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1)0 FATS UE ■ROIKWICK JGSQu’a SOU
KREtTIOn Kîf duché (i?35).
Dans les premiers siècles du moven âge, le duché de Brunswick , dans le sens le plus étendu de ce mot, c'est* à-dire en y comprenant le Hanovre, était une partie de l'ancienne Saxe. Le patrimoine des princes de cette maison se trouvait situé dans l’Ostphalie ou pays entre le Weser et l'Elbe.
Après avoir été gouvernée, sous Charlemagne et sous son (ils, par des Wissl ou commissaires, sous Louis le Germanique, par le duc Ludolphe t qui bâtit Gaudersheim, puis, par ses fils Bruno, le fondateur de Brunswick (868), et Otton l'illustre, celle contrée resta sous la dominationdes empereurs de la maison de Saxe auxquels elle dut d'immenses bienfaits, jusqu’à ce qu’Otton le Grand, pour récompenser Bruno H, fils puîné de son frère Henri, duc de Bavière, des services qu’il en avait reçus, lui conféra deux châteaux dans les environs de l'Ockcr et le village de Brunswick ( Brunonis vicus ).
Ce seigneur prit le nom de comte ou margrave. Il passe pour avoir jeté les
(*) Louis XVm y demeura pendant l’é-
migration.
bases de la constitution municipale de Brunswick. Son petit-fils augmenta cette ville, et y bâtit plusieurs églises au commencement du onzième siècle; un autre de sesdesrendants, Egbert /", bâtit le château de VVolfeubuttel, vers 1060. Egbert H, tué en 1090, près, de sa résidence, par des soldats de l’empereur Henri IV, son implacable adversaire, fut le dernier rejeton de cette première maison de Brunswick.
Sa sœur Gertrude , à laquelle les habitants avaient prêté serment de fidelité apres avoir chasse les agents de l’Empereur, épousa dans la même année Henri le Gros, comte de Mordheim , et lui apporta ce riche patrimoine, qu’une autre alliance fit passer, peu d’années apres, à Lothairede Sup~ plinbourg, élevé sur le trône d'Allemagne en 1 1 25 (*). Ce prince maria , en 1127, sa fille unique, Gertrude, à Henri le Superbe, duc de Bavière , issu de la puissante maison des Welphes ou Guelfes(’*), qui réunit ainsi i'Ostphalie à ses vastes possessions , et domina depuis la mer du Nord et la mer Baltique jusqu'à la mer Adriatique.
Le célèbre Henri te Lion , fils de Henri le Superbe, dépouille, en 1180, de ses duchés de Saxe et de Bavière, se maintint si énergiquement dans ses biens allodiaux, situés entre l'Elbeel le Weser, que l’Empereur ne put d’abord les lui enlever m par ses arrêts , ni par ses armes. Banni, cependant, après plusieurs années de résistance,
(*) Il épousa Riolienza , fille aînée de Henri de Nordhcim et de Gertrude.
(**) 3 .a première maison des Guelfes s'éteignit dans les mâles en io55 avec C.uelJ JH, duc de Cannthie et margrave de Vérone. Sa sœur Cuuégonde avait épousé A ton 11 d'Estc, margrave d’ Este, seigneur pui&aut en Lombardie. De ce mariage naquil Guelfe qui fui duc de Bavière, et fonda la seconde maison des Guelfes, comme ayant hérité de son aïeul maternel les biens palnmoniaux des anciens Guelfes. Son fiLs aîné ne laissa pas de postérité; le cadet, Henri le Koir, acquit, par son épouse, héritière de la maison des Billungs , des biens considérables en basse Saxe. Henri le Superbe était son fils.
