PRINCIPAUTÉ DE WALDECK
attiraient et les plaisirs qu’on y trouvait. Dans les environs on rencontre le vi liage de Friedemthal, peu plé d’une colonie de quakers, qui s'occupent de la fabrication de l'acier et de divers objets de coutellerie.
Les revenus des deux territoires s’élèvent à 1,035.000 francs (*) ; la dette publique est de près de 3,000,000 de francs. Le pays fournit à la confédération un contingent de 518 hommes, et il a une part à la seizième place dans les assemblées ordinaires de la diète et une voix dans les assemblées générales. Depuis 1816, le gouvernement est représentatif.
HUTOIRK.
La maison des comtes de VValdeck est encore une de celles qui font remonter leur origine au fameux Wittekind. Ces seigneurs s’appelaient oriinuirement comtes de Schwalenberg, 'après deux châteaux dont l’un, situé dans l'évêché de Paderborn, est devenu peu à peu une ville, et se nomme aujourd’hui Oldenbourg , et dont l’autre a conservé son nom, dans la principautédeLippe. IVitlekind IF, comte de Schwalenberg, et en cette qualité vidame ou avoué de l’évêché de Paderborn , au commencement du douzième siècle , avait épousé une riche héritière. qui lui apporta assez de terres, sur l’Edder et le Diemel, pour qu’il pdt les laisser sous le titre de comté de Waldeek, !» IFolcwin , son (ils aîné, tandis que le cadet continua la maison de Schwalenberg , qui s’éteignit en 1350, et dont sortirent les comtes de Pyrmont, qui disparurent en 1494.
IVittekxnd F, (Ils aîné de Wolcwin, s’étant croisé pour aller en terre sainte, et voulant réparer les torts u'il avait faits par ses armes à l’église e Paderborn, lui engagea, en 1190, sa vidamie pour 300 marcs d’argent, avec la condition que, s’il ne revenait
Pas, elle appartiendrait en propre à évêché. Le cas prévu se réalisa , et le marché fut exécuté. Ce fut Hermann, selon d’autres Henri, l’un des frères de Wittekind, qui continua la maison
(*) Les bains de Pyrmont y contribuent pour une grande part.
de Waldeek. Adolphe, son fils, fut nommé par l’empereur, Adolphe de Nassau, préfet des villes du Rhin.
Adolphe, Godefrol et Utton, Gis de ce seigneur, aimant tous les trois la belle Sophie, fille de Henri l’Enfant, premier landgrave de Hesse, convinrent que celui d’entre eux qui obtienrait sa main, aurait le comté de Waldeck en entier, et que les deux autres embrasseraient l’état ecclésiastique.
Otlon , le plus jeune, gagna le cœur de la princesse ou celui de son père , et devint en 1271 comte de VValdeck; ses aînés parvinrent aux sièges épiscopaux de Minden et de Liège. En 1294, l’électeur de Mayence céda à Otton le château et le bailliage de Wildungen , ancienne possession thuringienne, lambeau violemment arraché de l’héritage de Henri Raspon. A la même époque, la maison de Waldeek possédait dans le duché de Westphalie plusieurs francs-comtés ou sièges de tribunaux secrets ( freigerichte ) , auxquels appartenaient de petits districts (*).
Henri II, Ois d’Otton, dressa, de concert avec ses freres et ses Ois , un statut de famille, qui établissait en principe l’indivisibilité du comté. Malgré ce pacte, Henri et Adolphe , (ils de Henri III , dit de Fer, se partagèrent la succession en 1397, et fondèrent deux lignes, dont la cadette porta le nom de Landau (**) et s’éteignit en 1495. La désunion qui éclata bientôt entre ces deux branches, puis les inimitiés que s’attira Henri en tuant Frédéric , duc de Brunswick , le 5 juin 1400, et enfin le besoin d’argent, engagèrent l’une et l’autre à se soumettre, en 1431 et en 1438, à la suzeraineté de la maison de Hesse.
Les effets de cette transaction subsistent encore aujourd’hui. Car, après l'extinction de In descendance mâle des princes de Waldeek, l’ancien comté doit revenir à la Hesse électorale.
La ligne aînée, restée seule maîtresse du comté à la On du quinzième siècle, se partagea de nouveau , en 1588 , en
(*) Voyez Ai.lzmaghs, t. U, p. za3 et suiv.
(**} Bourg de 700 habitants, dans l’ancien comté.
L’UNIVERS
deux brandies, qui furent appelées Fi senberg et ff'itdungen . et dont les fondateurs furent Christian et Folrath, fds de Josias. La dernière s’éteignit en 1692, avec George-Frédéric , feld-maréchal dans les armées de l’Empereur, et qui avait été, dix ans avant sa mort, élevé au rang de prince d’ Empire. La première, qui a réuni toutes les possessions de la famille, subsiste encore aujourd’hui.
