GUERRE AVEC LES TURCS
Pendant que Charles VI terminait la guerre avec la France, les Turcs (1715), violanl la paix de Carlowitz, déclarèrent la guerre aux Vénitiens, * conquirent la M orée et assiégèrent
L’UNIVERS
Corfou. Charles envoya aussitôt le prince Eugène en Hongrie avec les troupes qui avaient servi sur le Rhin ; Eugene passa le Danube à la vue de cent cinquante mille Turcs , et les tailla en pièces près de Peter-Waradin (15 août 1716). Trente mille Turcs et le vizir restèrent sur le champ de bataille; on prit deux ccnt cinquante pièces de canon, et Temeswar, la dernière place que les Turcs possédaient en Hongrie, tomba au pouvoir de l’Autriche. En 1717, le prince Eugène détruisit encore une armée turque auprès de Belgrade qu’il assiégeait et qui se rendit après cette victoire.
L’année suivante, Charles VI conclut la paix à Passarowitz avec les Turcs (21 juillet 1718). Par ce traité, la maison d’Autriche acquérait le bannat de Temeswar, la partie occidentale de la Valachie et de la Servie, avec Belgrade et son territoire, et une partie de la Bosnie. L’Autriche atteignit alors le terme de sa plus grande puissance; mais de nouvelles guerres avec la France et l’Espagne , l'élévation de la Prusse et la guerre de la succession d’Autriche, devaient bientôt diminuer son importance.
OtJERRE AVEC L'ESPACEE.
Charles VI ne reconnaissait pas Philippe V pour roi d’Espagne, et Philippe V ne renonçait pas à ses droits sur les Pays-Bas , le Milanez et le royaume de Naples. Parmi les projets d’Âlbéroni, son ministre, se trouvait celui de reprendre ces provinces; aussi l’empereur s’était-il réuni à l’Anglegleterre, la Hollande et la France, et avait-il formé avec elles la quadruple alliance. L’empereur s’engagea à reconnaître Philippe V pour roi d’F.spane, mais à la condition de l’exécution u traité d’Utrecht par ce dernier (2 août 1718). Les quatre puissances accordèrent trois mois à Philippe V pour notifier son adhésion; mais il rejeta ces propositions, malgré la défaite de sa flotte en vue de la Sicile (Il août). Cependant la nouvelle défaite de Vigo, la conquête de la Cata-
logne, de la Sicile, forcèrent le roi d'Espagne à renvoyer Albéroni, à accéder à la quadruple alliance et à signer le traité de la Haye (17 février 1720).
PRAGMATIQUE 5ASCTIOR.
Après ce traité, Charles VI donna, sous le nom de pragmatique sanction , une nouvelle loi de succession pour les États de la maison d’Autriche.
D’après les décisions de Léopold I*r, confirmées par ses deux successeurs, les États héréditaires devaient passer aux filles de Joseph, si Joseph et Charles mouraient sans postérité masculine. Cependant Charles VI, à peine monté sur le trône, dérangea cet ordre de succession, bien qu’il n’eût pas d’enfants. Il décida que, s’il mourait sans postérité masculine, la succession serait dévolue à ses filles, ou, à leur defaut, à celles de Joseph; puis il maria ses nièces aux électeurs de Saxe et de Bavière, exigea d’elles une renonciation à leurs droits. Mais il s’occupa suitout, pour assurer l’accomplissement de ses volontés, de faire reconnaître la pragmatique sanction par les différents États de ses possessions et les divers souverains de l’Europe. Ces négociations furent le grand acte de son règne. Nous n’entreprendrons pas d’en faire le tableau; nous dirons que toutes les puissances européennes étaient occupées de la pragmatique sanction et des prétentions de la reine d’Espagne sur divers duchés d’Italie, lorsque la guerre de la succession de Pologne éclata.