celle de la chasse, mourut en 1761.

Comme il n'avait point d'enfant mâle, le margraviat passa à son frère, le prince Auguste -George. Celui-ci avait pris la soutane , qu'il quitta pour ceindre l'épée, et parvint au grape de feld-marécnal dans les a rinées des États- Généraux , puis de Marie-Thérèse. Son épouse, Marie-Victoire, duchesse d'Aremberg, ne lui ayant pas donné d'enfants , la branche catholique de la maison de Bade s'éteignit , et ses possessions échurent à la ligne de Durlach, le 21 octobre 1771.

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