JUSQU'A L'ÉTABLISSE ME NT DU DEUX BEAS
CHU aujourd'hui RÉOMAMTbâ (l6l3)#
Comme plusieurs autres -maisons d’Allemagne, la maison delà Lippe a la irétention de descendre de YY’ittekind, e célèbre duc des Saxons ; et quelques généalogistes, peu satisfaits d’une origine cependant si reculée, la font remonter jusqu’aux nobles germains du temps de la domination romaine.
Cette famille, à ce qu’on assure, jouissait , du moins sous Charlemagne , d'une si grande considération , qu’en temps de guerre, les peuples des bords du YVeser choisissqjeut de préférence leurs chefs parmi ses membres, à qui Cliarleinagne conféra le titre de comtes. Mais cette généalogie ne repose sur des preuves diplomatiques qu’ci partir de l'année 1 1 29. où l'on trouve cité, dans line charte, un seigneqr notnm é Hermann de /aUppe\‘).
Bernhardl”, lière d’Hermann, ob-
(*) Ce noua lui venait de la rivière sur les bords de laquelle U ville de Lippe ou Lappsladt (ut bitie au douzième siècle.
L’UNIVERS
tint de Lotliaire II la ville de Leingo. Bernhard // fut un des plus braves guerriers de Henri le Lion, et parut , en 1 184, avec une suite nombreuse , à la diète de Mayence , où l’empereur Frédéric Ier le traita avec distinction, et lui assigna une des premières places parmi les grands de l'Empire. Il finit cependant par se faire moine, et alla comme missionnaire en Livonie.
Vers le commencement du quatorzième siecle, .Simon l" , son petitfils, qui , le premier, se nomma comte de In Lippe, acquit la moitié du comté de Schwalenberg par son mariage avec l’héritière de ce pays. En 1368 , un de ses descendants, Simon III, a qui échut de la même manière le comté de Sternberg, établit le pacte de paix, en vertu duquel la succession au comte devait être réglée’ par le droit de primogéniture. Cependant , les seigneurs de la Lippe, fiers de leur ancienne noblesse et de leur indépendance (leurs terres étant entièrement allodiales), refusèrent longtemps de prendre le titre de comtes, qui les aurait constitués vassaux de l’Empire, et ce fut seulement au seizième siècle qu’ils consentirent à le porter.
A la mort de Simon Fl, en 1613, la maison se divisa en plusieurs lignes, savoir : Detmold, Bracke et l.ipperode ? plus tard Sc/iaiienbourg. La première et la dernière seules nous occuperont; l’autre s’est éteinte en 1709, et son histoire n’offre aucun fait assez important pour être mentionné.
SRAKCHE UK LirPE-DETMOLD.
Simon FU, fondateur de la branche aînée, légtm d’assez longs troubles à ses descendants, parce qu'en épousant, en secondes noces , une princesse de Waldeck, nui lui apportait en dot la moitié des bailliages de Schwalenberg et d’Oldenbourg, il stipula dans le contrat que ses fils des deux lits lui succéderaient par portions égales, contradiction formelle à la loi de succession confirmée dans le testament de Simon VI. Josse Hermann, issu du second mariage, fonda une nouvelle branche celle de BUter/eld , avec la-
quelle la bronche principale continua un procès jusqu’en 1762. Enfin les descendants de Josse Hermann rendirent leurs bai II iages et acceptèrent des rentes à titre d’apanages (*).
La maison de Lippe constituait un Liât d’empire, et siégeait, à la diète, dans la curie des comtes. L’empereur Charles VI l’éleva à la dignité princière en 1720. Mais elle ne porta son nouveau titre que lorsqu’il lui eut été formellement confirmé par l’empereur Joseph II, à la Un du dix-huitième siècle (1789).