ÉTATS DE LA MAISON DE BRUNSWICK
à la diète d’Erfurt, il reparut vers 1 185, établit sa résidence à Brunswick, et ré-
firima, dans les É.tats qui lui restaient, es désordres dont son départ avait été le signal. Lorsque l’Empereur se disposa à partir pour la croisade, il exigea que l’ambitieux et turbulent chevalier, dont il se déliait toujours, le suivit en Palestine, ou qu'il retournât en Angleterre, au lieu de son premier exil. Henri prit ce dernier parti; mais, après la mort de sa femme à Brunswick, apprenant que ses voisins profitaient eux-mêines de son éloignement , il se rembarqua au bout de quelques mois, et, se tenant pour dégagé de sa parole, il prit aussitôt les armes afin ae reconquérir son patrimoine envahi de toutes parts (Il 89).
Reçu à bras ouverts par son ancien ennemi l’archevêque de Brême, qui alors avait besoin de lui , et rejoint par plusieurs de ses fideles vassaux, il mit bientôt en déroute les Danois et les troupes de Dilhmarsen. Il s’empara de Hambourg, dePloen et d’Itzhoe, prit d’assaut l’industrieuse ci té de Bardowiek(*),qui avait refusédese rendre, et la détruisit presque en entier, ne respectant que la cathédrale, sur les murs de laquelle il fit placer l’image de son lion vengeur, avec cette inscription : Festigia leonis. Lubeck et Luneuourg ne tardèrent pas à lui faire leur soumission; mais la fortune lui fut défavorable à la bataille de Segebourg livrée contre Adolphe de Dassel, gouverneur de Holstein (**). Le roi des Romains, Henri, que Frédéric Barberousse avait laissé en Allemagne comme administrateur de l'Empire, se joignit aux évêques d'Hildesheim et d'Halberstadt pour assiéger la résidence du duc, jusqu'à ce que des négociations con-
(*) Aujourd'hui village du gouvernement de Luntbourg, en Hanovre (l'ancien Bardingau).
(**) Ce prince avait été autrefois l’allié du duc; mais il «'était brouillé avec lui parce que Henri lui avait refusé les prisonniers laits à la bataille de Hallerfelde, livrée contre les troupes de Cologne. Celte mésintelligence avait précipité la ruine du duc et amené sa condamnation à Erfurt.
dues, en 1190, par l'Influence des archevêques de Mayence et de Cologne , suspendirent les hostilités. Cependant la paix ne fut pas de longue durée , elle ne devint définitive que lors du mariage de Henri , fils atné du duc , avec Agnès, héritière du comte Palatin du Rhin, Conrad, frère de Frédéric Barberousse.
Henri le Lion put dès lors s’appliquer à répandre dans ses États le commerce, l’industrie et l’aisance, et à y seconder les arts et les études. Il mourut en 1195. Ce fut sous lui que Brunswick, composée de plusieurs parties éparses, commença à prendre l'ap-
Earenee d’une cité et à s’élever à un aut deitré de prospérité par son commerce avec le Danemark et l’Angleterre. Le corps de Henri et celui de sa femme reposent dans l’église cathédrale. La ville de prédilection du célèbre duc vous montre encore aujourd’hui , avec orgueil, un lion de bronze, dont la légende raconte ainsi l'origine : « Le cé.èbre Henri , dans une de ses courses aventureuses en pays étranger, rencontra dans un desert un lion aux prises avec un serpent.
A demi vaincu , le roi des animaux appelle le voyageur à son secours.
Henri se met dè son côté et plonge son épée dans les flancs du reptile. Dès ce moment le lion devint son protecteur, son ami. Il le défend contre les bêtes féroces, et va chaque jour à la chasse pour lui apporter sa nourriture. Tous deux restent ainsi plusieurs années sans voit une figure humaine. A la fin Henri, impatient de retourner en Allemagne, se construit un canot et se hasarde encore sur les flots. Le lion , qu’il a voulu quitter, se jette a la nage et l’atteint. Après quelques jours de navigation, au moment ou Henri , manquant de vivres , et privé de direclion, commence à déses^ pérer, le diable lui apparaît et s’engage a le transporter sur ia montagne voisine de sa résidence, à là condition que s’il s’endort il lui appartiendra. Henri accepte; et, malgré sa fermeté , il cède à la fatigue
L’ÜNIVERS.
