‹ États de la confédération germaniqueChapitre 236 sur 261 · PARTAGE ENTRE LA NOUVELLE RR ANCHE · texte numérisé non relu

PARTAGE ENTRE LA NOUVELLE RR ANCHE

DE ICHWER1N ET CELLE DE STREÏ.ITZ.

Adolphe-Frédéric, fils aîné de Jean et fondateur de la 1 i g ne d e Mecklenfiourg- Sch werin , eut pour sa part le duché de Schwerin qui comprenait Wismar, Schwerin. Mecklenbourg, Dobberan, Gadebuscb, etc. Pour engager les deux frères à ne pas prendre part aux armements du cercle de la basse Saxe, l’Empereur leur fit plusieurs concessions. Ils réunirent néanmoins leurs troupes à celles du roi de Danemark. Aussi encoururent-ils . en 1628, le ban de l’Empire. Ferdinand II fit occuper par ses troupes leur duché , et il en donna l’investiture à Wallenstein. Ils avaient été réintégrés par Gustave-Adolphe, quand le fondateur de la ligne de G ustrow, Jean- Albert II, second fils de Jean IV, possédant Gustrow, Teterow, Malchin, Neu- Brandebourg , Friedland, etc., mourut, en 1636. Il laissait un fils de trois ans, nommé Gustave- Adolphe.

Par la paix de Westphalie, le duc de Merklenbourg-Schwerin fut obligé de céder à la Suède les bailliages de Poel et de Neuen-Kloster, et la ville de Wismar (*). L’article 12 du traité d'Osnabrück lui accordait, comme indemnité, les évéchés de Schwerin et de Ratzebourg, devenus principautés séculières, avec double voix a la diète, et la faculté de laisser s’éteindre les canonicnts des chapitres. On lui abandonnait de plus deux rommanderies de Malte, deux canouicats dans la cathédrale de Strasbourg (**), et divers avantages pécuniaires. Il mourut en

Christian- Louis /", fils aîné d’A-

(*) Rachetés en i8o3 des mains de cette puissance et réincorporés à Schwerin moyennant 1,200,000 ecus (4,000,000 franc*),

(**) En vertu d’une décision rendue en i8o3 par la députation de l'Empire, sept villages lubeckois enclavés dans le Mecklenbourg ont été adjugés au duc de Schwerin, en dedommagement de ces deux canonirats.

L’UNIVERS

doIphe-Frédéric , inaugura tristement son règne. D’abord il refusa d’ensevelir son père, oui avait dd châtier sévèrement les désordres de sa jeunesse; il viola les dispositions testamentaires qu’il avait laites en faveur de ses autres fils; puis il se hâta de se faire séparer de sa cousine, avec laquelle il était marié depuis plus de dix ans. Une commission complaisante prononça la sentence de divorce; mais, prévoyant que le juge supérieur la réformerait. il se rendit aussitôt à Paris et y embrassa, le 29 octobre 1663, la religion catholique; après quoi, le pape cassa son mariage pour cause de parenté. Quelques mois plus tard, le duc en contracta nu autre avec la sœur du maréchal de Luxembourg, Isabelle- Angéliauede Montmorency-bouteville, veuve de Gaspard IV de Coligni, duc de Châtillun. Pour mieux témoigner son dévouement au roi de France, il joignit à son nom celui de Louis; bien

(dus , il résolut d’échanger le Mecklen- >ourg avec l'électeur de brandebourg, contre le duché de Clèves. Mais l'électeur, quoique sollicité par Louis XIV, rejeta cette proposition. Après une absence de six ou sept ans, Gnristian , ayant conclu un traité d'alliance perpctuelle avec la France, reprit le chemin de sa résidence. Mais sa femme s'y déplut souverainement, comme bien on peut croire, et l'obligea de la ramener sans délai à Paris, où huitième passa désormais la plus grande partie de son temps. En 1672, il fournit des troupes à son puissant allié; ce qui, deux ans après, donna un prétexte aux armées de Danemark et de brandebourg pour ravager son territoire. Cependant , il finit par se brouiller avec Louis, qui, en 1684, le fit pour quelque temps enfermer à Vincennes.

