À 0 DR ERP BA 2 EMA ARRETE VAN RS PEUR FTP M TUE ARCS
réclamer d'eux les troupeaux et les derniers pe de subsistance des exilés ; mais les Indiens essuyèrent un refus :
on eut l’imprudence de les offenser, de les irriter : leurs nouveaux hôtes s’attachèrent à aigrir leur ressentiment; et ils formérent le dessein de rentrer par la force dans les établissements d'où on les avait expulsés.
Les Indiens qui allaient seconder leur entreprise avaient alors adopté jeu chefs de guerre Brandt et Butter, tous deux Anglais d’origine, et an ciens habitants des colonies. Buttler, accusé d’homicide, s'était réfugié chez les sauvages depuis plusieurs années,
et après avoir erré de tribu en tribu, .
vivant comme les Indiens de chasse et de pêche, il avait contracté leurs habitudes, s'‘tait attaché à un chef de shawanèses qui lui avait sauvé la vie et nourrissait une haine implacabl} contre le pays où sa tête avait été menacée par la justice. Brandt avait pour mère une femme indienne : porté par un instinct farouche vers la vie sauvage, il avait abjuré la patrie de son père; et, comme tous les renégats craignent d'être soupçonnés d’un reste d’attachement pour ceux qu'ils ont quittés, il se montrait impitoyable envers les blancs, et il aiguillonrait contre eux la fureur de leurs ennemis.
Les premières incursions que les Indiens et les réfugiés commirent en 1778 contre la colonie de Wyoming,
atteignirent les habitants avant qu'ils
fussent en défense : la plupart de leurs fils étaient partis pour l’armée des
tats-Unis, et il ne leur restait que cinq cents hommes en état de porter les armes : ils prirent pour chef Zébulon, fortifièrent à la hâte les positions de Wyoming, Shawney, Lackawaney, Mahapenny, et cherchèrent à faire tête à l'orage; mais ils allaient être accablés sous le nombre; leur pays promettait une riche proie et il fut envahi avec fureur. Deux forteresses furent bientôt forcées , et Zébulon se retira dans celle de Shawney ou Kingston; mais bientôt il fut attiré au dehors par les artifices de Buttler, et il tomba dans une embuscade
eaux etles der.
ince des exilés ; rent un refus :
: les offenser, ouveaux hôtes leur ressenti- le dessein de s les établisseexpulsés.
ient seconder alors adopté andt et Buttorigine, et an nies. Buttler, it réfugié chez sieurs années,
ribu en tribu, .
s de chasse et ‘acté leurs haà un chef de | sauvé la vie ne implacable > avait été mendt avait pour 8 : porté par un | vie sauvage, de son père; gats craignent reste d’attas ont quittés, le envers les contre eux la
bns que les Inpmmirent en e Wyoming,
ipart de leurs l’armée des restait que état de pornt pour chef hâte les poawney, Laccherchèrent mais ils alle nombre; riche proie . Deux forcées , et Zéde Shawney il fut attiré de Buttler, embuscade
s avant qu'ils :
que les Indiens lui avaient dressée :
presque tous ses hommes y périrent :
ceux qui parvinrent à regagner le fort de Kingston, se trouvant bientôt réduits à se rendre à discrétion, furent impitoyablement massacrés ou jetés dans les flammes : quelques-uns restaient encore dans le fort de Wyoming ; ils capitulèrent à leur tour et subirent le méme sort.
De semblables ravages furent commis dans la campagne, et toutes les habitations isolées furent détruites.
Cette colonie, séparée par d'immenses forêts de tout autre établissement civilisé, n'avait pu se défendre, avec ses seules ressources, contre une invasion si redoutable : elle n’offrit bientôt qu’un mélange confus de tombeaux et de ruines. Le petit nombre de ceux auxquels la pitié de quelques Indiens accorda la vie furent peints en rouge,
ur étre désignés à la tribu entière comme des hommes que l’on voulait épargner : c'était une espèce de signe de miséricorde : les sauvages les emmenèrent avec eux, et quand les orphelins qu’ils avaient faits eurent touché le seuil de leurs wigwams, ils furent adoptés dans les familles qui leur donnaient asile (voy. p/. 68).
Cependant la destruction de la coloniede Wyoming attira bientôt contre les dévastateurs de terribles représailles : les États-Unis voulaient venger le sang répandu ; et la fureur contre les Indiens était si grande, que les tribus innocentes et coupables furent enveloppées indistinctement dans la guerre qui leur fut déclarée. Le colonel Clarke péaétra dans les contrées de l’ouest : il allait attaquer , près des rives du Wabash, le poste de Vincennes, dont le commandant était accusé d’avoir soulevé les Indiens contre les États-Unis, et il s’avança avec tant de secret et de célérité, que ce fort fut surpris au milieu de la nuit, sans pouvoir opposer de résistance. Quelques villages indiens , situés dans les vallées de l'Ohio et de ses affluents, furent ruinés dans la même expédition. Un autre corps de troupes partaiten même temps de Pensylvanie, et marchait contre les
sauvages de la Susquéhanna, auteurs des désastres de Wyoming ; il dévasta leurs villages, incendia leurs forêts et détruisit leurs faibles récoltes. Mais on ne s'en tint point à ces premiers actes de vengeance : une guerre sanglante menacait toutes les tribus voisines du territoire des États-Unis; et les préparatifs que l'on faisait contre elles se liaient alors à un plan beaucoup plus vaste. Le congrès s’occupait d’un nouveau projet d'expédition contre le Canada : on devait en faire les apprêts pendant l’hiver, et l’exécution en était remise à la campagne suivante. Une colonne de troupes partirait de Pittsbourg pour les rives du lac Érié ; une autre partirait de Wyoming pour celles du lac Ontario : teurs premières opérations seraient dirigées contre les Indiens, dont elles ruineraient les établissements : elles iraient ensuite attaquer les forteresses de Détroit, de Niagara, d’Oswego: dis qu’une armée de cinq mille himmes, rassemblée dans le Connecticut, se dirigerait vers le lac Champlain, gagnerait le fleuve Saint-Laurent et s’emparerait de Montréal. On désirait que la France voulût en même temps coopérer à une expédition contre Québec, à une autre contre Halifax et la Nouvelle-Écosse ; et comme les entreprises sont ordinairement jugées faciles par leurs auteurs, on se proposait, après avoir accompli ces conquêtes , d’attaquer l’ile de Terre-Neuve.