et s’endort; mais les rugissements du lion le réveillent, et le diable, honteux, s'enfuit. Dès que le duc eut repris paisiblement possession de ses États , il s’empressa d’éterniser par une image en métal le sou-' venir de son fidèle compagnon. »
Les trois fils de Henri administrèrent pendant sept ans, en commun, la succession paternelle. Mais, en 1203, il se fit entre eux un partage : l’atné, Henri le Long, eut Hanovre, Gœttingen, etc.; le second, Otton qui, sous le nom d’Otton IV, empereur, joua un si grand rôle, reçut Brunswick, le Harz inférieur, etc.‘La ville de Lunebourg , le Harz supérieur, Blankenbourg, etc., échurent à Guillaume Longue-Epée.
Ce dernier seul eut un héritier et devint la souche d’une nouvelle maison de Brunswick. Son fils, Otton l'Enfant, réunit, en 1227, tous les droits à la succession de Henri le Lion. Il lui fallut, cependant, conquérir d’abord sa capitale; car l’empereur Frédéric, animé de son ancienne haine contre les Guelfes, avait acheté des deux fils de Henri le Long leurs prétentions sur l’héritage allodial de leur père, et s’était emparé de Brunswick. Otton rassemble sourdement des troupes, les amène, pendant la nuit, au pied des murs qu’il escalade, égorge une partie de la garnison, met l’autre en fuite, et reprend la place avec le château de Tancwarderode.
Renonçant alors à restaurer l’ancienne grandeur de sa maison, Otton réussit a terminer les anciennes querelles des Guelfes et des Hohenstaufen. Ce fut le 21 août 1235 qu’après avoir remis entre les mains de Frédéric II, à la diète de Mayence, toute la succession de son aïeul, il en reçut l’investiture pour lui et ses descendants, à titre de principauté immédiate d'Empire, sous le nom de duché de Brunswick.
depcis l’émectioh do duché de ancnswicx jusqu’au COMMSDCXMEDT DI LA SXCODDX MAISOH DX CE DOM.
(i>35-i4oo).
Otton l’Enfant, de retour chez lui, s’appliqua en toute occasion à augmenter ses domaines et mourut en
Ici commence dans sa maison la série de ces divisions et subdivisions, gui prolongèrent pendant des siècles la faiblesse des descendants des Guelfes.
Rarement ils purent prendre part aux grands événements politiques de leur temps : les disputes avec les villes soumises à leur domination, les guerres avec les évêques, leurs voisins, et avec la noblesse remuante de leur
fiavs , usèrent toutes leurs forces et ear activité.
Les fils d’Otton, Albert/e Grand (*) et Jean , se partagèrent, en 1267. sa succession. Le premier, qui était l’aîné , eut Brunswick, Wolfenbuttel , Goettingen, etc.; le cadet, Lunebourg et Zell. Ainsi se formèrent deux lignes appelées par les généalogistes : Anciennes maisons de Brunswick- JVolftnbuttel et de Brunswick - Lunebourg.
La branche fondée par Jean s’éteignit à la troisième génération (1368.
L’autre fut plus vivace. Albert encouragea parmi ses sujets le goût du commerce, de l’industrie et des arts. Il unissait la bravoure à la douceur. Cette dernière qualité ne lui valut cependant que le mépris et les insultes de quel-
3ues-uns de ses ministériels. Les ducs e Brunswick portaient dans leurs armoiries deux lions passants, depuis leur illustre aïeul qui avait choisi cet emblème (**) ; les nobles turbulents mirent sur leur bouclier un loup acharné sur le dos d’un lion. « Cet outrage, «dit Albert Krantz (***), émut la
(*) Ainsi surnommé à cause de sa haute taille.
(**) Il le tenait peut-être des rois d’Angleterre , ses parents.
(***) Saionia, lib. vin, cap. ai-ai.
