CH—CHO
Ce sont les travaux de Giacosa et Andréoni qui ont fixé ies rapports chimiques entre les différents composants de ces amino-alcools, neurine, choline et muscarine. Nous reviendrons plus loin sur leur différence de réactions eristallographiques.
La choline existe un peu partout dans la nature, que ce soil dans les produits de putréfactions organiques, dans la saumure des harengs, dans les produits végétaux (houblon, cocotier, lupin, ete.….), mais c’est surtout dans certaines espêces de champignons qu’on en trouve une quantité noable (amanite panthère et bolet livide). Dans le règne ani- Mal, on en trouve d’une manière constante : dans la bile, dans le tissu nerveux, dans tous les or ganes et principalement dans le pancréas et dans le cerveau.
Dans le sang, certains auteurs comme Claude et Blanchetière n’en ont pas trouvé ; cependant, Fr. Leuret et cerlains autres auteurs en ont rencontré dans le sang total. Nous verrons, d’ailleurs, plus loin, une méthode de détermination de la choline dans le Sang.
Les principes réactions de détermination de la choline sont
— La réaction de Krant, qui est qualitative et caracté-
ristique.
— La réaction de Stanek, qui est inconstante.
— La réaction de Tanret
Le réactif de Tanret (iodo-mercurate- -potassiquecétique), mis en contact avec une solution de chlo-
PRO ee
rhydrate de choline, fournit de magnifiques cristaux d’un vert clair à apparence de cubes, de pyramides, de prismes, de polyèdres à surfaces réfringentes.
Ces cristaux se forment très vite et grossissent dans le champ du microscope sous Fœil de l’observaleur aux dépens de nombreuses aiguilles, fines, allongées, très élégantes, quelquefois groupées en amas et qui semblent représenter le premier stade de cristallisation.
Ces aiguilles sont plus abondantes avec une concentration de chlorhydrate de choline à 1 % ; par contre, les formes prismatiques ou polyédriques d’un magnifique vert clair sont plus abondantes avec la solution au millième.
Au delà de cette concentration au millième, on ne retrouve pas avec le réactif de Tanret de formes cristallographiques ; il semble que cette dilution au millième soit une dilution limite.
— La réaction de Mayer :
Le réactif de Mayer, ou réactif ioduro-mercurique, très voisin du réactif de Tanret, donne avec le chlorhydrate de choline des cristaux très comparables aux précédents.
Is sont d’un magnifique vert clair, réfringents ; l’intérieur de ces cristaux apparait finement granuleux ; 1ls sont de formes pyramidales et hexagonales et paraissent se former eux aussi aux dépens d’aiguilles de formes diverses; les unes très fines et souvent agglomérées en araignée ou en bourdonnet moussu ; les autres plus épaisses, prismatiques triangulaires; les amas d’aiguilles apparaissent truffés de tout petits hexagones où pentagones à peine colorés et qui disparaissent peu à peu ou qui grossissent lentement, paraissant ainsi être le point de départ
des gros cristaux verts,
Ro , La sensibilité de cette réaction ne dépasse pas la solution de chlorhydrate de choline au millième.
—— La réaction dé Florence, qui est la plus Caractéristique; c'est une réaction microscopique qui permet d'obtenir avec le réactif iodo-ioduré des cristaux caractéristiques d'iodo-choline.
La technique de cette cristallographie cholinique est dûe aux fravaux de Maria Franccioli, avec le réactif iodo-ioduré. Il existe encore divers procédés de détermination de la choline, mais il semble que la réaction la plus caractéristique soit celle que nous devons aux travaux de Fr. Leuret qui, en se servant de la réaction de Krant. a pu démontrer de grosses différences cristallographiques existant entre la choline et des corps qui lui sont très voisins, tels que la triméthylamine, bétaïne. muscarine et la neurine.
