‹ États de la confédération germaniqueChapitre 237 sur 261 · OI · texte numérisé non relu

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Adolphe-Frédéric II, souche de la ligne cadette, devait, d'après le testament de son père Adolphe-Frédéric 1", posséder, après la mort de ses frères aînés, la principauté de Ratzebourg ; mais par un arrangement conclu avec Christian- Louis, il >e contenta, au lieu de plaider, du bailliage de Mirow, auquel son beau-père. Gustave-Adolphe de Mecklenbourg-Gustrow, ajouta ceux de Feldberg et de Strelitz. Par la transaction de 1701 il obtint la principauté de Ratzebonrg, la seigneurie de Stargard (*), les ci-devant commanderies de Mirow et de Nemerow, une rente annuelle de 9,000 écus (environ 54,000 francs), et 8,000 écus pour bâtir une résidence.

Adolphe- Frédéric III , son fils aine, lui succéda en 1708 et gouverna jusqu'en 1749. Après lui régna son frère Charles Louis -Frédéric F', qui, en 1752, fut remplacé par Adulpfse-Frédéric II', son fils.

En 1794, le pouvoir passa à Charles-louis- Frédéric II, frère de ce dernier et de la reine d’Angleterre, et qui mourut en 1816, un an après avoir reçu le titre de grand-duc.

Le prince actuellement régnant, nommé (ïeorge-Frédéric-Charles (**), est son fils du premier lit. D'un au-

(*) C'est-à-dire, Neu-Brandebotirg, Friedland, Woldeek , Stargard, Strelitz, Furv lenberg, Vasenberg.

(**)Né en 1779. Il a eu trois sœurs, mariées à un duc de Saxe-Hildbourghausen .

au prince de la Tour-Taxis , et à Frédérie- Guillauine III , roi de Prusse , et une qot-

PRINCIPAUTES DE MECK.LENBOURG.

tre mariage du premier grand - duc était issu le duc Charles - Frédéric-

irième qui avait successivement épousé Louis, prince de Prusse, mort en 1796, et plus tard , le duc de Cumberland , devenu roi de Hanovre.

Auguste (*), général au service de Prusse et président du conseil d’Ëtat de ce royaume.

Le grand-duc héréditaire est Frédéric -Guillaume -George Fruest-Charks-Adolphe- Gustave , né en 1819.

(*) Né en 1785.

GRAND-DUCHE D’OLDENBOURG

ET

SEIGNEURIE DE KNIFHAUSEN-

GÉOGRAPHIE, STATISTIQUE

Ce grand-duché , dont la superficie totale est de 341 lieues carrées, et dont la (Kjpulation s’évalue à plus de 248,000 habitants ( 727 par lieue ), se compose de trois parties distinctes.

L’Oldenbourg, proprement dit, avec ses dépendances, en forme le noyau.

Compris dans l'ancien cercle deWestphalic, il est borné au nord par la mer d'Allemagne, et sur tous les autres points parle Hanovre, à l'exception d’une frontière de quatre lieues de longueur, où il touene au territoire de Brême.

La seconde partie consiste dans la principauté de Lulteck et Kutin, située adis dans les limites du cercle de Misse Saxe, et enclavée aux extrémités orientale et méridionale du duché danois de Holsteio.

La troisième partie , la principauté de Birkenfeld , qui appartenait au cercle du Haut-Rhin, se trouve placée au nord-ouest de la Bavière rhénane , et entre les régences prussiennes du haut Rhin et la principauté de Lichtenberg.

L’Oldenbourg proprement dit se déroule en une surface plane , que des digues, des élévations défendent le long de la côte contre les envahissements de la mer. Indépendamment du bas Weser qui le baigne à l’est, ses principaux cours d’eau sont : la Hunte, affluent de ce fieuve. l'iahde , qui a son embouchure dans une vaste baie; l’Iumine, la Vehne, la Soeste , la Léda ou Satercms et la Haase, tributaires de l’Ems. Ce n’est que sur les bords de ces rivières qu’on rencontre un terrain gras et fertile; le reste du pays n’offre guère que des sables , des lacs et des marais, et souvent le voyageur y marche plusieurs heures sans apercevoir un arbre, une habitation (*).

(') Les principaux végétaux utiles que

La température est humide et brumeuse; aussi les récoltes de grains ne suffisent-elles pas à la consommation.

Lespâturagesnourrissentde nombreux troupeaux (*), surtout des chevaux estimés; dans les bruyères des landes, les paysans n’ont d’autres richesses que leurs 'moutons et leurs abeilles. La pèche offre aussi à un grand nombre d’individus des ressources productives.

La petite principauté de Lubeck et Eutin, qui, sur une plaine de 26 lieues carrées, compte 22, 500 habitants ( 900 par lieue ), possède seule un terrain où le laboureur recueille assez abondamment les fruits de son travail. Le pays de Birkenfeld, en effet, appartient à la région stérile, froide et montagneuse du Hundsruck ; et ses 25,600 habitants, répartis sur une superficie de 23 lieues carrées ( 1,108 habitants par lieue) , sont presque tous occupés à la forge des fers , ou à l’exploitation et à la taille des agates, des jaspes, des calcédoines, richesses naturelles que le sol leur fournit en prodigieuse quantité.

Le cours d’eau principal de cette dernière contrée est la Nahe ; l’autre est arrosée par la Trave et la Schwartau, et entrecoupée de lacs.

Le gouvernement du pays est encore basé sur ses vieilles lois constitutives. Il a pour chef un grand-duc, dont le pouvoir, transmissible par droit de primogéniturc dans la descendance môle, n’est pas limité par les états nationaux, lesquels ne sont convoqués que pour le votede l’impôt. La plussévère économie

l'on cultive dans le pays sont le houblon , le lin , le chanvre, le colza. Les établissements industriels les plus considérables sont les brasseries , les fabriques de draps et de toiles , les moulins à huile.

(*) A peu prés 35,ooo chevaux, 140,000 bêtes à cornes , 200,000 bêtes à laine , 3a, 000 porcs.

GRAND-DUCHÉ D’OLDENBOURG. 87

règne d’ailleurs dans tontes les branches du service public.

Les revenus annuels s’élèvent à près de 4,000,000 de francs.

Le contingent fédéral est de 2,180 hommes. Le grand-duc a en outre sur pied 1,800 hommes; et le tout forme deux régiments d’infanterie, une brigade de dragons et une batterie d’artillerie.

Le grand-duc, avec Anhalt et Schwartzbourg, occupe dans la diète, la quinzième place; les trois principautés y possèdent une voix ; à rassemblée générale, Oldenbourg a une voix à lui seul.

L'association de douanes du Brunswick et du Hanovre, établie à côté de celle de la Prusse, a rallié l’Oldenbourg en vertu d'un traité mis en vigueur le 1" août 1836.

Les Oldenbourgeois parlent le dialecte appelé bas-allemand (*). La plupart d'entre eux sont attachés a la communion luthérienne; cependant on compte dans le grand-duché près de 70,880 catholiques (**), 2,314 reformés et 980 juifs.

CZRCLU BT VILLES rRIÏVCIPALES.

