‹ États de la confédération germaniqueChapitre 242 sur 261 · habitants · texte numérisé non relu

habitants

i’ANHALT. lit

Le duc possède encore, la seigneurie de Pies s, dans la haute Silésie. Ce domaine compte 50,800 habitants, et roduit un revenu annuel de 90,000 orins.

HISTOIRE

jusqu’au DARÏTIKR PARTAGE RÎT |6(>3.

I.e pays d’Anhalt est une partie de l’Osterland, ou de la province de l'ancien royaume de Thuringe , qu’occupaient ' les Saxons auxiliaires des Francs (*). Cependant les Slaves ou Vénèdes s’y établirent de bonne heure, comme le démontrent les noms des gau ou cantons qui le composaient (**).

Les princes souverains actuels de ce petit territoire sont issus de l’une des familles les plus illustres et les plus anciennes de la Germanie. Cette maison ascanienne, qui a donné des souverains à la Saxe, au Brandebourg et au duché de Laueubourg, leur doit son origine. Dans les temps les plus reculés, les ducs d’Anhalt possédaient, à titre de liefs héréditaires, non de l'Empire, mais du duché de Saxe, une étroite région du Hartz, Aschersleben, Bernbour^ et Ballenstædt. Le berceau de leur race fut probablement le château d’Anhalt ou Anholt, dont on voit encore les ruines à peu de distance de la ville de Hartzgerode (***). On fait remonter les auteurs de cette famille, divisée, presque dès son origine, en différents rameaux , à l’année 775 ; suivant d’autres même, au milieu du sixième siècle (****); on prétend que,

(*) Voyez Saxi , p. 7 et zuiv.

(**) Par exemple : Cierimsti ( Zerbst) , Serimundi , Nizizi , Stiitli , etc.

(***) Ce vieux manoir, bâti au commencement du dixième siècle , et renversé depuis l’an <376, a élé, dit-on, appelé Anholt, parce qu'il s'élevait prés du bois [nm Holtz), ou parce qu’il fui entièrement construit sans bois {ohne Holtz). Ses ruines sont dominées par un frêne gigantesque, dans le tronc duquel on monte par un escalier de cinquante-trois marches.

(****) Des généalogistes, des historiens, ont imagine, sans craindre le ridicule que dea peuplades de l'Ascanie (en Bithynie) étaient

dès l’année 984, elle devint importante par la réunion de plusieurs de ses domaines dans une seule branche. Mais, son histoire ne commence guère qu’à dater de l'an 1076, où Oit on te Riche ou le Grand, en épousant Eilika, fille de Magnus , dernier duc de Saxe de la maison des Billung, échangea son titre de comte de Ballenstædt contre celui de comte d'AschersIeben ou d'Ascanie (*). Son fils, Albert l'Ours, oui fut le premier margrave de Brandebourg et devint ensuite duc de Saxe, après avoir ravagé à plusieurs reprises, et avec une fureurdigne de son surnom, le domaine de son parent d’Anhnlt, finit par l’expulser, en 1140, de sa propriété. Il réunit ensuite à ses possessions Zerbst, ou le pays des Serbes Slaves Sorabes). Bernhard, un de ses fils cadets, eut le comté d’Anhalt,fut nommé duc de Saxe (1 180), et partagea encore son lot entre ses deux enfants : Henri, l'aîné, choisit le pays d'Aohalt. et prit le titre de prince, auquel il joignit celui de comte d’AschersIeben ou d'Ascanie (1212). Albert , l’autre fils de Bernhard , eut le duché de Saxe , oue ses descendants gouvernèrent jusqiren 1422, et fut en même temps la souche des ducs de Saxe-Lauenbourg, dont le dernier mourut en 1689 (**).

