‹ Etats-Unis, Manitoba, et Nord-Ouest [microforme]Chapitre 7 sur 33 · AS · texte numérisé non relu

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En moins de dix-huit jours

[44 nous avons donc parcouru plus de 1800 lieues, c’est-à-dire, une moyenne de 320 milles par 24 heures. C'est un voyage qui dans le bon vieux temps durait plusieurs mois, alors que nos pauvres missionnaires, prenant la route des grands lacs, arrivaient au Fort Garry par le lac et la rivière Winnipeg. On n'avait alors pour se transporter que le modeste

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canot d’écorce. Dans quelques années, quand la section qui va de la Baie du Tonnerre à Callendar sera terminée, on se rendra à Winnipeg dans 60 heures et aux Montagnes Rocheuses dans cinq jours. L’année prochaine la ligne du Pacifique entre le lac Supérieur et les montagnes sera complètement terminée, et elle se rendra jusqu’à 600 milles à l’ouest de Winnipeg avant les neiges, ce qui fera environ mille milles en opération à la fin de l’automne, sans compter les embranchements de St-Vincent et de Selkirk.

Comme on le voit le Syndicat du Pacifique expédie la besogne avec une assez grand célérité. Tous les jours on construit de 34 milles à 4 milles de Chemin, y compris les travaux de terrassement, la pose des rails, etc.

Il n’y a niponts, ni ponceaux à faire ; on n’a qu’à poser des traverses sur un léger monticule de terre et des rails que l'on réunit par des petites plaques de fer solidement vissées. Les ‘‘ nutlocks ?

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Nous avons vu les ouvriers à la solde du Pacifique ; il y en a de toutes les nations et de toutes les langues. IL y a des Anglais, des Ecossais, des Irlandais, des Norvégiens, des Suédois, et des Canadiens-français, mais pas un seul Sauvage, car trop lâches ils sont ! Les quelques compatriotes que nous y avons rencontrés, se meurent d’ennui et se plaignent beaucoup de la nourriture, malgré les $2.50 qu’on leur paie par journée d'ouvrage. Beaucoup d’entre eux ont abondonné la besogne et ceux qui restent m'ont paru désenchantés, et du pays et de leur entourage.

Il y a beaucoup de Canadiens-français dans le Manitoba et dans le Nord-Ouest.

La ville de St-Boniface est presque exclusivement composée de Canadiens et de Métis français. Dans Winnipeg il y en a un très grand nombre. À Portage la Prairie, à Brandon et tout le long de la section ouest du chemin de fer du

Pacifique. nous en avons rencontré plusieurs qui font bonne figure au milieu de leurs concitoyens de race étrangère.

Poux la plupart ils sont à la tête de maisons de commerce d’une assez haute importance ; de même qu’à Minnéapolis et à St-Paul, nous avons eu l’heureuse chance de nouer l'amitié avec des Canadiens-francais,qui sont rois de la finance. Vaste sujet de’consolation pour moi et mes compagnons de voyage.

Le police à cheval du Nord-Ouest compte dans ses rangs six de nos compatriotes dont les plus distingués sont MM.

Maurice Duchesnay et Alphonse Têtu, deux Québecquois bien connus. Tous deux demeurent au Fort Qu’appelle, et sont très bien vus des hautes autorités militaires. A notre arrivée à Troyes, à dix-sept milles du Fort sus-mentionné, quelle ne fut point notre surprise de voir s’élancer dans notre direction à travers la prairie une cavalacade d’une vingtaine d’'habits rouges. A coup sûr nous disions à part nous, ce ne sont pi de Sioux, ni des Cris, ni des Sauteux.

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C'était une escouade de sergents et soldats appartenant à la police à cheval du Fort Qu’Appelle. Notre ami Duchesnay était du nombre de ceux-là, et on peut difficilement se faire une idée du plaisir que nous avons éprouvé à revoir une ancienne connaissance êt un ami d'autrefois.

On leur fait une vie dure à ces braves.

Trop peu nombreux pour pourvoir à tous les besoins et ponr réprimer les abus que commettent les Indiens, ils sont obligés pour ainsi dire de se multiplier afin de remplir les devoirs qui leur incombent. Ils sont cinq cents distribués en groupe d’une ihfériorité trop grande pour être utiles.

De sorte qu'àtoutconsidérer, ce corps si vanté ne saurait jouer un rôle sérieux, à moins qu’on en double la force. Que peuvent faire en effet 30 à 60 hommes, si bien exercés qu'ils soient.contre 200 à 300 sauvages qui ont des carabines à leur disposition et les diverses ruses de guerre de leur côté ? Il est fort étonnant

qu’ils aient pu rendre encore quelques services et mettre à la raison ces mauvais garnements de Peaux-Roüges dont j'ai vu de bien tristes échantillons. En général les Indiens Sioux sont assez mal disposés vis-à-vis l'autorité civile et miliiaire, et il n’y aurait rien d'étonnant de les voir se soulever tôt ou tard, comme leurs frères des Etats-Unis,contre le gouvernement. J’ai vu dans la Prairie plusieurs groupes de Sioux ; ils sont laids à faire peur au diable. On les dit remplis de vices, paresseux, voleurs, ivrognes etc. La femme est la bête noire de la famille ; les enfants pullulent,pour la bonne raison que le gouvernement paie $5.00 par tête, à chaque famille.

Alors plus la famille est nombreuse,plus la recette est grosse. En huit jours ils dépensent les quelques dollars qui leur sont alloués par le gouvernement fédéral, soit en liqueurs enivrantes, soit en tabac, et le plus souvent à payer des dettes contractées depuis plusieurs lunes.

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bon gré mal gré parcourir les routes

Le chef des Sioux est fort exigeant, paraît-il. Quelques jours avant notre arrivée à Regina, devait avoir lieu la paye annuelle aux nations iadigènes.

Les Sioux s'étaient rendus au Fort Qu’Appelle au nombre de 600. Avant tout le chef s’avance et déclare au nom de sa nation qu’il refusera tout argent, à moins qu’on ne lui fasse bôtir une maison en pierre à deux étages, et qu’on ne lui fournisse une escorte de 20 soldats.

Cette demande ridicule a été traitée éomme elle ie méritait, et le grand chef s’est retiré, rêvant sans doute de se venger.

Voilà un trait entre bien d’autres des exigences de ces individus pleins de perversité, etqui coûtent bien trop cher au Gouvernement du Canada pour ce qu’ils lui rapportent de bénéfices.

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