La province d’Oldenbourg comprend sept cercles , qui portent les noms de

(*) Les habitants catholiques du canton marécageux de Salerlaud (dans le Kloppeubourg , district situé sur la frontière de la Frise orientale, 5 lieues de long sur a de large) ont conservé les moeurs et l'ancienne langue des Frisons, leurs ancêtres. Depuis l'âge de cinq ans jusque dans la vieillesse la plus avancée , les individus des deux sexes s'occupent à tricoter des bas de laine. Au produit de ce travail ils joignent celui de la vente des gazons mouvants qui recouvrent leurs marais. Jusqu’à l'invasion française , ces jiauvres gens ont joui d'une constitution républicaine

La petite île de Wangeroog (cercle de Jéver) nourrit aussi une population de 246 individus parlant uu idiome particulier. Ce sont des marins et des pêcheurs , descendant des anciens Angles.

(*•) Dans les bailliages de Vechta et Kioppenbourg.

leurs chefs-lieux , et sont subdivisés en bailliages et en paroisses.

Oldenbourg, chef-lieu de tout le duché, est le centre d'une industrie et d'un commerce assez actifs, que favorisent les embouchures de deux fleuves, des rivières, des canaux et des ports nombreux. La nouvelle-ville est assez bien bâtie, et la petite capitale s’accroît et s’embellit journellement.

Sa population est évaluée à plus de 6,000 âmes.

Delmenhorst renferme 2,000 habitants et fait un grand commerce de chevaux. IVildeshausen, dans le même cercle que cette ville , est un peu plus peuplée , et possède des fabriques de drap et des tanneries considérables.

La petite ville de Wechta ( 1,800 habitants), entourée de murs et de fossés, est le chef-lieu de l’un des cercles les plus peuplés.

Le bourg de / arel , dans le cercle deNEUENBOURG, possède un bon port à l'embouchure de l’Iabde , des marchés de chevaux et de bœufs, un palais des comtes de Bentink, qui sont seigneurs de cette ville , et une population de 2,600 habitants.

Jever doit aussi au commerce une assez grande importance , et il s’y tient annuellement douze foiresde bestiaux : on y compte 3,600 habitants.

Kloppenbourg et Ovelgœnne , autres chefs-lieux de cercles , ne méritent pas de mention particulière : ils renferment à peine 8 a 900 âmes.

Le territoire de Birkenfeld n’offre pas non plus de centres de population dignes du nom de villes. Sou chef-lieu est un bourg contenant près de 1,400 habitants. Lès matières siliceuses se travaillent principalement dans les moulins et les ateliers des vdlaees d’Oôersteln et d’ fdar, au milieu d’une petite vallée arrosée par la Nahe.

Butin , chef-lieu de la principauté de Lubeck, est une ville de 3.000 âmes, située à trois lieues de la mer. Elle possède un château et uu palais moderne entourés de beaux jardins. Mais ce qui la rend surtout remarquable, c'est le souvenir du séjour qu'y ont fait pendant quelques années’ Stol*

T Livraison. (Rade, États hessots, etc.)

ber e , Voss , Bredow , C. Marie de "Weber, et plusieurs autres personnages célèbres.

On ne rencontre que des villages dans les autres enclaves qui forment la principauté.

Seigneurie de Kniphausen. — Sur la côte occidentale de la baie d’Iahde. au milieu de la seigneurie d’Iéver, s'étend un territoire appelé la Seigneurie de Kniphausen , et compté parmi les puissances indépendantes qui font partie de la confédération germanique : c'est le plus petit de tous les États de l’Europe. Sa superficie n’est que de 2 lieues carrées, sa population de 3,000 individus, presque tous marins exercés; ses revenus de 40,000 francs, son armée de 23 hommes, son contingent fédéral de 28. Il n’a pas de voix individuelle aux assemblées générales de la diète, et doit joindre son contingent a celui du grandduché d'Oldenbourg , dans lequel il est enclavé.

Kniphausen, décorée du nom pompeux de capitale, n’est autre chose qu'un assez joli château fortifie, où vivent une cinquantaine d’habitants. I.e prince, autocrate au petit pied, réside ordinairement à ( arel , l'une de ses possessions médiates (*).

HISTOIRE DU ORAND-DUCHK d'olDKNBOUR G.

Plus d'une maison souveraine d’Alleinagne tient à honneur de faire remonter son origine jusqu’au héros saxon, à Wittekind. S’il y en a une qui puisse le faire avec quelque fondement, c’est celle des comtes d'Oldenbourg et Delmenhorst ; encore n’en descendrait -elle que par les femmes.

L’illustre famille saxonne se serait partagée en quatre lignes, celles de Saxe, de Wettin, de Welf et de Ringelhenn ou Kustringen. De cette dernière seraient issus les comtes d’Oldenbourg.

Il parait assez certain que Wittekind, son fils et son petit-fils, résidèrent à Wildeshausen (**). Parmi leurs

(*) Il a d'autres biens médiats dans le Brabant, la Gueldre et 1’Over-Yssel, provinces du royaume des Pays-Bas.

(**} Par un litre encore existant (voyez

derniers descendants connus, on compte deux seigneurs, qui sont devenus les héros de certains contes populaires répandusdans toute l'Allemagne. L'un est lecointe Otton, auquel une fée vint apporter en 989 une corne de vermeil, que l’on voit encore aujourd'hui au Musée de Lopenliagtte (*) ; l’autre est Frédéric, qui prouva l’innocence de s.m père accusé de félonie, en combattant et en terrassant un lion féroce devant la diète de Gosiar présidée par Henri IV.

Pour récompenser ce jeune chevalier, si digne du noble sang qui coulait dans ses veines , l'Empereur lui concéda diverses terres, et brisa le lien féodal qui attachait son comté à l'Empire.

Oldenbourg devint ainsi une possession allodiale. Frédéric eut pour héritier Èlimar F' ou Êgilmar, son neveu (**), et de celui-ci descendent les comtes d'Oldenbourg , ainsi que toute la maison actuelle de I lolstein.

Le petit-fils d’Élitnar, Christian F’ le Belliq ueu.r, fut un des compagnons d'armes de Henri le Lion, qui lui construisit, près de l'ancienne cité d'Oldenbourg. le château du même nom :

dès lors Christian , établi dans celte nouvelle résidence, prit et transmit à ses descendants le titre de comte d'Oldenbourg. Les possessions de cette famille se composaient des cantons d'Amnierland, Kustringen occidental , et Steding.

Lin des petits-fils de Christian acheta un territoire sur la Delme, bâtit vers' 1 230 , entre cette rivière et les terres hautes ( horst ), le château et la ville de Delmenhorst, et fit ériger ses biens en comté. Ils furent bientôt réunis au comté d'Oldenbourg; mais, au commencement du quatorzième siècle, se formèrent dans cette maison deux bran-

Sclineid. , Orig. Gurlf., IV. 343) , ce dernier, appelé VValber(,y fonda, en Syj, une église collégiale.

(*) Elle est comme sous le nom de corna d'OIdrnbourg.

(**) Peut-être Élimar appartenait-il à la même souche, puisqu'il possédait les domaines de Willckind , dans f Ainnierland.