Quoiaue la nouvelle principauté ne fût pas nien étendue , elle ne tarda pas à être démembrée . suivant les règles du droit public alors généralement reçu , et qui n’admettait pas* encore pour les successions le droit de primo-

venues dans la Germanie sous la conduite d'un certain Ascenazus, issu d'un petit-fils de Noé et auteur de la famille des comtes

d'Ascanie (Voyez Limnxus, de Jure

pubtico imp. Rom.-Gcrm. , Strasbourg, 1639).

(*) Ascliersleben est aujourd'hui situé dans la Saxe prussienne.

("*) La maison tl' A n liait n'a jamais renoncé à ses prétentions à l'électorat de Saxe et au duché de lamenbourg, comme descendant de Bernhard, premier acquéreur; mais l'électorat, eu tant qu’elle peut y avoir droit, se borne au cercle et à la ville de Witlemberg, qui appartiennent aujourd'hui à la P russe.

géniture. l^s fils de Henri Ier fondèrent, en 1252, trois branches distinctes : Ascliersleben , Bernbourg et Zerbst. I.a première s’eteignit en 1315; fa seconde, en 1468. Quant aux princes de Zerbst, qui descendaient de Sigefned , le plus jeune des trois frères , et possédaient . outre Zerbst , Koswig et Roslau, Dessau et Kcptlien . ils furent l'origine de toutes les branches, encore florissantes, de la famille d'Anhalt. Depuis la fin du treizième siècle, ils étaient devenus, comme les membres des deux autres branches, princes immédiats de l’Empire, et indépendants de la Saxe, qu’avaient affaiblie des démembrements successifs. Leur autorité fut même assez grande peudant le siècle suivant pour qu'un d’eux fût admis à signer, en 1356, la bulle d'or de l’empereur Charles IV. Mais eux aussi formèrent bientôt deux lignes : Zerbst- K cethen et Zerbst- Dessau (1405). Cette derntere survécut a toutes les autres. Un des petits-fils de Sigismond , son fondateur, assistant au couronnement de Maximilien 1", reçut, pour lui et pour sa famille, la chargé d'Oberstabe/meister (*), ou deuxième maréchal, adjoint à l'électeur de Saxe, ardiimaréchal de l'Empire.

Les princes de Zerbst figurèrent parmi Ips plus zélés partisans de Luther, et jouèrent un rôle actif dans les guerres du seizième siècle. Joachim- Ernest, l'un d’eux, doit même être regarde comme un des princes les plus distingués de cette époque. I-a maison d'Anhalt avait la souveraineté de toutes ses possessions, patrimoniales, à l’exception du comte d’Ascanie , tombé en 1315 au pouvoir des évêques d'Halberstadt; mais il y avait eu encore des communautés et des partages, lorsque Joachim Ernest , après avoir recueilli, en 1570, l’héritage de ses frères, réunit la principauté entière et devint le fondateur d'une maison nouvelle. Sous sou administration habile, le poids des dettes fut allégé (**) , par

(*) Voyez Am-imau», I. I, p. 439.

(**) Elles se montaient à 730,000 ml halers (plus de 8 millions de francs).

3gle

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DUCHES D’ANHALT.

des mesures prises de concert avec les états; le pays obtint une espèce de constitution, réglant les affaires judiciaires, ecclésiastiques et de police (1572). Un château fut construit à Dessau (1578), et un gymnase fondé à Zerbst (1582). Joachim-Ernest jouissait d'une grande réputation dans l' Empire et à l'étranger. En 1585, après la publication de l’édit de (Nemours, le roi de Navarre lui écrivit lui-même une lettre, qu’il lui lit remettre par Jacques de Ségur, sieur de Pardeillan, pour l’exhorter à venir au secours des protestants de France.

Henri III, de son côté, le pria de lui permettre de lever, dans son pays, des troupes pour combattre ses sujets rebelles, et lui offrit pour un de ses fils une cornette de cavalerie. l,e prince d’Anhalt, dans sa réponse au roi de France, se plaignit de la manière dont Henri traitait les réformés, et déclara qu’il ne pouvait refuser aux deux partis la faculté de lever des recrues dans son pays , mais que sa conscience lui défendait de souffrir qu’un de ses fils aidât à verser le sang des chrétiens.