ÉTATS DR LA MAISON DE BRUNSWICK. 40
« ces insolents, les força dans leur « château d’Assebourg e’t les chassa « de la place impitoyablement. » Albert guerroya encore plusieurs fois , entre autres contre Henri l'illustre, en faveur du jeune fils de Sophie de Brabant. Durant le cours de cette dernière guerre, il fut appelé en Danemark pour délivrer la reine douairière et le jeune Éric, captifs dans le Holstein. Il réussit dans cette entreprise, et la reine reconnaissante se proposait de lui accorder sa main. Toutefois les Danois ne purent s'accommoder au joug ni aux réformes du prince étranger ; ils l’obligèrent d’abandonner le pays. Albert mourut en 1279.
On croit que ce fut sous son règne que la ville de Brunswick entra dans F association de la Hanse.
Ses deux fils aînés, Henri et Albert, divisèrent encore la ligne de Brunswick en branches de Grubenhagen et de Gœttingen.
La première s’éteignit en 1596.
La seconde subsiste encore sous les noms de Brunswick et dellanovre.
Ic possession de la ville de Brunswick , dotée de grands privilèges et enrichie par le commerce, fut l’objet d'une guerre civile presque continuelle entre les deux auteurs de ces branches. Albert, le plus jeune, déploya vainement la plus grande rigueur pour comprimer l’esprit de liberté
aui animait les bourgeois. Il fut réuit à signer avec eux, en 1296, une transaction qui leur fraya la voie de l’indépendance. Dès lors, dégoûté du Séjour de Brunswick, le prince établit sa résidence , tantôt au château d’Assebourg, tantôt à Wolfenbuttel.
Apres la mort de son fils ainé(1344), nouveau partage entre les deuxautres, qui formèrent dans la ligne de Gœttingen deux rameaux , ceux de Gœttingen et de Brunswick. Au premier, qui ne donna que trois générations ( 1345-1463), appartient cet Olton le Quade ou le Mauvais, ennemi redoutable des landgraves de Hesse (*).
Sous Magnus I ", fondateur du ra-
(*) Voyez Histoire des États hessois.
meau de Brunswick , commença une longue guerre pour la succession de Lunebourg (1368), adjugée par l’Empereur à la maison de Saxe, et par le testament du dernier duc au fils de Magnus. En 1388 la victoire de Winden mit fin à la domination des ducs de Saxe.
Les trois fils de Magnus H Torquatus (au collier ou à la chaîne) se pa rtagèrent encore le pays. Frédéric , l’aîné , eut Brunswick, Bernard et Henri /" reçurent Lunebourg en commun. Mais pendant ces longs troubles, le clergé, la noblesse et les villes avaient accru leurs privilèges en vendant leur assistance au parti qui en avait besoin. Les ducs, apres lêur restauration, se virent forcés de confirmer toutes les concessions nouvelles. Dans la ville de Brunswick s'était formée récemment une espèce d’ordre militaire qui avait pris une grande part aux dernières querelles, et dont le nom se représente souvent dans l’histoire du pays. C’était une société de plus de soixante nobles, qui entretenaient quatre cents chevaux et se consacraient à la défense de la ville contre le brigandage des chevaliers des environs. Elle prenait le nomd’/Zssociation du Us ( Lilien -Venthe).
Après la mort de Frédéric ( 1400 ) , tué par un comte de Waldeck à sou retour de la diète de Francfort, où un grand nombre d’électeurs lui avaient promis de le substituer à l'empereur Wenceslas , ses possessions échurent à son frère Bernard.
«F.COlfDI ZfZItOS DK BRIISSWICK.
(rloo-iGly).
En vertu d’un nouveau partage, conclu, en 1428, après de longues disputes , Bernard reçut le pays de Lunebourg et Zell, et Guillaume /" et Henri II , petits-fils de Magnus Torquatus, eurent Wolfenbuttel , Galenberg, etc.; Brunswick et Lunebourg restèrent en commun entre les deux maisons. La mort de Henri arriva a propos pour empêcher un nouveau partage (1473); mais cette mesure n’était que retardée. Henri l'alné et Fric l’ainé, petits-fils de Guillaume, fondèrent
4" livraison. (Bade, États iirssots, etc.)