Le congrès auquel ce projet fut présenté n’en reco: “ut pas sur le cham les inconvénient: #1 aves ; mais l’expérience militaire de Washington les lui fit promptement remarquer. Il était frappé de l'embarras d’assembler les troupes, les munitions, les moyens de transport, nécessaires pour une telle expédition. Il prévoyait la difficulté de faire coïncider plusieurs opérations maritimes et militaires, qui seraient séparément entreprises en différents lieux , et dont l’ensemble pourrait être contrarié par les chances de la navigation et de la guerre. L’exemple des invasions précédentes le portait d’ailleurs à se üétier du succès d'une si
hasardeuse tentative; et ce général pensait qu’au lieu de songer à des conquêtes, il fallait affranchir de la présence des troupes britanniques le territoire des États-Unis. Les objections que Washington adressait au congrès parurent d’abord faire peu Tr sion ; mais il vint lui-même à Philadelphie, pour exposer tous les inotifs qui lui faisaient considérer comme ruineuse une si gants entreprise, et le projet en fut abandonné.
La Fayette devait avoir un commondement dans l'expédition qu’on avait proposée ; et comme elle ne pouvait point avoir lieu, il avait demandé un congé pour revenir en France ; le congrès, en le lui accordant, lui conserva son grade dans l’armée américaine, et il chargea Franklin de lui remettre, à son arrivée en France, une épée d’honneur.
L'escadre française , stationnée dans le port de Boston, continuait de s’y réparer, et les chantiers, les magasins de cette ville lui fournissaient des secours que son mouillage aux environs de New-Port me lui aurait point offerts; mais le regret qu’avaient les Américains d’avoir été forcés de renoncer à l'expédition du Rhode-Island faisait naître des mésintelligences ent'e eux et leurs alliés; et, quelque soin que l'on prît pour en arrêter le cours, on ne put empêcher les matelots des deux nations «en venir aux mains plusieurs fois : les autorités publiques promirent une récompense à ceux qui feraient connaître les principaux instigateurs des troubles ; mais aucun ne fut dénoncé. Les mêmes désordres eurent lieu en Caroline dans le port de Charleston, où se trouvaient quelques bâtiments français.
Le comte d'Estaing reprit la mer le 4 novembre, pour se porter vers les Antilles : une escadre anglaise, commandée par le commodore Hotham, venait de partir de New-York pour les mêmes parages, avec un corps de cinq mille hommes; et une autre flotte, sous lesordresde l’amiral Byron, allait quitter les eaux du Rhode-Island, pour gagner aussi la mer des Antilles.
Ces différentes flottes ne se rencontrèrent pas dans la traversée, et elles atteignirent successivement cet archipel, où allaient se passer d’autres événeinents militaires. Les opérations de la guerre y étaient commencées depuis deux mois, et le marquis de Bouillé, gouverneur général des Iles du Vent, avait brusquement attaqué l’île anglaise de la Dominique, dont la situation entre la Martinique et la Guadeloupe inquiétait l’une et l’autre colonie.
Bouillé débarqua dans cette île le 7 septembre avec un corps de dix-huit cents hommes; il s’empara , l'épée à la main, des principaux forts, réduisit le gouverneur à capituler, et remit à la voile, après avoir laissé à terre une garnison française.
Le projet du comte d'Estaing, qui arriva le 6 décembre à la Martinique, | était de tenter une expédition contre la Barbade; mais tandis qu’il faisait ses préparatifs, il apprit que l’amiral anglais Barrington venait dedébarquer
uatre mille hommes dans l’île de ainte-Lucie qui appartenait alors à la France. Cette île n'avait qu’une L'a nison de cent hommes, et il était Een de lui porter des secours :
d'Estaing s’embarque le 14 décembre, et vient attaquer l’escadre anglaise qui s'était embossée près du rivage. Cette canonnade qui n’eut lieu qu’à une lonue portée fut sans résultat, et l'amiral rançais effectua, six jours après, un débarquement de troupes sur un autre point de la côte; mais ii ne put parvenir à jeter des secours dans la forteresse que les Anglais avaient déjà investie. Les ravages causés dans ses rangs par le feu de leurs batteries le déterminèrent à reprendre ses troupes à bord; et le gouverneur de Sainte- Lucie capitula, lorsqu'il n’eut plus l'espérance d’être secouru. L’acquisition de cette Île assurait aux Anglais une bonne place d'armes, etun lieu de station pour leurs forces navales : ils en augmentèrent les fortifications ; ils y placèrent une garnison nombreuse, et la flotte de l'amiral Byron vint y mouiller quelques jours après. Elle était à portée de surveiller les mouve-
e se renconrsée, et elles ent cet archid’autres évéopérations de envées depuis s de Bouillé, [les du Vent, qué l'île anont la situaet la Guadeautre colonie.
ette île le 7 ÿ de dix-huit a - l'épée à la rts, réduisit , et remit à é à terre une
Estaing , qui Martinique, | lition contre qu’il faisait ue l’amiral edébarquer ans l’île de ait alors à la qu’une garet il était S secours :
4 décembre, anglaise qui ivage. Cette u’à une lon- , et l'amiral s après, un sur un autre e put parans la forteent déjà inés dans ses batteries le ses troupes de Sainten'eut plus L’acquisiux Anglais tun lieu de avales : ils ations ; ils ombreuse , ron vint y près. Elle es mouve-
ments maritimes de la Martinique et du canal intermédiaire, et l’on s’observa de part et d'autre pendant plusieurs mois, sans entreprendre dans les parages des Antilles de nouvelles expéditions; mais la situation des forces navales qui s'étaient dirigées vers cet archipel eut quelque influence sur les opérations militaires qui allaient s’exécuter aux États-Unis.
Il était utile à la Grande-Bretagne de rapprocher et de combiner entre elles les forces qu’elle avait à faire agir dans les Antilles et sur le continent; et pour arriver à ce but, le général Clinton fitembarquer à V:w-York pour la Géorgie un corps de deux mille cinq cents hommes, commandés par le colonel Campbell. L’escadre du viceamiral Hyde-Parker les débarqua le 23 décembre, à l'embouchure de la Savannah. Cette invasion était inattendue ; la province était sans défense, et h ville de Savannah n'avait qu’une faible garnison. Les Américains rassemblèrent en toute hâte le peu de troupes réglées et de milices qui se trouvaient aux environs, et ils essayèrent de couvrir les approches de la place. Mais Campbell s’apercevantqu'ils avaient porté vers l’aile droite leurs
rincipaux moyens de défense , fit at-
quer laile gauche avec vigueur : il la faisait tourner en même temps par un détachement considérable; et cette double attaque, ayant porté le désordre dans les rangs américains, fit cesser sur toute la ligne leur résistance :
ils se rompirent , et les Anglais s’emparèrent de Savannah, que Campbell eut le bonheur de préserver du pillage, quoiqu'il y fût entré de vive force.
Cette réduction entraîna celle de tout le nord de la Géorgie, et le vainqueur y établit paisiblement son autorité : une partie des habitrnts se rangèrent sous l'autorité royale; les autres se réfugièrent dans la Caroline.
Le Midi était en même temps attaqué par un corps de troupes anglaises, parti de la Floride orientale sous les ordres du général Prévost : ils’ empara du fort Sunbury , contre lequel Cainp-
. bell marchait également, et l’une et
l’autre colonne y firent leur jonction.