Voici la technique de cette réaction qui est positive avec ‘importe quel sel de la choline
Une grosse goutte d’une solution de choline est évaporée doucement à distance de Ia flamme Bunsen, Sur une lame de verre, à siccité; cette lame est renversée sur une lamelle sur laquelle à été préalablement déposée une goutte du réactif de Krant. On examine au microscope, et on voit se former sous les veux, les cristaux caractéristiques d’iodo-bismutate de choline. Ces cristaux, d’abord prismatiques jaune clair, deviennent rapidement des cristaux rubis, cubiques. très éclatants. Ils grossissent sans Cesse sous l'objectif, aux dépens des petits cristaux jaunâtres prismatiques et, au bout de quelque temps. ils occupent, seuls, tout le champ du microscope.
Aucun autre produit chimique ou organique ne donne de cristaux semblables. (Fr. Leuret a essayé avec plus de cent produits, et Jamais il n'a obtenu de cristaux identiques à ceux fournis par la choline).
Dosage de la Choline.
Pour doser cette choline, {trois méthodes sont à notre disposition
La méthode de Lohman, par précipitation de la choline par le chlorure d’or. Méthode complexe et de réalisation rendue quasi impossible par les conditions qu’elle réclame, ne peut être utilisée cliniquement.
Les deux autres méthodes sont celles de Scharpe et celle de Marie Maxim; les deux méthodes ont été publiées par le «< Journal de Biochimie », et nous allons indiquer la dernière : Méthode chimique pour la Re te s. la choline dans le sang (« Biochim. Z. », t. 239, pp. 138-139, 1931).
On mélange dix à vingt centimètres cubes de sang dans un vase d'Erlenmever, avec trente à quarante centimètres cubes d'alcool éthylique et on acidifie avec deux ou trois gouttes d'acide chlorhydrique. On adapte un réfrigérant à reflux, et on fait bouillir pendant quelques minutes au bain-marie, afin d’hydrolyser les éthers de la choline.
On fait passer le mélange à travers un entonnoir de Buchner et lavé à lPalcoo! absolu.
On chasse lPalcoo! par distillation dans le vide et on met le résidu en suspension dans un peu d’eau. On sépare les graisses et les phosphatides en agitant trois fois avec de l’éther.
On sépare l’éthier par centrifugation et on divise la liqueur aqueuse contre de Peau distillée pendant vingt-quatre heures. On évapore le dialysat au bainmarie; on neutralise avec du carbonate de soude normal; on traite par une solution concentrée d’iode dans l’iodure de potassium. On laisse le périodure de choline cristalliser une nuit ; on recueille sur creuset de Gooch. On lave à l’eau froide.
On décompose alors le précipité sur le filtre par l'acide azotique Ailué de moitié; on dissout liode
libéré par le chloroforme; on lave et on titre avec une solution décinormale de thiosulfate de soude.
Chaque centimètre cube représente 0 gr. 0014 de chlorhydrate de choline.
Par cette technique, on a essavé de doser la choline dans le sang, mais il est regrettable que les taux trouvés soient réellement trop élevés pour pouvoir être vraisemblables. Nous verrons, d'ailleurs, dans le traitement des états pathologiques par le chlorhydrate de choline combien il serait utile d'avoir une méthode simple et exacte pour obtenir le taux réel de la cholinémie.
Dérivés de la Choline.
Cette choline donne des sels, mais nous n’en retiendrons que trois principaux
a) Les sels halogénés comme le chlorhydrate de choline que nous étudierons en détail:
b) La borcolina où borate de borocholine:
c) L'acétylcholine.
De ce deux derniers corps, nous ne dirons que quelques mots en indiquant tout de suite la grosse différence qui existe entre lacétyl-choline et les deux autres sels.
L'acétyl-choline est un médicament hypotenseur n'agissant pas dans les maladies infectieuses et n'augmentant pas, par son administration, le taux de la cholestérolémie.
La Borcolina, au contraire, découverte en 1911 donne, par Son administration par voie intraveineuse. des succès assez nets dans le traitement de diverses formes de la tuberculose. Cette action a été démontrée par les travaux de
Kessler.
