ROSE
HR EE ELLES Rs —
re
l'amiral. Le Lys, qui était alors trop pe 5 pour concerter sa défense avec l’Alside, fut attaqué à son tour par
lusieurs vaisseaux ennemis : il se rouva entre deux feux, essuya plusieurs bordées d'artillerie, et combattit à la pores du mousquet, jusqu’au moment où il dut céder à des forces trop supérieures.
La ere prenait alors en Amérique de nouveaux M or et le colonel anglais Monckton avait été chargé d'étendre vers le nord les limites de l’Acadie, qui était encore bornée à la presqu'île de ce nom.
L'isthme qui sépare du continent cette péninsule n’a que sept lieues de largeur : il se trouve resserré d'un côté par la baie Verte, de l’autre par celle de Chinecto, et les Français y avaient construit, pour en défendre l’entrée, les forts de Gasparaux et de Beauséjour. Ces forteresses, érigées en 1750, deux ans après le traité d’Aix-la-Chapelle, étaient devenues les avant-postes des possessions occupées par la France entre le golfe Saint-Laurent et la baie de Fundy; et d’autres établissements français étaient situés au nord de ceite baie, sur le cours de la rivière Saint- Jean qui y verse ses eaux.
Mais la Grande-Bretagne désirait s’emparer de toute la région située entre l’Acadie et la Nouvelle-Angleterre : elle demandait à la France la cession d’un territoire de vingt lieues de largeur sur toute la rive septentrionale de la baie de Fundi ; et n'ayant pu l'obtenir par les négociations de ses commissaires, chargés de la fixation des limites, elle fit enfin attaquer le fort Beauséjour par trois mille hommes que commandait le colonel Monckton. Cette forteresse soutint un siége de quatorze jours , et elle ne capois le 16 juin qu'après avoir essuyé es désastres d’un bombardement. Sa reddition entraîna celle du fort Gasparaux, qui n’avait qu’une garnison de quarante hommes; et les Anglais se répandant ensuite au nord de la baie, allèrent attaquer le fort Saint-Jean, près de la rivière de ce nom. Le commandant n’avait que quelques sol-
dats, et ses retranchements n'étaient formés que de palissades; il prit lle arti de les brûler, et se retira dans ‘intérieur de la contrée où les Abénaquis avaient pris les armes, et d'où ils faisaient de fréquentes incursions en Acadie.
La colonie des Français neutres qui étaient restés dans cette péninsule sous la protection de la foi publique, éprouva bientôt de la part des Anglais les traitements les plus rigoureux.
Elle avait formé ses principaux établissements sur la rivière d’Annapolis :
elle s'était ensuite étendue vers le nord-est; et cette peuplade, descendue des anciennes familles normandes que de Monts y avait conduites en 1604, se composait, un siècle et demi après, de douze mille personnes, qui avaient conservé, depuis la paix d’Utrecht, leurs églises, leurs prêtres, le libre exercice de leur religion. Ces hommes vivaient au milieu de leurs troupeaux, dans toute la simplicité des anciens patriarches : ils ignoraient les lettres; un très-petit nombre savait écrire, et leur naissante industrie se bornait au tissage des toiles et des étoffes de laine destinées à leur usage; ils avaient « .elques pécheries, et entretenaient avec la Nouvelle-Angleterre un faible commerce.
La cession de leur territoire à la Grande-Bretagne n'avait pas changé leurs sentiments envers la France; ils avaient obtenu le privilége de ne pas porter les armes contre leurs compatriotes , et, persistant dans cette vertueuse résolution, ils se bornèrent à prêter un serment de fidélité et de soumission au gouvernement auquel ils se trouvaient assujettis par les traités. Cependant ceux qui étaient le plus rapprochés de la frontière étaient quelquefois inquiétés dans la jouissance des territoires restés en litige :
on n’en avait fixé l’étendue, ni par la paix d’Utrecht, ni par celle d’Aix-la- Chapelle; et tandis que les commissaires nommés en vertu de ce dernier traité discutaient les bases de cette démarcation, lesterres situées à l’extrémité de la baie de Fundy étaient de-
venues le sujet « Lr v Le village a où g érigé le qués en et se vo leurs hab moyen de les brûle nemi, et Beauséjo baie. Cet vent cons on y vi parce qu Laineté dl cette mes plan,et] animadver dont les persés da La per n'était pas rée; mais éclaté er aucun mé neutres, e déporter | L'impartia déclarer q encouru fa soulever | une contré citant à ce sur le terr ces Indiens avec les c eût été équ les provoc:
à une si i cruauté d' exil toute mille ‘hom chercher u la plupart procurer à transport | perser dan rendit un £ points de que les go venus de le
3 n'étaient il prit |le etira dans \ les Abé- 8, et d’où incursions
eutres qui péninsule publique , les Anglais rigoureux, ipaux éta- Annapolis :
e vers le e, descennormandes nduites en cle et demi onnes, qui | paix d'Uprêtres, le igion. Ces 2u de leurs nplicité des joraient les 1bre savait ndustrie se les et des eur usage; ies, et enelle-Angle-
itoire à la pas changé rance ; ils de ne pas rs cOmMpacette verornèrent à lité et de ent auquel s par les étaient le re étaient la jouisen litige :
ni par la e d’Aix-las commisce dernier
de cette es à l’extrétaient de-
venues entre les Anglais et les Français le sujet d’une contestation à main armée. Les Français, qui possédaient un village au midi de la baie de Chinecto, où Anglais avaient eux-mêmes érigé le fort Beau Bassin , furent attaqués en 1749 par le major Lawrence; et se voyant réduits à abandonner leurs habitations, qui n'avaient aucun moyen de défense , ils aimèrent mieux les brûler que de les laisser à l’ennemi, et ils se retirerent dans le fort ah A placé au nord de la même baie. Cette destruction, ce départ fuvent considérés comme une défection :
on y vit un témoignage de haine, parce que l’on s’attribuait la souveraineté du territoire; on supposa que cette mesure était liée à un plus vaste plan, et l’on étendit sa défiance et son animadversion sur tous les Français dont les établissements étaient dispersés dans l’intérieur de l’Acadie.
La persécution qui les menaçait n’était pas encore ouvertement déclarée; mais quand les hostilités eurent éclaté e Amérique, on ne garda aucun ménagement envers les Français neutres, et l’on s’arréta au projet de déporter leur peuplade tout entière.
L'impartialité de l’histoire oblige à déclarer que quelques hommes avaient encouru fa forfaiture, en cherchant à soulever les Micmacs, qui occupaient une contrée de l’Acadie, et en les excitant à cominettre des dévastations sur le territoire britannique, quoique ces Indiens eussent fait la paix en 1752 avec les colonies anglaises; mais il eût été équitable de ne poursuivre que les provocateurs. Au lieu de se borner à une si joe répression, on eut la cruauté d’envelopper dans le même exil toute la population, et douze mille hommes furent condamnés à chercher un refuge hors de l’Acadie; la plupart furent même réduits à se procurer à leurs frais dés moyens de transport pour s’expatrier et se disperser dans d’autres colonies. Il s’en rendit un grand nombre sur différents points de l’Amérique anglaise, sans que les gouverneurs eussent été prévenus de leur arrivée, et eussent reçu
l'ordre de pourvoir à leur subsistance.
Quinze cents /cadiens débarquèrent en Virginie; on les traita comme des risonniera de guerre, et ils furent ransférés en Angleterre, où on les enferma dans les prisons de Bristol et d’Exeter. Il en périt un grand nombre; les autres furent détenus pendant quelques années, avant d’être renvoyés en France. Douze cents hommes arrivèrent dans le Maryland; les plus jeunes vécurent du travail de leurs mains; les vieillards et les infirmes furent abandonnés aux secours de la charité. D’autres détachements abordèrent sur le littoral de la Caroline; les uns furent repoussés comme pirates et comme ennemis : d’autres furent regardés comme des hôtes incommodes, et l’on refusa de s’en charger. Un navire qui portait des réfugiés en Pensylvanie fut brisé par la tempête; et les autres Acadiens dont les bâtiments furent épargnés, envièrent le sort de l'équipage qui avait péri.
pendant il y eut quelques émigrations plus favorisées ; la cause de l’infortune trouva des défenseurs, et ceux-ci reçurent avec humanité des hommes qui avaient tout perdu. La bienveillante pitié des citoyens cherchait ainsi à réparer les rigueurs des bp et les vertus privées onnèrent à la politique une lecon :
toute préventiou nationale avait disparu ; c'étaient des hommes à secourir.
Plusieurs navires, après avoir inutilement cherché des lieux d’asile dans les différentes colonies étrangères, ramenèrent leurs voiles vers la baie de Fundy, et ils abordèrent aux territoires que la France occupait encore.
Chassés de leurs possessions d’Acadie, ils se trouvaient entièrement affranchis de leurs devoirs de neutroitté: ils armèrent en course quelques bâtiments, et pendant la durée de ia guerre ils causèrent au commerce maritime des colonies anglaises de nombreux dommages. Tous ceux qui gagnèrent les possessions françaises y reçurent les secours que l’on devait à leur infortune ; l’île de Cap-Breton et le Canada se trouvaient à leur portée;
on accorda à ceux qui s’y rendirent, des terres , des instruments d’agriculture et quelques bestiaux. Tous ces hommes étaient pasteurs ou cultivateurs; ils étaient accoutumés au travail, et ils recommencèrent des établissements, où ils devaient étre troublés, après quelques années d’éa de , par de nouveaux changements e domination.
Les Anglais, qui avaient regardé comme nécessaire à leur sûreté en Acadie le départ de ces anciens colons, étaient d'autant moins disposés à les ménager qu'ils s’attendaient à être prochainement attaqués dans cette
resqu’ile par l’escadre de Dubois de a Mothe, qui se trouvait dans le port de Louisbourg. Une flotte anglaise de vingt-deux vaisseaux de guerre et de sept frégates sous les ordres de l’amiral Holburne, avait paru le 19 août devant la même rade; mais au lieu de chercher à engager le combat, elle s'était retirée vers Halifax, et le 25 septembre, elle avait éprouvé dans ces pose une violente tempête qui avait détruit quatorze navires :
les autres étaient trop maltraités pour qu’on pût en attendre quelque service; ils avaient perdu leurs mâts et leurs agrès, et la plupart des naufragés qui parvinrent à gagner les côtes de la péninsule y furent massacrés par les sauvages.