"Vover Chrtm. Otdrnb. de lliunelmaun , et Meibom, Sa. rrr.grrm., Il, p. 17a, etc.

GRAND-DUCHÉ D’OLDENBOURG

ches distinctes, Oldenbourg et Delmenhorst. Enfin Thierry , surnommé le Fortuné (1423-1440) réunit, en (436, par son mariage avec Adélaïde, héritière de Delmenhorst, toutes les possessions de sa famille (*). Un second mariage de ce comte avec Hedwige, sœur d'Adolphe VIII, duc de Sleswig, valut à Christian, son fils aîné, la couronne de Danemark ( 1448), puis la surcession de Sleswig et du Holstein (1460).

Gérard{ 1440-1449), comte d’Oldenbourg, le plus jeune des fils de Thierry, porta le surnom de Belliqueux. En effet, son règne ne fut qu'une suite de guerres contre son frère , contre les Frisons, ses voisins, contre l'archevêque et la ville de Brème , ou de brigandages sur tous les négociants qui traversaient ses Etats. Il s'était allié avec Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, pour faire la conquête de l’Ost- Frise; mais la mort de ce prince renversa toutes ces belles espérances (**).

Enfin Henri de Schwartzbourg , archevêque de Brême et évêque de Munster, lui enleva , Delmenhorst (***), le vainquit lui-méme et le fit prisonnier, puis contribua a le faire bannir et à hâter le terme de ses jours. Gérard mourut en France en 1402.

Son fils, Jean XIV, se joignit aux ducs de Brunswick contre Edzard le Grand, comte d’Ost-Frise ( 1501 ), et il eut une bonne part dans les dépouilles 7****).

En 1531 , Antoine I’r , l’un des fils de Jean, pour garantir Son héritage con-

(*) Thierry est célèbre dans l'histoire, par la défaite que Foeko Ukena, luetq'tlmg d’Ostfrise, lui fit essuyer, en 1 4 a fi , sur la I.cda, ainsi qu'à ses alliés l'arrhescque de Brème et les comtes de Hoya et de Diepholz.

(*') Il put cependant se consoler quelque peu par l'acquisition de In seigneurie de Varel , qu'un hauplling (chef) frison lui légua en 1481.

(***) La maison d’Oldenbourg ne recouvra celte possession qu'au bout de cinquante ans.

(*”*) Les districts dits Sladllaud et Butiadingen ou Ovelgdnne, petits Étals démocratiques placés sous la protection de l'Ost- Frise.

tre l'ambition d’un frère, l’offrit en fief à l'Empereur et à l'Empire. Charles-Quint s’empressa de lui expédier son di|ïïome d’investiture, et lui rendit à cette occasion le comté de Delmenhorst, enlevé illégalement, disait-il, à son aïeul par l’évêque Henri . Cependant, la ville de ce nom ne reconnaissait pasencorelasupériorité territoriale du comte, lorsque les Impériaux entrèrent en VV'estphalie pour châtier les allies de Smalkulde. Bien que la réforme eût été portée dans l'Oldenbourg depuis 1525 (*), Antoine n’était pas entré dans cette confédération; il put donc se faire autoriser par le général de Charles-Quint à s'emparer de la place de Delmenhorst et du bailliage de Harpstedt, ce qui s'accomplit en une nuit. -

Ce fut en 1570 que le comte conféra au roi de Danemark et aux ducs de Sleswig -Holstein l’expectative de ses deux comtés , en cas d’extinction de sa postérité mâle.

Quelques années après, deux fils d’Antoine se partagèrent sa succession, et chacun d'eux prit pour soi l’un des comtés ; mais la ligne cadette ou de Delmenhorst s’éteignit en 1647. La branche aînée, qui, dans l’intervalle, s'était enrichie par les acquisitions importantes des seigneuries d’Iéver et de Kniphausen , était alors représentée par Antoine Gunther (Gonthier), avec qui elle devait aussi disparaitre (**); en effet, ce prince, dans la main duquel toutes les terres de la maison se trouvaient ainsi réunies, était arrivés un âge avancé sans avoir d’héritier légitime.

(*) Le premier prédicateur de la réforme dans l’Oldenbourg fut F.do Beling , pasteur d’Esenhanun ; ensuite vint Ümnie-Ulrich Ilksen (t5a8), tète ardente qui croyait avoir reçu d'une vision céleste l’ordre de prêcher. Le principal appui de ce fanatique lut Jean Hodderseu , pasteur de Hanunelvarden , qui, de i5a3 à ■ 533 , traduisit en bas allemand les saintes Écritures. Sa traduction fut la première qui parut dans te dialecte vulgaire. Elle fut imprimée à Lubeck en i533.

(**) Nous n'avons pas besoin de dire que le pay,s d'Oldenbourg souffrit d'horribles dé vacations pendant la guerre de Trente ans,

L’UNIVERS

Toutes ses affections se reportaient sur un fils naturel nommé Antoine; ayant échoué dans ses tentatives pour le faire reconnaître comme son successeur , il parvint du moins, à force de négociations, de cessions et d’échanges , à lui obtenir un diplôme impérial qui lui conférait la dignité de comte d'empire, avec la dénomination A'Aldenbourg. Enfin, par son testament, signé en 1 ii03, Guhtlier transmit Oldenbourg et Delmenhorst au roi de Danemark et au duc de Holstein-Gottorp. Les princes de Brunswick- Lunebourg et d’Anhalt reçurent divers autres lots :

quant à Antoine d'Aldenbourg , Varel et Kniphausen lui furent légués pour lui et pour ses descendants des deux sexes.

Gunther étant mort en 1667, son comté passa en effet à la couronne de Danemark , laquelle était toujours possédée par la branche de Holstein, issue de Christian, le frère aîné de Gérard le Belliqueux. Vers cette époque, la maison de Holstein-Gottorp monta sur le trône de Russie, et le Danemark échangea avec elle l'Oldenbourg contre, les possessions de la famille de Gottorp dans le Sleswiget le Holstein. Le grand-duc Paul en fut investi en 1773. Le lendemain même de la ratification du traité définitif, il transporta, conformément aux conventions, les comtés d’Oldenbourg et de Delmenhorst à son cousin. Frédéric-, éuguste , premier représentant de la branche cadette de Gottorp et évêque de Lubeck (14 décembre). L’annee suivante, cet échange et ce transport furent confirmés par l'Empereur, qui érigea même les deux comtés en duché, les déclara fief masculin de l’Empire , et conféra au prince titulaire, dans le sein de la diète, la voix appartenant à l'ancienne ligne de Holstein-Gottorp.

Le premier duc (mort en 1785) gagna les cœurs de ses sujets par son gouvernement sage et paternel. Son fils et son successeur, Guillaume- Pierre- Frédéric, était malheureusement atteint d’aliénation mentale. La régence fut confiée à son cousin germain , Pierre-Frédéric-Louis , évêque de Lu-

beck , et représentant de la quatrième branche de Holstein-Gottorp (*).