L'expédition de Géorgie fut bientôt suivie d’une tentative d’invasion dans les Carolines. Un détachement britannique fut embarqué à New-York, sous les ordres du major général Gardiner, pour venir attaquer l’île de Port-Royal; mais il fut PR par les Caroliniens; et les Anglais, avant de revenir à la charge, cherchérent à faire soulever en leur faveur un grand nombre de mécontents, qui se trouvaient alors dans les contrées supérieures de la Caruline. Afin de seconder leurs mouvements, Campbell remonta le fleuve jusqu’à Augusta; mais ses partisans qui venaient de prendre les armes ayant été défaits par le colonel américain Pickins, il rétrograda luimême , et vint reprendre sa première
osition. Il était d’ailleurs pressé par ’approche des troupes que le congrès envoyait au secours de la Caroline :
le général Lincoln qui les commandait vint camper à Black-Swamp, près des rives de la Savannah. Son intention était de rejeter vers le littoral les troupes anglaises qui bordaient la rive droite du fleuve. Il y fit passer un corps de deux mille hommes sous les ordres du général Ashe, et ce corps alla s'établir dans une forte position près du Briar-Creek ; mais c’étaient des milices de nouvelle levée ; elles furent attaquées et défaites le 3 mars 1779. Il
rit un grand nombre d'hommes, et il n’en revint pas quatre cents sous les drapeaux du général Lincoln.
On avait encore plus vivement ressenti, durant cesdernières expéditions, la nécessité de soumettre enfin à des règlements invariables l’ordre et la discipline des troupes, et celle d'introduire de l’uniformité dans leurs manœuvres.
Tel fut l’objet d’une ordonnance qui fut publiée le 29 mars par le congrès.
Elle embrassa tous les détails du service militaire, l’armement et l’équipement des officiers et iles soldats, l’organisation des compagnies, celle des régiments , l'instruction des recrues, l'exercice par compagnies, par Lataillons, la formation et le déploiement des colonnes, les changements de front,
les marches, les feux , les évolutions des corps d’armée, la disposition des camps, et enfin toutes les parties de la théorie, et tous les devoirs attachés aux différents grades.
Cette ordonnance était applicable à l'infanterie : il avait été fait pour toutes les autres armes un travail semblable, et Washington profita de l’interruption des grandes opérations militaires, pour répandre et faire pratiquer dans son camp ces règles de serviceet de discipline. Le général Steuben, ancien officier prussien, naturalisé aux États-Unis, était alors inspecteur général : il avait été foriné à l’école de Frédéric, et les grands principes de tactique lui étaient connus. Le ser- -vice devint alors plus régulier; l’instruction des officiers eut un guide, et les troupes plus occupées s’attachèrent davantage à des devoirs qu’elles connaissaient mieux.
Lincoln cherchait alors à réparer ses ertes : il fit de nouvelles levées dans a Caroline, et lorsqu'il eut cinq mille
hommes sous ses ordres , il reprit l’offensive, marcha sur Augusta et entra en Géorgie. Les troupes britanniques qui avaient envahi cette vaste contrée n’en occupaient encore que les parties inférieures : le général Prévost y avait concentré ses forces, et au lieu de marcher contre legénéral Lincoln dont il était très-éloigné, il espéra le décider à la retraite, en faisant lui-même une incursion dans la Caroline. Les débordements du fleuve Savannah qu'il avait à traverser formaient sur ses rives une longue ligne de marécages; mais il parvint à les franchir, et ne trouvant sur son passage que quinze cents hommes de milices, il força aisément ce nouvel obstacle. Un premier succès accrut sa confiance : il se porta rapidement sur Charleston, dans l’intention d’enlever cette place par un coup de main, et il vint asseoir son camp entre l’Ashley et le Cooper, au confluent desquels Charleston est située.
Quelle que fût cependant la célérité de sa marche, les Américains avaient eu le temps de faire passer dans cette ville un renfort de troupes. La gar-
nison s'était mise en défense : on avait réparé les fortifications , on disposait les batteries, et le général anglais n’ayant pas assez de monde pour attaquer la place, ni même pour tenir devant des forces supérieures qui s’avanaient en toute hâte, se retira au milieu de la nuit, en prenant la route du littoral : il gagna cette suite d'îles qui s’étendent le long de la Caroline, dont elles ne sont séparées que par d’étroits canaux, et il alla se cantonner dans l’île de Port-Royal, où il était à portée de recevoir de la flotte anglaise des renforts et des anprovisionnements.
La Caroline garda longtemps de fu-
nestes traces de l'invasion que les en- :
nemis y avaient tentée. Les Noirs avaient favorisé cette expédition, dans l'espérance d’obtenir la liberté qu’on leur avait promise. Ils pillèrent les hdbitations de leurs maîtres, ils détruisirent une partie des plantations ; et quand les Anglais se retirèrent, les Noirs, trompés dans leur attente, furent emmenés comme esclaves dans les colonies des Antilles : d’autres périrent misérablement dans les forêts, où ils allaient se réfugier pour éviter le châtiment de leur révolte.
Une autre incursion fut tentée par les Anglais sur les côtes de Virginie:
elle avait pour but de détruire les magasins de vivres, les dépôts d’armes et de munitions , les navires, les principales récoltes du pays : deux mille hommes sous les ordres du général Matthews, furent débarqués au midi de la Chésapeake; ils ravagèrent les bords du James-River, occupèrent Hampton, le fort Nelson , Portsmouth, Norfolk, et après avoir dévasté la côte, ils regagnèrent New-York d’où le général Clinton les avait fait partir.
Ce général se proposait alors une entreprise plus importante : il voulait s’emparer des forts de Verplank et de Stoney - Point, situés sur les rives de l'Hudson. L’escadre du commodore Collier remonta le fleuve avec quelques troupes, et Clinton qui les commandait débarqua sur la rive occidentale, où il surprit le fort de Stoney-Point, tandis que le général Vaughan allait
défense : on avait DNS ; On disposait > général anglais monde pour attane pour tenir deleures qui s’avan- Se retira au minant la route du te suite d'îles qui la Caroline, dont que par d’étroits .Cantonner dans ü il était à portée tte anglaise des visionnements.
ongtemps de fu-
sion que les en- :
tée. Les Noirs expédition, dans la. liberté qu’on pillèrent les hdtres, ils détruiplantations ; et retirèrent, les Ir attente, furent ves dans les co- ’autres périrent s forêts, où ils r éviter le chj-
te : il voulait Spian et de
es rives de commodore
joney-Point, ughan allait
attaquer sur l’autre rive le fort de Verplank , qui se rendit après quelque résistance.