Taudis que ces événements se passaient en Acadie, un corps de troupes anglaises sous les ordres du général Johnson s’avançait vers le lac Champlain, et devait attaquer le fort de la Couronne; mais le gouverneur du Canada avait pourvu à sa défense, et les Français voulurent prévenir les desseins de l'ennemi en se portant à sa rencontre. Ils défirent d’abord un détachement de mille hommes de troupes, et, le 8 septembre 1755, ils attaquèrent dans son camp le général Johnson; mais dans cette seconde affaire, le baron de Dieskau qui les commandait fut blessé et fait prisonnier, ils perdirent sept cents hommes, et ils se replièrent sur le fort de Ticonderoga (voy.pl. 35). Le générai Johnson venait
d'être également blessé, et les pertes qu'il avait faites dans ces deux jour.
nées ne lui permettaient pas de suivre son expédition. La saison était d'ailleurs avancée, et les opérations militaires furent bientôt suspendues, Les Français gardaient toutes leurs ositions sur cett partie des fronières : ils occupaient les forts de Frontenac et de Niagara aux deux extrémités du lac Ontario; ils conservaient la liberté des communications entre le Canada et la Louisiane, et les avanages qu’ils avaient obtenus vers l'Ohio étaient bien supérieurs aux pertes qu’ils avaient éprouvées sur quelques autres points.
Leur victoire près du fort du Quesne avait accru chez les Indiens leur ascendant et leur renommée; et cette disposition en faveur des Français était commune à la plupart des tribus placées entre les Apalaches et le Mississipi. Quelques-unes de ces peuplades n'étaient que les débris d'anciennes nations qui furent autrefois plus puissantes : on distinguait au milieu d'elles les Shawanèses, les Mingoes, les Lennilénapes qui, depuis l’arrivée des Européens, étaient plus connus sous le nom de Delawares , parce qu’on les avait rencontrés sur les rivages de le baie à laquelle on avait donné ce nom.
Ces diverses tribus, successivement réduites à un petit nombre, s'étaient rapprochées les unes des autres pour se prêter un appui mutuel; mais elles ne formaient point un corps de nation aussi compacte que la confédération des Iroquois : des jalousies mutuelles les divisaient encore; et leur ligue eût été facile à dissoudre, si ces tribus indiennes n'avaient pas été persuadées que leur intérêt était alors le même, et qu'elles avaient à défendre contre les Anglais la cause de leur indépendance. En effet, c'était par eux qu’elles se voyaient graduellement dépossédées de leur territoire : celles qui s'étaient repliées à l’ouest des Apalaches n’y étaient point inquiétées au milieu de leurs forêts ; et la France, en formant quelques établissements dans leur voisinage, ne leur avait
annoncé j tectrices.
Les Ché soulever cd du mome blies par u jeurs excit émissaires ils voyaie ratifs que Caroline p sur les fre Les Chér comme pl croient qué dit des nu occupent e sent leurs tion; tout défendre, « honteux de Pour fai ur assur leen, go rendit au avec leur rvint, n eurs disp d'eux la ce:
toire, où le lonie s’éten fit construi et l'autre ve du Prince-C vaient près de Loudow montagnes, Les opéri succédé def n'avaient p.
ture en Eu pondit enfi ennemis, € Minorque; | la guerre | ardente de brasser à s tion, lui fi mesures pr vigueur. Il préparer; € chargé du c en Amériqu sur la défer
les pertes leux jour.
as de suiison était peus IS ues, 4 leurs des frons de Fron- « extrémiservaient 18 entre le les avaners l'Ohio ux pertes " quelques
du Quesne s leur as- : et cette nçais était ribus plale Missispeuplades anciennes
lus puisleu d'elles goes, les rrivée des nus sous à qu’on les ages de le ce nom.
ssivement s'étaient
annoncé jusqu'alors que des vues protectrices.
Les Chérokées profitèrent , pour se soulever contre les colonies anglaises, du moment où ils les ag non affaiblies par une défaite. Ils étaient d’ailjeurs excités à oette défection par les émissaires des Indiens de l'Ohio, et ils voyaient avec ombrage les préparatifs que faisait le fouverneur de la Caroline pour ériger deux forteresses sur les frontières de leur territoire.
Les Chéruxées ne sont pas errants comme plusieurs autres tribus : ils croient que leur premier père descendit des nuages sur les coutrées qu'ils occupent encore; les lieux où reposent leurs ancêtres sont en vénération; tout homme est tenu de les défendre, et ils regarderaient comme honteux de les abandonner.
Pour faire cesser leur défiance et
ur assurer le maintien de la paix,
leen, gouverneur de la Caroline, se rendit au milieu d’eux en 1755; il eut avec leur chef une entrevue, et il pre, non seulement à ramener eurs dispositions, mais à obtenir d’eux la cession d'un immense territoire, où les établissements de la colonie s’étendirent bientôt, et où l’on fit construire trois forteresses sur l’un et l'autre versant des Apalehes ; celles du Prince-Georges et de Moore s’élevaient près du Savanhah, et le fort de Loudown fut érigé au delà des montagnes, sur les bords du Ténessée.
Les opérations hostiles qui s'étaient succédé depuis deux ans en Amérique n'avaient pas encore amené une rupture en Europe; mais la France répondit enfin aux agressions de ses ennemis, en s'emparant de l’île de Minorque ; la Grande-Bretagne déclara la guerre le 17 mai 1756, et l’ame ardente de William Pitt, qui fit embrasser à son pays cette détermination, lui fit aussi adopter toutes les mesures propres à la soutenir avec vigueur. Il fallait du temps pour les préparer; et le comte de Loudown, chargé du commandement des troupes en Amérique, eut d’abord à se tenir sur la défensive ; il établit son quar-
tier-général à Albany , d'où il se borna à couvrir les frontières menacées. La Nouvelle-Angleterre leva un corps de trois mille hommes ; New-York lt un armement semblable; et ces troupes, eur à celles du pres Johnson, urent de nouveau chargées de faire le siége du fort de la Couronne. Mais pendant ces préparatifs les Français s'approchèrent du fort Oswego que leurs ennemis avaient fait construire depuis quelques années sur la rive méridionale du lac Ontario. Les Anglais avaient fait de cette place leur principal entrepôt militaire, et ils y avaient réuni quinze cents hommes ur en assurer la défense, lorsque e marquis de Montcalm, chargé de cette expédition, vint attaquer par terre et par eau les retranchements de la forteresse, qui se rendit le 14 août 1756, après quelques jours de siége: elle avait perdu un dixième de sa garnison dans Îes premières sorties; le reste des troupes fut fait prisonnier de guerre; et cette perte ayant déconcerté les desseins de l'ennemi, il ne put, pendant la durée de cette campagne, effectuer aucune entreprise. Les troupes qu’il avait envoyées vers le lac Champlain éprouvèrent elles-mêmes un échec considérable, et il ne fut pas plus heureux sur les frontières de Pensylvanie, où les Français lui enlevèrent le fort Granville.
Après la saison des opérations militaires , on fit de part et d'autre des réparatifs pour la Campagne suivante.
es Anglais se disposèrent en 1757 à faire une invasion dans le Canada, et ils avaient rassemblé au fort Soiut- Georges, près du lac qui reçut ensuite le même nom, un corps de troupes et des approvisionmements de vivres et de munitions; mais le marquis de Vaudreuil, gouverneur du Canada, chercha à ruiner leurs préparatifs, en s’emparant de cette forteresse, et il fit marcher vers le lac un corps de huit mille hommes, composé de troupes régulières, de milices et de sauvages:
le marquis de Montcalm était à leur tête. Il alla d’abord occuper la position de Ticonderoga, et il envoya en
reconnaissance plusieurs détachements our tenter les approches de la place.
es communications du fort Saint- Georges avec le fort Édouard furent ensuite interceptées; la tranchée fut ouverte à cent cinquante toises des remparts; Montcalm la fit conduire jusqu'aux bords du fossé; et ies Anglais, prévenant une attaque décisive, se rendirent par capitulation le 9 août 1757. La garnison s’engageait à ne pas porter les armes pendant dix-huit mois contre les Français et leurs alliés.
Jusqu'à ce moment les opérations de la guerre en Amérique avaient été favorables à la France; et quoiqu’elle n’eût fait passer que de faibles secours dans le Canada, le zèle et: l’habileté de quelques hommes parvinrent à y multiplier leurs ressources. Le marde Vaudreuil, arrivé à Québec epuis le commencement des hostilités, avait su retenir dans les intérêts de la France les tribus indiennes; et ce gouverneur avait cherché, par leur coopération, à suppléer aux forces que le ministère ne lui faisait pas parvenir. Le général de Montcalm, placé à la tête des troupes, leur inspirait une confiance sans réserve; il était aimé des sauvages, et en montrant des égards à leurs chefs de guerre, il les entraînait dans ses résolutions.
Avant d'accorder à la garnison anglaise du fort Saint-Georges une capitulation, il avait assemblé le conseil des Indiens pour leur en communiquer les articles. « Vous avez pris « part aux périls, et vous nous avez « Secondés avec courage; le sort de « l'ennemi est dans nos mains; je ne «veux pas en disposer sans vous. »
Les Indiens furent sensibles à ce procédé, ils laissèrent à Montcalm le soin de régler les conditions de la rise, et ils lui promirent de ne pas inquiéter la garnison dans sa retraite.
Ce général eut souvent à employer son ascendant sur l'esprit des sauvages, soit pour trouver en eux d’utiles auxiliaires, soit pour contenir leur esprit de vengeance, et adoucir les fureurs de la guerre.
Mais tandis que les Canadiens lut-
contre des forces supérieures , l’Angleterre s’attachait à les priver de tous les secours de leur métropole.
Le désir d’assurer un puissant défenseur à ses possessions de Hanovre, qui pouvaient étre attaquées par la rance, lui faisait chercher des secours sur le continent ; et après s'être inutilement adressée à la ollande, elle avait contracté une étroite alliance avec le roi de Prusse Frédéric IT, que l'étendue et la fécondité de son génie militaire avaient placé au rang des plus grands capitaines. L’Angleterre espérait ainsi attirer en Allemagne les Lo ra opérations de la guerre:
’extension que les hostilités allaient recevoir devenait utile au projet qu’elle avait formé, de porter sur l'Océan et en Amérique une grande partie de ses forces, et de profiter dans les deux Indes des embarras que la France pourrait éprouver en Europe.
Louis XV chercha de son côté à opposer d’autres alliances à celle que les Anglais venaient de conclure. On vit alors cesser les longr:es jalousies des maisons de France et d'Autriche, et les deux cours se lièrent pour s’opposer aux entreprises de la Prusse qui n'avait pris les armes que pour s'agrandir.
