I.QO
2 Lainages et draperies.
3 Rubans de soie.
4 Laines pour tapis.
5 Prunes et pruneaux.
G Pierres précieuses.
7 Boutons...
8 Peaux de chèvres brutes....
9 Champagne....
to Tissus de coton..
11 Objets en métal..
j 2 Cheveux bruts.
1 3 Déchets de laine.
1 4 Matériel pour chapeaux.
1 5 Dentelles de coton.
16 Joaillerie.
17 Graines.
18 Eaux-de-vie.
19 Objets d’art.
20 Tissus de chanvre.
21 Poterie décorée.
22 Conserves, fruits, légumes..
28 Fleurs et plumes.
24 Papiers.
25 Vins en bouteilles.
2O Tissus de lin.....
27 Fils de laine..
Si l’on examine ce tableau, on voit que, sauf pour quatre articles, qui sont en diminution importante, tous les autres sont en progression en 1890 sur l’année précédente, ce qui tendrait à prouver, a priori , que le Mac-Kinley Bill n’a pas fait à nos importations le mal que l’on craignait tout d’abord.
Les trois diminutions les plus importantes portent sur les lainages et draperies, les laines pour tapis et les tissus de coton.
Des efforts énormes ont été faits et sont faits chaque jour pour s’affranchir de l’étranger ; et le jour, en particulier, où la laine sera admise en franchise, il est probable que notre importation de lainages et draperies, sauf de très belles qualités, aura perçu un coup fatal. De tous côtés, des manufactures se fondent ; les agents des fabricants américains engagent en Europe de grandes quantités d’ouvriers qui entrent par voie de New-York et sont de là dirigés sur les diverses fabriques. Il existe à Patterson, New-Jersey, des fabriques où l’on commence à fabriquer le velours supérieur, les gazes, les brochés, les articles rubans; de tous côtés, cette immigration d’ouvriers experts français est signalée et
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l’on devait s’y attendre; le tarif douanier permettant au fabricant d’élever le prix de ses produits en fermant la porte auxproduits étrangers susceptibles de leur faire concurrence, celui-ci restreint la production du marché, importe la maind’œuvre étrangère, use souvent de fausses marques et étiquettes; il est maître du marché, et le consommateur est à sa merci. L’ ce Alien contract labor law » est devenue absolument lettre morte.
Quant aux tissus de soie, rubans, soies en pièces, etc., leur importation a augmenté de plus de 20 0/0 ; on a essayé plusieurs fois d’implanter le ver à soie, mais ces essais n’ont pas réussi; cette industrie délicate exige trop de soins pour convenir à la grossière main-d’œuvre du pays. D'ailleurs, il est une considération dont il importe que notre commerce d’exportation soit bien persuadé, en ce qui touche les Etats- Unis, c’est que toute l’industrie de ce pays est incapable, et le sera longtemps encore, de produire 1 mètre de drap d’Elbeuf, de faille de Lyon, de ruban de Saint-Etienne, de soie brochée fine, ou même n’importe quel article fin et délicat.
Il y aura toujours un public pour nos vins, nos soies, nos velours, nos objets d’art, dont il a pris le goût et dont il ne peut absolument pas se passer. Il payera ce qu’on lui demandera et l’augmentation retombera sur le consommateur américain, sans que l’importation ait diminué. Et ce ne sont pas là des affirmations faites à la légère : une enquête faite sur place a montré que les grandes maisons de Philadelphie, les John Wanamaker, Sharpless Brothers, Strawbridge and Clothier, etc., n’ont Jamais tant importé d’articles français que depuis l’établissement du Mac-Kinley Bill.
Quant au bill administratif, la Chambre de Commerce de Philadelphie, ville essentiellement protectionniste, a déclaré elle-même, dans un document public, que, tout en recon-
naissant la nécessité d’empêcher la fraude, le bill administratif devait être simplifié et amendé de façon à ne pas gêner inutilement ou soupçonner d’une façon blessante les importateurs honnêtes dont les méthodes sont et ont été toujours irréprochables, c’est-à-dire, quand il s agit des négociants français, l’immense majorité.