L’UNIVERS
en MOI le rameau aîné de llrunswick fro/fenbuttel et celui de Calenberg (*).
Les deux princes eurentù soutenir une guerre acharnée contre Brunswick .
qui , secourue par les villes anséatiques, remporta l'avantage, et obtint la confirmation de ses privilèges. C'est à Henri qu’elle doit ses deux grandes foires, aujourd’hui encore sources de son opulence.
Henri te jeune, Gis et successeur du premier duc de Bruns wiek-VVolfeubuttel, eut un règne très-agité. « Il se prononça hautement contre la réforme ; mais ce ne fut pas assez pour lui d’en empêcher les progrès dans son pays. Convaincu, à ce qu’il paraît, que la guerre était le seul moyen d’étouffer la révolution religieuse, il fit tout pour l'amener; aussi travailla-t-il à être nommé chef de la sainte ligue conclue a Nuremberg ( 1538), en opposition à l'union de Smalcalde.
« Pendant quelque temps, la querelle du duc de Brunswick avec les princes protestants se passa en écrits, que Henri publia contre l’electeur de Saxe et le landgrave de Hesse, et auxquels ces deux princes ripostèrent dans le même style. On se traitait réciproquement d'impies, de scélérats endurcis, d’ivrognes, d’infâmes, de menteurs , de débauchés. Luther même publia contre Henri la plus virulente et la plus grossière de ses diatribes (**). Bientôt la conduite violente du duc (***) et ses hostilités contre Bru nswick , membre de la ligue de Smalcalde , fournirent aux deux princes protestants un
(*) Sous cc dernier nom élait compris le pays entre le Deister et la Leinc, avec la principauté de Gœttingcn. Ce rameau s'éteignit en 1 5 8 j .
(") Elle porte cc titre : Contre ./cnn Saucisse (Hans Wurst). C’est le nom que les Allemands donnent au personnage qui, dans leur basse comédie, joue le rôle d’ Arlequin, de Polichinelle.
(***) Les protestants l'accusaient d’être l’auteur de plusieurs incendies qui avaient éclaté dans leur pays, et d'avoir fait mourir une maîtresse qu’il tenait enfermée dans un château.
prétexte pour assouvir leur vengeance. Au mois de juillet 1542 ils envahirent son territoire à la tête de 20,000 hommes , l'en chassèrent , et y introduisirent la réforme. En vertu de la capitulation de tVorms, le duché de Brunswick fut séquestré entre les mains de l'Empereur en 1545. Henri reparut la même année avec 9,600 hommes, enrôlés au moyen des deniers du roi Françoisl". Alors le landgrave, l'electeuret MauricedeSaxe rentrèrent dans le pays, et contraignirent leur ennemi à se constituer prisonnier avec son fils ; il fut enfermé à Ziegenhavn en Hesse. Aussitôt la réforme fut rétablie partout, et le docteur Bngenhagen dut rédiger pour les habitants une liturgie en plat allemand ('). » La captivité des deux princes cessa par suite de la bataille de Muhlberg (1547). Mais le fougueux Henri n’avait pas pardonné aux Brunswickois d’avoir fait cause commune avec ses ennemis. La guerre contre ces bourgeois orgueilleux et contre le margrave Albert" de Brandebourg occupa longtemps ses armes. Enfin, il se réconcilia avec tous ses anciens ennemis, u'il força néanmoins de lui payer des édommagements , et employa les quinze dernières années de sa vie à guérir les maux causés à son pays par sou humeur violente.
L’attachement que son héritier présomptif montrait pour le protestantisme le brouilla pendant quelque temps avec lui; il fit même légitimer par le pape un enfant naturel qu’il avait eu de la belle Êve de Trott (**) , et songea à lui transmettre sa succession.
Cependant, il y eut à la fin une espece de réconciliatîon entre le père, et le fils. Henri mourut en 1508, âgé de soixante-dix-neuf ans.
Par un statut de famille , signé en 1535, il avait établi dans sa maison le principe de la primogéniture.