Après la mort de Frédéric-Guillaume-Léopold (1802), à qui celte faveur fut octroyée , le pouvoir revenait à son jeune fils Paul- Alexandre-Léopold, né en 1796. Pendant la minorité du prince (1802—1820), sa mère, Pauline, née princesse d’Anhalt-Rembourg, exerça la régence. Cette femme, dont les habitants bénissent le souvenir (*’), a marqué son administration par une foule de mesures sages et généreuses et de réformes bienfaisantes que pourraient envier bien des Etats puissants de l'Allemagne et des autres parties de l’Europe. Grâce à elle, 110 écoles primaires furent fondées , et confiées à des instituteurs qui , dès la première année de leurs fonctions, devaient être fort honorablement rétribués (***). Un décret de 1808 (27 décembre) abolit la servitude corporelle , avec d’autres abus féodaux; en 1816 et 1817, les contribuables furent délivrés de l’impôt sur les vins, de la contribution de guerre, et d’une foule de charges qui pesaient sur eux. Les droits sur les eaux-de-vie , le timbre et les cartes à jouer, furent seuls conservés.
Pendant la guerre de 1814, la principauté de Lippe- Detmold, devenue souveraine en 1807, avait armé, suivant Stein, un corps de 1 1 ,677 soldats. La régente songea au moins à accotn-
(*) Ils existent encore aujourd'hui, divisés en deux rameaux apanages : Butcrfrid et IFtisicnfeld.
(**) Elle est morte le aS décembre i8ao.
(***) Leurs honoraires étaient fixés à iao rixthalers.
PAYS DE LIPPE
plir les promesses prodiguées à cette époque aux patriotes : une constitution, publiée le 8 juin 1819, remplaça . les anciens états, composés des delegués de la noblesse et de la bourgeoisie, par une assemblée des représentants des trois classes de la population :
propriétaires, bourgeois et paysans.
En vertu de cette loi fondamentale, chacune des trois classes élit sept députés. La chambre vote l'impôt , et a le droit de proposition, de remontrances , etc. Les fonctions de député sont incompatibles avec le service militaire, avec les hautes charges du consistoire , de la justice, de la cour, etc. Enlin , les états sont convoqués, en principe, tous les deux ans.
Pendant longtemps, cette constitution a été paralysée dans ses effets par l'opposition que formèrent contre elle, à fa diète de Francfort, et dès le 2 août 1819, non-seulement les anciens états de la noblesse et de la bourgeoisie , mais encore le prince de Lippe- Schauenbourg, en sa qualité de plus proche agnat.
Le prince régnant , Paul- Alexandre-Léopold t né en 1796 , exerce le pouvoir depuis le 3 juillet 1820. Vers la même époque, il a épousé une princesse de Schwarzbourg-Sondershausen; et de cette union sont nés quatre fils et quatre filles.
Tout récemment (1841), le prince a convoqué la représentation du pays pour obtenir son adhésion nu traité qu’il vient de passer avec l’union de douanes prussiennes. Le cabinet de Berlin comprend fort bien que son œuvre n’aura toute sa valeur que lorsque tout obstacle, même le plus faible, aura disparu. Il tient autant à l’accession des petits États que des grands; aussi compte-t-il à recueillir avant peu les fruits de son habileté.
BRA1CCSE DE I.IPP E-SCHACEKBOUIIG .
La maison de Lippe-Schauenbourg, aussi appelée de Schauenbourg-Lippe, descend de Philippe , troisième fils de Simon VI, qui avait eu poursa part Alverdissen, Lipperode et Uhlenbourg; mais elle ne prit sou nom actuel qu'en
1640, où elle s'agrandit d’une partie du comté de Schauenbourg,sur leWeser.
Les anciens comtes de Schauenbourg, ligne aînée de la famille de Holstein, s'étaut éteints, la mère du dernier de ces princes, Élisabeth, prit possession de la moitié du domaine , et la céda à Philippe de la Lippe, le plus jeune de ses frères. Des contestations s’élevèrent d’abord à ce sujet avec l’évêquedeMinden, qui prétendait réunir les bailliages de Schauenbourg , Kuckebourg, Stadthagen et Sachsenhagen, comme fiefs échus de son église; mais le temps n’etait pas favorable aux prétentions ecclésiastiques. Les Suédois forcèrent l’évêque à se taire ; ensuite la maison de Brunswick et celle de Hesse-Cassei réclamèrent quelques autres bailliages, jusqu’à ce que, en 1647, intervint un accommodement qui fut confirmé parla paixdeWestphalie.