La première opération de la France fut l’occupation militaire du Hanovre.
Le maréchal d’Estrées, qui commandait l’armée française, ouvrit glorieusement la campagne, ct après avoir défait le duc, de Cumberland en plusieurs rencontres , il gagna contre lui.
le 15 juillet 1757, la bataille de Hastenbeck. Le. maréchal de Richelieu vint prendre alors le commandement:
l'expédition de Minorque l'avait honorablement signalé, et il soutint sa renommée par de nouveaux succès.
Les troupes anglaises et hanovriennes s'étaient repliées sur le Wéser; il les poursuivit jusqu’à Stade, et les réduisit à conclure, le 8 septembre, la capitulation de Closter-Seven, en vertu de laquelle ce corps d'armée devait être dissous.
taient avec tant re et de succès
Il serai suivre en d'une gue puissances sivement Celles qui comme all gleterre, que pour €
ropres :
Îles des « conquêtes.
Ius faible russe et] la Suède, sanglante I gleterre ép mes, en ac continent, des subsides d'y verser qui leur de crifices qu’i magne les secourir le rique; la g languir tou ne construis défense des les commu taient pas li forces nava côtes de Fr cursions de L'amiral escadre ang] la Saintong côtes de la tagne , où il quer. Le m jait à la sûre régiment de Figeac gard d'autres tro Ré; Rocheft habitants de de mettre | fense; les e concourir, € dont ils avait les matériau:
reçut le nom L'escadre le Pertuis d’
de succès es , l'Anpriver de tétropole.
nt défen- Hanovre, es par la " des serès s'être Hollande, e alliance ic IT, que son génie rang des ngleterre magne les | guerre:
s allaient u projet orter sur e grande > profiter Arras que r en Eu-
n côté à celle que lure. On jalousies Autriche, Dour s’Oprusse qui pour s'a-
la France Hanovre.
commanglorieurès avoir d en plubatre lui.
de Has- Richelieu dement:
avait hooutint sa succès.
bvriennes er; il les es réduibre, la ven, en mée de-
11 serait étranger à notre sujet de suivre en Allezsagne les opérations d'une guerre à laquelle toutes les puissances de l'Europe furent successivement appeiées à prendre part.
Celles qui n'avaient d’abord paru que comme alliées de la France et de l’Angleterre, n’eurent bientôt à combattre que pour des intérêts qui leur étaient propres : elles se disputèrent entre elles des champs de bataille et des conquêtes. Les lambeaux des états Ins faibles furent déchirés par la russe et par l'Autriche; la Russie, la Suède, vinrent prendre part à cette sanglante proie; et tandis que l’Angleterre épargnait au moins ses hommes, en achetant des troupes sur le continent , où elle n’envoyait plus que des subsides, les Français continuaient d'y verser leur sang pour une cause qui leur devenait étrangère. Les sacrifices qu’ils avaient à faire en Allemagne les privaient des moyens de secourir leurs possessions d’Amérique; la guerre continentale foisait languir tous les autres services : on ne construisait pas dans les ports; la défense des colonies était négligée; les communications maritimes n’étaient pas libres ; et l'insuffisance des forces navales exposait même les côtes de France à de plus faciles incursions de la part de l'ennemi.
L'amiral Hawk se rendit avec une escadre anglaise dans les parages de la Saintonge, après avoir longé les côtes de la Normandie et de la Bretagne , où il feignait de vouloir débarquer. Le maréchal de Sennetère veillait à la sûreté de cette province; le régiment de Rouergue , les milices de Figeac gardaient lîle d'Oléron, et d'autres troupes occupaient l’île de Ré; Rochefort était bien fortifié; les habitants de la Rochelle se hâtèrent de mettre leur ville en état de défense; les enfants même voulurent y concourir, et un ouvrage en terre, dont ils avaient apporté les fascines et les matériaux dans leurs faibles mains, reçut le nom de batterie des Enfants.
L'escadre anglaise s’engagea dans le Pertuis d’Antioche le 21 septembre
1757; elle alla faire une descente dans l’île d'Aix, passa le cr canal entre cette île et celle d'Oléron, et parut vouloir débarquer sur les rives de la Charente; mais.les préparatifs qu’on avait faits sur la plage lui firent abandonner ce projet, et le 1°" octobre elle regagna la haute mer.
Une nouvelle expédition fut formée en 1758 contre les côtes de France; elle était commandée par lord Anson, et les troupes débarquèrent à Cancale, d’où elles se portèrent à Saint-Servan : elles y brélèrent plusieurs magasins, et détruisirent les navires marchands ou armés en course qui se trouvaient dans le port. La ville de Saint-Malo fut menacée, et les Angi étaient à ses portes; mais le duc
’Aiguillon, qui commandait en Breue avait jeté quelques secours dans cette place ; il avait pris poste à Dinan, et il y attendait des troupes qui arrivaient à marches forcées , lors-
ue l’ennemi, craignant d’être coupé ns sa retraite, se hâta de se replier sur la baie de Cancale où il se rembarqua.
L'intention des Anglais était de porter l’alarme sur plusieurs points du littoral : ils se présentèrent deux fois devant le Havre, et se dirigèrent ensuite vers Cherbourg; mais ils se bornèrent à en reconnaître les côtes ; et après avoir échangé quelques volées d'artillerie avec les différents postes du rivage, ils regagnèrent les ports d'Angleterre pour y prendre de nouveaux renforts. Leur flotte reparut le 7 août dans les mêmes eaux; elle effectua son débarquement à quelques milles de Cherbourg, et les troupes vinrent attaquer cette place, dont la garnison crut devoir se retirer vers Valogne. Les Anglais, devenus maîtres de Cherbourg, garnirent de retranchements et d'artillerie les hauteurs voisines, et ils essayèrent de se maintenir dans ces positions ; mais le duc de Luxembourg faisait arriver à Valogne, en toute hâte, les troupes qui se trouvaient à Coutances, à Saint-Lé, à Granville, et il allait marcher aux ennemis, quand ils prirent le parti de
se retirer, après avoir ruiné une partie du port et des retranchements.
Les Anglais, en quittant Cherbourg, se portèrent sur les côtes de Bretagne, firent une descente dans l’anse de Saint- Brieux, et vinrent camper entre cette ville et Dinan. Le duc d’Aiguillon se dirigea aussitôt sur Lamballe, où il fit arriver des troupes de Tréguier et des autres villes : de là il suivit et observa tous les mouvements de l’ennemi qui s'était avancé jusqu’à Matignon; et les Anglais commencèrent alors à se replier sur Saint-Cast, où ils avaient le projet de se rembarquer; mais ils étaient si vivement pressés par les troupes du duc d’Aiguillon, et toutes les manœuvres de ses différents corps avaient été si bien concertées, que l’ennemi eut bientôt à soutenir sur la
lage un combat général, dans lequel il perdit un grand nombre d’hommes :
la plupart tombèrent sur le champ de bataille ; d’autres se noyèrent en voulant regagner leurs navires.
Les tentatives que les Anglais venaient de faire à plusieurs reprises pour harceler les côtes de France, avaient pour but de rendre nécessaires à la défense de ce royaume les troupes qu’on aurait pu envoyer dans ses colonies d'Amérique. L’ennemi espérait y reprendre avec plus de succès le cours de ses opérations militaires , et l'attaque de l'ile de Cap-Breton était la principale entreprise qu’il s'était proposée. Tandis que ses croisières observaient les ports de France où l’on faisait des armements, une flotte commandée par l’amiral Boscaven cingla vers cette Île, et arriva le 2 juin 1758 dans la baie de Gabori. Les troupes de terre étaient conduites par le général Ambherst, qui avait sous ses ordres les brigadiers-généraux Lawrence, Wolf et Whitmore ; et le débarquement commença, dans la nuit du 8 juin, entre le Cap-Blanc et l’anse du Cormoran. Un détachement placé sur la côte rpposa aux Anglais une vive résistar.ce : mais le major Scott s’étant emparé, avec une extrême: bravoure, du sommet d’un rocher qui dominait cette position et qu’on avait regardé
comme inaccessible, le corps de trou-
s qui défendait le rivage fut pris en anc, et se replia sur Lou Lars à après avoir essuyé quelques pertes. La garnison de cette place était composée de deux mille huit cents hommes; on évalucit à seize mille hommes les forces de l'ennemi, et quete que fût la disproportion du nombre, un conseil de guerre résolut de tenir jusqu’à l’extrémité, afin d'opérer une. diversion dont le Canada pat tirer avantage pour sa propre défense.
Les Anglais établirent à quelque distance de la ville deux camps retranchés, et en avançant les travaux du siége , ils eurent souvent à se défendre contre les sorties de la garnison. Le capitaine Desherbiers, qui tenait encore la campagne avec un faible déta chement, parvint, le 11 juillet, à jeter quelques secours dans la place; cependant elle était toujours serrée de plus près, et la perte de cinq bâtiments de guerre qui mouillaient dans le ports rendit encore sa situation plus difficile. L’artillerie anglaise mit le feu à un vaisseau, et l’explosion de ce navire causa la perte de ceux auxquels se communiqua l'incendie. Deux autres vaisseaux avaient échappé à ce premier désastre; mais ils furent entourés et assaillis par la flotte anglaise :
l’un des bâtiments fut mis en feu, l’autre fut emporté à l’abordage.
Le port n’offrait plus qu’un bassin désolé et couvert de débris flottants; les batteries étaient ruinées, et n’avaient plus que douze pièces en état de servir ; les brèches, ouvertes par le canon ennemi, étaient déja praticables; la garnison affaiblie n’avait aucun moyen de réparer ses pertes ; et dans cette triste situation il ne lui restait plus que d’obtenir une capitulation honorable. Drucourt, commandant de la ziace, fit demander une trève pour régler les articles de la reddition, et il fut convenu que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre, que l’île de Cap-Breton serait rendue, et que l’île Saint-Jean, où l’on n'avait qu’un détachement de quarante hommes, serait également abandonnée. La
capitulat pe co ennemie!
