‹ États de la confédération germaniqueChapitre 36 sur 261 · QUERRE MALHEUREUSE DR FRÉDÉRIC IT CONTRE LES SUISSES · texte numérisé non relu

QUERRE MALHEUREUSE DR FRÉDÉRIC IT CONTRE LES SUISSES

La maison d’Autriche, qui s’était divisée en trois branches, celle d’Autriche, de Styrie et de Tyrol, venait de voir, par la mort de Ladislas, s’éteindre la première; celle du Tyrol ne fournit pas une plus longue carrière; elle ne compta que deux princes, Frédéric IV, quatrième fils de Léopold II, et son fils Sigismond. Héritier, en 141 1 , des possessions autrichiennes en Souabe, en Alsace et en Brisgau, Frédéric, dont les terres touchaient ainsi de toutes parts à la Suisse , ne profita pas du souvenir de Morgarten et de Sempaeh. Le canton d’Appcnzel s’étant soulevé contre le puissant abhé de Saint-Gall , Frédéric prit son parti , et ce fut pour se faire humilier encore par les patres de Schwitz et de Claris.

FRÉDÉRIC FAVORISE l’ÉVASIO!» DC TAPI JEAN XXIII.

Il fut plus malheureux encore dans l’assistance qu’il prêta au pape Jean XXIII, qui, sc regardant comme prisonnier à Constance, ne cherchait qu’une occasion de s'échapper et d'annuler aiust les décrets du concile; il

jeta les yeux sur Frédéric d’Autriche.

Ennemi'personnel de l’empereur Sigismond et gendre du roi Robert, l’adversaire de la maison de Luxembourg, le duc d’Autriche possédait dans les environs de Constance un grand nombre de places fortes qui pouvaient offrir au pape un asile. En conséquence, Jeap

firoinit a Frédéric la charge de gonfaonier de l’Église, avec sir mille ducats de pension (1415). Séduit par ces offres brillantes, le 20 mars, Fiédéric, pour distraire l’attention, donna hors de la ville un grand tournoi, et, pendant que tout le monde assistait à cette fête , le pape, travesti en piqueur, sortit de la ville et se rendit a Sdiaflliouse. Le duc, qui était engagé dans la lice, prolongea le combat jusqu'à ce que le pape fût en lieu de sûreté, et, cédant alors une victoire facile, il courut le joindre.

PKOSCRIPTIO» DK FRÉDÉRIC.

Cette évasion causa une consternation générale; on crut que le concile allait se dissoudre; mais l’empereur parcourut les rues de la ville pour calmer les esprits, et s'occupa aussitôt,

fiendant que le concile se déclarait, sur a proposition de Oerson , supérieur au pape , à punir ceux qui avaient favorisé sa fuite. D’abord Frédéric fut excommunié et mis au ban de l’Empire, comme ennemi de l’Église et traître à l’empereur. « Ses sujets furent déliés de leur serment de fidélité , et les États cireonvoisins invités, par ia promesse de l’absolution , et par la permission de retenir leurs conquêtes, à s’emparer de ses possessions. En un mois , tout l’Empire fut armé. Trente mille hommes , commandes par le burgrave de Nuremberg, fondirent sur les États de Frédéric, lui prirent Stein et Diessenhofen , et marchèrent contre Scliafïhouse.

« A l'approche du danger, le pape et le duc d’Autriche se réfugièrent à Lanffcnbourg. Sohaffhouse s’étant rendue sans résistance, fut mise sous la protection de l’Empire. Frauenfeld et la Thurgovie suivirent cet

AUTRICHE

exemple. Le comte de Tockenbourjj s’appropria le comté de Sargans, ainsi que les autres terres qui lui étaient engagées , et , de concert avec l'évêque de Coire , il assiégea Feldkirch. Seckingen fut investie par les troupes de Bâle; et une armée d’exécution, commandée par l’électeur palatin, parcourut l’Alsace autrichienne. Frédéric réunissait ses forces dans l’Argovie, lorsqu’il apprit que les Suisses confédérés, ayant cédé aux instances de l’empereur, avaient rompu la trêve çt conquis ses F.tats d’Helvétie. Ceux de Berne rassemblèrent leurs cobourgeois de Soleure , de llîenne et de Neufehâtel , levèrent la bannière impériale, et rirent Lotfingen, Arberg, Arau, ruc.k et Lcntzbourg, ainsi que plusieurs châteaux , au nombre desquels était celui de Habsbourg, ce berceau des princes de la maison d’Autriche. En huit jours, et seulement avec une perte de quatre hommes, ils poussèrent leurs conquêtes jusqu’à la jonction de l’Aar et de la Reuss. Ils payèrent, au moyen d’une certaine somme , les services de leurs cobourgeois, et s’approprièrent ainsi un pays étendu, bien cultivé et très-peuple. Les troupes de Lucerne, avec la même rapidité, prirent Sursée et les bailliages de Reichensée, de Meyenberg et de AVilineringen , dans le Wagginthal. Zurich fit occuper la seigneurie de Kuonau ; et ses troupes, étant jointes par celles des cantons forestiers, conquirent Mellingen et Bremegarten , ainsi que les districts adjacents. Elles assiégèrent ensuite Baden , la meilleure forteresse que les princes autrichiens aient possédée dans l’Helvétie. La place fut défendue vaillamment par Burkard de Mansberg, qui en était gouverneur; mais les assiégeants, ayant reçu des renforts, pressèrent avec vigueur les opérations du siège.

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