OO
Cuba.
Porto-Rico...
Colombie...
Total.
Sur cette importation de fruits de près de cinq millions de francs pour un seul port, il est à regretter que nos colonies françaises des Antilles ne figurent pour rien, et je pense qu’il y aurait certainement une possibilité d’ouvrir aux États-Unis en général, et au port de Philadelphie en particulier, un débouché pour les bananes et pour les noix de coco de la Martinique et de la Guadeloupe.
Si l’on examine la valeur des divers articles importés directement à Philadelphie, on remarque qu’en* dehors du sucre de cannes (135,678,000 fr.) et du sucre de betterave (23,514,000 fr.) qui viennent en tête de la liste, les plus importants articles sont les suivants :
Valeur en francs
Feuilles d’étain .... 12. 35 o. 000
Laines, 3 classes. 8.148. 4 oo
P eaux de chèvres... 7.624. 4 oo
Produits chimiques. 5.189.600
Tabacs de Manille. 5 .o 85 . 6 oo
Draps et vêtements laine. 4 - 4 ^i .600
Bananes. 4 . 253.323
Tissus de lin, chanvre et jute.... 4 * 123.600
Soude et cendres de soude .. 4.097.600
Tabac en feuilles. 2.766.400
Tissus de coton. 2.735.200
Tissus de soie ... 2.709.200
Mélasses. 2.470.000
Soieries. 2. 355 .600
Dentelles de coton .. 2.184.000
Bonneterie et tricots. 2.100.800
Minerai de fer. 2.095.600
Ciment. 2.007.200
Papier. i. 56 o.ooo
Lainages divers. i.5i3.200
Dentelles de soie.. 280. 3 oo
Rubans. 225.934
L’examen de ce tableau montre la vérité de ce fait, que j’énonçais en commençant, que les importations inscrites à la douane de Philadelphie ne représentent qu’une faible partie, à peine 1/5, en moyenne, des produits importés en ce port, tant pour la consommation de ses habitants que pour les besoins de ses 23,000 établissements industriels de toutes sortes qui occupent 230,000 ouvriers et 122,000 ouvrières.
La « Trades League » évalue à 81 0/0 la proportion moyenne des produits importés arrivant à New-York, et à 19 0/0 seulement celle des produits venant par Philadelphie. La plus grosse part vient donc par New-York, ayant à supporter les frais supplémentaires des brokers, et le fret par voie ferrée, lequel est le plus lourd, pour certains produits, de New-York à Philadelphie que de Liverpool à
PORT DE PHILADELPHIE
New-York. L’importation des rubans, pour ne citer qu’un exemple, ne comporte qu’un chiffre de 226,000 fr. environ pour ce port. Or, deux seules maisons de Philadelphie ont déclaré importer, à elles seules, chaque année, des rubans pour une somme dix-sept fois supérieure à ce chiffre : de même pour le ciment, les draps, les soieries, le papier, les vins, la parfumerie, les modes, les lainages, les peaux de chèvres, les dentelles, etc.
Aussi, est-il à peu près oiseux d’examiner, en présence de cet état de choses, le détail des articles d’origine française importés à Philadelphie. Ainsi, les soieries sont portées pour 1,497,000 fr., les draps et lainages pour 726,000 fr.; ces quantités ne représentent pas le dixième des marchandises similaires que font venir annuellement les deux seules maisons de Philadelphie mentionnées plus haut. Il en est de même pour les vins rouges 1 55 ,000 fr.,les champagnes 281,000 fr., les gants 296,000 lr., les cognacs 108.000 fr., les pruneaux 190,000 fr., les jouets, les produits chimiques, les livres, etc., dont l’ensemble ne constitue qu’une minime partie de produits français similaires consommés sur l’immense marché de Philadelphie et les marchés avoisinants du Delaware, de l’Ohio, de la Pensylvanie, du Maryland et du New-Jersey méridional qu’elle approvisionne en partie à son tour de seconde main.
Une association s’est formée à Philadelphie (( The Trades League » pour améliorer la condition actuelle des affaires en ce port et encourager tous les efforts tentés en vue de lui rendre sa splendeur et son activité. Une des mesures proposées est la création d’un pont sur le Delaware, mettant en communication directe la Pensylvanie et le New-Jersey ; une autre est la création d’un canal à travers le New-Jersey, mettant en communication directe la rivière Delaware avec l’Océan, de façon à diminuer la distance entre Philadelphie
MOUVEMENT COittMERCIAL EN 1893
et l’Europe, point qui nous touche de plus près. La ligue s’engage en outre à favoriser l’établissement de lignes de steamers régulières, entre ce port et les ports d’Europe. Cette résolution vient à l’appui de l’urgence de la création d’une ligne de quinzaine entre Philadelphie et un port français, comme concurrence à la ligne d’Anvers que je demandais dans mes rapports antérieurs. Toute tentative dans ce sens de la Compagnie Transatlantique ou de toute autre Compagnie est certaine de trouver l’appui unanime du commerce, de l’industrie et de la finance de Philadelphie, parce qu’elle répondrait au programme tracé par la Trades League; les chiffres ci-dessus cités, à l’importation, en font suffisamment ressortir la nécessité sans qu’il soit nécessaire d’insister davantage.
