HVKIADE OKI. IVRE BELGRADE. SA MORT
Huniade avait peu de ressources; mais le franciscain Capistran , qui avait prêché la croisade de ville en ville, rejoignit Huniade avec quarante mille nommes, la plupart sans vêtements et sans armes, et tous deux marchèrent vers Belgrade , que Mahomet canonnait sans relâche avec d’énormes pièces fondues sous les murs même de la ville , et dont le fracas s’entendait jusqu’à Segedin, au confluent de la Theiss et de la Marerch. Quand Huniade approcha, il vit Belgrade foudroyée sans relâche, sa citadelle presque détruite, et la région d'alentour couverte d’une fumée perpétuelle. Les chrétiens enlevèrent a l’abordage (*) toute la flottille turque sur le Danube, et entrèrent dans Belgrade à demi ruinée. Mahomet, qui avait juré de prendre la ville en quinze jours, et qui se moquait de son père, qui n’avait pu l’enlever après un siège de sept mois, donna, le 8 août, un assaut général. Les Turcs
(*) Capistran était sur la proue du premier vaisseau le crucifix à la main et répandant des malédictions sur les infidèles.
pénétrèrent jusqu’au milieu de la place; le croissant fut arboré sur les remparts; un Hongrois prit corps à corps le Turc qui l’avait planté, et se jeta avec lui et l’étendard au bas du mur.
Huniade alors lit de prodigieux efforts, rejeta les Turcs hors de la ville, les poursuivit, prit le camp du pacha d’Asie sur la Save , avec toute l’artillerie , qu’il tourna sur-le-champ contre les ennemis. Mahomet, après avoir tué de sa main plusieurs janissaires qui reculaient, fut blessé lui-même et obligé d’abandonner Belgrade, laissant sous les murs de cette ville les cadavres de trente mille Turcs. Son désespoir fut tel, qu’il voulut, dit-on, s’empoisonner; Capistran et Huniade, au contraire, dans l’ivresse de la victoire, se hâtèrent d’écrire au pape Calixte des lettres où chacun d'eux s'attribuait tout l’honneur de la retraite des Turcs.
Mais la joie de In Hongrie fut modérée par la perte de son défenseur : Huniade, peu de temps après la victoire, mourut d'une fièvre ardente, causée par les fatigues de corps et d’esprit qu’il avait endurées (1456).
LADISLAS FAIT METTRE A MORT LADISLAS, FILS DE HUNIADE. RÉVOLTE DE LA HONGRIE.
Huniade laissait deux fils, Mathias et Ladislas. Lorsque le roi Ladislas le Posthume voulut entrer dans Belgrade pour visiter nette ville, au pied de laquelle avait échoué toute la puissance mahométane, le fils de Huniade ne voulut recevoir dans la ville ni le comte de Cilley ni aucun soldat autrichien, s’excusant sur ce que sa propre vie était menacée par le comte. S'étant rencontrés par hasard (mars 1457), ils s'adressèrent les reproches et les outrages les plus sanglants; et Cilley, arrachant le sabre de l’un des spectateurs, frappa son ennemi à la tête. Les gens de Ladislas accoururent à son secours; un combat suivit, dans lequel Cilley fut tué (*). Ladislas reçut les excuses de la veuvede Huniade, jura sur l'eucharistie qu’il pardonnait à son fils; et l’ayant
(*) Plusieurs auteurs présentent le comte de CiUev comme tué d'un guet-apens.
L’UNIVERS
par ces promesses attiré à sa cour avec son frère Mathias, il les fit arrêter, et fit trancher la tcte à Ladislas (15 mars 1457). A la nouvelle de cette exécution, une partie de la Hongrie se souleva, et Ladislas fut contraint de fuir à Vienne, emmenant avec lui le dernier fils du grand Huniade.
JH CRT DK LADISLAS.
Quelque temps après, Ladislas se rendit a Prague pour y célébrer son mariage avec Madeleine, fille de Charles VII de France; mais, au milieu des préparatifs de la fête, il fut saisi d’une maladie qui l’emporta en trentesix heures (1458). Ou soupçonna le régent de Bohème, Podiebr'ack, de l’avoir empoisonné.