A cette nouvelle, Washington se rapprocha avec son armée : il s'établit sur les hauteurs qui dominent l’Hudson, et chargea le général Wayne de reprendre Stoney-Point : cette courageuse attaque réussit; et comme on ne se
roposait que d’enlever la garnison, fartillerie etles munitions de ce poste, Wayne recut l’ordre de l’évacuer après en avoir détruit les fortifications. Les Américains tentèrent également de recouvrer la position de Verplank ; mais ils ne purent en déloger l’en-
nemi.
Un détachement britannique, commandé par le général Tryon , fit bientôt une descente sur les côtes du Connecticut : il s’empara de New-Haven, réduisit en cendres Fairfeld, Norwalk, Greenfield, et fit sur tout ce littoral un large butin.
Le colonel Mac-Lean alla, vers la même époque, s'établir et se fortifier à l'embouchure de la rivière de Pénobscot qui arrose le territoire du Maine. En se plaçant à la frontière nord-est des États-Unis, il menaçait d’une invasion les contrées voisines, et il pouvait en concerter le plan avec les troupes britanniques qui occupaient encore le Rhode-Island. Les habitants du Massachusett formèrent le dessein de réconquerir les postes dont Mac- Lean s'était emparé, et ils envoyèrent une flottille dans la baie de Pénobscot; mais cette entreprise, conduite avec irrésolution, n’eut aucun succès. Les troupes que l’on débarqua se retranchèrent au lieu de marcher rapidement à l'ennemi; et lorsqu'elles résolurent de le forcer dans ses positions , après l'avoir battu en brèche pendant quinze jours, elles furent découragées par Tapperition subite du commodore Collier qui arrivait de New-York avec son escadre : elles se retirèrent précipitamment par terre, et les navires qui les avaient amenées furent capturés ou détruits.
Ce résumé des premières opérations de ia campague de 1779 montre que
sur le territoire des Etats-Unis on se borna de part et d'autre à des expéditions partielles qui, en causant de grands dommages au pays, ne pouvaient pas influer sur sa destinée. La guerre y promena de lieux en lieux ses plus cruels fléaux, sans qu’on püt espérer que la paix y mettrait promptement un terme.'
Les Américains saisirent le moment où les armements de l’Angleterre ne leur inspiraient pas de vives inquiétudes, pour tenter contre les Indiens une expédition générale qui les mît pour longtemps dans l'impossibilité de nuire. Quoique les cruautés commises contre la colonie de Wyoming ne pussent être imputées qu’à quelques tribus sauvages, on les regardait toutes comme liées entre elles par de communs sentiments de haine contre les États-Unis. Les six nations placées entre les grands lacs et les frontières du Connecticut, de New-York, de la Pensylvanie , avaient pris parti pour l'Angleterre dans les campagnes précédentes ; elles s’étaient jointes à l’arméc de Burgoyne, et leur barbarie avait accru les maux de la guerre. Le
rojet de les attaquer et de détruire eurs établissements fut embrassé avec ardeur : trois corps de troupes devaient envahir leur territoire, en remontant les rives de la Susquéhanna, du Mohawk, de l’Alléghany ; et l’on devait tenter en même temps une fausse attaque vers le lac Champlain et la rivière Sorel, afin d’y retenir les forces que le Canada voudrait envoyer à leur secours. Sullivan commandait le corps principal chargé de pénétrer par la Susquéhanna dans le pays des six nations.
Un détachement fut d’abord envoyé contre les Onondagas, habitant les rives du lac de ce nom. A la prenuère alerte, ils s'enfuirent dans leurs forêts, et l’on n’en atteignit qu’un peus nombre ; mais leurs habitations, leurs récoltes, leurs bestiaux furent détruits.
Toutes les tribus de ces contrées reconnurent par cefte expédition le danger dont leur confédération entière
était menacée : elles coururent aux armes; et quelques chefs firent, à la fin du mois de juillet, une incursion sur les frontières de l'État de New-
York, où des habitations furent rava-
gées, où quelques détachements américains furent surpris et taillés en pièves. Les principales forces des Indiens s'étaient assemblées, au nombre de dix-huit cents hommes, près de New- Town, sur la Susquéhanna ; deux cent cinquante Européens étaient avec eux, et Johnson, Buttler et Brandt dirigains leurs mouvements. Ils avaient
levé un long retranchement devant la ligne qu'ils occupaient ; le front en était couvert par un ruisseau et une palissade, et les extrémités de cet ouvrage dl pure d’un côté sur la rive dela Susquéhanna, de l’autre sur une chaîne de hauteurs couvertes de forêts, où un grand nombre d’Indiens s'étaient embusqués. Sullivan, ayant réuni les deux corps américains
ui avaient remonté le Mohawk et la
usquéhanna, vint les attaquer le 28 août : il avait alors cinq mille hommes sous ses ordres; et après avoir reconnu Ja position des ennemis, il chercha à les envelopper en enlevant les hauteurs qui dominaient leur flanc gauche; une vive attaque était en même temps dirigée contre leur front, et les Indiens lâchèrent pied lorsqu'ils commencèrent à entendre derrière eux la fusillade : la plupart se jetèrent dans le fleuve, qu’ils traversèrent à la page; d’autres s’enfuirent dans. les forêts, et leur perte en hommes fut peu considérable ; meis ils étaient découragés par leur défaite : ils se dispersèrent, ils gagnèrent en désordre d’autres régions plus éloignées, et ieur pays. resté sans défense, fut compléterent ravagé.
Une contrée inculte et pauvre, où Von ne suppose que des rochers, des fleuves, des forêts, des animaux sauvages et les fruits spontanés de la terre, paraît n'offrir aucune prise aux dévastations; mais nous avons déjà rappelé que les Indiens de cette région avaient fait de premiers pas vers l’état social : leurs huttes étaient
moins éparses ; ils s'étaient rassemblés en villages , où leurs familles vivaient rapprochées les unes des autres, etles chasseurs et les guerriers les y retrouvaient au retour de leurs pénibles expéditions. Des essais de culture avaient été entrepris dans le voisinage de leurs wigwams : le maïs, la patate, richesses indigènes du pays, leur fournissaient de premières récoltes; ils avaient semé d’autres graines : ils avaient des arbres fruitiers, et leurs relations d'échange et de commerce avec les Européens fournissaient les instruments aratoires et les ustensiles nécessaires à leurs premiers besoins.
Sullivan fit détruire dans cette expé- .
dition les villages, les habitations isolées, les blés, les fruits, les bestiaux d’une contrée qui devint alors un vaste désert, et la colonne d
troupes qui remontait les rives d
l’Alléghany commit les mêmes ravages dans les régions occupées par les Mine goes et les Shawanèses.
Ce fut un affligeant spectacle pour l'humanité que de voir ainsi refouler vers la vie sauvage un grand nombre de peuplades qui commençaient à jouir d’un meilleur sort. Si quelques généreux défenseurs de la race proscrite élevèrent la voix en sa faveur, leurs accents de pitié ne furent pas écoutés, et l'on étendit sur une race entière la punition encourue par quelques tribus.