Ses longues absences mécontentèrent aussi les états de Meeklenbourg avec lesquels il eut fréquemment des difficultés. Retiré à la Haye , depuis 1689, il v mourut sans postérité en

Frédéric- Guillaume , fils de Frédéric, duc de Grabow, né du second

mariage d’Adolphe-Frédéric I*r, s’étant mis en possession des états de Christian-Louis , son oncle , eut pour compétiteur Adolphe - Frédéric H, duc de Mecklenbourg-Strelitz , frère posthume de celui-ci. On s’accommoda en 1694. Mais l’année suivante la querelle se ranima après la mort de Gustave-Adolphe, dernier duc de Gustroxv, et se compliqua d’une foule d’incidents divers (*).

La médiation de l’Empereur, du roi de Danemark , de l’évêque de Lubeck et du duc de Brunswiek-Wolfenbüttel, amena enfin la conclusion d’un traité signé à Hambourg , au mois de mars 1701. On lit un partage de tontes les possessions de la maison, et l’on confirma en même temps , dans les deux lignes, le droit de primogéuiture et la succession par souche.

ItOUVKI.T.It HR ANC t! F, I)K SCHWFRtN JUSQU** NOS JOURS.

La branche aînée garda ou obtint :

le duché^de Meeklenbourg (**) , le

(*) Avant !a mort de Gustave-Adolphe, l’Empereur avait déjà chargé les directeurs du cercle de basse Saxe , savoir : le roi de Suède, l'électeur de Brandebourg et le due de Krunswick-Zell, d’occuper militairement et d'administrer le pays aussitôt que le

tiriuce aurait fermé les yeux. Des l'origine de a querelle entre les deux prétendants à la succession, le comte d’F.ek, ministre impérial auprès du cercle, prit l'administration au nom de Léopold Irr, et les trois princes directeurs furent avertis qu’on n’avait pas besoin de leurs troupes. Mais ils ne tinrent pas compte de cet avis et firent entrer a à 3,ooo soldats a Guslrow. Néanmoins, le comte d’Eck se refusa obstinément à quitter son poste, jusqu’à ce que le colonel suédois Klinkcnstrom le fit emporter sur la chaise où il était assis et enfermer dans une voilure. L’Empereur se montra très-offense ; les trois princesse déridèrent enfinàfairedes excuses au chef de l’Empire et à désavouer le colonel, qui fut puni des arrêts.

(**) la1 village de Meeklenbourg, les villes de Gadebii5ch , Rhena , Buckow, Grevesmublen , Krapelien , Bruel.

PRINCIPAUTÉS DE MECKLENBOURG

comté de Schwerin ’(*) et la principauté des Vénèdes (**) dans leurs anciennes limites, la seigneurie de Rostock (***) et la principauté ou le cidevant évéché de Schwerin (****).

Mais Frédéric-Guillaume ne jouit pas tranquillement du pouvoir. Aux contestations avec les états, qui depuis plus de trente ans refusaient de contribuer aux frais des garnisons et des légations, et à l’entretien des fortifications (*****), succédèrent les ravages des alliés qui, pendant la guerre du Nord, violèrent plus d’une fois la neutralité du Mecklenbourg.

Charles- Léopold , frère et successeur de Frédéric-Guillaume, décédé en 1713, ne put parvenir malgré une levée de douze à seize mille hommes fort onéreuse au pays, à éloignerdéfinitivement de son duché les Danois, les Prussiens et les Hanovriens. Tout son règne, qui dura trente-quatre ans, fut une suite de troubles et de désastres.

Toujours on le vit en querelle, soit avec ses frères , soit avec la ligne de Strelitz, soit avec la ville de Rostock, et surtout avec la noblesse du pays que favorisait George, électeur de Hanovre, roi d’Angleterre. Ses procédés, toujours inspirés par la passion la plus brutale, ses actes arbitraires , et ses outrages violents envers les gentilshommes qui avaient refusé de voter des contributions demandées aux états, décidèrent enfin l’Empereur à le priver du gouvernement. Les troupes de Brunswick , chargées de l’exécution delà sentence, refoulèrent lesMecklenbourgeoiset en même temps les Russes qui les soute-

(*) Schwerin, Kriewitz, Banskow, Wit- U-ubourg , Boitzenbourg , Hagueno» .

(*•) Parchiin, Sternberg, Doemitz, Grabow, Gustrow, Krakow, Goldberg, Malchow, Wabren, Rœbel , l'enzlin , Stavenhagen , Malckin, Teteruw, Neukalden.

(*") Rosloék, Gnoien, Suite, Matlow, Kibnitz, Tessiu , Laagc.

(****) Butzow, VValirin.

(•****) La noblesse surtout se montrait fort récalcitrante pour ces payements.

naient(*), et occupèrent tout le duché, à l’exception de Doemitz d’où le duc se retira bientôt à Danzig, fatiguant toutes les cours de ses sollicitations, et les princes-commissaires et l’Empereur lui -même de ses lettres offensantes.