Le Chlorhydrate de Choline.
Le chlorhydrate de choline est un sel de choline. Sa synthèse fut faite par Wurtz en 1867. par la combinaison de la triméthylamine avec la chlorhydrine du glycol.
SE ri ee
Le chlorhydrate de choline n’est pas un toxique; c’est, au contraire, un produit doué de propriétés nombreuses et différentes. Il joue des rôles très divers dans l'organisme à la seule condition qu’il soit très pur et stabilisé.
1° Sur le tube digestif; 2° Sur les sécrétions;
Se
9° Sur la circulation; 4 Rôle anti-toxique; 5° Dans diverses maladies.
A) Action sur le tube digestif. — Le traitement cholinique est un excitant puissant du péristaltisme gastro-intesünal. Des auteurs comme Magnus (d’Utrech), Klee, Grossman ont obtenu par cette médication des résultats excellents.
Lors de lPadministration de ce médicament, on trouve toujours une augmentation de lappétit, une diminution très nette des phénomènes de pesanteur pendant la digestion et enfin la constipation disparaît.
Les travaux expérimentaux montrent que chez les cobayes, auxquels on a injecté du chlorhydrate de choline à dose élevée, on obtient en une demi-heure une exonération complète de l'intestin. Ceci tend à montrer l’action puissamment excitante sur le péristaltisme intestinal du chlorhydrate de choline.
B) Action sur les sécrétions. — Comme l’a montré Desgrez, le chlorhydrate de choline est un excitant des sécréüons et tout particulièrement des sécrétions biliaire et pancréatique.
Ainsi que l’a montré Tarello, dans sa thèse, l'injection de chlorhydrate de choline augmente notablement l’excrétion du suc pancréatique.
Nous-même avons recherché longtemps, mais nous avons dû interrompre nos recherches par suite d’un manque de temps, l’action de ce corps sur le pouvoir lipasique du pancréas.
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Il est un fait clinique bien assuré, que de nombreux auteurs ont pu constater, c’est que le chlorhydrate de choline n'est pas un excitant de la sécrétion sudorale, mais qu’il est, au contraire, un produit capable de diminuer, sinon de supprimer la transpiration. Nous montrerons plus loin à propos du traitement de la tuberculose un tableau prouvant cette opinion.
Chez le cobaye, en expérimentation, l'injection massive de chlorhydrate de choline produit en peu de temps (une demi-heure au maximum) une hypersécrétion de la glande rénale et des glandes lacrymales; d’ailleurs, l'examen chimique des larmes permet d’y trouver une grosse quantité de choline excrétée.
C) Action sur la circulation. — Le produit qui nous intéresse, au contraire de certains dérivés de la choline, comme l’acétylcholine, est un hypertenseur. C’est un hypersystolique à action rapide et durable. L’amplitude de l’oscilla- Hon est toujours augmentée.
Tout ce qu’on a pu dire sur la valeur hypotensive de la choline ne se rapporte pas au chlorhydrate de choline pur, mais à la choline, non épurée, contenant des COTPS Voisins qui sont tous hypotenseurs ou à ses dérivés acétylés.
J. Parisot, en 1909, à la Société de Biologie, a montré que Gautrelet avait confondu le rôle joué par la choline et par les extraits d'organes. Il en était arrivé à déclarer que la choline à faible dose était un hypotenseur passager, tandis qu'à forte dose, c’est un hypertenseur prolongé.
D) Rôle antiloxique. — De nombreux travaux expérimentaux portant sur douze cobayes ont été faits au laboratoire de thérapeutique de la Faculté de Bordeaux et montrent que des cobayes auxquels on injectait de la toxine diphtérique, après avoir suivi un traitement cholinique, ne mourraient qu'après un temps plus long que les témoins.
Nous pouvons même citer le cas du cobaye n° 11, du poids de 550 grammes, qui reçoit, le 26 mars 1930, un cen-