En vertu de ce traité, la moitié du comte de Schauenbourg (ayant pour capitale Binteln) fut adjugée au landgrave, dont une fille épousa le comte Philippe. L’autre moitié fut conférée à ce dernier à titre de fief hessois.
A la mort de Philippe, en 1681 , il se forma encore deux lignes. L’aînée , celle de Lippe -Schauenbourg- Buckebourg , s’éteignit en 1777, avec l'homme le plus remarquable que la maison de Lippe ait produit , Frédéric-Ernest- Guillaume , devenu célèbre comme feld-maréehal des troupes du roi de Portugal (*). La succession passa à la ligne cadette, ou de Schauenbourg-Lippe- Akerdissen.
Le comte Philippe, qui représentait,
(*) - Continuellement occupé du perfectionnement de l'art militaire , auquel il devait sa gloire , le comte Guillaume lit faire une île dans le lac de Steinhude (non loin de Hagcnhourg), et construire dans cette ile une forteresse en pierre de taille , pour l'instruction de l'école militaire dont il ciait le fondateur. Il y appliqua diserses fortifications de son invention, et donna à H'iHiemslrin (tel est le nom de rc |>olygone) une telle force qu'il faudrait i a, ooo hommes pour l’assiéger. » {Scliœll. , Hat. des États europ. , XLIII, ao6.) Aujourd'hui Wilhelmstein est changé en lieu de détention.
L’UNIVERS
îse
cette ligne, mourut le 13 février 1787, laissant un fils de deux à trois ans. Le 17 février, un corps de troupes de üesse- Cassel arriva inopinément à Buckebourg, et prit possession de la ville et du château; et en même temps, uu commissaire du landgrave exigea le serinent de fidelité de tous les habitants. Tout céda, à l'exception de la garnison de Wilhemstein (*), forte de 40 hommes et de deux officiers.
Cependant, un cri d’indignation s’était élevé dans toute l’Allemagne contre cette violence inouïe. Les tribunaux de l’Empire, sur les plaintes de la régente , se hâtèrent de condamner le prince perturbateur du repos public, et des troupes prussiennes reçurent ordre de se mettre en marche pour exécuter la sentence. Enfin, après une usurpation de trois mois, le landgrave se vit contraint de se retirer et de payer les frais de sa mauvaise action.
George- Guillaume , parvenu à sa majorité en 1807, adhéra, la même année, à la confédération rhénane, et reçut , à cette occasion , le titre de prince. Des traités postérieurs lui conservèrent la souveraineté, qu’il s’était arrogée en même temps.
Le 8 février 1810, toutes les charges de servitude personnelle furent abolies, sauf quelques corvées et redevances auxquelles resta soumis le peuple
(*) Voyez la note de 1a page ia5.
des campagnes. Le 15 janvier 1816, le . prince conféra aux députés des districts le droit d’examiner les dépenses administratives, de régler la quotité des contributions et leur mode de perception, de délibérer sur les lois, et enun de faire des propositions relatives aux intérêts du pays. Tous les ans , ils se constituent en assemblée générale, convoquée par le gouvernement. Suivant la loi fondamentale, la diète se compose de trois délégués de la noblesse, quatre délégués des villes et bourgs, et six députés delà classe des paysans.
La principauté de Lippe Scfiauenbourg a fait jusqu’à ces derniers temps partie de l’association douanière que formèrent séparément le Hanovre , l’Oldenbourg et le Brunswick. Mais cette union distincte est aujourd'hui en complète dissolution. La Prusse a signé un traité avec les trois puissances associées. Comme nous l’avons dit, elle a agi de même à l'égard de la rincipauté de Lippe-Detmold. Lippeeliauen bourg ne peut donc manquer de suivre bientôt l’exemple de ses voisins.
George-Guillaume a épousé, en 1816, une princesse de Waldeek, et de ce mariage sont issus deux (ils et trois filles.
Le prince de Sehauenbourg est lié à la branche aînée par uu pacte de famille. Toutefois, à l'extinction de la descendance mâle, le comté de Schauenbourg doit revenir, comme fief échu, à l’électorat de Hesse-Cassel.