En t803. l’évêché de Lubeck, érigé en principauté héréditaire, fut réuni au grand-duché, ainsi que les bailliages de Vechtaetde Kloppenbonrg dans l’évéchéde Munster, et le bailliage hanovrien deWildeshausen.Le prince administrateur futnéanmoins le dernier de l'Allemagne qui accéda à la confédération du Rhin formée sous le protectorat de Napoléon, puisqu'il n’y entra que le 14 octobre 1808. Deux ans après (14 décembre 1810), l'empereur des Français le dépouilla de ses États , pour en former les deux departements des liouches-du-Weser et des Bouches-del’Elbe (**). Cette décision violente irrita le cabinet de Saint-Pétersbourg, qui n'accepta pas plus que le duc les indemnités oflertes par la France. La guerre ayant éclaté entre Alexandre et Napoléon, Pierre-Fredéric-Louis leva une légion , dite légion russo-germanique, et son fils se distingua à la bataille de Borodino. Les événements de 1813 rétablirent les anciennes relations du duché d’Oldenbourg. Le duc régent rentra, le 27 novembre, dans sa capitale. Le congrès de Vienne lui conféra, en 1815, la dignité de grand-duc, et lui céda la principauté de Birkenfeld. auparavant comprise dans le département français de la Sarre , et anciennement dans le duché de Deux-Ponts. De plus, l’empereur de

(*) Celle maison se partageait alors en branche aînée ou russe , branche suédoise, branche d'Oldenbourg et branebede Lubeck ou d’Eutin.

Le siège de 1 cvéché luthérien de Lubeck avait clé fixé dans la ville de ce nom; ni .U le titulaire, qui avait le rang de prince d’empire, résidait à Lutin. La maison de Holstein ayant rendu d’importants services à ccl évêché , il fut convenu , en 1647, que le chapitre choisirait scs evèques parmi les princes de celte famille.

(**) Il est à remarquer que le décret de Napoléon, ordonnant la réunion du duché Jl l’empire, est daté d’un 14 décembre, comme l’acte par lequel le grand-duc Paul transféra les deux comtés à l'évêque de I.iiljcrk.

GRAND-DUCHÉ D’OLDENBOURG

Russie lui fit abandon de la seignpurie de lever (*), qui avait déjà été réunie au comté pendant le seizième siècle.

Guillaume étant mort le 2 juillet 1823, sans avoir été marié, Pierre- Frédéric- Louis prit le titrededuc de Holstein-OIdenbourg, et jusqu'à sa mort , arrivée le 21 mai 1829, il ne négligea rien pour le bonheur de son pays. Ainsi, il promulgua plusieurs sages règlements pour les institutions charitables, améliora le système qui régissait les églises et les écoles, fonda une bibliothèque publique, une école normale, et abaissa les impôts à un taux beaucoup plus modéré que dans tous les États voisins.

Son fils et son successeur, PauFFrédéric- Auguste (**), lieutenant général au service de Russie et gouverneur général d'F.sthonie, n’accepta que le 28 août 1829, le titre de grand-duc. Sa fille, la princesse Amélie, est devenue reine de Grèce en 1839. Il a épousé en troisièmes noces la princesse de Suède, fille de Gustave-Adolphe et de la belle et malheureuse reine Frédérique-Wilhelmine.

HISTOIRE DE I.A SIIGHECRIE DE RHIPBACSEH.

Il nous reste à parler de la petite seigneurie de Kuiphauscn. Nous avons vu plus haut comment elle fut acquise

(*) Nous avons , dans noire II* volume de V Histoire d' Allemagne , p. 119, suivi lej destinées de celle seigueurie jusqu'en

En 1660 , elle échut , par testament de Gonthier. à la maison d'Anhalt-Zerbst ; en 1 7g3 . elle passa par héritage à l'impératrice Catherine II; en 1807, Alexandre, par le traité de Tilsilt, la céda au roi de Hollande, Louis Napoléon.

(**) Né le 1 3 juillet 1783.

par les comtes d’Oldenbourg, et comment le dernier d’entre eux la conféra à son fils naturel, le comte d’Aldenbourg, avec la seigneurie de Varel, soumise à la supériorité territoriale d’Oldenbourg. Cette maison d’Aldenbourg s’étant éteinte dans les mâles en 1738, l’héritière épousa Guillaume, comtede Bentinck , dont la descendance possède aujourd'hui ces seigneuries.

Varel suivit toujours le sort du comté d’Oldenbourg devenu duché. Il n’en fut pas de même de Kniphatisen, dont Napoléon adjugea, en 1807, la souveraineté au nouveau royaume de Hollande. Un sénatus-consultf. de 1810 réunit ensuite ce petit pays à la France. L’armée russe l’occupa en 1813, et en remit l’administration au duc d’Oldenbourg , malgré les protestations du légitime propriétaire. L’acte du congres de Vienne ne fit pas la moindre mention de cette iniquité flagrante. Cependant le comte de Bentinck continua de réclamer, et après de longues et difficiles négociations, la diète germanique le reconnut enfin comme seigneur indépendant et comme membre de la confédération , en vertu d’ün acte du 9 mars 1826 (*).

(*) Sa position est cependant aujourd’hui une espèce d’anomalie politique, car, bien qu il jouisse pleinement de la seigneurie territoriale sur Kniphausen , de la puissance législative et de la juridiction, il n’a que la souveraineté que possédaient , avant 1 806 , les électeurs , princes et autres Étala de l’Empire. Le grand-duc d’Oldenbourg exerce a son égard celle que l'Empereur et l’Empiie exerçaient jadisàl'égard de ces États. Le tribunal d’aiqiel ducal remplace pour Kniphausen les anciens tribunaux d’empire.

DUCHE DE NASSAU. .

oroca vriiiE , statistique.

Le duché de Nassau , compris dans les ci-devant cercles du Haut-Rhin et de Westphalie , est borné à l’ouest et au nord par les possessions rhénanes de la Prusse, à l’est et au sud par l’enclave prussienne de Wetzlar et le grandduché de Hesse-Darmstadt. Long d’environ 88 kilomètres et large de 60, il occupe une superficie de 1,004 kilomètres carrés, sur laquelle sont répartis 28 bailliages, 31 villes, dont les plus euplées n'ont guère plus de 3.000 battants , 36 bourgs, 816 villages, et près de 363,000 habitants.

Presque tout le pays est montueux :

deuX chaînes principales, couvertes de forêts , mais médiocrement élevées, le parcourent de l’ouest à l’est : c'est le Westerwald au nord, avec ses rochers volcaniques et son aspect sauvage, et au sud , le Taunus et ses romantiques vallées. Entre ces deux chaînes s’étend le bassin de la Lahn, rivière qui, parvenue à l’extrémité du duché et grossie par plusieurs petits cours d’eau, va se jeter dans le Rhin. Ce fleuve forme , eu effet , la limite des terres de Nassau depuis le point où il reçoit le Mein jusqu'à celui où la Lahn devient son tributaire.