(*) Scliœll , Histoire des États européens , t. XV, p. 117 et suie., et t. XVI, p. 4* et suiv.
(**) Les liaisons du duc avec cctle dame ont quelque chose de romanesque. Il avait fait répandre le bruit de sa mort et célébrer
ETATS DE LA MAISON DE BRUNSWICK
Sf
Son fils, Jules, arrivé au pouvoir (*), s’empressa ü’abolirentièrement leculte catholique, et dressa , avec l'aide des deux grandes lumières du luthéranisme, Martin Cliemnitz, surintendant à Brunswick, et Jacques Andreæ, AVurtemhergeois, un corps de doctrine, encore suivi aujourd’hui dans le pays de Wolfenbuttel.
Le duc imagina un singulier moyen de thésauriser aux dépens de ses sujets. Du produit de ses mines il fit frapper, depuis 1574, de grandes médailles d’argent, et obligea chaque habitant riche, ou au moins aisé, d'en acheter une, avec défense de l’aliéner. Dans un cas de besoin, il disposait, à titre d'emprunt, de ces capitaux dormants, et en faisait frapper de la petite monnaie. Les Julius Ijxsersont aujourd’hui très-recherchés par les amateurs.
Jules acquit un plus beau titre à l’estime de la postérité, en fondant l’université d’Qelmstædt ( 1574 ).
Il mourut en 1589, laissant à son fils , Henri- Jules , un héritage agrandi de toutes les possessions de la branche de Calenberg. Celui-ci , par une heureuse usurpation, y joignit encore les terres de la ligne déGrubenhaeen(**), éteinte en 1596, des comtes de Blankenbourg , etc. Mais la ville de Brunswick lui suscita de graves embarras.
Élevée presque au rang de ville impériale par l'étendue de ses privilèges, et vivant sous un régime où secontre-balançaient l’aristocratie et la démocratie, elle défendait depuis longtemps son indépendance contre, les ducs , ou ne leur rendait qu’un hommage trèslimité. En 1598, elle refusa de payer à Henri-Jules sa part dans une contribuas obsèques pendant qu’elle vivait cachée dans le château de Slauiïenberg.
(*) Ce prince , par suite d'un manque de soins dam son enfance, avait une constitution physique qui le rendait inhabile au méfer désarmés; ce défaut tourna à l'avantage du pays, à l'administration duquel il donna tous ses soins.
(**) Cellesiieeession devait revenir depréférence à la maison de Lunebourg.qui romjuenea un procès , et le gagna, contre le fils de Henri-Jules, en 1617.
tion imposée par l’Empire. De là une alternative de négociations et d’hostilités. Enfin une révolution , souillée d'abominables excès , ayant fait triom-
Ïther, dans la cité, le parti populaire, e duc assiégea sérieusement . avec le secours des Hollandais et des Danois, les bourgeois que. secouraient les forces de la ligne anséntique, commandées par le duc de Lunebourg. Ses armes furent impuissantes ; mais comme il exerçait une très-grande influence sur l’Empereur, à une cour où dominaient cependant l’Espagne et les jésuites, il obtint contre Brunswick une sentence de proscription. Néanmoins la mort de Rodolphe et celle du duc lui-même (1613) en suspendirent l’exécution. Henri-Jules tut un des princes les plus habiles de son temps.
Son fils , Frédéric - Ulrich , quoi que naturellement faible, dominé par l’ivrognerie et gouverné par d'avides ministres, tint à honneur de réduire les bourgeois rebelles. Après un siège de trois mois, qui lui coûta 12,000 hommes, il les força de lui prêter hommage. Cependant’ il dut leur promettre de confirmer toutes leurs libertés et de solliciter la révocation du ban impérial. En mémoire de cette réconciliation, conclue en 1615, ils res taurèrent le lion de bronze placé par Henri le Lion devant 1e château. Ce ne fut pourtant que longtemps après cet événement que Rrunswick fut réduite au rang de ville municipale.
Le duché eut à souffrir de grands maux pendant la guerre de trente ans.