Jean-George , l’aîné des cinq fils de Joachim-Ernest, gouverna d’abord au nom de ses frères, encore mineurs (I58G-1G03). Ce fut lui qui, malgré l’opposition de la noblesse, abolit dans le pays le culte luthérien, et publia (en 1596) un formulaire de foi réglant la croyance de ses sujets d’apres les doctrines de Calvin , des lors devenues dominantes.

DKRKItLR PARTAGE DU PAYS d’aWHAÏ.T.

Le nouveau partage, celui dont les effets subsistent encore , pour la majeure partie du moins , fut conclu en 1603, et exécuté en 1606. entre les cinq fils de Joachim-Ernest, qui, dans cette circonstance, agirent avec une modération et une sagesse dont les exemples sont rares dans l’histoire des maisons souveraines d’Allemagne. On convint de ne faire que quatre parts, et de laisser indivis les vénérables ruines du château d’Anhalt , le gymnase de Zerbst , les prétentions sur le do-

maine d’Ascanie, l’impôt territorial , les mines, et quelques autres droits et charges. Ainsi se formèrent les quatre principautés de Dessau, Rernbtrurg , Zerbst et Kœthen. Le troisième frère, Auguste , ayant volontairement renoncé à l’exercice de ses droits, eut le bailliage de Plœtskau, avec la faculté de prendre la première des quatre parts qui deviendrait vacante (*).

DUCHÉ d'aRHAV.T-DK&SAU,

Les princes de cette ligne furent presque tous des capitaines distingués, dont l’épée servit activement les intérêts des électeurs de Brandebourg , puis des rois de Prusse. Les armées allemandes gardent encore la mémoire de Léopold I’r , surnommé le fieux Dessau , et regardé comme un des héros de la guerre de Sept ans. Ce prince, d’ailleurs , fut aussi bon souverain

u’habile général ; il ramena l’aisance

ans son pays, qui avait été cruellement éprouvé par les fléaux des guerres du dix-septieme siècle , et fit établir dans sa maison le droit de primogéniture (1727). Ses fils se montrèrent tous dignes de lui. Léopold- Frédéric -François, son petit-fils, qui régna depuis 1758 jusqu en 1817, se voua tout entier au bonheur de ses sujets , a son goûtpourles arts et aux inspirations de sa philanthropie éclairée(**). Aprèsl’extinction de la ligne de Zerbst en 1793, il recueillit dans le partage de la succession, la ville de Zerbst et son bailliage.

Par égard pour le prince de Dessau, Napoléon respecta l'indépendance du pays d’Anhalt, et le ménagea dans ses guerres. En entrant dans la confédération du Rhin avec le prince d’An-

(*) Trois de ces branches existent encore. Celle de Zerhsl s’est éteinte en r 7 ()3. La célèbre Catherine H était sa-ur du dernier prince d’Anbalt - Zerbst , et elle avait hérité de la seigneurie d’Iéver. Le reste de la succession fut partagé par tiers entre les trois auties lignes de Ta maison.

(*') Ce fut lui qui le premier encouragea le fameux ISasedow dans ses vastes plans pour la réforme de l’éducation de la jeunesse.

8” Livraison. (Bade, États hessois, etc.)

L’UNIVERS

halt-Kœthen , Léopold-Frédéric-François prit le titre de duc (1807). Cependant, après avoir beaucoup sou Ifert des sacrifices exigés par son protecteur (*) , et des marches continuelles des troupes qui traversaient le pays , il entra en 1815 dans la confédération germanique, à laquelle sa maison fournit environ 1,200 soldats. Son petitfils Léopold (Frédéric), marié comme lui à une princesse de Prusse, lui a succédé le 9 août 1817 (**).

DUr.HF. d’akbai.t-sïrkbocro.