Partout on rencontre dans le duché un sol accidenté de la manière la plus pittoresque, des hauteurs couronnées de belles forêts ou de vignobles, qui produisent les vins du Rhin les plus estimés (*), des pâturages fertiles, des

("} Surtout à Hochheim , liudesheim , Sanct - Marcusbrunnen , Asmannshausen , OEstrich , Hatteshausen , Geisenheim , Scliierstein , Argenfels , Hammersleiu et Johaonistierg. Ce dernier domaine , situé dans le Rheingau , appartint , de 1807 à i8i5 , au maréchal Kellirntanti, duc de Valiny. En 18 15, l’empereur d’Autriche en prit possession, et , au ier juin de l’année suivante, il en lit don, sous la réserve de ses droits de souveraineté, au priuce de Metternich. En 1819, les vignobles de Johanuisberg produisirent cinquante-deux pié-

champs bien cultivés (*), des sources d’eaux minérales (**) célèbres et fréquentées. Le climat est doux dans les vallées, et principalement au sud, sur les rives du Rhin et du Mein ; plus froid dans les montagnes , il est partout salubre.

L’industrie ne s’exerce guère en grand que sur la fonte des métaux , et principalement du fer (***). Quant au commerce, malgré de nombreux éléments de prospérité , malgré de grandes voies navigables, des railways, et des routes bien entretenues , il a eu jusqu'à présent peu d’activité, parce que les capitaux se portent de préférence sur l’agriculture (“**).

L’instruction publique, favorisée et encouragée dans le pays de Nassau avec ci tte sollicitude que l’on remarque en général dans toute l’Allemagne, y est répandue par 658 établissements, non compris les croies supérieures.

Par un accord passé avec le Hanovre, l’université de Goettingen a été déclarée université nationale du duché.

La religion professée par le prince et par la majoritédes habitants est ieculte évangélique (*****). D’ailleurs la plus

ces, chacune contenant sept mesures et demie, et vendue au prix de 3 J 4,000 florins.

(*) I.e duché comprend 1,814,967 arpents {morgrn) de terres imposables , dont 705, 33i arables, 0,498 eu vignobles, 106.991 en pâturages, 3g, 660 en landes et chemins, et 739.1 1» en forêts.

(**) Elles se trouvent à Selters, Niederselters, Fachingen, Geilnau , Oberlahustein , Wiesbaden (14 sources d’eaux thermale»), Ems (33 bains thermaux) , Scbwalbacb , Schlangenbad , etc.

(***) Les mines , forges et carrières occupent plus de 8,000 ouvriers , et donnent de l’argent , du plomb , du fer, du cuivre , du marbre, de la houille, de l’argile, etc.

(***•) Pour l'arre.sion aux douanes prussiennes, voyez la partie historique, vers U fin.

(....«) j/jSj,|i,e catholique compte 56,700 adhérents de moins que l’Église évangélique formée, depuis 18J7, par la réunion des

DUCHÉ DE NASSAU

complète tolérance religieuse règne parmi les habitants. L’Église catholique et l'Église évangélique ont chacune leur évêque. Le pouvoir du prince est tempère, en principe du moins, par des états divisés en deux chambres : la première , composée des princes de la maison régnante, de six seigneurs, proprietaires de biens médiats, comme membres héréditaires, et de six députés de la noblesse, élus pour chaque session; la seconde, de vingt -deux mandataires, représentant les ecclésiastiques des deux communions chrétiennes, les établissements d'instruction supérieure, les industriels et les propriétaires. Un conseil d'État , qui compte neuf membres, est chargé de prononcer sur les hautes questions administratives. Une commission générale decontrôle, composée de membres de tous les départements administratifs , un ministère d'État et une chancellerie régissent les affaires du pays. La cour suprême d’appel compte sept juges, et réside à Wiesbaden. Les revenus s’élèvent environ à 6.400,000 francs, et la dette publique à 9,600,000. Le contingent fédéral est de 3,028 hommes, et l’armée de 4,014.

Le duché de Nassau occupe, avec celui de Brunswick, le treizième rang dans la Confédération , où il a , conjointement avec cet État, une voix aux assemblées ordinaires : il possède deux suffrages pour son propre compte aux assemblées générales.

Dans son état actuel , le pays est formé de plus de vingt portions de territoires successivement réunies. Il comprend, outre la plus grande partie des anciennes possessions de la maison de Nassau , des fractions des électorats de Mayence et de Trêves , et les domaines des princes médiats de Leiningen-Westernourg , de Wied-Runkel, etc.

VILLU IT LOCALITÉS PR IHCIPALXJ.

La capitale du duché est H^iesba-

réformés et des luthérien*. Il y a en outre dans le duché, environ 100 inemnoniies et 6,ooo juifs.

den , jolie petite ville bâtie au milieu des montagnes, dans une position charmante. Elle compte plus de 8,000 hab. , qui s’enrichissent annuellement par les tributs qu’ils lèvent sur des milliers île visiteurs étrangers. Ou sait que ses eaux thermales, déjà connues des Romains (*), et les jeux publics de son Kursaal (**), sont le motif ou le prétexte qui fait accourir dans cette vallée pittoresque, à la recherche de la sauté ou du plaisir, le momie élégant de Paris, ae Londres, de Saint-Pétersbourg , etc.

Un chemin de fer conduit de Wiesbaden à Francfort. C’est à une petite lieue de la capitale, à Biberich , près du Rhin, qu’est la résidence ordinaire du duc. Il y possède un magnifique château, dont nous avons parlé ailleurs (***).

Les autres villes sont toutes très-peu considérables, mais elles intéressent, soit par leurs souvenirs historiques, soit par leur industrie ou par leur agréable situation. Nous avons déjà eu occasion de parler île Niederlahn stem (****) et de son château de Lahneck (***'*) ; d’Oberla/mstein , dont le poète Ausone a célébré les délicieux environs (******); de Sanct-Goarshausen, dominé par les belles rumes du vieux manoirdu Katze (****•**). Nous citerons encore, dans la partie septentrionale, Braubach et Hotzappel (*“*****), près desquelles on exploite des mines d’argent; Dietz, ville de

(*)On a découvert à Wiesbaden, en iSr6, des thermes anciens (foules mattiaci). Les fouilles opérées dans ses environs ont mis au jour de nombreux objets d’antiquité, des tomlieaux , des restes d’édifices , etc.

(**) Voyex Allv.maohï , t. II, p. 476, n® 191.

(***) Voy. Ibid. , p. 47.X , n® i5a.

(****) Voy. Ibid.,p. 459, n* 67.

(*'***) Voy. Ibid., p. 460, n® 7a.

Voy. Ibid., p. 470, n“ nget 1Î0.

yQy Ibid., p. 460, a'71.

("*■“■■*) Celle dernière, avec la seigneurie de Schaiimhoorg , appartient à l'archiduc d'Autriche Étienne-Frcmçiiis-I'iclor, né en 1S17. Ce domaine compte 4000 habitants.

L’UNIVERS

2,500 habitants, qui possède une célèbre école d’hortiriiltifre, et se trouve voisine de l’ancien château d’Oraniensttin , résidence des ducs de Nassau; DUlenbourg , dont le bailliage renferme beaucoup d'usines de fer et de cuivre; le bourg d'Erbach, sur le Rhin, célèbre aujourd’hui par son excellent vin (I s Markbrunner), et autrefois par son couvent, où reposent les cendres de plusieurs comtes de Nassau et d’autres nobles personnages; tVellbourq , bâti sur une montagne, au pied de laquelle coule la Lahn, dans l’ancien canton de Wettéravie, et au milieu d’une contrée riche en mines d'argent, de fer et de cuivre; Limbourg , ville épiscopale de 3,100 habitants , entourée de murs et de faubourgs; Nassau , que dominent les ruines de son antique manoir, berceau de la famille ducale; Ems, bourg de 2.000 habitants, dont les bains thermaux sont presque aussi célébrés que ceux de Wiesbaden, et attirent de même un grand nombre de voyageurs de tous pays; Herborn (2,064 habit.), où l’on trouve une école renommée et un séminaire protestant, fondé en 1584 , etc.