Saint-La commun lequel all armeme Il étai fort cons Abercro down da mée:ilr sur diffé premières Montcal
avec troi réglées et ou sauvag servait de ‘tion, et le attaqués | quoique l’ la charge, défense, Ë Ca
naient d’éf pendant l’a vaient forn colonel Br:
lac Ontari orientale, Frontenac, le 27 août communica avec les g trouvèrent uantité d’
inées aux
cupaient les expédition :
tort du Qu recevoir du Mais avant les Anglais de la Franc wanèses, le tions indien l'année pré 10° Ziv
de trou. t pris en ro après , La gar- 1posée dé mes; on s les forque fût la in conseil qu’à l’ex-
iversion tage pour
| quelque ps retranavaux du > défendre nison. Le tenait enible déta et, à jeter place; ceserrée de cinq bâtiaient dans ation plus » mit le feu de ce nak auxquels Deux auappé à ce urent ene anglaise :
s en feu, dage.
un bassin flottants ; s, et n’aes en état tes par le h pratica- ’avait aupertes ; et e lui respitulation andant de rève pour ion, et il sortirait erre, que endue, et n n'avait nte hombnnée. La
capitulation fut signée le 26 juillet ; et ce pes qui livrait aux flottes ennemies les libres avenues du golfe Saint-Laurent, priva la France de ses communications avec le Canada, contre tequel allaient se diriger les nombreux armements de la Grande-Bretagne.
Il était arrivé à New-York un renfort considérable de troupes anglaises.
Abercrombie avait remplacé lord Loudown dans le commandement de l’armée : il résolut d'attaquer les Français sur différents points, et il dirigea ses pren leres opérations contre le général
ontcalm, campé près de Ticonderoga avec trois mille hommes de troupes réglées et avec douze cents Canadiens ou sauvages. Un long abatis d’arbres servait de retranchement à cette posi-
‘tion, et les Français y furent vivement
attaqués le 8 juillet 1758 : cependant, quoique l’ennemi revint plusieurs fois à la charge, il ne put forcer ieur ligne de défense. Eux-mêmes sortirent de leur ca, ;'irent l'offensive contre Abercr... -, tournèrent ses positions, et éd: ce corps d'armée, qui se retira en désordre, et perdit dens le combat ou la retraite quatre mille hommes, tués ou faits prisonniers.
Malgré la perte que les Anglais venaient d’éprouver, ils conservaient cependant l'avantage du nombre et pouvaient former d’autres entreprises. Le colonel Bradstreet fut détaché vers le lac Ontario; il en gagna l'extrémité orientale, et vint attaquer le fort de Frontenac, dont il se rendit maître le 27 août. Cette prise coupait les communications du Canada inférieur avec les grands lacs; et les Anglais trouvèrent dans l’arsenal une grande uantité d'armes et de munitions desinées aux on françaises qui occupaient les bords de l’Ohio. Une autre expédition fut alors dirigée contre le tort du Quesne , qui ne pouvait plus recevoir du Canada ies mêmes secours.
Mais avant d’aller attaquer cette place, les Anglais avaient cherché à détacher de la France les Delawares, les Shawanèses, les Mingoes ct les autres nations indiennes voisines du fleuve. Dès l'année précédente, un traité de paix
avait été conclu à Easton entre les Pensylvaniens st les Delawares; ce bon accord prépara un rapprochement avec les autres tribus.
Un frère morave, Frédéric Post, Allemand d’origine, homme simple, honnête et religieux, fut chargé de cette importante mission. Il avait vécu dix-sept ans au milieu des Indiens Mohicans , dans la vue de les convertir au christianisme ; et, quoiqu'il fûtillettré, sa raison forte , son langage persuasif, et l’exacte connaissance qu'il avait des mœurs et des affaires des Indiens , lui donnaient de l’ascendant sur leurs es-
rits. Il partit de Philadelphie le 15 juilet 1758, prit des ques et une escorte à Bethleem , qui était le chef-lieu des établissements moraves, et se dirigeant vers l’ouest, arriva enfin sur les rives du Monongahela. Le chef de la nation delaware était avec lui : il voulait que tous les Indiens , depuis le soleil levant jusqu’au couchant, neformassent qu'un seul corps ; il désirait leur inspirer l’amour de la paix ; et il envoya des messagers à toutes les tribus voisines, pour inviter leurs chefs à se réunir avec lui autour du feu du conseil, et à fumer ensemble le calumet (voy. pl. 36).
Une députation de Shawanèses et de Mingoes se joignit bientôt au cortége des Delawares ; ils se rendirent tous près du fort du Quesne , dont ils ne se trouvèrent plus séparés que par le lit du fleuve , et ils parvinrent à attirer à une conférence les chefs indiens qu étaient dans la place. Le commandant français ne pouvait empêcher cette entrevue, quoiqu'il en craignît les résultats ; quelques officiers y assistèrent de sa part ; et Frédéric Post expliqua ainsi l’objet de sa mission : « Frè- « res desAlléghanys, les routes qui nous « séparaient étaient fermées , mais « nous les avons rouvertes pour venir « à vous, et nous vous saluons cordia- « lement. Le mauvaisesprit avait soufflé «entre nous la jalousie et la crainte; « demandons au bon esprit son assis- « tance, pour qu’il ranime dans nos « cœurs l'amour qui unissait nos an- « cêtres. Douze mois se sont écoulés « depuis la paix que nous avons faite
10° Livraison. (ÉTATS-UNIS D’'AMÉRIQUE.) 10
+ à Easton avec les Delawares et avec « dix autres nations : alors nous avons « demandé à Dieu d’avoir pitié de nous, «et de cacher si bien les ossements des «hommes qui avaient péri dans la «guerre, qu'on ne pr « jamais les re- «"rouver, et que le ‘uvenir de nos « discordes fût effacé de notre mémcire « et de celle de nos enfants et de nos « derniers neveux. La hache est ense- « velie, ne cherchons plus à la relever « et à rouvrir nos cicatrices. Un grand «nombre de guerriers anglais vont «venir dans cette contrée; mais ce «n’est point pour vous combattre :
«ils marchent contre les Français ; et «je vous prends par la main pour « vous séparer d’eux. Nous vous re- « gardons comme appartenant au même « pays que nous; notre devoir est de « veiller à votre sûreté : nous vous . «invitons à vous retirer, et à vivre
« paisiblement et loin du péril, avec « vos femmes et vos enfants. »
Après avoir écouté les propositions qui venaient de leur étre faites, les Mingoes et les Shawanèses promirent d’en délibérer , et ils déclarèrent , quelques jours Apres , qu’ils accédaient aux conditions de la paix précédemment conclue avec les Delawares. Frédéric Post, ayant accompli sa mission, quitta les bords de l'Ohio le 27 août , et il revint en Pensylvanie, rendre compte du succès qu’il avait obtenu.
Cet envoyé se remit en route le 25 octobre pour regagner les mêmes rivages; mais ses nouvelles négociations allaient être soutenues par le voisinage d’une armée, et legénéral Forbes, chargé d’une expédition contre le fort du Gueane , avait déja franchi les Apalaches, et avait établi son camp pe du Laurelhi, quand Frédéric Post y parvint.
On lui donna une escorte de cent hommes ; il suivit la route qui conduisait vers l'Ohio, et s’avança ensuite dans la vallée du Beaver-Creek, pour arriver au milieu des Shawanèses , dont le territoire s’étendait jusqu’au Scioto. Les Indiens de cette contrée venaient de recevoir un message du commandant du fort du Quesne, qui les invitait à se joindre à jui en
toute hâte, pour marcher ensembk contre les Anglais; mais l'opinion «:
ieurs guerriers éts't changée : ils refusèrent de se rendre auprés de lui ; et l'abandon successif des différentes tribus lui ôtant alors tout espoir de défendre la place, il prit la résolution de l’évacuer et d'aller attendre des renforts sur un autre point.
On apprit le 25 novembre que les Français étaient partis du fort du Quesne après en avoir détruit les retranchements; que le commandant s’était dirigé avec deux cents hommes sur Vénango, situé entre cette forte.
resse et le lac Érié; que les autres avaient descendu l’Ohio pour chercher encore à se fortifier sur ses bords, et que le général Forbes était entré, sans coup férir, dans cette place ruinée et abandonnée, où il laissa une garnison chargée de la remettre en état de défense.
Les Anglais demandèrent alors aux chefs indiens de ne pas souffrir que les Français formassent ailleurs un autre établissement, et les Indiens parurent disposés à jes éloigner; mais ils voulaient que les Anglais se retirassent également , et un de leurs anciens s’exprima ainsi : « Toutes nos « nations sont unies pour défendre « leurs lieux de chasse dans les Allé- « ghangs, et pour ne pas souffrir qe « des étrangers viennent s’y établir « Si vous vous retirez au delà des « montagnes, vous attirerez tous les « Indiens dans votre parti; mais si « vous persistez à vous établir ici, tous « s’élèveront contre vous : je crains « que la guerre ne se rallume et que la « ps ne revienne plus. » Les Anglais, mécontents de cette disposition, essayèrent de la changer; mais elle était invariable.
Nous avons décrit avec quelque étendue l'expédition dirigée contre le fort du Quesne, parce qu'elle fut favorisée
ar la défection de toutes les tribus indiennes que les Français avaient eues jusqu’à ce moment pour auxiliaires. La perte de cette place, qui prit alors |:
nom de Pittsbourg, entraîna celle des autres établissements français formés
cn cherchant
tar Îles 2 uents.
On vit
Indiens (
alliances
et suivaie
à favorise
bilement «
bus pour toutes les des intéré put en m {ous ces leurs affe unanimes dépendance mitié d’un siraient s’a n'avoir au aucun de s4 rons plusie reux esprit forts qu'ils asser vis.
La camp:
vrit par un l’Angleterre françaises d
Anglais dé
la Martiniqu
harnais, qu gouverneur têta des tro força l’enne lui avoir fai huit cents anglaise, co dirigea vers de Basse-Te tale, fut aba et ceux-ci se positions fo; rent qu'après Une escadre f Bompart, le Cours ; mais e la reddition d celle de Dés lande.
La France rope une gue de borner .
quelques armd
arnison t de dé-
lors aux frir que eurs un liens pa-
s formés
sur les rives de l'Ohio et de ses afiuenis.
On vit en cette occasion combien les Indiens étaient versatiles dans leurs alliances : ils cédaient à la fortune, et suivaient le parti qu’elle commençait à favoriser. Les Anglais profitèrent habilement de l'influence de quelques tribus pour changer les dispositions de toutes les autres, et pour les détacher des intérêts de la France; mais on put en même temps reconnaître que tous ces Indiens, si variables dans leurs affections, étaient du moins unanimes dans leurs vœux pour l’indépendance, et qu’en cherchant lamitié d’une nation européenne, ils désiraient s'affranchir de sa tutelle, et n'avoir au milieu de leu- territoire aucun de ses établissements. Nous aurons plusieurs fois à signaler le généreux esprit qui les animait, et les efforts qu'ils tentèrent pour ne pas être asservis.