Christian I" , fondateur de la ligne de Bernbourg , avait, en 1592 , formé un corps de 20,000 hommes , avec lequel il servit en France contre la ligue. Congédié bientôt fau'e d’argent, il alla offrir son épée à l’électeur Palatin, fut battu à la bataille de Prague, proscrit par l'Empereur , puis rétabli en 1624. Son fils Christian 11 fut forcé de prendre part a la guerre de Trente ans , et vit son pays horriblement dévasté. Il travailla' néanmoins , apres la paix de YVestphalie, a guérir les plaies causées par cette guerre. Cet exemple fut suivi par son fils lictor- Amédée (1656), qui parvint a éteindre les dettes de la principauté, à en assurer le bien-être . à faire l'acquisition de plusieurs domaines importants, et à v introduire le droit de primogéniture (1660). Le plus jeune de ses (ils reçut en apanage après sa mort , arrivée en 1718, le comté de Hovm, et fonda la ligne collatérale de Hernlmirg-Hoym- Schaumbourg , qui s ‘éteignit dans les mâles en 1812 (***). Le pays éprouva de grandes pertes par la guerre de Sept ans , qui lui coûta près d’un million de rixthalers.

(*) Le contingent anhaltais fut détruit en Espagne, puis assiégé à Danuirk quand il eut été renouvelé.

(**} Il est né en 1794.

(***) I,a fille aînée du dernier prince de cette ligne , mariée à Joseph , arch’duc d’Autriche , et morte en 1M17, avait hérité de la seigneurie de Scliaumhourg , que possède aujourd’hui Étienne , fils de 1 archiduc, soumis ainsi à la suzeraineté du doc de Nassau.

C’est en vertu d'un diplôme de l'empereur François II , qu' Alexis, prince d’Anhalt-Bernbourg depuis le 9 avril 1796, prit en 1806 le titre de duc.

11 entra cependant , comme les autres princes de sa famille , dans la confédération du Rhin. Une ordonnance du 22 juillet 1826 a fait accéder le duché de Bernbourg au système de douanes prussien. I.e souverain actuel est Alexandre Charles , né en 1805, et qui a succédé 5 son père , Alexis , le 24 mars 1834.

DUCHÉ d’ashalt-koethew.

Louis , le plus jeune des fils de Joacbim-F,rnest , était ttn prince éclairé, ami des sciences et des arts, qui eût pu rendre son pays florissant sans les calamités de la guerre de Trente ans.

Nous n’oublierons pas de rappeler qu'il fonda en 1617 la société fructifiante , ou ordre du Palmier , qui devait être , pour la langue et la littérature allemandes , ce que devint, pour la langue française, l’Académie fondée dix-huit ans plus tard par Richelieu.

La première ligne de Koelhen s'éteignit, en 1665, avec son fils. Alors les possessions vacantes passèrent , conformément au pacte de partage . à la ligne de Plretz-kau , qui prit le nom de Rœlhen. Ce duché lut partagé d’abord en deux lots, puis réuni en une seule main en 1669. Le droit d'aînesse se trouvant établi depuis 1702 , une branche aînée obtint le duché, et le garda jusqu’à ce qu’elle s’éteignît . ce qui arriva en 1818 (*). La branche cadette, qui, en 1765, avait acquis la seigneurie de Plcss en Silésie, recueillit alors l’héritage.

Le nouveau duc vint à Paris en 1 825, et y embrassa , ainsi que son épouse, la foi' catholique. Il mourut sans postérité, le 23 août 1830, et eut |iour successeur Henri son frère, dont l’avénement a rassuré ceux de ses sujets qui suivent la religion réformée. Ce prince est né en 1778.

(*) L'oncle et le prédécesseur du dernier duc s'occupait d’nnc nouvelle organisation de son gouvernement et de l'introduction des lois Irançaises dans Ses États , lorsqu’il mourut , en 181a.

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