‹ États de la confédération germaniqueChapitre 259 sur 261 · DANS LE TROISIÈME VOLUME DE L’ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

DANS LE TROISIÈME VOLUME DE L’ALLEMAGNE

— nn »p.üfir.

N° i . Clidleau de Durenstein (Voyez Au- TMCHE, I). 3 et vj). — "Leroid'Apglelerre, dit la chronique d'Otton de Saint-Biaise, aborda avec peu de monde sur les terres du duc Léopold : se ressouvenant de l'outrage qu’il avait fait au prince allemand, lorsde la prise d’Aere, et craignant d'ètre reconnu , il quitta tout ce qui pouvait le déceler, et entra, sous un habit fort simple, dans une auberge, près de Vienne (à Erdhourg, village sur le bord du Danube), pour y prendre de la nourriture. Afin de se mieux cacher, il sc mit dans la cuisine à tourner la broche. Mais il avait oublié d’ôter de son doigt un anneau de prix. Quelqu'un de la suite du duc, qui avait vu le roi à Acre, sortit par hasard de la ville et entra dans l'auberge où Richard faisait rôtir des poulets. A la rue de son anneau, cet homme examina le roi , et le reconnut; mais il dissimula et retourna aussitôt à Vienne où il fit part de sa découverte an duc. Celui-ci en ressentit beaucoup de joie. A l’instant meme il monta à cheval et, suivi d'une troupe armée, il alla faire Richard prisonnier, avec force railleries sur son déguisement et son nouveau métier. Il le fit jeter dans une étroite prison. - Le chevalier Hadaniar de Chunring fut chargé de garder le prince au château de Durenstein.

On ne savait plus en Europe ce qu'était deveuu le roi, lorsqu’un gentilhomme , de Picardie , appelé Blondel de Nesle . jura en lui-même qu'il querroit en toute terre le roi Richard tant qu'il Cuverait trovê. Il alla donc chercher les traces de son maître , et parcourut l’Allemagne avec l'habit et la vielle d’un ménestrel. Il arriva ainsi, par aventure, à Durenstein devant un manoir où gémissait, disait-on, un illustre captif. Suivant le récit d'une chronique du treizième ou du quatorzième siècle (MS. de Sorbonne, n° 454, à la biblioth du roi), Rlondel , qui s’étoit hébergié , dit à son hôtesse : Y ast-il prisonnier dedans la tor ?

La dame lui répondit qu’un prisonnier y était renfermé depuis quatre ans. Satisfait de celte nouvelle, Blondel demanda la permission de séjourner. Ce qu’il obtint du châtelain qui était jeune chevalier et joli. Le ménestrel demeura tout C hiver , jouant mu/t air sur sa -vielle et cherchant à voir le captif. Or, comme il estait en cette pensée, au pied de la tour, le roi le vit; et, voulant se faire connaître, il chanta le premier couplet d'une canchau qui y s avaient fais entre eus deus , que nul ne savait fors que il roi . Si commenclia haut et clerement à conter le premier rier, car il cantoit très-bien; et quant Rlondiau l'oit , il sot certènement que c’étoit ses sires. Et, prenant sa vielle, il chanta le second couplet pour faire entendre à Richard qu’il l'avait compris , puis le lidelc serviteur alla vers le châtelain et lui dit : » Beau sire, je m’en irai volontiers en mon pays; * le chevalier li octroya son congié, et Blondel revint en AngleteiTe annoncer qu’il avait retrouvé Richard. — Mills ( additionals notes of the historr o) Creusadés) rite les deux couplets de la chanson de Richard ; ce chant est en langue romane :

Domna voslra branlas Elas bêlas faisos Els bris oils amoros Els gens cors ben taillais ,

Dons sien empre. venais De vostra amor que mi lin.

Si bel trop affansia Ja dei vos non portrai Que major honorai Sol en voslre deman Que sanlra des heisan So can de vos volrai.

Effrayé de la découverte de Blondel , le due d’Autriche n’osa plus retenir entre ses mains son redoutable captif, et ce fut alors

EXPLICATION DES PLANCHES

qu’il te vendit , moyennant 60,000 marcs, à l’empereur Henri VI.

N* a. Salle gothique du couvent de Hci - * ligen-Kreuz ( Sainte Croix ). — Ce couvent, situé au pied du Radenberg (montagne^ic Raden), dans une vallée solitaire, surja route de Mariazcll, fut fondé en n36 par saint Iéopold, qui le fit desservir par des moines envoyés de l’abbaye de Morimond, en France. Quatorze princes et princesses de la maison de Bamberg y sont ensevelis. Les promeneurs de Raden ont fait de ce cousent et de sa charmante vallée un rendez-vous de plaisir plutôt mie de dévotion.