Ce fut en 1623 que la maison de Waldeck fit l’importante acquisition «lu pays de Pyrmotit, ancienne dépendance de la principauté de Gœttingen , et que le dernier comte de Gleichen lui remit en vertu d'un ancien pacte de confraternité héréditaire. Dans la guerre de Trente ans, l'archevêque de. Cologne, évêque de l’aderborn, faisant revivre de vieilles prétentions, s'empara de cette nouvelle acquisition et d’un district du comté de Waldeck.; mais les Suédois rétablirent les comtes dans la possession de Pyrmont, et l’archevêque fut obligé, par une des clauses du traité d’Osnanruck , de restituer ce qu’il avait conservé des terres du comté de Waldeck.
Néanmoins, se fondant sur le silence du traité au sujet de Pyrmont, le prélat persista , pour ce territoire , dans ses prétentions. Il finit cependant par y renoncer, mais en stipulant qu’à l’extinction de la maison de Waldeck, le comté de Pyrmont serait dévolu à son évêché. Cette condition s’accomplira , le cas échéant, en faveur de la. Prusse, qui a hérité des droits du prélat.
L’inféodation du comté de Waldeck à la maison de Hesse était devenue une autre cause de querelles que n’avait pu terminer, en 1519, un jugement du conseil aulique , lequel assurait aux comtes les privilèges des comtes de l’Empire. Ces querelles s’aggravèrent encore à l’époque de la guerre de Trente ans. Les princes de Hesse prétendaient que les comtes de Waltpck n’étaient pas seulement leurs vassaux, mais qu’ils étaient encore soumis à leur supériorité territoriale. En 1621, le landgrave Maurice envahit le comté gouverné alors par Christian ; les châ-
teaux d’Arolsen et de VV aideck seuls parent lui résister. Les troupes ennemies se livrèrent dans le pays aux plus cruelles dévastations; enfin la cour impériale , sur la plainte de Christian, prononça un décret de restitution.
Quand le landgrave y eut obéi , un long procès s'éleva au sujet du dédommagement réclamé par le comte. Une transaction fut projetée en 1635, et exécutée en partie seulement, parce que les landgraves de Cassel et de Darmstadt ne s’accordaient pas. Cependant les deux maisons de Hesse la confirmèrent en 1648, et le traité do Westphalie la ratifia. Les landgraves renoncèrent alors à toute prétention relative à la supériorité territoriale, et reconnurent le comté de Waldeck comme F.tat immédiat de l’Empire, sauf le lien de vassalité qui l’attachait à la Hesse. Enfin , on renonça réciproquement à toute réclamation pour indemnités, frais de procédure , etc.
Un autre événement non moins avantageux pour le repos du pays fut l’introduction du droit de primogéniture, établi par Christian- Louis , père de vingtcinq enfants, et confirmé |>ar l’empereur Léopold, le 22 août 1697. L’ainé de cette nombreuse famille, Frédéric- Antoine- Cl rie , s’étant attaché à Charles VI , fut élevé , en 1 7 1 7, à la dignité de prince de l’Empire. Ce ne fut cependant qu’en 1803 que la maison de Waldeck obtint voix et séance, à la diète.
Elle entra , le 18 avril 1807, dans la confédération rhénane- Le prince actuellement régnant est George - Henri- Frédéric, né en 1789. Il est arrivé au pouvoir le 9 septembre 1813, et a épousé, en 1823, une princesscd’Anhalt- Bernbourg-Schauenbourg. De cette union sont nés deux filles et deux fils.
La constitution a été publiée le 19 avril 1816. D’apres cette loi , les états, composés des possesseurs des biens seigneuriaux, des députés de treize villes, et de dix membres représentant la classe des paysans, fixent les impôts, discutent les lois, et proposent au prince les améliorations dont l’administration du pays est susceptible.
Waldeck a, depuis 1826, adhéré au système de douanes de la Prusse.
Googl
PRINCIPAUTE DE LIECHTENSTEIN.
GÉOGRAPHIE , STATISTIQUE
La principauté de Liechtenstein , l’une des plus petites de l'Allemagne , est située sur le Rhin supérieur, à 5 lieues au sud du lac de Constance, entre la Suisse et le Tvrol. Sa longueur du nord au sud est de 5 lieues; sa largeur moyenne de l’est à l’ouest, d’une lieue et demie , et sa superficie de fi lieues carrées. Elle est peuplée de 6,150 habitants, professant, comme le prince, la religion catholique, et répartis dans deux bourgs et neuf villages et hameaux.
Le pays est composé des seigneuries de Waduz et de Schellenhehc.. Il se trouve aussi partagé en deux parties par un rameau des Alpes qui le couvre au sud et le traverse du sud au nord. A l’ouest, c’est la vallée du Rhin; à l’est, celle de la Samina, petit courant tributaire de l’ill, qui, lui-mérne, est un affluent du fleuve. La température est douce, et le sol presque partout fertile et couvert de belles forêts. Les habitants sont agriculteurs , vignerons, et s’occupent de l’éducation des bestiaux.
