LA CAMPAGNE Ï)JL RUSSIE. CAMPAGNES UE
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Apres les désastres de 1812, l’Autriche crut que le moment était venu de recommencer la guerre ou dese faire rendre tout eequ’elle avait cédé par les traités de Presbourg et de Vienne. A la fin de juin 1813 , M. de Metternich vint à Dresde traiter avec Napoléon. des conditions d'une alliance avec l'Autriche.
François lrr demandait la restitution de l'Mvrie, la moitié de l’Italie, l’abandon de l’Espagne, de la Hollande, de la confédération du Rhin. L’empereur indigné s'écria : « Il me faudrait éva- « cuer l’Europe , dont j’occupe encore « la moitié; ramener mes légions la « crosse en l’air, derrière le Rhin, les « Alpes et les Pyrénées, et souscrivant « à un traité qui ne serait qu’une vaste « capitulation , me livrer comme un sot « à mes ennemis , et m’en remettre , « pour un avenir douteux, à la géné- « rosité de ceux-là même dont je suis « aujourd'hui le’ vainqueur. Et c’est « quand mes drapeaux flottent encore « aux bouches de la Yistule et de « l’Oder , quand mon armée triom-
■ pliante est aux portes de Berlin et de « Breslau, quand, de ma personne, je « suis ici à la tête de trois cent mifle «hommes, que l’Autriche, sans coup « férir , sans même tirer l'épéé , se « flatte de me faire souscrire à de telles «conditions! Sans tirer l’épée! cette * prétention est un outrage. Et c’est « mon beau-père qui accueille un tel «projet! c’est lui qui vous envoie!
« Dans quelle attitude veut-il donc me « placer en présence du peuple fran- « çais ? Il s’abuse étrangement , s’il « croit qu’un trône mutilé, puisse être « en France un refuge pour sa fille et « son petit-GIs (*). »
L’Autriche déclara la guerre à la France le 12 août 1813, et s'allia avec la Russie et la Prusse (9 septembre).
Ce traité , conclu à Tœplitz entre MM. de Metternich, de Nesselrode et de Hardenberg, contenait parmi ses principaux articles : 1° l’union étroite et la garantie réciproque des États des puissances contractantes ; 2° l’assistance mutuelle avec au moins soixante mille hommes , et un plus grand nombre, au besoin, pour le rétablissement et le maintien de la paix en Europe; 3° point de paix ni de trêves séparées; 4° la restauration des monarchies autrichienne et prussienne sur le même pied qu’en !805.
Le 3 octobre, l'Autriche conclut un traité pareil avec l’Angleterre.
Quelques jours après (26 octobre), l'armée coalisée attaqua l’empereur à Leipzig. Après cette bataille, l’armée française se replia sur le Rhin, et la France, au milieu de toute l’Europe soulevée contre elle, se vit attaquée sur toutes ses frontières. Pèndant ce temps (août et septembre 1813), le général autrichien Hiller , puis après lui Rellegarde, attaquaient les provinces illyriennes, en chassaient le vice-roi, le poursuivaient en Italie, d’où, après une longue lutte, ils parvinrent à l’expulser (avril 1814). Murat, pour gagner du temps , négocia avec l'Autriche et finit par s'allier avec cette puissance (11 janvier 1814).
(*) Mémorial de Sainte-Hélène.
L’UNIVERS
Cependant l’armée coalisée , forte de quatre cent mille hommes , avait passé le Rhin. Vainement Napoléon déploya contre elle toutes les ressources dé son génie; il ne put rien contre la trahison. Alors qu'il allait peutêtre repousser l’ennemi sur le Rhin, où les garnisons de nos places fortes leur eussent fermé le passage, il apprend que Paris a capitulé (le 30 mars), et le 10 avril il abdique.