La campagne de l’année 1759 s’ouvrit par une expédition maritime de Angleterre contre les possessions françaises dans les Antilles. Huit mille Anglais débarquèrent le 16 février à la Martinique; mais le général de Beauharnais, qui venait d’y arriver comme gouverneur, marcha contre eux à la tête des troupes et des colons, et il força l'ennemi à se rembarquer, après lui avoir fait éprouver une perte de huit cents hommes. Alors la flotte anglaise, commandée par Moore, se dirigea vers la Guadeloupe. Le bourg de Basse-Terre, qui en était la capitale, fut abandonné par les habitants ; et ceux-ci se retirèrent dans d’autres positions fortifiées, où ils ne capitulèrent qu'après trois mois de résistance.
Une escadre française, commandée par Bompart, leur amenait quelques secours ; mais elle ne put arriver qu’après la reddition de cette île, qui entraîna celle de Désirade et de Marie-Galande.
La France, ayant à soutenir en Europe une guerre difficile, continuait de borner ses expéditions maritimes à quelques armements incomplets ; mais en cherchant à ménager et à tenir en
réserve une partie de ses forces navales , elle se présentait au combat avec plus de désavantage , et sa marine, venant à se ruiner en détail, n'offrait plus les mêmes moyens de protection a ses colonies.
De nouveaux efforts furent faits par les habitants, pour nuire au, moins au commerce britannique, et les armements en course se multiplièrent ; mais les pertes qu’ils causaient à l’ennemi n’arrétaient point ses entreprises militaires. Les préparatifs de l’invasion du Canada se poursuivaient sans relâche ; et comme les principales forces destinées à la défense de cette colonie se trouvaient alors au midi du Saint-Laurent et vers le lac Champis , les Anglais cherchèrent d’abord
s'emparer des jetons que le mar-
uis de Montcalm y occupait encore.
e général ne voulut point affaiblir dans un premier engagement les troupes qui lui restaient; et sachant qu’une
otte anglaise avait pénétré dans le
olfe de Saint-Laurent, pour remonter e fleuve et venir assiéger Québec, il quitta, pour voler au secours de la capitale, les retranchements de Ticonderoga ; il fit évacuer le fort de la Couronne, et se borna à laisser, au midi du lac Chambly, un détachement, qui se fortifia dans l’île 4ux-Noix, et qui était chargé d’intercepter entre le lac Champlain et le Saint-Laurent la ligne de la navigation.
Pour éclaircir les événements militaires qui allaient déciter du sort de Québec, il convient de se rendre compte de sa situation, et de celle des autres lieux où le théâtre de la guerre allait être porté. Québec est piacée sur la rive septentrionale du Saint-Laurent, au point où ce fleuve se rétrécit tout à coup et n’a plus qu’un mille de larque La ville haute occupe une plate-
rme qui va se rejoindre à ls chaîne des collines d'Abraham, et les ‘lance du rocher où elle est bâtie sont escar-
sur tous les autres points : la ville asse s'étend au pied de oe rocher, sur un terrain d’alluvion déposé par les eaux du fleuve. A lorient de Québec, on voit la plage de Beauport,
séparée de la ville par la rivière saint- Charles, et bornée à l’autre extrémité par la rivière et le saut de Montmorency. On rencontre à l’occident de la place et en remontant le fleuve, le cap au Diamant, l’anse des Mers, l’anse aux Foulons, le village de Sillery, le cap Rouge, où les hauteurs d'Abraham vont se terminer; et l’on arrive ensuite à la pointe aux Trembles, et de là au fort de Jacques-Cartier : cette dernière position est à sept lieues de distance de la capitale.
Les navigateurs qui remontent le Saint-Laurent pour arriver à Québec, passent entre l'île d'Orléans et la rive néridionale du fleuve; ils doublent ensuite la pointe Lévis, qui se projette sur la même rive, et qui forme l’extrémité de la côte de Lauson, où l’on peut établir des batteries contre la ville basse.
Les principales opérations de la c::mpagne s’exécutèrent dans les différe..tes positions que nous venons d’indiquer. La flotte anglaise chargée d’une expédition contre le Canada était commandée par l’amiral Saunders, et dix mille hommes étaient sous les ordres du général Wolf. Une partie de l’armée débarqua , le 29 juin 1759, à l'extrémité occidentale de l’île d’Orléans : deux autres divisions abordèrent ensuite, l’une vers la pointe de Lévis, l’autre près du saut de Montmorency. L'armée anglaise se trouvait ainsi partagée en trois corps, placés à quelques milles de disiance les uns des autres; et l’on fut d’abord indécis sur le point où ses principales attaques seraient dirigées.
Le camp français, chargé de couvrir la capitale, fut établi dans la plaine ‘de Beauport : Montcalm commandait l’armée; mais il avait à concerter ses opérations avec le marquis de Vaudreuil, gouverneur du Canada, dont le quartier général était aussi placé dans le camp.
Les batteries anglaises établies sur les hauteurs de Lauson commencèrent le 12 juillet un feu meurtrier , et les bombes qu’elles lancèrent sur la ville basse en eurent bientôt ruiné une
rande partie. Le 31 du même mois, es Anglais attaquèrent l'aile gauche du camp français, voisine du saut de Montmorenty; mais ils furent renee avec une perte de sept cents ommes : alors leurs projets d'attaque sur ce point furent abandonnés; ils renforcèrent le corps de troupes qu’ils avaient établi sur les hauteurs de Lauson, et plaçant d’autres détachements sur de légers navires propres à remonter le lit du fleuve, ils firent successivement et sur différents points des débarquements partiels, dans la vue de fourrager les campagnes voisines, d’attirer de ce côté l'attention des troupes françaises, et de les fatiguer par une longue suite de marches et de contre-marches. Il fallut , en effet,. détacher un corps de deux mille hommes pour couvrir cette partie du rivage : Bougainville était chargé de le commander; et comme ce poste paraissait alors le plus exposé à l'ennemi, on lui donna l'élite des soldats de l’armée.
Cet officier établit son quartier-général au village de Sillery, situé à trois lieues de distance : il plaça une eue de redoutes et de sentinelles sur les points intermédiaires qui pouvaient être menacés ; et tous les mouvements de l’ennemi furent long-temps observés et suivis avec assez de vigilance
* pour qu’il ne pût tenter aucun débar-
quement.
Mais les Anglais, ayant enfin rassemblé vers la pointe de Lévis toutes leurs embarcations et toutes leurs troupes, tentèrent, dans la nuit du 12 au 13 septembre, une descente sur la rive gauche du fleuve. Les abords de la côte où ils débarquèrent étaient si escarpés qu’on ne s’y attendait poini à une agression, et qu’ils étaient plus faiblement gardés. Un premier poste fut surpris : l’ennemi fit main basse sur plusieurs sentinelles ; les positions voisines furent tournées; et quelques rep anglais, ouvrant la marche
des troupes qui débarquaient successivement et qui se formaient sans opposition sur le ré parvinrent à conduire un corps d* quatre mille hommes vers les hauteurs d'Abraham.
€e mou:
la nuit :
vers la l'alerte à l’armée :
DEE eauport vière Sair air prend et l’enne ce mouve néral, et tint dans cents hon position à Montca du matin avec une mes, ran, réglées ét la gauche nadiens ; € leurs, pl:
engagèren avant que branler. Dans ce calm faisa pièces de croyant q du cap Ro il désirait d’en venir ne le voye cevant qu d’un mo troupes de à neuf he
pour po désordre d qui avaien taient for première se rallier liant dar
rançais à ‘ur une S front égal
e mois, gauche du saut rent rept cents l'attaque nés; ils es qu'ils eurs de détacheropres à ]s firent ts points ‘dins la nes voiattention les fatimarches t, ‘en efux mille partie du rgé de le te paraisnemi, on : l’armée.
ier-généé à ne une ligne s sur re ouvaient vements ps observigilance in débar-
nfin rasvis toutes tes leurs uit du 12 ate sur la abords de étaient si ait poini aient plus ier poste ain basse positions quelques la marche jent suchient sans vinrent à tre mille Abraham.
€e mouvement s'était exécuté dans la nuit : qhoues coups de fusil, tirés vers la pointe du jour, donnèrent l'alerte à la place. On aperçut bientôt l’armée anglaise rangée en ordre de bataille; et les troupes du camp de Beauport, les plus voisines de la rivière Saint-Charles, se hâtèrent de veair prendre position entre les remparts et l'ennemi. D’autres corps suivirent ce mouvement; mais il ne fut pas général, et le marquis de Vaudreuil retint dans le camp un corps de quinze cents hommes, destiné à mettre cette position à l’abri d’un débarquement.
Montcalm se trouvait à huit heures du matin en présence de l’ennemi, avec une armée de trois mille hommes, rangés en bataille : les troupes réglées étaient au centre; la droite et la pue étaient occupées par les Canadiens ; et quelques pelatons de tirailleurs, placés en avart de la ligne, engagèrent l’action par une fusillade avant que les masses vinssent à s’ébranler.
Dans cet intervalle de temps, Montcalm faisait venir de la place quelques pièces d’artillerie et des munitions ; et croyant que Bougainville allait arriver du cap Rouge avec son corps d’armée, il désirait recevoir ce renfort avant d’en venir à une action générale. Mais ne le voyant point paraître, et s’apercevant que l’armée anglaise recevait d’un moment à l’autre de nouvelles troupes de débarquement, il assembla à neuf heures un conseil, formé des pe officiers, et l’on résolut
’attaquer immédiatement l’ennemi, afin qu’il ne se renforcât pas davantage. On était à portée de pistolet :
il y eut plusieurs charges successives .
et l'engagement fut assez meurtrier pour porter de part et d’autre quelque désordre dans les rangs. Les Anglais, qui avaient l’avantage du nombre, s’étaient formés sur deux ligres: et si la première était rompue, elle pouvait se rallier derrière la seconde en se re-
liant dans ses intervalles; mais les rançais avaient eu besoin de se ranger “ur une seule ligne pour opposer un
front égal aux troupes ennemies : un
mouvement de confusion devenait pour eux plus irréparable.
difficultés d’un terrain embarrassé par des taillis et des broussailles empéchèrent 1e les deux ailes de l’armée franc. :e ne s’avançassent d’un pas égal aux troupes du centre, qui bienôt sc trouvèrent seules engagées.
