‹ États-Unis de l'Amérique du NordChapitre 6 sur 42 · LA PHILADELPHIE NOUVELLE · texte numérisé non relu

LA PHILADELPHIE NOUVELLE

Il ne sera pas inutile, à l’issue de ce rapport, de donner quelques détails sur la Philadelphie nouvelle telle que l’a révélée le dernier recensement. Sa population est de 1,046,764 habitants; elle a augmenté, depuis 1880, de près de 200,000 habitants, soit de 23 0/0.

Cette population est répartie sur une étendue de 129 milles carrés, ce qui donne 8,000 habitants au mille carré. New- York, resserré sur une superficie de 40,000 carrés, a 37,675 habitants au mille carré. Aussi Philadelphie a-t-il plus d’habitations bâties, chaque famille ayant sa maison.

Sur une longueur de 1,150 milles de rues, elle a 324 millions de rails servant aux tramways qui la sillonnent en tous sens, soit à traction mécanique, « motor cars », soit à chevaux. L’électricité est encore peu employée, sauf pour quelques tramways suburbains. Ce nombre de 324 milles de rails est le même qu’à Brooklyn, New-York ayant 368 milles, Chicago 365 et Boston 329 milles. Pour l'approvisionnement d’eau elle a 11 réservoirs ayant une capacité de 891 millions de gallons et une réserve de 8 jours; le service de l’eau est fait par la ville elle-même.

Son éclairage est fourni par 25,993 lampes, dont 18,470 becs de gaz, 1,045 lampes électriques et 6,478 lampes à huiles. Elle a 1,700 hommes de police, dont 300 détectives et officiers et 1,400 policemen, coûtant à la ville 1 million de dollars. La moyenne du traitement des policemen est de 900 dol. ou 4, 5 00 fr. par an. La force contre l’incendie comprend 5 oo pompiers, ayant 40 pompes à vapeur, 2,000 pieds d’échelles et 180 chevaux.

Un chemin de fer élevé, qui traversera la ville de l’Est à l’Ouest, avec branches latérales, est en construction. La Compagnie du Reading construit une gare en plein cœur de

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la ville, à deux bloks de la ligne rivale, la « Pensylvania Railroad C° », et les travaux doivent être faits dans un an.

Une Compagnie s’est formée pour jeter un pont sur le Delaware en face de la ville, réunissant ainsi les Etats de New-Jersey et de Pensylvanie. Cet ouvrage colossal sera appelé à prendre rang à côté du pont de Brooklyn : une des extrémités du pont aboutira à Philadelphie, l’autre à Camden. Deux îles situées dans le Delaware, en face de la ville, les Smith et Windmill Islands, et qui gênent la navigation, vont être enlevées dans les six mois. Une nouvelle ligne, la « North Atlantic steamship Line », va faire un service régulier entre Londres et Philadelphie, concurremment avec 1 ’ « American Line » et la «Red Stard Line », qui unissent déjà ce port directement à Liverpool et à Anvers.

Le grand arsenal maritime des États-Unis va être établi à League Island, près de ce port, à proximité des grands établissements métallurgiques, d’accès facile par le Delaware et cependant assez loin de la mer pour être à l’abri des coups des flottes ennemies.

Une ligne de ceinture, « belt Line », est en construction donnant à toutes les lignes de chemin de fer, qui se font une âpre concurrence, égale facilité pour rentrer en ville et avoir accès aux quais du port.

A tous ces éléments nouveaux de prospérité, vient s’ajouter le fait du mouvement croissant des affaires. Le « Clearing Ilouse » de Philadelphie annonce pour 1890 un mouvement total de 3 milliards 710 millions de dollars, en augmentation de 65 millions sur 1889 et 506 millions sur 1888. Ajoutons que la ville est administrée assez économiquement : ses recettes sont de 21 millions de dollars, et ses dépenses de 20 millions de dollars, dont 3 millions et demi pour sa dette, et 2 millions et demi pour ses écoles qui sont très belles. La moyenne, par tête, pour les dernières

PORT DE PHILADELPHIE

années d’administration, a été de 13 dollars, au lieu qu’elle - est de 25 à New-York et à Boston, de 26 à Duluth, de 27 à Saint-Paul, de 18 à Buffalo.

Ce sont là des considérations qui donnent quelque poids à l’espérance des habitants de Philadelphie de voir leur ville regagner, au prochain recensement, la deuxième place parmi les cités des Etats-Unis, place qui lui appartient à tous les titres.

Le mouvement commercial du port de Philadelphie a été, en 1891, le suivant, comparé à celui de 1890:

jgûi 1890 Augmentation

Dollars Dollars en dollars

Exportations.... 42-845. 7 2 4 36 .462.951 6.382.773 Importations.... 62.438.219 57.057.011 0 .081.208

On voit donc que, pour la présente année, les exportations ont augmenté de plus de 6 millions de dollars et que les importations ont suivi un mouvement progressif analogue. L’augmentation des exportations est due à 1 augmentation des chargements de blé et de larine, augmentation qui a dépassé 14 millions de francs, alors que la diminution provenant des exportations de maïs n était que de 26 millions de francs. Les autres articles qui concourent à l’augmentation de l’exportation sont: le tabac en feuilles, les locomotives de « Baldwin Locomotive Works », — près de 8 millions, - la houille, la paraffine, les wagons de chemins de fer et les huiles de graissage ; les diminutions les plus importantes portent principalement sur cinq articles : le maïs, le coton, la viande de bœuf fraîche, les viandes salées et les saindoux.

Quant aux importations, leur augmentation en 1891 est

PORT DE PHILADELPHIE

d’autant plus remarquable qu’en 1890 les commerçants, en prévision de l’application du bill Mac-Kinley, avaient fait de gros approvisionnements de tous les articles atteints par le nouveau tarif. D’ailleurs, les importations venant de France ont un peu diminué et n’ont pas suivi le mouvement général. Au reste, ainsi que je l’ai expliqué dans mon rapport commercial de 1890, cette diminution n’est qu’apparente, pour deux raisons: la première est qu’une grosse proportion des marchandises consommées à Philadelphie viennent par des navires de la Compagnie générale transatlantique, et, bien que ne faisant que traverser New-York pour aller rejoindre Jersey-City et le réseau du Pens}dvania Railroad, n’en comptent pas moins à la douane de New-York; la seconde est que les lignes directes de steamers qui relient Philadelphie à Liverpool, à Londres et à Anvers tendent à grossir le fret venant de ces trois points. Aussi le commerce de Philadelphie, pour éviter les frais assez élevés du transport de New-York, accueillerait-il avec satisfaction l’établissement d’une ligne directe de quinzaine entre la France et ce port. Je reviendrai plus loin sur ce projet.

Examinons d’abord les exportations.

Le tableau suivant donne, par ordre d’importance, pour 1891, la liste des vingt premiers articles exportés de ce port et en regard les chiffres pour 1890, ce qui permet de faire ressortir les augmentations et les diminutions, suivant le cas :

Valeur en milliers de francs

Articles exportés

Augment.

Dimin.

Pétroles raffinés, i 45

millions de gallons..

Blé 2,423,000 hecto-

litres.

Farine de blé.

Pétrole brut 54 , 886 ,940

gall .. .

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