L’augmentation que démontre l’examen des importations françaises à Philadelphie en 1890 n’est pas accidentelle. Le tarif Mac-Kinley est établi de telle sorte que les droits vont en augmentant sur les articles de fabrication courante et en diminuant sur les articles de luxe; il en résulte que c’est surtout l’Allemagne et l’Angleterre qui sont frappées et le seront chaque année davantage à mesure que l’industrie se développera, au lieu que les articles français seront toujours de plus en plus en demande: ainsi, les soies, les rubans de soie, les fleurs et plumes, les dentelles, les objets d’art, la joaillerie, sont en augmentation sur 1889 dans le tableau précité.
Pour le champagne, les droits ont fait hausser les prix et favorisé la fraude : il s’est établi un grand nombre de fabriques de champagne fait sur place. Il existe à Egg-IIarbor, New-Jersey, une maison, dirigée d’ailleurs par des Français et dont le dépôt est à Philadelphie, qui vend son produit avec des étiquettes portant au-dessous du mot: champagne, les mots: Reims, ou Épernay; d’ailleurs, le produit est détestable : pressés de réaliser les fonds, les fabricants ne laissent pas au vin le temps d’acquérir les qualités requises, et nos producteurs n’ont rien à craindre de ce chef.
Depuis l’enlèvement du droit de 25 0/0, la vente dû livre français a beaucoup augmenté, mais l’augmentation ne parait pas sur les livres de la douane de Philadelphie, les envois se faisant par New-York.
Les articles de verre, sauf les très belles glaces, sont tués par le tarif. D’ailleurs, des efforts énormes sont faits dans
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ce sens, et nos compatriotes n'y sont pas étrangers;^ Tarentum, Cochran, Butler, Ford City, il y a de véritables colonies de verriers français, recrutés en France, grâce à de belles promesses, et qui, presque tous, regrettent d'être venus, les salaires plus élevés ne compensant pas le haut prix des denrées, du vin, du logement, etl’ennui insurmontable qu’ils rencontrent dans un milieu si différent de celui où s’est écoulée leur existence. Ce sont de bons Français, restant en rapports constants avec le Consulat et ayant grand soin de faire noter tous leurs changements de résidence. Malgré tout, le but poursuivi par les Américains se rapproche; nos belles glaces de Saint-Gobain et de Baccarat se vendent encore, mais le verre commun faiblit de jour en jour.
Plusieurs maisons françaises avaient essayé d’introduire à Philadelphie nos ciments, en concurrence avec le ciment Portland; le nouveau tarif a tué cet essai.
La vente du diamant augmente d’année en année ; la France, à Philadelphie, a le monopole presque exclusif de cet article.
Les vins français ne figurent aux registres des douanes de Philadelphie que pour une faible quantité ; la raison en est que la plus grande partie vient de New-York. La concurrence des vins de Californie commence à se faire sentir; on sait qu’en 3890 la récolte de la Californie a dépassé 1 million d’hectolitres. En Pensylvanie, très peu de raisins sont convertis en vin; plus des 9/10, ayant pour la plupart un goût muscat, sont vendus pour la table. Les variétés les plus en faveur sont : le Concord, le Catawba, Moore’s early,Isabella et Brighton.noms bien connus de nos viticulteurs.
Pour le fer, l’acier, la houille, la Pensylvanie occupe le premier rang des Etats de l’Union ; elle a produit en 1890 49 0/0 de la production totale du fer, soit plus de 4 millions
et demi de tonnes dans 224 hauts fourneaux, répartis dans le Susquehanna, les vallées de Juniata, de Venango, de Lehig et le comté d’Alleghany. Quant à l’acier, sur un total de 4 millions et demi de tonnes, la Pensylvanie a produit plus de 2,700,000 tonnes, soit 62 0/0. De concurrence avec l’ancien procédé, le procédé Clappe-Griffith a été introduit d’Angleterre en 1884, et le procédé Robert Bessemer, de France, en 1888.