Montcalm, commandant en chef, et Sennezergue, commandant en second, guidaient et encourageaient la charge; mais le premier fut blessé à mort d’un coup de feu qui pénétra dans les reins, le second fut tué sur place; et ce malheur entraîna la retraite des troupes qu’ils conduisaient. Les Anglais.
profitant de ce premier avantage et du désordre d’une armée qui n'avait plus de point de ralliement et ne reconnaissait encore aucun nouveau chef, la harcelèrent dans sa marche et en augmentèrent les difficultés. Montcalm, transporté dans la ville sur un brancard formé de quelques armes , n’avait.
plus que douze heures à vivre : il prévit et il attendit la mort sans se troubler, au milieu de ses amis dont il cherchait, à consoler l’affliction ; il ne regrettait que les malheurs de son armée. Le général Wolf ne jouit pas de sa victoire; il venait lui-même d’être tué, et les commandant; des deux armées partagèrent le mëêmu sort.
La nouvelle du àébarquement des Anglais était parvenie de poste en poste jusqu’au cap Ro ge, et Bougainville avait quitté en toi. te hâte sa position pour accourir su: les hauteurs d'Abraham; mais lors juil approchait du champ de bataille, l'action était déja décidée, et il fut réduit à se replier avec les troupes qui l'avaient suivi.
Le marquis de Vaudreuil, n’espérant pue pouvoir secourir Québec avec les aibles ressources qui lui restaient dans le camp de Beauport. prit alors le varti de se retirer, et d’aller rejoindre près du cap Rouge le corps de Bougainville. Les troupes réunies remontérent la rire gauche du fleuve Saint-Laurent, jusra’aux défilés de Jacques-Cartier, dent la position et les lignes de déiense pouvaient couvrir les approches des Trois-Rivières et de Montréai.
Avant de quitter le camp de Beauport, Vaudreuil avait envoyé à Ramsay, commandant de Québec, l'autorisation de capituler, aux meilleures conditions qu il pourrait obtenir, et un conseil de guerre convoqué par Ramsay, le 15 septembre, avait partagé cette opinion. La garnison était alors réduite à trois cents hommes de trou-
réglées et à cinq cents matelots ; plupart des habitations étaient en ruine, et les vivres allairnt manquer dans quelques jours
Cependant les troupes qui s'étaient reti à Jacques-Cartier gardaient encore auelque lueur d'espérance. Le chevalier de Lévis, leur nouveau commandant, était arrivé de Montréal le 16 septembre; il voulut tenter la délivrance de Québec, t il ramena immédiatement son arm:e au cap Rouge, d’où il allait se porter vers la capitale. Mais, quoique Ramsay eût reçu de lui l’ordre de suspendre les négociations qu’il avait entamées pour 9btenir une capitulation honorable, ilne crut pas devoir les interrompre. Cette reddition fut signée le 18 septembre.
La garnison obtint les honneurs de la guerre : elle sortit avec armes et ba-
ages, tambour battant, mèche al-
umée, deux pièces de canon, douze charges, et fut Frot pour étre conduite et mise à terredans le premier port de France. George Towsend, de- -venu commandant de l’armée mr depuis la mort du général Wolf, prit possession de la place.
Cette dise conquête n’entratnait cependant pas la soumission immédiate du Haut-Canada, où les Français occupaient la place de Montréal et quelques positions fortifiées; mais ils avaient perdu, dans les premiers moments du siége de Québec, le fort de Niagare, qui se rendit le 23 juillet, aprés vingt jours de siége. Cette perte et celle du fort Frontenac livraient aux . Anglais la navigation du lae Ontario, et leur permettaient de diriger par cette voie un nouveau corps de troupes vers Montréal et vers les contrées voisines.
La plupart des nations indiennes
situées au nord du fleuve Saint-Laurent restaient encore fidèles à leur ancienne affection pour la France; mais dans les régions plus méridionales, leurs liens avec elle étaient plus réeeats et plus faibles : ils furent aisément rompus. Ce changement de dispositions accrut la force des colonies anglaises :
des peuplades abandonnées à ellesmêmes ne pouvaient pas leur opposer une longue résistance ;: et les Chérokées furent alors les seuls Indiens qui osèrent prendre les armes contre elles, pour venger la mort ou l’arrestation de plusieurs hommes de leur tribu.
Un grand nombre de chevaux appartenant, soit aux Anglais, soit aux Chérokées, erraient en liberté sui la commune frontière, où ils vivaient dans un état sauvage; on ne cherchait à s’en emparer, au moment du besoin, que pour les plier aux usages domestiques, et les Chérokées en arrétèrent plusieurs , afin de remplacer ceux qu’ils avaient perdus dans une guerre précédente où ils avaient suivi les Anglais comme alliés. Les chevaux enlevés appartenaient à des Virginiens ; et ceux-ci, au lieu d’en réclamer la restitution d’une manière légale, coururent aux armes, et tucrent ou firent prisonniers plusieurs Indiens. Cette injure fut vivement ressentie par la nation entière : les Chérokées usèrent de représailles, et les Anglais établis au fort Louü ny furent exposésles premiers, ju que la situation de ce poste, à ’ouest des Apalaches, ne lui laissait aucune communication libre avec les autres colonies. Les soldats qui s’égaraient dans les bois pour y chasser, et pour renouveler les vivres de la garnison, tombaient entre les mains des sauvages : on ne pouvait s’écarter im-
unément. On se trouva bientôt réduit à un faible rayon de territoire, et la place était menacée de toutes les horreurs de la famine : elle parvint, à l’aide de quelques émissaires, à faire connaître sa situation à Littleton, gouverneur de la Caroline; et ce généra, ordonna sur-le-champ des préparatifs de guerre contre les Chérokées.
l'orage tren :
pour nég nostota, £ était à Le de gs atre ce le fort E Apalache députatio ger sous qui fut bi nière.
Lorsqu res du pa consentit kulla, qui sage de cé eurent lie ton rappe conclus a nombreus avaient c pour expié Anglais, ( même non tendre que compter s!
u’elle ava orts situé et des grai les Shawaï vallées de avec PAn; demandaie ei que si dans leurs eux les fc Caroline, anglaises q avec elle.
Après q paix fut co rokées, et gs garde eux chefs leur eût lit clamaient.
tenaient er mais ceuxchissement nation enti fidie des A
int-Laus à leur nce ; mais iles, leurs éeents et ent rompositions nglaises :
elles-
| opposer s Chéro- Indiens es contre ou l’ars de leur
Vaux apsoit aux té sui la vivaient cherchait u besoin, domestirrétèrent eux qu’ils rre préles Anaux enleniens; et la restivururent t prisonnjure fut tion ende représ au fort bremiers, ste, à laissait avec les ui s’égaasser , et e Ja garbains des rter im- Bt réduit e, et la les horrvint, à à faire on, gougénéra, éparatifs
Les Indiens, voyant s'approcher l'orage, conçurent des inquiétudes , et trente-deux chefs vinrent à Charleston pour négocier un arrangement. Occonostota, grand guerrier des Chérokées, était à leur tête; mais Littleton refusa de l'entendre, et partit bientôt avec quatre cents hommes de troupes pour le fort Prince-George, situé près des Apalaches. 1] emmenait avec lui cette députation indienne , qui croyait voyager sous la sauvegarde de l’armée, et a fut bientôt arrêtée comme prisonnière.
Lorsqu’on fut arrivé sur les frontières du pays des Chérokées, Littleton consentit à une conférence avec Attakulla, qui passait pour l’homme le plus sage de cette nation. Ces explications eurent lieu le 19 décembre 1759. Littleton rappela Jes anciens traités de paix conclus avec les Chérokées, et les nombreuses infractions que ceux-ci avaient commises. Il demanda eue, pour expier le meurtre de vingt-aeux Anglais, on remît à sa disposition le même nombre de coupables. Il fit entendre que les Indiens ne devaient plus compter sur les secours de la France;
v’elle avait pcrâu Québec , et tous les orts situés au midi du Saint-Laurent et des grands lacs; que les Delawares, les Shawanèses et tous les Indiens des vallées de l'Ohio avaient fait la paix avec l'Angleterre; que les Choctaws demandaient à vivre sous sa protection, ei que si les Chérokées s’obstinaient dans leurs rerus, ils attireraient contre eux les forces, non-seulement de la Caroline, mais de toutes les colonies anglaises qui faisaient cause commune avec elle.
Après quelques représentations , la paix fut conclue avec l’orateur des Chérokées, et il fut eonvenu que les Anglais garderaient comme otages vingt-
eux chefs de guerre jusqu’à ce qu’on leur eût livré les meurtriers qu’ils réclamaient. Les autres chefs qu’ils retenaient encore furent mis en liberté ; mais ceux-ci profitèrent de leur affranchissement pour irriter davantage leur nation entière, en lui peignant la perfidie des Anglais, qui s'étaient empa-
t51 rés d’eux à Charleston lursqu'ilsétaient allés y porter des paroles de paix. Les
plaintes d'Occonostota , et l’ascendant dont il jouissait, rendirent le soulèvement géuéral; et tandis que le gouverneur de la Caroline se retirait à Charleston avec les débris deson cor, de troupes, où la petite vérole venait de faire des ravages, la garnison anglaise de Prince-George fut bientôt étroitement bloquée. Son commandant, attiré dans une embuscade , est tué par des Indiens cachés dans les bois. La garnison, instruite de sa mort, veut mettre aux fers les vingt-deux otages qu’elle r:tenait prisonniers , et ceux-ci, ayant essayé de se défendre, sont inhumainement massacrés. Zour mort enflamma d’une vive indignatior toutes les tribus des Chérokées : chaque famille avait un parent ou un ami à venger : le chant de guerre retentit partout : on brüûlait de baigner ses mains dans le sang ennemi. Les habitations des frontières furent ravagées, èt les cultivateurs, en fuite, allèrent porter l'effroi au milieu des villes.