Le 11 mai 1728, Christian- Louis , son frère , fut désigné pour exercer le pouvoirsous le titre d’administrateur, puis sous celui de commissaire impérial. Une tentative faite par Charles- Léopold , dans le but de reconquérir scs États par la force, échoua complètement. Les troubles ne faisant qu’augmenter, le roi de Prusse , pour rétablir l’ordre, envoya de nouveau quelques régiments dans le duché. Peu à peu, cependant, presque tous les étrangers se retirèrent , non sans s’être fait rembourser leurs frais; et il ne resta que les troupes de llolstein et de Schwartzbourg qui , soldées par les états, assiégèrent et prirent la ville et le château de Schwerin (**). Le commissaire-administrateur fit tout ce qu’il put pour ramener la tranquillité sans cesse troublée par les intrigues du duc, jusqu’à ce que celui-ci mourut à Dœmitz, en 1 747 ('**).

Alors la concorde put enfin se rétablir. Christian-Louis II, revêtu du titre de duc régnant, fut secondé par une commission arbitrale qui termina tous les différends, et fit conclure une transaction le 18 avril 1755.

Christian - Louis eut pour successeur, en 1756, son fils aîné Frédéric ,

(*) Le tzar Pierre, qui avait donné au due sa nièce en mariage, convoitait la possession du Mecklenbourg, et Grerlz, I habile ministre de Charte* XII, lui offrait en 1716 de l’aider dans ces projets d’acquisition. Il avait même été question alors d’engager les ducs de Mecklenlxiurg à céder leurs Étals à Charles XII, contre une partie de ta Pologne qu’ou leur eût donnée en dédommagement.

(**) Cette plare et celle de Doemitz tenaient seules pour le duc destitué.

(-**) Sa seconde femme fut Catherine- Ivanovna , fille du czar Jean Alexiovitch et mère de la régente Aune , morte en exil.

L’UNIVERS

qui favorisa l’industrie et l’agriculture, rebAtit plusieurs villes incendiées, abolit la torture, etc.

Celui-ci décéda eu 1785, et fut remplace par son neveu , Frédéric- François, qui entra, en 1808, dans la confédération du Rhin, prit, en 1815, le titre de grand-duc, aux termes de l’acte du congrès de Vienne (art. 35), et mourut en 1831.

La faiblesse et la situation topographique du duché de Mecklenbourg- Schwerin, ainsi que de la principauté voisine , ne permettaient guère à ces petits souverains de traverser sans encombre les guerres de Napoléon , contre la Prusse et la Russie, et pendant plusieurs années leur existence politique fut gravement compromise. Un traité signé par eux, le 25 octobre 1805, avec le cabinet de Pétersbourg , ayant livré passage sur leur territoire aux troupes du général Tolstoy, Napoléon avait fait occuper les deux duchés par ses armées. Les deux princes y étaient néanmoins rentrés après lu paix deTilsitt et avaient accédé à la confédération du Rhin, mesure qui n’avait apporté que de faibles modifications à leur système de gouvernement. En 1815 nouvelles alarmes. La Prusse, à laquelle un traité conclu au quinzième siècle accordait l’expectative de. la succession aux deux duchés, en cas d'extinction de la maison de Mecklenbourg , trouvait ce terme trop éloigné. On avait songé à les réunir au royaume , en indemnisant les princes par des possessions situées sur la rive gauche du Rhin. Cependant le congrès avait fini par tenir compte du refus formel des ducs et leur avait laissé leurs États. Mais vienne de nouveau une crise générale, et les deux petites principautés subiront les nécessités de leur position.

Le souverain actuel est Paul-Frédéric (*). fils du grand-duc héréditaire Frédéric-louis, mort en 1819, et d'Hé-

(*) Né eu 1800, marié, en i8aa, à une fille de Frédéric-Guillaume Ui , dont il a

eu deux fils.

lène Paulovna, grande -duchesse de Russie , fille de Paul I”.

Le 30 mai 1837, le duc d’Orléans a épousé la sœur consanguine du duc régnant, la princesse Hélène-Louise- Élisabeth, née à Ludwigslust, le 24 janvier 1814, du feu grand-duc héréditaire et de Caroline-Louise de Saxe- Weimar, décédée en 1816.

SRAXCBS DE M*CKI.El»BOCRO-ST1tEl.m.

Page 1