‹ États de la confédération germaniqueChapitre 32 sur 261 · LADISLAS EST RECOKKC EX AUTRICHE ET SK BOHÈME · texte numérisé non relu

LADISLAS EST RECOKKC EX AUTRICHE ET SK BOHÈME

En mourant, l’empereur avait laissé enceinte sa femme Élisabeth , fille de Sigismond. Or, des trois courounes d’Albert, deux étaient électives, l'autre héréditaire, mais formait un fief masculin. On régla donc que si Élisabeth accouchait d'un fils, il hériterait de l’Autriche, sous la régence de Frédéric de Styrie ; que si c’était une fille, l’Autriche passerait à Frédéric et aux autres princes de la maison d’Autriche. En Bohême, les députés consenti rent à attendre la délivrance de la reine ; mais les Hongrois , craignant les dangers d’une longue minorité, forcèrent Élisabeth d’offrir sa main au roi de Pologne v qui venait de rejeter les offres avantageuses des Turcs.

On stipula que si l’enfant qu’elle portait était un fils, les Hongrois aideraient à lui assurer la possession de l’Autriche et celle de la Bohême. Cependant Elisabeth ayant accouchéquelque temps après d’iin fils, Ladislas le Posthume, elle retira ses offres; mais, abandonnée de la plupart des Hongrois, elle n’eut que le temps de faire couronner précipitamment son fils à Albe-Royale, et se retira auprès de Frédéric III,’ duc de Styrie et roi des Romains , emportant avec elle la couronne de saint Étienne. L’Autriche et la Bohême restèrent à Ladislas , la Hongrie au roi de Pologne Wladislas (1440), autour duquel vinrent se ranger les principaux seigneurs du pays, et à leur tête Jean Huniade, le chevalier blanc de J 'alachie, le plus redoutable adversaire des Ottomans.

En Bohême , Ladislas fut plus heuraix , la diète le reconnut roi ; mais Frédéric de Styrie ayant refusé d’exercer la régence en Bohême au nom de son pupille, le gouvernement fut confié au célèbre George Podiebrack, qui, soutenu par le parti nombreux des Calixtins, exerça un pouvoir qui différa peu de l’autorité royale.

LBTTE DE LA BOKORIE COKTRK LES TURCS.

Pendant ce temps, la Hongrie, cette autre couronne de l’héritage d’Albert, était le théâtre d’une lutte acharnée contre les Turcs qui avaient reparu plus redoutables que jamais. Dans l’effroi que causaient leurs progrès, le pape Eugene avait prêché une croisade pour délivrer le boulevard de la chrétienté, Belgrade assiégé depuis sept mois par Amurath. D’abord d’heureux succès signalèrent cette guerre sainte; le siège fut levé , et le sultan perdit contre Huniade trois armées en Transylvanie et en Bulgarie (1442). Attaqué en Asie >ar leroiae Perse.il fut obligé derendre a Servie à Wladislas, en échange de la Bulgarie conquise par les Hongrois.

Ces succès répandirent au loin le nom de Wladislas et de son général : Eugène IV, Venise, Gênes et Philippe le Bon lui envoyèrent des ambassadeurs

fiour le féliciter de ses victoires. Mais e pape , mécontent du traité conclu avec Amurath, écrivit au cardinal Julien, son légat, qu’un traité fait à son insu avec les ennemis de la religion n’était pas valable. Le légat parla si haut, que Wladislas consentit à faire une seconde expédition en Bulgarie.

L’occasion semblait favorable : le pape croyait avoir formé une ligue redoutable contre les infidèles ; les Vénitiens, les Génois, et Philippe, duc de Bourgogne, avaient promis d’équiper une flotte considérable pour fermer aux Turcs le passage en Europe; Jean Paléologue, empereur de Constantinople, devait arrêter leurs progrès dans la Tlirace, et Scanderbeg l'Épirote joindre ses efforts à ceux des confédérés. Le succès paraissait assuré, car Amurath était en Asie avec la plus grande partie de ses forces. Mais comme l’armée hongroise approchait de Warna , elle apprit avec étonnement qu’Amurath, trompant la vigilance des chrétiens, avait passé l’Heilespont. J^a déroute des chrétiens fut complète (1444); le roi lui-même resta sur le champ de bataille, et Huniade ne put que ramener au delà du Danube les débris de farinée vaincue; mais il arrêta les Turcs

L’UNIVERS

sur la Save , et battit les Autrichiens en Croatie.

LADISI.AS EST RECONNU Ml I.E5 HONGROIS.

HUIVIADE r ROC LA M K REGENT.

L’empereur Frédéric III, tuteur de Ladislas le Posthume , avait déjà atqué les Hongrois à plusieurs reprises.

Incapable de leur faire une guerre sérieuse et suivie, il les fatiguait par de continuelles incursions que favorisait le mécontentement de quelques nobles hongrois ennemis du roi de Pologne.

Apres la mort de celui-ci, la diète de Pesth reconuut Ladislas le Posthume, et demanda, mais aussi inutilement que l’avaient fait les Bohémiens, qu'il vint demeurer au milieu d’eux. Frédéric se refusa à toutes les propositions.

Huniade, proclamé régent par la même diète de Pesth, tenue apres la défaite de Warna , aurait voulu se venger de ces hostilités continuelles, et forcer Frédéric à rendre le roi et la couronne de saint Étienne; mais il ne pouvait commencer aucune guerre importante du coté de l'ouest avant d’être certain de ne pas être tout à coup rappelé en arrière par une invasion turque. Aussi dut-il se contenter de ravager par une incursion rapide la Styrie, la Carinthie et l’Autriche, et courut s’unir à Scanderbeg contre Amurath.

HUNIADE s'uNIT A SCANDER BAG CONTRE LES TURCS.

Ce héros, l’ennemi le plus intrépide, avec Iluniadc, que les Turcs eussent encore rencontré, était un Albanais élevé dans le sérail même du sultan. En 1412, après la défaite de la Morava , il avait soulevé l’Épire, et la défendit durant vingt-quatre ans contre tous les efforts d’Amurath et de Mahomet. Les deux soldats de J . C. voulaient joindre leurs forces; mais, averti par le craie de Servie, Amurath vint se placer entre les deux armées chrétiennes pour empêcher leur jonction , et livra à Huniade, près deCassovo, une bataille de trois jours. Huniade fut vaincu ; mais l’année suivante il sauva le craie

de Servie attaqué par les Turcs, et détruisit leur armée ( 1449). Amurath désespérant de pouvoir entamer la Hongrie, défendue d’ailleurs dans sa partie méridionale par trois cents lieues carrées de marais , évita jusqu’à sa mort de renouveler la guerre de ce côté.

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