Les revenus publics sont de d^OOO francs. Quant au prince, qui peut passer pour un riche particulier, il jouit personnellement d'un revenu de plus de 3,000,000 de francs, car il possède de grandes propriétés en Moravie, en Silésie et en Autriche, ainsi que dans d'autres parties de l’Allemagne : telles sont, entre autres, les belles principautés de Troppau et de Jægerudorf, jdacées sous la souveraineté de l’Autriche et de la Prusse et peuplées de 150,000 habitants.
Suivant une loi fondamentale du 9 novembre 1818, le pays est entièrement régi d’après le système autrichien ; les états sont organisés sur le même pied qu’en Autriche, et l’on ne peut guère donner à cette forme de gouvernement le nom de gouvernement représentatif.
La principauté a une part à la seizième place dans les assemblées particulières de la diète, et possède une voix dans les assemblées générales. Elle fournit à la confédération un contingent de 55 hommes.
Le siège de l’administration est à Liechtenstein, autrefois LVadvz, bourg de 1.800 habitants, agréablement situé près de la rive droite du Rhin.
Le château de Schellenberg , dans la seigneurie de ce nom, est à peine entouré d'une cinquantaine de maisons éparses.
Le prince réside ordinairement à Vienne.
histoire.
La maison de Liechtenstein , originaire de la Styrie et de l’Autriche, est une des plus anciennes dans la monarchie autrichienne, une de celles qui lui ont donné le plus de preuves d’attachement. Sa généalogie remonte, dit-ou. à Azon lt d' Este , mort en 1073. Ce fut Ditmar , issu, par Ad allier on , de cette antique souche, qui prit le premier, en 1206, le titre de seigneur de Liechtenstein. Anciennement, la famille florissait en deux lignes principales : celle de Liechten stein-Murau en Styrie , et celle de Liechtenstein- Nicoisbourg en Autriche. Hartman IV , de cette derniere ligne, réunit de nouveau les possessions de sa maison. Il mourut en 1585.
Ses fils, Charles et Gondacre, furent élevés par l’empereur Rodolphe au rang de princes de l’Empire, le premier en 1618, le. dernier en 1623, et fondèrent deux lignes auxquelles ils donnèrent chacun leur nom.
Charles obtint en 1614, de l’empereur Mathias, la principauté de Troppau, et en 1623, de Ferdinand II, la principauté de Jægerndorf en Silésie.
En 1699, le petit-fils de Charles, Jean- Adam- André ( né en 1656, mort en
L’UNIVERS
1712), acheta, du comte de Hohenembs, la seigneurie immédiate de Waduz, ainsi que celle de Schellenberg; il eut en même temps un vote au collège souabe des comtes de l'Empire , collège auquel il avait prêté un capital de 250,000 florins sans intérêts. Comme il n'avait point d’héritiers mâles, ses possessions passèrent à la ligne de Gondarre. Celle-ci était elle-même composée de deux branches.
L’aînée s'éteignit en 1748, et Joseph- IVenceslas , chef de la cadette , remit sous sa main tous les biens de la famille. Les terres de Waduz etde Schellenberg avaient été élevées, en 1719, sous le nom de Liechtenstein , au rang de principauté d’Empire, et les possesseurs avaient obtenu une voix virile au collège des princes. Joseph-tVenceslas, créateur de l’artillerie autrichienne , à qui Marie-Thérèse , reconnaissante , a fait ériger un monument dans l’arsenal de Vienne, mourut en 1772 sans descendants.
Ses neveux se partagèrent sa succession et formèrent de nouveau deux lignes , dont l’aînée eut ce qu’on ap-
pelle le grand majorât de la maison, c’est-à-dire les principautés de Liechtenstein, Troppau, Jægerndorf, etc.
Le prince Jean , père du prince actuellement régnant , avait à son insu, ou malgré lui , été admis à la confédération du Rhin : c'est pourquoi il céda, en 1806, la principauté de Liechtenstein à son troisième fils; il entra , le 3 juillet 1815 , dans la confédération germanique, et figura même, en 1817, parmi les signataires de la sainte alliance. Il était feld-maréchal général au service de l’Autriche. Son fils Jlnijs- Marie J. J. Nêp . -Joach im - Français , né en 1796, lui a succédé Ie20avril 1836.
Pour achever le tableau historique des États de la confédération germaniue, il nous resterait à parler du granduché de Luxembourg et des duchés de Holstein et de Lauenbourg ; mais le premier appartenant au royaume de Flollande et les deux derniers au Danemark, nous renvoyons, pour cc qui les concerne, aux histoires spéciales de ces deux royaumes.