On prétendit que tous ces peuples ne pourraient jamais être amenés à la civilisation, et l’on osa les présenter au monde comme dégradés de cette dignité morale et inte lectuelle , dont le sceau fut empreint par la Divinité sur le front de tous les hommes.
. Tandis que l’on continuait en Amérique un système d’hostilités destructives, le théâtre de la guerre s’étendait dans les autres parties du monde : il avait gagné toutes les possessions coloniales de la France et el’Angleterre, depuis la rupture qui avait éclaté entre ces deux puissances, et cette contestation nouvelle semblait momentanément absorber leur attention.
L’Angleterre s’était hâtée de profiter
de la sunériorité de ses forces dans les
ient rassemblés milles vivaient es autres, etles riers les y ree leurs pénibles is de culture ns le voisinage naïs, la patate, pays, leur fours récoltes; ils | graines : ils itiers, et leurs de commerce urnissaient les t les ustensiles miers besoins.
ans cette expé-
es habitations
fruits, les besui devint alors la colonne æ les rives d mêmes ravages es par les Mine
spectacle pour * ainsi refouler grand nombre nçaient à jouir quelques générace proscrite
faveur , leurs nt pas écoutés, race entière la elques tribus. s ces peuples e amenés à la les présenter adés de cette ectuelle , dont a Divinité sur es.
uait en Améilités destrucerre s’étendait lu monde : il Dssessions Col'Angleterre, avait éclaté es, et cette blait momenr attention.
e de profiter rces dans les
Indes orientales, pour y attaquer les possessions françaises , avant qu’elles ussent être secourues; et ses hostiliés commencèrent en Asie, à l’époque même où l’on venait de livrer en Europe le combat naval d’Ouessant. Le commodore Vernon était parti de Madras le 2% juillet 1778, pour venir bloquer la *ade de Pondichéri, tanäis que {e général Munro devait, avec des troupes de terre, faire le siége de cette place : un combat naval eut lieu, le 10 août, entre l’escadre de Verncn et celle de Tronjolli, qui se trouvait alors dans la rade, et qui se porta à sa rencontre. Le résultat de cette action fut indécis, et chacun des deux commandants regagna la plage pour y répa:er ses navires. Tronjolli n’essaya point un nouvel engagement, et :! remit à Ja voile dix jours après pour se rendre à l'île de France.
Pondichéri se trouva dès lors réduit à une faible garnison. On avait néligé depuis quelques années l'entretien du anciennes fortifications, pour en construire de nouvelles qui n'étaient as encore terminées : ces travaux incomplets rendaient la défense plus difficile. Les assiégants, devenus maîtres d’une ligne de circonvallation qui servait de limite à cette colonie, lui coupèrent toute communication avec la terre; ils ouvrirent le feu de leurs batteries dès le 6 septembre, resserrèrent leurs approches, et conduisirent leur gaerie jusqu’au fossé. Le gere de Bellecombe qui commandait la place la défendit pendant quarante jours de tranchée ouverte; mais, voyant enfin que plusieurs bastions tombaient en ruine, qu’une brèche était praticable, et que ds habitants étaient menacés de tous les malheurs qui suivent un assaut, il capitula le 17 octobre, et obtint tous les honneurs de la guerre.
L’escadre anglaise avait été renforcée pendant le siége par l’arrivée de cinq vaisseaux de la compagnie des Indes ; elle s’empara successivement de Chandernagor, des autres comptoirs français situés sur la côte de Coromandel, et de Mahé sur celle de Malabor.
Les armes de la France avaient été
plus heureuses sur les plages occidentales de l'Afrique. Une escadre’, commandée par le marquis de Vaudreuil, avait pris possession, le 80 janvier 1779, des forts et des comptoirs de l'Angleterre sur la rivière du Sénégal ; et ses autres établissements de la Gambie, de Sierra-Leone et de la côte d'Or lui furent ensuite enlevés par Pontevès de Gien.
Mais les expéditions dirigées vers les parages d'Afrique et d’Asie ne tendaient point au but principal de la guerre, aussi directement que les opérations maritimes qui devaient être suivies, soit en Europe, soit en Amérique. Le gouvernement français voulait ÿ appliquer tous ses soins ; il désirait ne pas en être détourné par une guerre continentale; et, voyant cette guerre déjà allumée depuis plusieurs années entre l’Autriche et la Prusse, il était intéressé à éteindre en Allemagne un incendie qui pouvait gagner ses propres frontières. Sa médiation, pre à celle de la Russie, rapprocha es belligérants, et parvint à leur faire conclure le traité de Teschen, qui fut signé le 13 mai 1779. La diète de Ratisbonne le ratifia, et la pacification du continent fut assurée,
La France affermit par d’autres conventions ses liens avec plusieurs cours d’Allemagne, et nous devons citer au nombre de ces actes le traité de commerce qu’elle conclut, le 18 septembre, avec le duc de Mecklenbourg- Schwérin; traité qui consacrait les
rands principes, déjà adoptés entre a France et les États-Unis, sur les droits du pavillon, sur ceux des neutres, sur toutes les franchises du commerce et de la ñavigation. La cour de Mecklenbourg, avec laquelle ces clauses étaient stipulées, n’avait pas, sans doute, une grande puissance territoriale et maritime; mais c'était une des familles princières les plus anciennes et les pius illustres : sa si: tuation sur la Baltique, ses alliances avec les cours du Nord lui donnaient un grand poids dans leurs conseils, et les principes maritimes qu’elle adoptait devaient bientôt trouver, dans cette
‘ua e l'Europe, de généreux et pui tante appuis.
= endant ses relations amicales avec te continent, la France jouissait d'une entiè« sécurité pour ses frontières : elle conservait la libre disposition de ses forces, et l'or rassembla sur les côtes de Normandie et de Bretagne une armée de trente-cinq mille hommes, destinée à tenter une descente en Angleterre; elle avait une artilisrie nombreuse : cinq inille grenadiers ,tirés des différents corps . devaicnt former son avant-gardre, et l’on équipa dans les ports du Havre et de Saint-Malo les bâtiments de transport nécessaires à cette expédition. L'Angleterre, avertie de ces préparatifs, ri sur-i&-chanp des mesures de déiense prenortionnées à le grandeur du péril, Leltioral fut armé de Latteries ; des corps de trornges régiees et de inilices furent sénartis sur différents points du rivage ‘is devaient se réunir au premiersienal:on avait ordre d’emmeer ou loin tous les bestiaux, et de dégarnir de moyens de subsistance tous les lieux que l'ennemi pourrait menacer. Les alarmes publiques se proioagèrent pendant plusieurs mois.
Jamais il n'avait régné plus d'activité dans les ports de France : les troupes étaient pleines d’ardeur; on les exergait à toutes les manœuvres de l’expédition projetée. D’autres préparatifs se faisaient dans les ports d'Espagne, et les cours de Versailles et de Madrid, resserrant entre elles les liens qu’elles avaient formés en 1761, par leur pacte de famille, se tenaient prêtes à s'unir pour agir de concert contre le gouvernement britannique.