Les localités les plus remarquables de la partie méridionale sont : txingenschwalbach , qui possède des sources anondantes et des bains d'eau minérale; Runkel , chef-lieu d'une principauté. médiate (7.000 habitants), appartenant au prince de Neu-Wied; Hœchxt, qui, favorisée par sa position sur le Mein, fait un commerce d’expédition fort actif, et possédé un assez grand nombre de fabriques de toute espèce; le château d ' Ingelheim, monument qui remonte sans doute au temps des premiers empereurs romains, et qui, ensuite, fut une résidence fameuse des Carlovingiens (*); puis, dans le même bailliage (celui de Rudesheim), le domaine si célèbre de Johannisberg , etc.

Parmi les sources minérales du duché, celle de Nieder-Selters est connue dans toute l’Europe et jusqu’aux Indes

(*) Voyez Allxmacnf, t. I, p. ^77.

orientales. Ce village exporte par an près de 2.800,000 bouteilles de son eau , dont le produit net est évalué annuellement à plus de 80.000 florins.

Il est à remarquer que cette meme souroe fut affermée , après la guerre de Trente ans, pour la somme annuelle de 2 florins 20 kreutzers; et en 1760, pour 13,000 florins.

HISTOIRE

jusqu’* I* DIVISION DE LA MAISON DE NASSAU EN DEUX BRANCHES, EN tî55.

La maison de Nassau est une des plus anciennes de l’Europe, et elle occupe dans l’histoire une place plus honorable encore que dans l’héraldique. Les rois d’armes la fout sortir d'un chef des Suèves, que César appelle Nasua. D’illustres généalogistes (*) , sans s’aventurer dans les ténèbres d'une antiquité aussi reculee, ont cherché Ips ancêtres des ducs de Nassau parmi de puissants seigneurs qui vivaient au neuvième ou au dixième siècle. Cependant ils n’ont pu tous s’accorder dans leurs systèmes. D'après les uns, ces princes descendent des comtes de Laurenbourg, dont l'ancienne résidence, tombée en ruine , se voit encore sur le sommet d’une haute montagne, près de la Lahn, dans le comté dé Holzappel (**), et dont la souche aurait été Otton, frère de Conrad Ier, roi d’Allemagne. Suivant les autres, ils sont issus d’un Guebhard, comte du Lahnau, décédé en 879. Celui-ci aurait eu eux fils, Otton et IVemer. Du second, possesseur de terres situées dans le Spirgau et le Womrsgau, descendrait cette illustre maison salique qui, depuis 1024 jusqu'en 1125, a donne quatre rois à la Gertnanie et un pape à l’ftglise (***). Quant a Otton, il aurait eu trois fils : Conrad, père de Conrad Ier, l’héritier de la branche allemande des Carlovingiens; Eberhard,

(*) Eccard , Gebhardi , Scheidt , Kremer, Wenck , Korii.

(**) Dans le bailliage de Dietz , à deux lieues au-dessus de la ville de ce nom.

(***) Grégoire V.

DUCHÉ DE NASSAU

comte du Lahngau, dont descendraient

les maisons de Nassau et de Gueldre; enfin, Guebhard, comte de la YVettéravie.

Ce qui est rertain, c’est qu'une partie des possessions primitives de la maison ae Nassau était située dans le Rhingau supérieur (*), dans le gau ( caitton ) de Kunigsundra, la Wettéravie et le Lahngau supérieur; l’autre partie, comprenant les pays de Siegen, Dillenbourg, et Iladamar, se trouvait dans le YVesterwald et l'Ittergau.

Les ancêtres des ducs de Nassau prirent d’abord indifféremment les titres de comtes du Lahngau, de Laurenbourg, ou d’Idstein. Le premier qui se qualifia de comte de Nassau (**), s'appelait IValram; il mourut en 1 198.

Henri le liiïhe, son fils, est la souche des deux branches qui , issues de ses héritiers, se sont perpétuées jusqu’à nos jours. Dans le partage de ses possessions, la Lahn fut prise pour ligne de démarcation. IValram , l'aîné, eut toutes les terres situées au sud de cette rivière, nommément YVeilbourg, Wiesbaden et Idstein; OU on reçut tout ce qui se trouvait au nord ; savoir : Siegen, Dillenbourg, Herborn, Beilstein, Hadamar etEms. La ville de Nassau, avec son district et quelques autres domaines, resta en commun (***). Ce partage eut lieu en 1255. Depuis lors les deux lignes ne se réunirent plus.

(*) Au sud du Mein , jusqu au Rhin.

(**) Le territoire où se trouvaient le bourg et le château de ce nom , était un domaine royal que Conrad, roi d'Allemagne, donna, en gi5, avec toutes ses dépendances sur les . deux rives de la Lalin , au chapitre de Saint- YValptu gis de YVeilbourg. Ce domaine était api>elé Nassawa , Nassau, à cause de sa situation dans nue vallée agréablement arrosée par les eaux d’une rivière (de uass , arrosé , haigué).

(***) Celle communauté de droits su» le vieux manoir de Nassau a été solennellement renouvelée , en 1 8 1 i , entre les divers prinres de la famille dont ce manoir est le berceau.

troue OTToariKire oo casitte.

La ligne Ottonienne des comtes de Nassau est celle qui porte aujourd’hui la couronne de Hollande. Dès l’origine, la situation géographique de ses États la mit en rapports fréquents avec les Pays-Bas. Par des mariages heureux, et par «te politique habile et persévérante, elle fit de riches acquisitions, qui bientôt surpayèrent ses possessions allemandes'. Jean II/, le Jeune , mort en 1516, eut deux fils, Henri et Guillaume le Vieil. Le premier posséda les terres des Pays- Bas (*). Au second «churent les biens d’Allemagne, accrus de la moitié du comté de Dietz que la maison avait acquise par mariage, vers 1420, et à laquelle Guillaume lui-méme ajouta encore une nouvelle portion de ce comté en 1557 (**). Henri, en épousant Claude de Châlon, princesse d'Orange, rehaussa le nom de sa famille d’une illustration nouvelle. Il eut un fils, nommé René, que son oncle Philibert, dernier prince d'Orange de la troisième race, institua son héritier, et qui , devenu la tige des princes d’Orange-Nassau, prit pour devise Je maintiendrai [***).

N’ayant pas eu d'enfants, il ligua sa principauté à son cousin , Guillaume de Nassau, surnommé le Jeune, fils aîné de Guillaume le Vieil.

Le successeur de René fut ce Taciturne, qui joua un rôle si brillant sur l’éternel théâtre de troubles où la fortune l’avait placé; fonda la république des Provinces-llnies, et fut le père du fameux Maurice et le bisaïeul de Guillaume, to\ d'Angleterre depuis 1689.

