LIVRE viun
Une déclaration de guerre était la seule réponse à faire à de pareilles propositions. Tékély et Abaffy commencèrent les hostilités et réduisirent les Impériaux à la défensive. Tékély ( 1 682) fit son entrée à Bude, où il fut inauguré, par le pacha, prince de la haute Hongrie. I/année suivante, le grand visir, Kara Mustapha, à la tête de deux cent mille hommes, se réunit à Tékély, et soumit presque toutes les villes de la Hongrie.
Léopold, pour résister à la guerre, fit alliance avec la Saxe, la Bavière et le roi de Pologne, Jean Sobiesky. Le duc de Lorraine, avec quarante mille hommes, essaya de tenir tête à l’ennemi; il tenta de s’emparer de Neuhausel , mais il fut obligé de battre en retraite sur Vienne, d’où l’empereur sortit. L’ennemi s'avança sur cette ville hors d’état de soutenir un siège; ses remparts tombaient en ruine. Cependant le duc de Lorraine calma l’inquiétude générale , fit relever les fortifications , arma les citoyens , et , laissant huit mille hommes de troupes pour défendre la place, sous la conduite du comte de Staremberg , il passa le Da-
nube pour tourner l’armée turque et couper ses communications. Les Turcs parurent devant Vienne le 14 juillet 1683, et assiégèrent la place. Malgré toutes les tentatives que fit le duc de Lorraine pour troubler leurs opérations, ils campèrent sous les murs de la ville, qui se défendit avec intrépidité. Cependant la famine commençait à s’y faire sentir; les armées d’Allemagne et de Pologne n’arrivaient pas, et l'empereur fut obligé d’écrire b Sobiesky de venir en toute bUte se mettre à la tête de ses troupes. Le chevaleresque Polonais accourut aussitôt avec trois mille chevaux , et fut très-étonné quand il ne trouva que le petit corps du duc de Lorraine. Ne pouvant rien entreprendre avec si peu de monde, Sobiesky attendit son armée, qui arriva sur le Danube (*) le 5 septembre, et opéra sa jonction avec celle de l’Allemagne deux jours après. A la tête de soixante mille soldats, le roi de Pologne et le duc de Lorraine s’avancèrent sur Vienne, et, le 2 septembre, attaquèrent le campdu vizir. Repoussés p<Y les habitants, attaqués et vaincus par Sobieskv, les Turcs battirent en retraite et abandonnèrent leur camp.
Sobiesky entra le lendemain dans Vienne, où il fut reçu comme un libérateur. Quelques jours après , Sobiesky et le duc de Lorraine poursuivirent les Turcs et les vainquirent auprès de Gran. Cette ville fut le prix de la victoire; les Turcs évacuèrent la Hongrie et se renfermèrent à Belgrade. Après leur retraite, Cassovie, Àgria, Bude
(*) Sobiesky jugeait qu’il avait affaire à un ennemi peu habile. Les généraux allemands redoutant le grand nombre d'ennemis qu’on allait avoir à combattre , «Pen- « scz, leur dit Sobiesky, au général que vous « allez combattre et non à la multitude qu’il - commande. » Eu voyant passer un bataillon de Polonais mal vêtus, les généraux allemands ne purent s'empêcher de témoigner la mauvaise idée qu'ils en avaient : « Regar- ■■ dez bien ces soldats, répondit Sobiesky, » c’est une troupe invincible , qui a fait scr- » ment de ue jamais porter que les habits de l’ennemi. Dans la dernière guerre ils étaient tous vêtus a la turque. »
L’UNIVERS
tombèrent au pouvoir des Autrichiens.
Le 12 août 1687, le duc Léopold remporta une victoire signalée sur les Turcs à Mohatz.
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