L'Espagne avait d'abord. cherché à se porter pour médiatrice entre l’Angleterre, la France et les États-Unis, et après avoir inutilement suivi pendant huit mois une négociation pour les rapprucher, elle se détermina à rompre avec la cour de Londres, et ni fit remettre, le 16 juin 1779, une déclaration où elle exposait ses nombreux sujets de plainte. Elle rappelait que son pavillon avr été insulte, ses vaisseaux pillés, se: : sessions d’A-
mérique menacées ; que l'Angleterre avait suscité plusieurs nations indiennes contre les habitants de la Fouisiane; qu’elle avait usurne dans le Darien et sur le: cêles de Sar: Lilas les droits de la souvereineté, commis des hostilités dans la bai: us Honduras et refusé toute espèce de *épar-tion pour ces ‘tes de vicience. 1/Fspagne se voyait «ans la nésessité de recourir aux armes jour soutenir ses droits, et, se reposant sir l'équité de sa cause, elle espérait n’être responsable ni à Dieu, ni aux hommes, ces suites de :1 résolution.
De nombreux armements maritimes étaient préis à appuyer celte ‘'‘elaration : une escadre de vingt-hu;’, vaisseaux avait été mise sous les ordres de don Luis de Cordova; la flott équipée à Brest devait s’y réunir , el le comte d'Orvilliers opéra cette jonction le 25 juiliet, vers l’île de Cizarga, à la hauteur de la Corogne. L’amiral français, devenu commandant des flottes combinées , avait alors sous ses ordres soixante-six vaisseaux de ligne et beaucoup d’autres bâtiments plus légers. Trois divisions, de quinze vaisseaux chacune, formaient l’avantgarde, le corps de bataille et l’arrièregarde ; une escadre légère marchait en avant de l’armée, et une, escadre d'observation suivait les mouvements de l’arrière-garde. La flotte, s’avançant dans cet ordre, fit voile pour la Manche, et se porta vers les côtes du Devonshire et de Cornouaille. Comme elle était Pabituellement contrariée par les vents de nord-est, elle manœuvra longtemps dans ces parages sans pouvoir se rapprocher de la terre; enfin elle se trouvait, le 31 août, au sud-ouest des îles Sorlingues, lorsqu’elle aperçut, à cinq lieues de distance, les pavillons de la flotte britannique qui observait et suivait ses mouvements. D’Orvilliers eut alors l'espérance de s’er :1ger avec elle, et en disposant son ‘ire de bataille, il chargea le comi: Guichen, commandant l'avant : :, de courir se placer ent” les : ss d'Angleterre et la flotte Enr : sais l'amiral Hardy,
2'2OTDbSCTrSA
l'Angleterre tions indien- : de la Fouiurné dans le de Ssr:ilas wté, commis us: Honduras le épar-tion €. L/Fspagne lé de recourir r ses droits, é de sa cause, >onsable ni à :s suites de 1
nts maritinies celte ‘elarangt-hu;', vaisus les ordres va; la flott "y réunir , ef ra cette joncle de Cizarga, one. L’amiral mandant des alors sous ses eaux de ligne timents plus e quinze vaisient l’avante et l’arrièree marchait en une, escadre mouvements tte, s’avanvoile pour la les côtes du
t, elle maces parages r de la terre; 81 août, au gues, lorsieues de disotte britansuivait ses s eut alors avec elle, et e bataille, il ichen, com-
qui n'avait que trente-sept vaisseaux, ne voulut point s’exposer à un comtat trop inégal, où il pouvait être enveloppé par le nombre; et les maœuvres du comte de Guichen, qui allait serrer la côte, le décidèrent à rendre chasse à toutes voiles. Il garait une avance de plusieurs lieues sur la flotte combinée, et celle-ci le voursuivit inutilement pendant vingtquatre heures , jusqu'à l’entrée de la rade de Plymouth, où il se réfugia le 1°" septembre. ‘
D'Orvilliers resta encore quelques jours dans la Manche, mais aucun autre événement ne sigaala sa croisière :
les mauvais temps, la maladie des équipages, la disette d’eau potable, l’avarie des subsistances, le déterminèrent à regagner la rade de Brest, où ilrentra le 10 septembre, après avoir tenu la mer pendant cent quatre jours.
La campagne maritime qu'il venait de faire fut jugée avec rigueur. On lui reprocha de n’avoir pas tiré un assez grand parti des forces mises à sa disposition ; on y joignit même l’imputation de n’avoir pas intercepté deux convois du commerce britannique, celui des îles du Vent, qui arriva le 31 juillet dans la rade de Plymouth, et celui de la Jamaïque, qui atteignit l’île de Wight huit jours après ; ieur entrée dans la Manche était cependant trèsantérieure à celle du comte d'Orvilliers, et leur direction avait été trop différente, pourque cet amiral, qui arrivait des côtes d’Espagne, pût les rencontrer dans sa traversée; mais les hommes tombés en défaveur sont souvent accusés par l'opinion publique de tous les événements qui trompent son attente.
Les opérations de l’escadre française qui se trouvait alors dans les parages des Antilles, avaient obtenu des résultats plus heureux et plus décisifs. Le comte d'Estaing c':.rchait à s'emparer d'11 partie des possessions britannig:5. Au mois de juin, il charges: 2 chevalier du Rumain d’attaquer l'île de Saint-Vincent avee une escadre de cinq navires et un détache-
ment de trois cents hommes, Le dé-
barquement réussit, et les hauteurs
ui dominaient le fort de Kings-Town urent emportées. Les Caraïbes, anciens habitants de l’île, descendirent de leurs mornes pour se joindre aux assiégeants, et le gouverneur anglais entra en négociation pour rendre la pres On découvrit alors trois voiles
ritanniques qui venaient lui apporter des secours. Du Rumain se hâte d’aller au-devant de cette flottille ; il enlève deux vaisseaux, il met en fuite letroisième, et revient prendre possession de la forteresse.
L'arrivée d’une escadre de six vaisseaux, commandée par la Motte-Piquet, mit bientôt le comte d'Estaing en état d'entreprendre une expédition plus importante. Il partit le 30 juin du Fort-Royal de la Martinique avec une flotte de parent voiles, et se dirigea vers l’île de la Grenade, où il
ébarqua le 2 juillet. Le morne de l'Hôpital, qui domine la ville de Saint- Georges, fut attaqué avec vigueur par trois colonnes à la fois; elles étaient commandées par d'Estaing, par le comte de Dillon, par le vicomte de Noailles : le morne fut emporté d’assaut au milieu de la nuit; et le fort, que l’on attaqua au point du jour, et où lord Macartney avait une garnison de sept cents hommes, fut réduit à se .
rendre à discrétion.