L'histoire de sa ligne est étrangère à l’Allemagne. Les possessions de Guillaume le Vieil avaient été toutes abandonnées par le Taciturne à son frère

(*) Le comté de Vianden, la baronnie de Broda et la vicomté d'Anvers.

(**) En vertu d’une transaction conclue avec Philippe , landgrave de Hesse.

(***) Le roi de Hollande continue d'arborer cette devise, bien que des événements récents en aient un peu compromis l’exactitude.

Jean le Vieil. Celui-ci fut l’auteur de la branche de DiUenbourg , qui, après lui, se subdivisa en quatre rameaux :

Sicgen (*) , DiUenbourg , Dietz et lladamar.

En 1654, ces quatre familles obtinvent deux voix virdes au collège des princes , membres de la diète. Trois d'entre elles -"éteignirent dans le cours du dix-huitième siecle (* *); quant à celle

(*) Celle-ci ne partageait encore en deux rameaux distincts et ennemis entre eux , parce que l’un était catliulique et l’autre protestant.

(**) Hadamar en 1711, DiUenbourg en 1739. Siegcn en 1734 et 1743. Cependant , il apparut epeore un prétendant à I héritage des Nassau-Siegrn , postérieurement à l'époque que nous venons d indiquer comme celle de leur extinction. I.e dernier de res princes avait été marié à une demoiselle de Nesle, fille du marquis de Mailly, tante de madame de Cliéteauroux. Avant abandonné son mari en 1715, la princesse accoucha en 1731 d’un enfant qu'elle déclara (ils du prince de Nassau , sans doute en vertu de la maxime : Pater is est , etc. Le mari refusa de reconnaître celle progéniture comme sienne, et en 174(1, une sentence du conseil aulique vint aussi débouter le prétendant dosa demande; mais le parlement de Paris, jugeant la question d’après le droit civil français, le reconnut, en >75(1, comme prince de Nassau , et lui permit d’eu porter le titre en France. Ce fut son fils , Nicolns-Otton , qui devint si célèbre à la fin du dix huitième siècle, par sa vie aventureuse. In nécessité de se créer un état lui fil rechercher une gloire anticipée; il entra au service à l ige de quinze ans , en qualité de simple volontaire , et fut successivement aide de camp , lieutenant d’infanterie , puis capitaine de dragons. En 1766, il suivit Kougainville dans sun voyage autour du monde, se distingua ensuite dans les armées de France cl d'Espagne, et fut enfin appelé par Catherine II. au commandement d’une escadre contre les Turcs. Il attaqua et détruisit entièrement , sur la mer Noire , les forces navales de la Porte. En 1790, il rendit de nouveaux services à l'impératrice, en luttant la flotte suédoise sur les cèles de la Finlande. La coalition formée contre U France réclamait les services du prince de Nassau ; il lui refusa son bras , et vint en France à l'époque du traité d’Amiens,

de Dietz , qui a survécu , elle changea de nom en 1702. Guillaume III, roi d’Angleterre, et dernier rejeton de Pancienae maison d'Orange- Nassau , se voyant sans enfants , légua la plus grande partie de ses possessions situées dans les Pavs-Bas, à Jean-Guillanme , prince de Nassau-Metz et stathotnler de Frise. Celui-ci reprit alors le tilre de l’ancienne principauté d’Ornuge, abandonnée à la France par la paix d’Utrecht. Son petit-fils, Guillaume Ier, roi des Pays-Bas, qui vient d’abdiquer la couronne, et ne conserve plus que le titre de comte de Nassau, ertlit, en 1807, In souveraineté de ses iens héréditaires d’Allemagne.

Mais le congrès de Vienne, pour l’en dédommager, agrandit -on nouveau royaume du grand-duché de Luxembourg. D'un autre cdté , presque toutes les posses-ions de la ligne Ottonieune passèrent à la maison de Nassau- Weilbourg de la branche aînée; enfin , les deux lignes renouvelèrent leurs anciens traités de famille par un pacte de succession' relatif aux duchés de Nassau et de Luxembourg.

LIGNE WALRAMIEKNE.

IValram , fondateur de la ligne aînée de Nassau , vécut encore treute-

pour y voir l'homme extraordinaire qui déjà semblait tenir dans ses mains les destinées de l’hurope; il mourut quelques années après dans l’obscurité. (Vovei Ségur, Mémoires ou souvenirs ri anecdotes , Ier vol.)

I n autre prince de Natiau-Siegen acquit aussi une brillante réputation militaire. CTcit Jean- Maurice t né en (604. Nommé capitaine général des possessions hollandaises dans le Brésil, en i636, il enleva aux Portugais plusieurs places importantes, et mina leurs établissements sur la côte d’Afrique. En récompense de ses services, il fut nummé général en chef de la cavalerie hollandaise. A sa mort , en 1679, il était gotnerneur du duché de ('.lèves, pour le duc de Brandebourg, l a Bibliothèque royale possède un ou \ rage de la main de ce prince, en 2 vol. in-fol, qui contiennent les animaux les plus remarquables de l’Amérique méridionale . dessinés et enluminés , avec d« courtes descriptions.

DUCHÉ DE NASSAU

uatre ans après le partage de 1255.

I eut pour successeur Adolphe, qui fut élu empereur en 1292, et périt à la bataille de Gelheim, de la main de son compétiteur Albert (*). Gerlach I'\ fils d’Adolphe, eut deux enfants qui formèrent encore deux lignes distinctes ; l'aînée eut pour son lot Idstein et Wiesbaden , et s’éteignit en 1G05; la cadette, qui obtint SVeilbourg, a survécu. Cette dernière ayant acquis, ar des mariages avantageux, Saarruck et plusieurs autres seigneuries, se subdivisa de nouveau en trois brandies : Saarbruck; qui se perpétua jusu‘en 1 S 1 G, après avoir été partagée, e 1735 à 1797, eu deux rameaux :

Saarbruck - l'singen et Saarbruck- Saarbruck ; Idstein , qui s’éteignit en 1721, et IVeilbourg, que nous voyons aujourd’hui en possession du territoire de ses ancêtres et de la dignité ducale.

LeS comtes de Nassau, de la brandies aînée, commencèrent, en 1688 et eu 1737, à porter le titre de prince déjà accordé, en 1366, à un de leurs aïeux par l'empereur Charles IV.

Cependant ils n’obtinrent qu'en 1803 un siège et une voix au collège des princes , membres de la diète. La révolution française leur fit perdre le comté de Saarbruck avec plusieurs bailliages situes sur la rive gauche du Rhin, le tout ayant vingt milles carrés et cinquante- trois mille habitants. Le recez de 1803 céda en échange à la branche d'Usingen, un territoire de trente-six inities carrés avec une population de quatre-vingt-treize mille âmes. Celle de Nassau Weilbourg obtint en même temps de nouvelles terres, ayant une superficie de seize milles carrés et trente-sept mille habitants, ce qui équivalait au double de scs pertes. Lors de leur accession a la confédération du Rhin, en 1806, les princes de Nassau virent encore augmenter leurs possessions d’un domaine de trente et un milles carres, comptant quatre-vingt-quatre mille cinq cents habitants (**). Ce fut aussi du protec-

(*) Vovez Allemagne , t. II, p. ioeln.

