INSURRECTION DE LA HONGRIE
A l’intérieur, ses F.tats furent agités par les révoltes des Hongrois. Â la mort de son père, Joseph avait fait déclarer par le palatin qu’il avait été étranger aux mesures prises contre les Hongrois pendant le règne précédent ; i I avait renvoyé les ministres qui avaient encouru leur haine, et les avait remplacés par des hommes plus conciliants.
Cependant ces dispositions ne satisfirent pas les mécontents. Ragotzky, fils de l’un des magnats qui avaient succombé dans la révolte de Tékély, s’était déjà mis, en 1704, à la tête d’un mouvement concerté avec les Français. Il convoqua à Setzim une diète, où se rendirent les magnats, les prélats et les députés des provinces soulevées. L’assemblée institua une confédération semblable à celle de la Pologne.
La direction des affaires fut remise à un sénat de vingt-quatre membres et a Ragotzky, auquel on décerna le titre de duc. L’assemblée jura fidélité au nouveau gouvernement, et s’engagea à ne faire la paix que lorsque les anciens privilèges de la nation seraient rétablis. En 1705, Herbéviller, général autrichien, s’empara de la Transylvanie, siège de l’insurrection. Pendant ce tempsles Hongrois, qui s’avançaient sur Vienne, refusèrent de faire là paix et consentirent seulement à un armistice (1706). Les Impériaux furent cependant chassés de la Transylvanie, et Ragotzky en fut proclamé prince. Ces succès décidèrent les Hongrois à tenter une plus grande entreprise, à laquelle d'ailleurs les agents de la France les poussèrent. Au mois de juin 1707, Ragotzky tint à Onod une diète, dans laquelle, à l’unanimité des suffrages, Joseph fut déclaré usurpateur et tyran , et la vacance du trône proclamée.
VACiriCATIOir DE Z.WKAR.
Alors Joseph rassembla à Presbourg quelques magnats qui étaient restés fidèles à l’Autriche, et leur accorda toutes les demandes qu’ils lui présentèrent; mais il ne put faire accepter ces transactions aux confédérés, et la guerre recommença en 1708. Les Hongrois furent vaincus à Trentschin (17 août), et Ragotzky se sauva en Pologne. Joseph se conduisit alors avec autant de vigueur que de modération ; il conclut avec Caroly, qui était «à la tête des insurgés, une convention à Zatmar (1711) : il fut décidé qu’une amnistie générale. serait accordée, que tous les biens confisqués seraient rendus, les prisonniers remis en liberté, ue les protestants auraient la liberté 'exercer leur religion dans la Transylvanie et la Hongrie; les privilèges de la nation, que Joseph avait jurés à son avènement, furent confirmés. Joseph I'r venait de rendre ia paix à la Hongrie, lorsqu’il mourut le 7 avril 1711 , à l’âge ue trente-trois ans
CHAULES VI.
Joseph étant mort sans postérité, son frere Charles VI lui succéda en Autriche et dans l'Empire. La défaite du prince Eugène à Denain avait forcé Charles VI à faire la paix avec la France; le traite de Rastadt (1714) avait ajouté aux Etats autrichiens de nombreuses possessions qui avaient augmenté de beaucoup l’importance de la maison d’Autriche. Il acneva d’attacher les Hongrois à l'Autriche en confirmant la pacification de Zatmar; et la Hongrie, jusqu’alors ennemie de la domination allemande, parut la supr porter avec plus de résignation (171 1).