Cette conquête, où les troupes se signalèrent par la plus brillante valeur, était terminée, lorsque l'amiral Byron vint se présenter, le 6 juillet, à la vue de la Grenade : il venait jeter dans l’île quelques renforts, et il ignorait que l'on s’en fût emparé. Le combat fut bientôt en agé entre les deux flottes ; et l'amiral Byron, profitant de l’avantage du vent, chercha à porter son avant-garde vers l'entrée de la baie de Saint-Georges; mais lorsqu'il eut ac-
uis la certitude que l’île était occupée, ilfitsur-le-champ éloigner sesbâtiments de transport qui se dirigèrent vers Saint-Christophe, en parcourant du midi au nord les eaux de cet archipel:
lui-même continua de combattre pour couvrir la retraite de son convoi: et ies deux floites restèrent en présence
17° Livraison. (ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE.) 17
ut recevoir les secours qu'il attendait,
l'une de l’autre jusqu'à la nuit : les Anglais s’éloignèrent alors, et le comte d'Estaing rentra au point du jour dans la rade de Saint-Georges. L'escadre anglaise avait été très-maltraitée; et celle de France, après avoir elle-même réparé ses avaries, remit à la voile et alla se présenter le 22 juillet dans les parages de Saint-Christophe; mais elle ne put attirer l'ennemi hors de la sition où il s’était retiré, et lecomte ’Estaing poursuivit sa navigation jusqu'à Saint-Domingue. Du Ses instructions lui prescrivaient de ramener en Europe douze vaisseaux, et de laisser le reste de la flotte soit à Saint-Domingue, soit à la Martinique, durant l’hivernage ; mais les rapports qu'il reçut pendant son séjour au Capançais, sur les événements militaires des États-Unis, particulièrement sur la situation des contrées du Sud, le décidèrent à tenter une expédition pour reprendre Savannah, occupée depuis huit mois par les troupes britanniques. Il part du Cap-Francais avec vingt vaisseaux de ligne et huit fréques, et il se porte vers les côtes de éorgie, où il surprend un vaisseau et trois frégates anglaises. Dès que les Américains furent informés de son approche par quelques bâtiments qu’il avait dirigés sur Charleston, le général Lincoln fit assembler un grand
nombre d’embarcations légères, à l’aide
desquelles le comte d'Estaing put effectuer sa descente à quelques milles de Savannah ; et les troupes françaises et américaines qui devaient faire le siége de cette place furent réunies le 15 se tembre : la légion de Pulawski faisait partie de ce corps d'armée.
Sur ces entrefaites, le général Prévost, gouverneur de Savannah, faisait arriver à lui en toute hâte les troupes anglaises qui se trouvaient sur différents points de la Géorgie : il se pressait de faire réparer les fortifications ; et, pour avoir le temps de compléter ses moyens de défense, il feignit de prêter l'oreille aux premières sommations qui lui furent faites par les assiégeants, et il parvint à obtenir un armistice d’un jour, pendant lequel il
a garnison était de trois mille hommes de troupes réglées : l'armement de tous les noirs lui procura un renfort de quatre mille hommes, et les assié-
eants se trouvèrent alors moins nom-
reux. Cependant ils ouvrirent la tranchée : elle était portée, le 24 septembre, à trois cents pas du cheinin couvert : le bombardement commença le 3 octobre ; il dura cinq jours, et:couvrit de ruines l’intérieur de la ville, mais il n’endommagea pour les fortifications.
Le comte d'Estaing avait espéré réduire promptement la place; il voyait approcher la mauvaise saison : ses vaisseaux étaient mouillés sur une côte peu sûre; il désirait ne pas les y tenir exposés aux coups de vent de l'équinoxe dont on ressentait encore l'influence; et pe 1r terminer promptemen une expédition qu’il lui paraissait tro périlleux de prolonger, il résolut de donner l'assaut, quoiqu'il n’y eût pas encore de brèche, et que la tranchée ne fât pas même achevée.
Les troupes françaises et américaines, commandées par d'Estaing et Lincoin, s’approchèrent des remparts, dans la nuit du 9 octobre, et avant le point du jour elles donnèrent l’assaut au bastion d’Ébenezer : ces deux colonnes rivalisaient de bravoure et d’audace ; mais l’attaque fut soutenue
‘avecuneégale valeur. Les rangs qui fu-
rent repoussés revinrent plusieurs fois à la charge ; et, dans une de leursescalades, ils plantèrent an drapeau au sommet des retranchements, sans pouvoir s’y maintenir : le comte d'Estaing et beaucoup d’autres officiers furent blessés en se signalant à la tête de leurs troupes. Mais au bout d’une heure l'attaque vint à se ralentir : les Anglais firent ane sortie; et ie comte Pulawski, courant se placer entre eux et les remparts de la place, dans l’espérance de leur couper la retraite, trouva une mort glorieuse en se précipitant sur eux avecses chevau-légers.
Tous les efforts que faisaient les assiégeants pour vaincre une résistance obstinée et pour renouveler un assaut meurtrier, ne faisaient qu’accroitre
l'hista du gué du gé opérat des or un abr témér.
n’était ches d dispos:
mouril donné Ou | vait pa vait ét tance.
avait fa ration de lui parage:
SI cepend, sin d barquet d'autre comma a tour de de se p i ser l'Etat d ui set sland :
abandoi ricains sion d° s'étaien
lattendaït,
le hommes ent de tous renfort de les assié- 1oins noment la transeptembre, couvert : le le 3 octocouvrit de le, mais il rtifications.
t espéré rée; il voyait n: ses vaisr une côte s les y tenir de l'équiencore l'inomptemen raissait tro résolut de n'y eût pas la tranchée
et américaitainget Linremparts , »b, et avant nèrent l’as- : ces deux bravoure et ut soutenue angs qui fu usieurs fois e leurs escadrapeau au S, SANS pOure d'Estaing iers furent la tête de bout d’une lentir : Les et je comte r éntreeux , dans l’esh retraite, en se prévau-légers.
ent les as-
résistance
un assaut u’accroître
leur perte : elle fut de sept cents hommes pour les Français, de quatre cents pour les Américains; et l’armée, après avoir encore tenu devant la place durant neuf jours, leva le siége le 18 octobre. Les troupes américaines passèrent sur la rive gauche du Savannah; et hrs , ayant embarqué les siennes, mit à la voile le 28 octobre porr se rendre en France avec la moitié de la flotte, tandis que les autres vaisseaux allaient reprendre leur station dans les Antilles. |
Si la valeur d’un chef d'armée répand encore une sorte d'éclat sur ses revers, l’expédition du comte d’Estaing mérite d'être remarquée dans l’histoire; mais ep louant la bravoure du guerrier, on blâma les combinaisons du général. Fallait-il tenter une grande opération maritime, dans la saison des orages, sans pouvoir compter sur un abri pour la flotte , et fallait-il hâter témérairement un assaut, lorsqu'on n’était pas encore maître des approches de la place? Les troupes dont on disposait montrèrent qu’elles savaient mourir; mais on ne leur avait pas donné la possibilité de vaincre.