Quant à la houille, la production annuelle de la Pensylvanie est d’environ 40 millions de tonnes, évaluée, prise à la mine, à 60 millions de dollars. Les immenses bassins houillers de la Pensylvanie couvrent les trois comtés de Wyoming, de Lehigh et Schuylkill. ï /industrie houillère occupe environ 1,200 Français, soit un total de 3,000 avec leurs familles, provenant spécialement des quatre départements delà Haute-Loire, du Var, de Vaucluse et du Gard, surtout de ce dernier. On les trouve à Mac Donald, Noblestown, Impérial, Montour, Midway, Primrose, Fédéral, Jeannette et Willow Grove, c’est-à-dire sur une surface d’environ 60 milles carrés anglais. Ils forment de petites colonies très unies, restant en contact permanent avec le Vice-Consulat de Philadelphie, qu’ils consultent au besoin sur toutes leurs petites affaires personnelles, de famille, d’intérêt, d’état civil. Il est d’ailleurs consolant d’ajouter que nos compatriotes jouissent, invariablement, de la plus haute estime dans tous les districts où ils se sont établis.
On ne saurait trop recommander aux négociants français, désireux d’importer leurs produits à Philadelphie, l’emploi de commis-voyageurs parlant très couramment l’anglais et ayant grand soin de venir, surtout pour les achats de tissus sur échantillons, au moment exact des achats sur place. J’ai vu tel voyageur français perdre une commande importante de plusieurs centaines de mille dollars, pour être
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arrivé une semaine ou deux après que son concurrent allemand ou suisse avait passé.
Il y a lieu aussi d'être très prudent en fait de crédits à accorder. La loi sur les faillites, dont on annonce chaque jour le changement, ne varie pas, et protège le failli plus que le créancier. La meilleure agence de renseignements commerciaux privés est la « Brooks Commercial Agency ». Les procès sont longs et coûteux ; même quand il n’y a pas procès et que le débiteur, sur sommation écrite de 1’ « attorneyat-law » en charge, consent à payer, celui-ci, pour ses frais de perception, prélève, tous frais payés, io o/o d’honoraires, ce qui rend ruineux tout conteste.
MOUVEMENT DU PORT DE PHILADELPHIE
En 1890.
En 1890, le mouvement du port de Philadelphie a été de i,888 navires, comprenant i,o 5 o entrées et 838 sorties se décomposant ainsi :
Voiliers. Vapeurs.
Navires sortis... 292 546
Navires entrés. 3io 74o
Total. 1.888
Le mouvement par pavillon montre que l'Angleterre vient au premier rang, de beaucoup en avant sur tous les autres pays. Le tableau suivant donne le chiffre de ce mouvement pour les entrées :
MOUVEMENT COMMERCIAL EN 1890 Entrées.
Voiliers, Vapeurs. Total. Tonnage.
Angleterre. 1 47 586 733 q 33 . 56 i
Norvège . 45 9^ J 4 1 87.706
Allemagne .. 18 36 54 84.244
Italie. 65 3 68 45.427
France. 5 5 10 10.288
Portugal. 11 1 12 6.011
Divers. 19 82 29.868
Totaux.. 3 io 740 1 »o 5 o 1.197. !o 5
Sur les 1,0 5 o navires entrés avec un tonnage de 1,197,105, l’Angleterre a 733 navires avec un tonnage de 933,561 tonneaux, soit 79 0/0 du tonnage total. La France na que 10 navires (5 voiliers, 5 vapeurs), tous venus pour charger du pétrole. L’examen des sorties donne le même résultat, c’est-à-dire qu’après l’Angleterre, c’est la Norvège, l’Allemagne et lTtàlie qui ont le plus fort tonnage. Les importations importantes de pétrole et de céréales pourraient fournir à notre marine de commerce un champ plus étendu que celui qu’elle occupe à Philadelphie. En effet, sur plus de 24 millions de francs de pétrole que la France a acheté aux États-Unis, plus de la moitié vient de Philadelphie, qui est, avec New-York, le grand marché d’approvisionnement de nos raffineurs.
En présence du très grand succès rencontré par la ligne belge de quinzaine entre Anvers et Philadelphie, en émigrants, passagers et fret, abondant et rémunérateur, je ne peux qu’exprimer le désir de voir une ligne analogue s’établir entre ce port et l’un des ports français : son succès est assuré d’avance.
Il y a lieu aussi de désirer que nos grands raffineurs de pétrole, à l’exemple de M. Paul Paix, de Douai, et de quelques autres, se fassent les propres transporteurs de leur matière première, au plus grand avantage de notre marine marchande.
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