William Bull, nouveau gouverneur de Charleston , réquit alors l'assistance de la Caroline du nord, de la Virginie et de ja Ag On gd des députés e: des présents aux Creeks, aux Catas:bas, aux Chikasaws, pour les exciter à marcher contre les Chérokées, et l’on attendit de New-York de nombreux renforts de troupes régulières,
ui débarquèrent en Caroline, at mois
’avril 1760, sous les ordres du eolonel Montgomery. Cet officier avait ordre de presser ses opérations contre les Indiens, et de revenir promptement à Albany, pour se joindre au corps d’armée qui devait, sous les ordres du
énéral Amherst, faire une invasion
ans le Haut-Canada. Montgomery se rendit avec ses troupes à Congarées, où il fut rejoint par les volontaires et les milices des colonies voisines, et il s’avança si rapidement dans le pays des Chérokées, qu’il s’y empara par surprise de leurs villages de Keowée, d’Estatoe , de Sugar-Town, qui furent livrés aux flammes : soixante Indiens furent tués; on fit quarante prison
uiers ; les autres cherchèrent un refuge dans les montagnes. Montgomery alla ensuite porter des secours au fort Prince-George, et il parvint à dégager cette place, dont les Chérokées levèrent alors le siége.
L'échec qu'avaient éprouvé les Indiens ne les disposait pas néanmoins à demander le paix; et les troupes anglaises, continuant leur marche, pénétrèrent dans cette contrée sauvage jusqu’à cinq milles d’Etchoe, qui en était le lieu principal. Elles eurent à franchir de profondes forêts, d'étroits défilés, où elles furent vivement harcelées dans leur marche. L’ennemi qu’elles avaient à combattre disputait le terrain pied à pied : chassé d'une position, il se reformait dans une autre; et quoiqu'il fit de nombreuses pertes dans ces fréquentes escarmouches, il empécha les troupes anglaises de poursuivre leur marche jusqu’au fort Loudown, qu’il continuait de tenir investi.
pe crut qu’il serait imprudent de prolonger ses incursions dans cette contrée : il ne garda que les vivres nécessaires pour regagner le fort Prince-George , fit servir au transport des blessés les chevaux quilui restaient, et ramena à Charleston son corps de troupes, qui avait éprouvé d’extrêmes fatigues durant cette expédition.
Le fort Loudown perdait, par cette retraite, toute espérance d’être secouru : sa garnison, bornée à deux cents hommes, était vivement pressée par l'ennemi; elle avait épuise toutes ses
rovisions, et se trouvait réduite à ’extrémité. Cette triste situation la détermina à se rendre, et la capitulation fut conclue entre le commandant du fort et deux chefs de la nation Chérokée. Il fut convenu que la garnison sortirait avec armes et bagages , qu’elle pourrait se rendre au fort Prince- George ou en Virginie , qu’une escorte veillerait à sa sûreté, qu’on lui fournirait des provisions durant sa marche, que les malades et les blessés seraient reçus et humainement traités dans les habitations des Indiens, que l'artillerie, la rrudre et toutes les arwes et munitinas du fort seraient im-
médiatement remises à la disposition des assiégeants.
Cette À 4 ave était la première que les Chérokées eussent conclue avec une garnison européenne. Ils se plièrent en cette occasion aux usages des nations civilisées qui, pour mettre un terme aux malheurs d'un siége, laissent. ce dernier recours à un ennemi tropfaible pour prolonger sa résistance; mais l'esprit de haine et de vengeance l'emporta bientôt, et la garantie donnée aux vaincus devint illusoire. La run sortie de la place fut aban-
onnée, dès la première nuit, par les Indiens qui devaient lui servir de sauvegarde; elle fut assaillie le lendemain par d’autres sauvages qui faisaient feu sur elle de toutes parts. Trente hommes tombèrent dans cette première attaque, d’autres s’enfuirent dans les bois, et tous ceux que l’on put retenir furent faits prisonniers. Le capitaire Stuart était du nombre : il fut racheté par un Indien, son ancien ami, qui lui
rodigua tous les soins de l’hospitalité, ui offrit même les moyens de s’échapper, et l’accompagna jusqu'aux frontières de Virginie. Cet ami était ce même Attakulla, fidèle partisan de la paix. qu’il avait déja conclue une première fois, et qu’il désirait rendre encore à son pays. Jamais ses bons offices n’avaient été plus nécessaires : les hostilités allaient se ranimer avec une fureur nouvelle; la division régnait parmi les Indiens; un grand nombre de Chikasaws et de Catawbas étaient
réts à marcher contre les Chérokées.
e colonel Grant ramenait de New- York à Charleston le régiment de montagnards écossais qui avait déja servi dans les campagnes précédentes ; et les forces destinées à agir contre les Indiens arrivèrent au fort Prince- George le 27 mai 1761. On y prit quelques jours de repos; et les troupes s'étant ensuite engagées dans l’intérieur du pays furent attaquées dans les mêmes lieux où celles de Montgomery l’avaient été un an auparavant.
Aprés avoir disputé le terrain, les Indiens se dispersèrent ; le colonel Grant poursuivit sa marche ; il s’empara d’Et-
« n’entrer «autres 1 « ensembl « nous vit « VIVOnS ; « ple. »
Le vieil la ratifica fut allume maient le chacun fu ment le c promit m « tié dure «fleuves « que les :
« tés. »
Avant les Chéro nière espé cune aut:
alors en g
glaises, e!
sposition
jengeance ntie donsoire. La fut abant, par les r de sauveendemain saient feu ente hompremière t dans les ut retenir Capitaitre ut racheté ni, qui lui ospitalité, e s’échapaux froni était ce
ara d’Et-
choe, qu’il réduisit en cendres, et quatorze autres villages des Chérokées subirent tour à tour le même sort.
Cette expédition dura un mois, et les dévastations commises dans le territoire des Indiens, dont on ruina les habitations et les aibles récoltes, rendirent leur condition plus déplorable, et leur firent enfin désirer la paix. Attakulla en devint encore l’intermédiaire. Il conclut un arrangement avec le colonel Grant; il se rendit ensuite à Charleston avec plusieurs chefs indiens , pour régler les conditions d’une paix définitive; et dans la conférence qu’il eut avec le gouverneur et le conseil, il présenta, en témoignage de sa mission, les wampums, ou colliers de coquillages, qui lui avaient été remis par les différentes tribus de Chérokées.
« Je viens, dit-il, comme envoyé de «toute ma nation, pour vous voir, « pour fumer avec vous, et pour re- «trouver ici des frères. Tout ce qui « est arrivé avait sans doute été or- « donné par notre père d’en haut. Nous « sommes de différentes couleurs; mais «le Grand Esprit est notre commun « père:il a fait tous les hommes ; c’est « ni qui leur donne et leur retire la vie; « il ne se passe pas un jour où les uns « n’entrent dans le monde, et où les «autres ne le quittent. Unissons-nous «ensemble pour jamais; et puisque « nous vivons sur un même territoire, « M aussi comme un même peu- « P e. »
Le vieillard qui parlait ainsi obtint la ratification du traité. Un grand feu fut allumé au milieu du cercie que formaient les Anglais et les Chérokées :
chacun fuma en silence et solennellement le calumet de paix, et lon se promit mutuellement « que cette ami- « tié durerait aussi long-temps que les « fleuves poursuivraient leur cours, et « que les astres garderaient leurs clar-
Avant que cette guerre fût terminée, les Chérokées avaient déja perdu la dernière espérance d’une diversion : aucune autre nation indienne n’était alors en guerre avec les colonies anglaises, et l'armée britannique établie
en Canada avait occupé tous les postes fortifiés de cette colonie.
Le chevalier de Lévis qui, depuis la mort de Montcalm, commandait les troupes françaises, avait formé, pour la seconde fois, le projet de reprendre Québec ; mais il avait besoin de recevoir de France des canons et des munitions. 11 avait invité le gouvernement à lui en faire parvenir, et il se proposait d'aller attendre ce secours, vers la fin d'avril 1760, jusque sous les murs de la place dont il irait entreprendre le siége. Ce ques partit en effet de Montréal pour le cap Rouge, avec les troupes dont il pouvait disposer : il n’était plus ge rois lieues de Québec; et lorsque le général Murray, commandant de l’armée anglaise, fut informé de son approche, il fit sur-lechamp replier tous ses avant-postes le loug des hauteurs d'Abraham, et vint occuper près de la place les positions où s'était déja livré le combat du 13 septembre de l’année précédente. Les troupes françaises s’avancaient vers le même point; et le 28 avril, les deux armées se trouvèrent en présence.
Celle de Murray avait l'avantage du terrain; son front était couvert de vingt-deux pièces d'artillerie, et les premiers moments du combat lui furent favorables. Le général français, voulant rendre les positions plus égales, fit porter, le long de toute sa ligne, l’ordre de se replier un peu en arrière, pour gagner un cordon de hauteurs parallèle à celui de l’ennemi ; et ce mouvement rétrograde fut exécuté avec quelque désordre vers le centre de l’armée : mais le brave Darquier, qui commandait sur la gauche un bataillon du régiment de Béarn, s'adresse vivement à ses soldats. « Mes «enfants, leur dit-il, ce n’est pas le « moment de nous retirer : nous som- « mes à vingt pas de l'ennemi ; jetons- « nous sur lui, tête baissée et la baïon- «nette en avant : c’est le meilleur « parti. » Ses troupes s’élancent aussitôt sur l’ennemi, le culbutent, et s’emparent comme l'éclair d’une partie de ses canons. Darquier reçoit à travers ie corps une biessure; mais il se fait
soutenir par ses soldats , et il continue de donner des ordres.
Un bataillon de Royal-Roussillon se trouvait à l'aile droite; il a e avec la méme impétuosité, déborde l’ennemi, et tourne son flanc gauche où
tle la confusion ; le centre, qui avait d’abord fléchi, revient à la charge, et fait plier à son tour les troupes qu'il avait devant lui. Toute l’armée anglaise se retire en désordre vers les remparts de la place, et son désastre est égal à celui que les Français avaient éprouvé en 1759 sur le même champ de bataille. Mais les vaincus avaient un asile ; l’enceinte des murs les mit à couvert; et le général de Lévis, n'ayant pu s'emparer de Québec dans cé moment de confusion, fut réduit à en faire le siége avec des moyens d'attaque insuffisants. Ses troupes ouvrirent la tranchée, firent leurs approches , préparèrent leurs affûts, et attendirent, po battre en brèche, l’arrivée de ’artillerie et des munitions que le général avait demandées au gouvernement français. Cet envoi ne leur parvint point, et les assiégés furent resserrés dans la place pendant trente-huit jours, sans pouvoir être forcés. On pouvait encore espérer de les réduire ar famine; mais ils furent rassurés, e 7 juin, par l'approche inattendue de trois vaisseaux de guerre anglais, chargés de troupes et d'approvisionnements envoyés au secours de la place.