N°* 3 et 4. Couvent de Cluster- Ne u ho urg. — Sur la rive droite du Danube, à environ 12 milles au-dessus de Vienne et dans une contrée pittoresque, on rencontre le couvent appelé Closter-Neubourg. Il fut fondé par le margrave Léopold en 1 1 10.

« ('.e prince était avec sa femme à une fenêtre du château de Kahlenberg, huit jours après son mariage, et les deux époux causaient ensemble de la fondation d’un couvent que proposait Agnès. En ce moment survint un coup de vent violent qui emporia le voile de la belle duchesse. On le chercha vainement partout. Huit ans après , Léopold , chassant dans les bois , le retrouva sur une haie de sureau. Jadis Léopold avait refusé autrefois d’accéder à ta proposition d’Agnès : «Quand ton voile se «retrouvera, avait-il dit, je ferai bâtir ton «couvent. » Alors, regardant cet événement comme une indication du ciel, comme un prodige, il bâtit en cet endroit même le monastère qu'il avait fait vœu de construire. »

Telle est la légende. Aujourd’hui, encore, on montre dans le tré*or du couvent un morceau du voile miraculeux. Parmi les autres objets précieux qu’on y conserve,’ se trouve aussi la couronne archiducale. On la transporte à Vienne pour le couronnement de chaque nouveau souverain.

Les prévôts de Closter-Neubourg acquirent rapidement des richesses considérables et une influence qui s’étendit souvent jusque sur les affaires de l’État et du souverain.

L’ensemble -de ces vieux bâtiments offre lin aspect imposant, quoique ce soit un mélange du gothique du treizième siècle et du goôl moderne.

La place du couvent est décorée d’une colonne gothique construite en i45o.

N° 5. Monument du treizième siècle près de N eus t ad t. — Cette colonne, à laquelle on

reconnaît une grande ressemblance avec le Spinnerinn-am-Kreuz (voyez u°6)t est devenuecélèbre en i45n, lorsque le jeune roi Ladislas fut remis par l'empereur Frédéric III au comte Ulrich de Cilley. Un homme d’armes y grava le chiffre dé cette année et l’écusson de ses armes (voyex Autriche, p. 7a).

N° 6. Monument nommé Spinnerinn-am - Kreuz, sur la route de Vienne à Raden. — Ce monument servait sans doute de station de piété, ou marquait un événement mémorable. Les reliefs qui le décorent représentent des scènes de la passion de J. C. Sa hauteur totale est de 36 pieds.

La tradition raconte qn une pauvre femme voulut le faire ériger en l’honneur de Dieu; qu’eu conséquence, elle fila, fila sans cesse, jusqu’à ce quelle eût amassé, par sou travail, l’argent nécessaire pour celte œuvre pieuse.

De là le 110m de Spinnerinn-am -Kreuz (La file use à la croix).

N# 7. Entrée de F’ienne par la porte de Carinthie, avec l'esplanade qui la précède. O côté de la ville est le plus fréquenté. Non loin de la barrière , sur la gauche, s'élève un monument gothique d’une structure élégante. C’est une de ces croix isolées si fréquentes au treizième et au quatorzième siècle, et dont les planches précédentes ont déjà offert plusieurs modelés (voyez n°‘ 4 , 5,6). La tour qu’on aperçoit à l’korizuu est celle de la cathédrale de Sl-Éliennc.

N01 8 et 9. Église de St • Étienne à Vienne. — Aux détails que nous avons déjà donnés sur celte église (Autriche, p. 56 et suiv.) , nous ajouterons qu’elle possédé les restes des anciens ducs et empereurs d’Autriche, et que, parmi ses nombreux tombeaux, on distingue ceux du prince Ku- Çènc deSavoie.de Frédéric IV, de plusieurs évoqués , archevêques et cardinaux , etc.

Rien que les corps de la famille impériale soient déposés à l’église des Capucins, leurs entrailles sont portées à celle de Saint- Etienne, et lour cœur à celle des Augusli ns.

N° 10. Château gothique de Luxembourg (voyez Autriche , p. 17 et suiv.).

N° II. Salle du trône du château de Luxembourg (voyez Autriche, p. 18).

N°* 12 et i3. Salle à manger et chambre à coucher du château de Luxembourg .

— Le salon destiné aux repas , dans le château gothique que nous avons décrit ailleurs (Autriche, p. 17 et 18), est décoré en marbre rouge aulique. La table, en bois

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