(**) Ibid. , p. 347, »rt. xxiv.

teur de la confédération que l’aîné des Nassau de la ligne Walramienne obtint le titre de duc et la présidence du collège des princes. Toutes les possessions de cette maison furent alors déclarées réunies en un État souverain et indivisible. Par des échanges conclus avec lu Prusse le 31 octobre 1815, le duc de Nassau-Usingen et le prince de Nassau-Weilbourg établirent leur souveraineté sur le patrimoine presque tout entier de la ligne Ottonienne, et acquirent le comté de Katzenellenbogen, et le congrès de Vienne confirma ensuite leurs droits héréditaires sur le rand-duché de Luxembourg , en cas 'extinction de la ligne Ottonienne.

Les princes de Nassau , jusqu'à la fin du siècle dernier, gouvernaient leurs petits domaines d’après les usacs suivis par leurs aïeux , les droits

eux concédés par l'Empereur ou l’Empire, et les vieilles institutions du moyen âge. mais sans abandonner aucune part d’autorité à une assemblée d’états. Ce qui faisait leur sûreté à l’extérieur, ce qui établissait un lien commun entre des possessions divisées, éloignées les unes des autres, régies par une multitude de lois diverses, c’était le vieux pacte de succession. souvent renom elé et confirmé par toutes les branches de la maison. Ces conventions , ratifiées une dernière fois en 1783, formaient pour ainsi dire la loi fondamentale des diverses principautés. Elles déclaraient que toutes les terres des Nassau, sises en Allemagne, formaient un corps indissoluble, dont la jouissance seule était divisée; elles assuraient à un membre dq la famille l'assistance de tous les autres; elles fixaient les règles à suivre pour les dettes, la décision des querelles, les douaires, les dots, les apanages ; enfin , elles confirmaient le droit de primogéniturc, la succession agnatiaue, et la substitution réciproque des branches et des lignes.

Les secousses produites par la révolution française, l’extinction des princes de Saarbruck, le renversement de l’empire germanique, les augmentations et

L’UNIVERS

échanges de territoires , firent entrer les pays de Nassau dans une ère toute nouvelle. Il devenait urgent d’établir sur des bases solides un Etat successivement formé de tant de parcelles diverses, et où l'unité , la centralisation étaient entravées par de graves obstacles , conséquences naturelles de l'esprit différent d’une foulede lois féodales et d’une organisation qui a laissé subsister, même jusqu’à nos jours , beaucoup de petites seigneuries au milieu du duché. Le duc Frédéric- Auguste , dernier rejeton de la ligne de Nassau- Usiugen, et le prince Frédéric-Guillaume de Nassau -Weilbourg, commencèrent activement cette oeuvre de régénération. Par des lois qui se succédaient avec rapidité, ils abolirent la servitude personnelle, les corvées et les peines avilissantes , établirent un système d'impôts fondé sur une égale répartition des charges , et assurèrent à leur peuple la liberté de conscience, la liberté de. l’industrie et celle de la presse. On les compta aussi parmi les

firemiers princes allemands qui , après a conclusion de la paix , octroyèrent une constitution à leurs sujets (2 septembre 1814).

Frédéric-Auguste étant mort le 24 mars 1816, trois mois après le prince Frédéric-Guillaume, le fils deeedernier, le duc Guillaume, prit possession de tous les pays de Nassau, et continua, par ses édits, de travailler à leur organisation administrative et politique.

La première session des états s’ouvrit au moisde janvier 1818. Mais, depuis ce moment, jusqu’en 1822, le duché offrit le triste spectacle d’une mésintelli-

f;ence complète entre les chambres et e gouvernement. Ces débats avaient pris leur source dans les prétentions du prince sur les domaines que les députés voulaient faire restituer à l’État.

Comme dans presque tous les pays de l’Allemagne constitutionnelle, l’irritation et le mécontentement se réveillèrent et se manifestèrent avec une vivacité nouvelle en 1830. Il s'agissait de refuser absolument l’impôt à un gouvernement qui ne re-

culait devant aucune mesure inconstitutionnelle, quand l’assemblée des états fut indéfiniment ajournée, le 2 niai 1831. Après avoir inutilement cherché à gagner l’opinion publique, le duc convoqua de nouveau les chambres au mois d’octobre de l’année suivante. Mais comme elles doivent se réunir pour voter ensemble les impôts, le gouvernement avait trouvé moyen de se former une majorité, en augmentant de sept membres la chambre des seigneurs et en y appelant les délégués des princes u’Orange- Nassau.

Ainsi, les suffrages d’une assemblée de seigneurs représentant une trentaine de maisons nobles allaient étouffer la voix et paralyser l'action des mandataires de 84.000 familles bourgeoises. La question était éminemment vitale pour le peuple. Aussi, les députés protestèrent-ils, dans une adressa au prince , contre ces nominations qui violaient la loi fondamentale. La chambre récalcitrante fut aussitôt dissoute. Cependant les habitants sympathisaient avec leurs députés, et leur offraient des banquets et des fêtes, et le système réactionnaire du gouvernement fut sur le point de pousser les esprits hors de toutes les bornes et d'amener la guerre, civile.

(> fut au milieu de ces fâcheuses circonstances que le duc rouvrit l’assemblée des états par un discours où il exprimait l’immuable volonté de maintenir ses prétentions. La réponse dis seigneurs, flattés de leur importance , ne fut qu'un écho complaisant ; mais l’autre chambre, en annulant quelques élections , se montra dès l’abord de si difficile composition, que les commissaires du duc quittèrent la salle. Il y eut alors scission parmi les députés.

Seize sur vingt -deux signèrent une nouvelle protestation. On n’en tint nul compte. Enfin, de graves désordres, des luttes sanglantes éclatèrent à Wiesbadén. Sept députés de l’opposition furent condamnés à un emprisonnement de deux ans. Puis les décrets de la diète de Francfort, rigoureusement appliqués, comprimèrent le

DUCHÉ DE NASSAU

mouvement des esprits; et les intripies du pouvoir lui assurèrent In majorité dans les chambres Dès l’année 1833, le pays ne put plus esperer de voir le triomphe de l’opposition (*)• I e système repré-entatil n'y diffère du gouvernement absolu que par un

(*) En i837, les chambres ont voté une loi .rjant pour objet de déclarer l'imiliénallilile des domaines de l'État , sauf le ras où l'aliénation serait faite dans les limites du droit du prince; rédaction peu précise, qui laisse une fraude latitude aux interprétations de la couronne.

vain semblant de quelques formes constitutionnelles.

L’un des plus importants des derniers actes de la vie politique du duché, c’est son accession à la ligue des douanes prussiennes, en 1835; accession qui suivit de près celle du duché de Bade, et ne rencontra plus aucun obstacle à l’exlerieur, quand le duc eut profité d’un assez mauvais prétexte pour se dégager d’un traite de commerce conclu en 1833 avec la France.

Guillaume est mort le 20 août 1839 et a eu pour successeur son fils Adolphe- CuiUaume ■ Charles- Auguste -Frédéric, né eu 1817

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