The International Navigation Company. — La Compagnie internationale de Navigation, ayant son siège à Philadelphie, contrôle deux grandes lignes maritimes : i° F « American Line », entre New-York et Southampton et Philadelphie et Liverpool ; 2° la « Red Star Line » entre New-York et Anvers et Philadelphie et Anvers ; c'est à cette dernière que devrait répondre la création d’une ligne de Philadelphie en France.
Le 22 février 1893, °ù drapeau américain fut hissé sur le (( New-York » et sur le « Paris », marque, pour les Etats-Unis, la date de la renaissance de leur marine marchande. MM. William Cramp et Sons construisent dans leurs chantiers du Delaware deux autres steamers, le « St- Louis » et le (( St-Paul », destinés à la ligne de Southampton. Leurs établissements prennent chaque jour plus d’importance.
Canal entre Philadelphie et New-York. — Le but de ce
PORT DE PHILADELPHIE
canal, qui est sérieusement recommandé aussi bien par le « New-York Board of Trade » que par la « TradesLeague » de Philadelphie, est d’unir les eaux de la baie de New-York avec le Delaware, et plus tard avec la Floride et le golfe du Mexique , de façon à faire communiquer directement ce dernier avec New-York, Philadelphie, Baltimore, Savannah et Jacksonville et de permettre aux produits du Mississipi de s’échanger avec ceux des ports de la côte atlantique. Le fret de New-York à Philadelphie serait abaissé de moitié par ce canal. La distance aux mines de charbon étant diminuée, le coût de ce combustible serait réduit d’un demidollar. Partant de Bordentown sur le Delaware, ce canal, qui aboutirait à la rivière Raritan et à la baie inférieure de New-York, aurait environ 34 milles de longueur. On en évalue le coût à environ 20 millions de dollars. La construction de ce canal n’est encore qu’en projet, mais ce projet se réalisera un jour et il m’a paru utile de le signaler dès maintenant.
Amélioration du port. — Philadelphie fabrique plus des 9/10 des tapis faits aux États-Unis ; la maison Baldwin fabrique à elle seule près de la moitié de locomotives construites aux États-Unis, 956 en 1892. Enfin, c’est Philadelphie qui consomme le plus de matières premières de toutes les villes de l’Union. Elle exporte plus des deux cinquièmes du pétrole exporté des État-Unis, et plus d’un tiers du sucre importé dans les ports de l’Atlantique est débarqué sur ses wharfs et raffiné dans ses raffineries. Ses manufactures produisent annuellement pour 3 milliards de francs de produits fabriqués. Son port est placé à 100 milles de la mer, sur le Delaware, elle a 30 milles de quais en eau profonde, mais ces quais demandent des travaux urgents et la rivière a même besoin d’être balisée sur certains points. La Trades
League reconnaît aussi la nécessité d’une plus vigoureuse initiative de la part des commerçants et des capitalistes.
Anvers est à 52 milles de la mer, sur une rivière à peu près semblable au Delaware, mais, grâce à l’entreprise de ses marchands, et aux travaux publics exécutés à grands frais, son commerce est quatre fois plus considérable que celui de Philadelphie.Hambourg et Rotterdam mêmes sont aussi de beaucoup plus prospères, pour les mêmes raisons. Le mouvement inauguré par la Trades League, s’il est continué, aura pour effet de placer Philadelphie, avec ses énormes ressources et ses facilités naturelles, parmi les premières places maritimes du monde entier.
Navigation et mouvement du port. — Le nombre de navires étrangers entrés à Philadelphie en 1893 a été de 992 — 269 voiliers et 723 steamers, — représentant un fret de 1,323,182 tonneaux. En 1892, les entrées avaient été de 1,217 navires représentant un fret de 1,509,555 tonnes, soit une diminution de 186,000 tonnes. Ces chiffres correspondent, ainsi que les suivants, à ceux cités plus haut de la diminution dans les exportations et les importations sur 1892. Les sorties ont été de 875 navires, 299 voiliers et 576 steamers, avec un fret de 1,114, 458 tonnes. L’année précédente, les sorties avaient été de 1,097 navires représantant un tonnage de 1,345,288 tonnes, soit une diminution de 230,840 tonnes.
Le nombre de navires expédiés de ce port vers les ports français, qui était, en 1892, de 130 navires, dont 12 français, est passé en 1893 au chiffre de 1 56 , dont 141 étrangers et 15 français. Cette augmentation provient surtout du fait que Philadelphie tend à devenir le seul port d’exporta-
PORT DE PHILADELPHIE
tion pour les pétroles bruts américains, raffinés en France.
Il est regrettable de penser qu'une grande partie du fret représenté par ces pétroles nous échappe. Pourquoi se plaindre du dépérissement de notre marine marchande, si on ne fait rien pour l'arrêter?
Le mouvement commercial du port de Philadelphie, pour l’année 1894, a été de 88,994,704 doll., se décomposant ainsi :
Exportations. 37.441.000 dolL
Importations. 51.553.704 —
Total.