Ou l’entreprise de Savannah ne devait pas être commencée, ou elle devait être suivie avec plus de persistance. Le vainqueur de la Grenade avait fait espérer davantage de sa coopération, et les Américains attendaient de lui les mêmes succès que dans les parages des Antilles.
Son apparition en Géorgie ne fut cependant pas sañs influence sur la suite des opérations militaires. Un débarquement pouvait étre essayé sur d’autres rivages; et le Er Clinton, commandant en chef des troupes britanniques , crut devoir concentrer autour de lui ses principales forces , afin de se porter en masse sur les points
i seraient menacés : il rappela dans l'État de New-York le corps d'armée
vi se trouvait encore dans le Rhodesland : les différents postes en furent abandonnés le 25 octobre: et les Américains reprirent y 3iblement possession d'un ter: 1" où les Anglais s'étaient mainte:us pendant plus de
deux ans. Cet événement faisait prévoir que le théâtre de la guerre uhait changer : il doive du voisinage de lenncini les États du Nord-Est, mais il ne leur ouvrait pas de libres communications avec ceux du centre. New- York et la rive orientale de l’Hudson étaient occupés par les Anglais : les hauteurs de la rive occidentale l’étaient qe les Américains ; et l’armée de
ashington , destinée à les défendre, s’étendait depuis le New-Jersey jusqu'au delà de West-Point, lieu que son importance militaire rendait trèsremarquable, et qui devait ensuite acquérir une nouvelle célébrité.
En rappelant les divers événements qui se succédèrent dans le cours de cette canposne nous n’avons pas eu à citer l'intervention des États-Unis dans de grandes exnéditions navales.
Aucun vaisseau de ligne n’avait encore été construit dans leurs chantiers ; et il n’avait pu en sortir que de plus légers armements, destinés à la course, ou à la défense des ports et des rades, ou à quelques courageuses expéditions sur les côtes ennemies.
On a déjà pu remarquer que, dés le commencement des hostilités maritimes, les Américains s'étaient lancés avec ardeur dans cette périlleuse carrière. Accoutumés à la mer comme leurs rivaux, ils en bravaient toutes les fatigues avec une égale constance, et n’ayant pas encore les mêmes ressources navales que l’Angleterre, ils cherchaient, dans quelques engagements particuliers, à lui ravirdu moins une portion de ses avantages.On avait vu en 1777 une flottille américaine, armée dans le port de Boston, mettre à la voile, à la faveur d’un vent :
nord-est, qui avait éloigné de l’enti :& de cette rade une croisière anglaise, se diriger rapidement vers la mer des Antilles, et causer des dommages considérables au commerce de l’Angleterre avec les Indes occiüentales.
Le blocus d’une partie des ports de la confédération ne l’empécha pas, l’année suivante, de mettre en ner plusieurs armements qui inquiétèrent fa navigation de l'ennemi; et tandis
que les flottes britanniques croisaient à l'entrée de la Chésapeake et de la Delaware, les Américains s'ou\rant un pässage plus au midi, par la baie d’Albemarle, le bassin de Pamtico, et le détroit d'Ocacok ‘ni: rèreut de donner issue à le: «1 "ais en course et à l°urs bâtim ot de commerce.
Parmi les honames qui se firent un nom dans ces expéditions maritimes , nous devons signaler Paul-Jones, Ecossais de naissance, attaché au service des Américains, et nous citerons au nombre de ses exploits les plus mé:
rables le combat qu’il livra, le 23 septembre 1779, au capitaine anglais P arson, qui escortait dans la mer du INord, avec deux frégates, un convoi verant de la Baltique. La frégate de Pe:rson avait pris feu, et la corvette dé Paul-Jones avait plusieurs voies d'eau : les deux bâtiments continuèrent cependant de combattre avec acharnement, et ils vinrent à se serrer de si près que leurs manœuvres s’engagèrent. L’Anglais veut alors tenter rdage; bientôt le feu de son navire se communique aux voiles américaines : la nuit qui aurait mis fin à cette lutte sanglante est éclairée par un affreux incendie, et le combat ne cesse point : enfin le capitaine Pearson est vaincu dans cet engagement obstiné, et il amène son pavillon. La seconde frégate qui naviguait de conserve avec lui se rendit également , et Paul-Jones resta victorieux sur son navire qui faisait eau de toutes parts ; il avait perdu trois cents hommes, et la corvette qu’il av:it moutée coula à fond le lendemain. Lui-même amena avec peine dans les eaux du Texel le reste de sa flottille, jcsemparée et battue par la tempête.
Un combat également mémorable eut lieu quinze jours après entre la frégate française la Surveillante °t la frégate anglaise le Québec ; mai: fut plus funeste à leurs écapitaire !u Couédic et Farmer. Tous leurs anäts avaient été abattus, sans que lu violence de l'attaque se fût ralentie, et du Couëdic était couvert de blessures ;
mais il continua de commander et de ‘
combattre jusqu’au inoment où la frégate anglaise eut pris feu , et aussi généreux que brave, il mit tous ses soins à sauver l'équipage ennemi qui venait de se jeter à la mer. Le capitaine anlais ne voulut pas survivre à son désasre : il attendait à bord l’explusion de sa frégate; il s’engloutit avec elle, et le capitaine français, victorieux et mourant, revint à Brest où il expira bientôt.
Après avoir retracé les calamités de " guerre, on aime à se reposer sur ües acte: plus consolants pour l'humanité. L'Angleterre s’attendait alors au prochain retour du capitaine Cook, qui avait accompli dans les régions les
lus inexplorées grand Océan ses immortels voyages de découvertes; et Louis XVI, appreciant l'importance ét le mérite d'une entreprise qui intér sait toutes les nations, avait prescrit à tous les commandants des vaisseaux français de traiter le capitaine Cook comme un officier d’une puissance neutre et ailiée : cet ordre était du 19 mars 1779 : à cette époque on ne pouvait point connaître en Euro, : la tragique et déplorable fin du navigateur qui venait de tomber, le 14 février, dans l’île d'Owhyhée, sous les coups des féroces habitants. Le capitaine Clerke, devenu commandant de l'expédition, mourut lui-même le 22 août, et le capitaine Gore qui lui succéda se trouva placé sous la même sauvegarde, et répondit à un si noble procédé, en s’abstenant aussi de toute agression contre des bâtiments français.
Quel plus digne hommage pouvait être rendu aux sciences et à la grande société humaine, que de considérer comme neutres les hommes chargés de porter aux nations dans l'enfance les bienfaits des arts et de la civilisation!
Ts semblaient être revêtus d’une miss10n religieuse et sacrée, et les armes des bellisérants s’inclinerent en leur
résence.