Le roi de Danemark , Pappenhcim .
Tillv, Wnllenstein y dominèrent tour à tour. L’arrivée de Gustave-Adolphe sur la scène ne soulagea même pas beaucoup le pays. Au milieu de ces calamités, Frédéric-Ulrich mourut sans héritiers en 1634, laissant une dette de plusieurs millions d’écus.
VOUV RI.LK 1K.WSOK DS SRUKSWICK.
La maison qui règne aujourd’hui à Brunswick , descend , comme celle de Hanovre, d'Frnest le Confesseur , due
L’UNIVERS.-
dp Lunebourg-Zell. Lors du partage au'avaient fait ses fils , en 1 569 , Henri , l’aine, s’était contenté des bailliages de Danneberg, Luchow , Hitzacker et Scharnbeck; le second , Guillaume, devenu la souche de la nouvelle famille de Lunebourg, avait eu tout le reste.
Cette inégalité de partage fut In cause première de celle qui existe encore entre la puissance des maisons fondées par les deux frères.
Ce fut Auguste, fils du fondateur de la branche de Danneberg , qui acquit la succession de la seconde maison de Brunswick ; mais il lui fallut pour cela acheter les droits de son irère Jules-Ernest, qui vivait encore, s’arranger avec d’autres prétendants, et assiéger inutilement Wolfenbuttel , occupée, depuis 1627, par les Impériaux. Enfin , en 1642, dans une conférence tenue à Ggslar, la paix fut négociée entre l’Empereur et toute la maison de Brunswick. Les ducs rendirent à l’électeur de Cologne Uildesheim, conquis en 1523 par Éric de Calenberg. De son côté, Ferdinand III remit Wolfenbuttel à Auguste qui y établit sa cour. Les Impériaux évacuèrent toutes les places qu’ils occupaient dans le duché; mais les Suédois, que le prince avait abandonnés , refusèrent d’en faire autant. Ce ne fut qu’à la paix de Westphalie (1648) qu’ils se retirèrent. Auguste mourut en 1666, avec la réputation d'un prince des plus savants et des plus sages de l’Europe.
Formé par de nombreux voyages, il a laissé plusieurs écrits sous le pseudonyme de Gustavus Selenus,et fondé la grande bibliothèque de Wolfenbutte).
RODOr.rHF.-AUC.USTF..
Auguste eut pour successeur, au duché de Brunswick-W'olfenbuttel , son fils aîné, tandis qu’un rejeton d’un troisième mariage, Ferdinand - Albert /'r, fondait la branche de Bruns- -toick-Bewern , dont la résidence était Bewern, située près d’Holzmunden , sur le Weser (*).
(*) Cette brandie s’est éleinle en 1809.
Quoique la paix de Westphalie eût, en apparence, rétabli la trannuillité publique, il régnait encore des troubles dans plusieurs parties de l’Allemagne. Brunswick , de même que Magdebourg, Erfurt et Munster , ne voulait pas reconnaître la supériorité territoriale du prince.
Le 29 mai 1671, Rodolphe- -fuguste, profitant de la discorde qui régnait entre les bourgeois et les magistrats, envoya subitement 20,000 hommes devant la ville. Elle fut forcée d’ouvrir ses portes (*). Le duc laissa ensuite presque toujours la direction des affaires h Antoine-Ulrich , son frère , corégent depuis 1685. Comme il mourut sans postérité mâle, en 1704, ce dernier lui succéda.
A 1TTO ( H K- ULR ICH .
Doué d’autant d’esprit et de savoir que d’habileté politique, passionné commè son père pour les belles-lettres, ce prince leur consacra tout le temps qu’il pouvait dérober aux affaires (*•). Son pays eût été même plus heureux , plus tranquille, s’il se fût moins occupe de politique que de littérature. D’abord il décida son frère à prendre, en 1689 , le parti de la Hollande contre la France; mais quelques années après, l’élévation de la ligne de Lunebourg à la dignité électorale l’aigrit vivement contre ses cousins et contre l’ Empereur. Plus que tous les autres princes d’Allemagne, sur lesquels sa maison exerçait une espèce de préséance, il s’opposa de. tous ses moyens à cette innovation.