De petits bâtiments français, destinés à la dr du fleuve et au ravitaillement des troupes de siége, se trouvaient alors dans ces parages : les uns furent pris, les autres furent brûlés ou coulés à fond, après avoir opposé une vaine résistance. Nous choisissons, parmi quelques exemples de la bravoure avec laquelle ils combattirent, la conduite de Vauclin, qui commandait un brick de seize canons. Il se défendit contre un vaisseau de guerre anglais, jusqu’à ce qu’il ne lui restât ni boulet ni poudre. Alors il envoie à terre et met sous les ordres du général français les hommes de son équipage qui pouvaient encore servir; il reste à son bord avec les blessés, et
continue, sans demander à se rendre, d'essuyer tout le feu de l'ennemi. Les Anglais, voyant que le brick ne leur répond plus, envoient à l’abordage leurs canots armés ; ils trouvent Vauclin seul au milieu des mourants, et lui demandent pourquoi, en cessant de tirer, il n’a pas amené son pavillon.
« J'ai cessé, leur dit-il, quand la pou- « dre m'a manqué, et j'ai attendu mon « sort sans abandonner mon pavillon « et sans l'abaisser. » Les Anglais, désirant honorer sa valeur, qu’ils avaient déja éprouvée pendant le siége de Louisbourg, traitèrent ce prisonnier avec distinction,etlerenvoyérenten France.
L'arrivée d’une escadre anglaise, devenue maîtresse de l'entrée du fleuve Saint-Laurent, ne permettait plus à Lévi de recevoir les munitions qu'il attendait d'Europe : il leva le siége de Québec, et il ramena ses troupes vers le Haut-Canada. Le méme événement allait permettre aux Anglais de reprendre l'offensive entre Québec et Montréal; et trois expéditions contre cette
dernière place furent concertées entre:
les troupes du peneral Murray, établies dans le Bas-Canada, les troupes du général Amherst , qui devait s’avancer par le lac Ontario, et un troisième corps stationné vers le lac Champlain.
Les communications de ce corps aver le fleuve Saint-Laurent étaient interceptées, comme nous en avons fait la remarque, par la garnison française qui occupait l’île Aux-Noix dans la rivière Chambly. Il fallait d’abord s’empe de cette position qui avait été
ien fortifiée; et Bougainville, alors chargé de la défendre, y soutint un siége et un bombardement de seize
jours. Mais ayant reçu du marquis de
Vaudreuil l’ordre de l’abandonner, et de se replier sur Montréal avec les mille hommes qu’il avait sous ses ordres, et au nombre desquels se trouvaient les bataillons de Guyenne et de Berry, dont chacun avait été réduit à deux cents hommes, il fit ses préparatifs de retraite vers le côté de la rivière qui n’était pas occupé par l’en-
nemi; et afin de mieux lui dérober la
connaissance de ses mouvements, il
laissa da quarante nuer son qu'au moi peu de mt retraite se et lorsque plus se défi les Anglai rable capit Vaudreu troupes à l afin de pro oier arriva son départ.
Cette pl torités et « était au mo différentes glaise. Am 1760, à la troupes qui Laurent de ray, dont fleuve, se | la porte op} de s'empare incessamme Montréal n ceinte propt sauvages, n ter à des for ocia , dans re, une c:
le lendemain les honneurs être ramenée pitulation co nisons de Ja, Rivières, et pouvaient ét toute la lon les frontièr pointe de Mic du lac Supéri Malgré les mes chargés ( fut alors perd maritimes de
tre cette ses entre:
, établies upes du savancer roisième amplain.
brps aver ot inters fait la rançaise ans la rird s’emhyait été e, alors tint un de seize rquis de bnner, et avec. les S ses orse troune et de réduit.
s prépade la ribar l’enrober la ents, il
laissa dans l’île un détachement de quarante hommes, chargé de continuer son feu sur les ass égeants pr qu'au moment où il aurait épuisé le peu de munitions qui lui restaient. La retraite se fit dans le plus grand ordre; et lorsque la forteresse, ne pouvant plus se défendre, arbora pavillon blanc, les Anglais lui occordèrent une honorable capitulation.
Vaudreuil avait envoyé un corps de troupes à la rencontre de Bougerin, afin de protéger sa retraite; et cet offoier arriva à Montréal le lendemain de son départ.
Cette place, dernier refuge des autorités A: des troupes de la colonie, était au moment d’étre investie par les différentes divisions de l’armée anglaise. Amherst arriva , le 7 septembre 1760, à la porte de la Chine, avec les troupes qui avaient descendu le Saint- Laurent depuis le lac Ontario. Murray, dont l’armée avait remonté le fleuve, se présenta, le même jour, à la porte opposée; le corps qui venait de s'emparer de l’île Aux - Noix était incessamment attendu ; et la ville de Montréal n'ayant qu'un mur d’enceinte propre à la mettre à l'abri des sauvages, n'était pas en état de résister à des forces européennes. On né-
ocia , dans la nuit du 7 au 8 septem- Fe, une capitulation qui fut signée le lendemain. La garnison sortit avec les honneurs de la guerre, et elle dut être ramenée en France. La même capitulation comprit les forts et les garnisons de Jacques-Cartier, des Trois- Rivières, et des différents postes qui pouvaient étre encore occupés dans toute la longueur du Canada, depuis les frontières de l’Acadie jusqu’à la pointe de Michillimakinac et aux rives du lac Supérieur.
Malgré les louables efforts des hommes chargés de sa défense, le Canada fut alors perdu sans retour. Les forces iaritimes de l’Angleterre pouvaient, dès ce moment, prendre une autre direction : elles se portèrent vers les Antilles, et conquirent successivement la Martinique , la Dominique, les Barbades, les îles de Saint-Vincent et de
Tabago. L'Espagne s'étant unie à la
France, le 15 août 1761, par le traité connu sous le nom de pacte de famille, fut attaquée à son tour. George Pocock et le comte d’Albemarle s'emparèrent de la Havane l’année suivante.
Une autre flotte anglaise se dirigea vers les Philippines, et Manille fut occupée par l'amiral Cornish et le général Draper.
Nous venons de parcourir l’époque historique la plus désastreuse pour la France et pour ses colonies, et nous avons + sans réticence les principaux faits qui se trouvaient liés à cette guerre d'Amérique. Les amis de la patrie et les zélateurs de sa gloire voudraient en vain jeter un voile sur ses malheurs : la renommée, qui proclame tous les événements , fait éga lement retentir les défaites et les vic toires.
La paix du 10 février 1763 vint confirmer ce qui avait été déridé par les chances de la guerre. Li krnce renonça à toutes ses préte. tions sur la Nouvelle-Écosse ou l’Acadie ; elle céda et garantit à l’Angleterre le Canada avec toutes ses dépendances, ainsi que l’île de cap Breton, et toutes les îles et les côtes du golfe et du fleuve Saint- Laurent. Les Français conservèrent, sur une partie du rivage de Terre- Neuve, le droit de pêche et de sécherie we leur avait été assuré par le traité
"Utrecht, depuis le cap Bonavista ha > cap Raie, et ils eurent la li-
erté de pécher dans le que en se tenant à trois lieues de distance des côtes nouvel" nt occupées par l’Angleterre. Le: izs de Saint-Pierre et de Miquelon, situées au midi de Terre- Neuve, furent cédées à la France pour servir d’abri à ses bâtiments pécheurs.
On fixa vers le centre du continent d'Amérique la ligne de démarcation des colonies anglaises et françaises, et il fut convenu que cette ligne suivrait le milieu du cours du Mississipi, de-
is sa source jusqu’à la rivière d’I-
erville, et qu'elle se prolongerait jusqu’à la mer, par le milieu decette rivière et des lacs Maurepas et Pontchartrain; qu’ainsi la France cédait tout ce qu’elle
avait possédé sur la rive orientale du Mississipi, à l'exception de la Nouvelle- Orléans et de l’île où elle était située.
La navigation du fleuve, dans toute sa longueur et sa largeur, était librement ouverte aux deux nations, sans que leurs bâtiments pussent étre arrêtés, visités, ni assujettis au paiement d’aucun droit. Les acquisitions que l’An-
leterre faisait à lorient du Mississipi
rent complétées par celle des Florides, dont les principaux établissements étaient alors les villes de Saint- Augustin et de Pensacola; et l'Espagne abandonna tous ses droits de souveraineté et de possession sur cette colonie.
Ce fut à ce prix qu’elle acheta la restitution de la Havane et celle de Manille : elle aimait mieux renoncer aux Florides qu'aux principaux postes de l’île de Cuba et des Philippines.
La cour de Madrid fut amplement dédommagée de ses pertes, par la cession que lui fit la France de tous les territoires de la Louisiane situés à l’occident du Mississipi et de la rivière d’Iberville. Ce traité fut signé le jour même de la conclusion de la paix :
l'opinion publ ue ne le ratifia point ; et l’on fut généralement ‘es que le gouvernement frarais, aprés avoir fait en Amérique de si grandes concessions qui lui avaient été arrachées par la fortune des armes, se résignât encore à d’autres sacrifices en faveur de ses alliés. La France, en les engageant dans cette lutte, ne s'était pas rendue garante de Pintégrité de leurs domaines; et l’on ne conçut point comment sa libéralité politique envers ses associés lui faisait abandonner une vaste et précieuse colonie que la guerre lui avait laissée, et où les habitants de ses autres nossessions d'Amérique auraient pu trouver un refuge. Ce n’était pas que cette colonie eût alors de grands développements agricoles : quelques points étaient occupés sur le bord des fleuves, tout le reste était encore désert, et la population presque entière se trouvait concentrée sur ia rive inférieure du Mississipi. Mais la navigation d’un si grand fleuve, et celle des rivières dont il reçoit jes
eaux, la fertilité du pays, l'espérance dy recevoir de nombreux émigrants d'Europe et des autres parties de l’Amérique, promettaient de rapides développements à la culture, au commerce et à la population. de cette colonie, si la france avait cherché à la mettre en valeur, et si elle avait pros du retour de la paix pour y rouver un dédommagement de ses pertes.
Un grand nombre de citoyens éclai.
rés se demandaient d'ailleurs si un gouveinement peut disposer à son gré du sort des peuples confiés à sa protection paternelle, Lt la dure loi de la guerre et de la nécessité ne lui impose pas un si douloureux sacrifice : ces ames généreuses plaignirent le sort d’une colonie dont les liens les plus chers se trouvaient tout à coup brisés :
chaque famille croyait perdre un frère; et l’on fut également touché du malheur de ces séparations individuelles et de l’affaiblissement colonial de la France.