Depuis la paix de Ryswick, et surtout depuis l’ouverture de la succession d’Espagne, il s'établit des relations intimes entre la cour de Versailles et les ducs de Brunswick-Wolfenbtittel. Antoine-Ulrich envoya son fils aîné à Paris , et les ministres de Louis
(*) I.’armée assiégeante était grossie des secours du duc de Hanovre, comme onle verra dans l'Iiisioire de ce dernier pays.
(**) Ses romaus d’Aramène et d’Octavie sont connus.
ÉTATS UK LA MAISON DE BRUNSWICK
XIV qui traversaient l’Allemagne, s'arrêtaient toujours à Brunswick , où ils étaient accueillis d’une manière qui inquiétait fort les gouvernements suédois , prussien et hanovrien. Vers 1700 l’armée de Brunswick fut portée à 10,000 hommes; enfin, par un premier traité, Louis XIV s’engagea a ne pas reconnaître le neuvième électorat avant que ces princes, comme ceux du reste de l’Allemagne, eussent obtenu satisfaction, et les ducs s’obligeaient , en revanche , à n’entrer en arrangement à ce sujet qu’avpc l’intervention du roi. D’autres articles secrets menaçaient plus directement, disait-on, les intérêts de la ligne de Lunebourg. Une seconde et une troisième alliance, signées le 1er mars et le 23 octobre 1701, contenaient, de la part de Louis, la promesse d’un secours si les ducs étaient molestés ou attaqués, et en outre d’un subside mensuel qui les mit en état de résister aux premiers coups, eu renforçant leurs troupes.
Us firent en effet de nouveaux armements , tout en protestant de leur inviolable fidélité à l’Empire et à son chef, de leur sollicitude pour le maintien de la paix. Aussitôt Ips états de basse Saxe, alarmés, se plaignirent; Guillaume III, roi d'Angleterre, ainsi que le roi de Prusse , écrivit aux ducs pour les engager à rompre leur alliance avec l’ambitieux ennemi du repos de l’Europe. L’Empereur exigea meme de Rodolphe -Auguste qu’il exclût son frère de toute part au gouvernement.
Cette proposition ayant été accueillie par un refus formel, les troupes hanovriennes entrèrent dans le pays de Wolfenbuttei pendant la nuit du 19 au 20 mars 1702, surprirent dans leurs quartiers, enlevèrent ou dispersèrent les solt^its , et occupèrent toutes les avenues du pays, ainsi que la ville impériale de Goslar et la forteresse de Peina (*). Le duc Rodolphe prit à témoin de cette violence l’Empereur, la
(*) Cars deux localités font aujourd’hui partie du Hanovre (gouvernement de Hildetheitn).
diète, l’Europe entière. Cependant, par la médiation du roi de Prusse et du landgrave de Hesse-Cassel , l’affaire fut arrangée le 19 avril suivant (*).
Malgré le fond d'amertume qu’il conservait dans son cœur contre la ligne de Hanovre, Antoine-Ulrich, après le décès de son frère, se rapprocha d’elle et déserta le parti de la France. Sa petite-fille, Élisabeth-Christine, épousa, en 1708 , l’archiduc Charles, le prétendant au trône d'Espagne, celui qui bientôt devint Empereur sous le nom de Charles VI. La princesse avait été contrainte à faire préalablement profession delà foi catholique, et ne s’y était décidée que lorsque son aïeul, pour lui prouver combien était peu importante la différence entre les deux religions, lui eut promis de changer aussi. Le mariage conclu, elle insista, pour la tranquillité de sa conscience, sur l’accomplissement de cette promesse. En conséquence Antoine-Ulrich, âgé de soixante-dix-sept ans, se fit catholique, en 1710, après avoir signé l’engagement de ne rien changer a la religion de son duché ; son fils lui succéda en 1714.