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& XIV . . De Toronto à Chicago
Toronto a fait beaucoup de progrès depuis quelques années. Son commerce s’est notablement étendu. Ses journaux entre autres le “ Mail,” le't Globe ”
“-Wqrld-"-et-le—-Telegramont-pris-— une grande vogue et leur circulation est considérable. J'avais une demi- “journée à passer à Toronto, et j'ai consacré ce temps-là à visiter les principaux édifices publics ef les princi- :
pales rues. La ville est située sur uñ gras bas, au nord-ouest dû lac ntario.. L'impression qui t'est restée de la Capitale de la province-sœur, lui est assez favorable. Ses départements püblics sont très bien tenus. On y voit surtout de remarquable le ministère-de l'instruction publique où l'on a installë.
des musées d'histoire naturelle, de : peinture; - -de sculpture, de géographie.
etc.’ Cette grändeéxposition des chefs d'æuyres de l'art ancien et-moderne en ur trait à ja peinture et la sculp-
ture, doit sa fondation à l'honorable M.
Crooks, ministre de l'instruction publique. ‘
Les hôtels de Toronto sont tenus sur un excellent pied. Citons par exemple le Queen's, le Rossin, le Walker, qui feraient boune figure dans les grandes villes des Etats-Unis.
A midi, départ de Toronto par le ‘* Credit Valley” La route est belle, et le train file avec une vitesse d’un mille
à la minute. Nous voyens passer tour
à toÿr à nos regards avides de fout voir, les endroits appelés : Parkdale, Lampton, Cogksville, Streetsville, Milton, Guelph, t, Ayr, Drumbho, Woodstock, ‘‘’Beachville, Tngersoll, Belmont et enfin
la petite villé de St- Thoïnas. Mais ilest
5 heures, et la nuit va bientôt. assom- :
- “brir ie sage. à + Nous abandonnons le “ Credit Valley” pour le “ Great-Western,” qui doit nous rendre à Détroit duränt la nuit. Que faire durant “cette veillée, la première - que nous passons au-milieu de nos ämis Ontario avec qui nous avions#éjà fait
connaissance ? Un concert est organisé :
Levasseur tient la baguette, et mettant à profit les notions de musique vocale
apprises au collège, nous chantons la
‘ Marseillaise,” En roulant ma boule,” “ Derrière chez nous y-ta un étang,” & Vivé la Canadienne, ” -Un Canadien errant, ” ‘ Deux Gendarmes,” etc. On y
- met un tel entrain et nos gosiers sont
tellament d'accord, que nos confrères d'Ontario et leurs dignes compagnes
‘sont séduits par le charme, et nous
applaudissent à outrance. Bien souvent il nous faliut recommencer ia même chanson pour amuser la galerie, qui applaudit toujours.
La veillée se passe”au milieu de’ ces plaisirs bien légitimes, et nous arrivons à Windsor sans avoir trop éprouvé les ennuis de la route. Il passe minuit. Le convoi traverse ‘la rivière Détroit sur un bateau passeur vis-à-vis la ville du même nom,et dont on n’ aperçoit vaguement que les quais, grâce à à la lumière des reverbères.
Il est grand temps d’aller se coucher ; il-est une heure, et il nous faut être debout à 7 heures le lendemain. La chaleur est intense ; pas-la plus légère brise. Mon compagnon de lit, M. Pelle-
‘+ier, se plaint en termes très énergiques de la température .qui lui donne des transpirations de consomptif. Moi-
même uu roseau à côté de mon ami, qui jouit d’une corpulence assez notable, je me sens tellement affecté par cette chaleur suffoquante que je me précipite hors de ma couche, et mettant à la hâte les habits les plus Pb dre je me/retire\à l'arrière
encore sous ?
-ne m'empêche-pad e prendre connais ‘ sance de la/naturd du holet des beautés
Railway ” Krawgfse. Après avoir consulté mon “”
ime table ”, je constate ‘qué-nous sommes rendus à la D |
ville de Michigan. Il ue nous reste pl que 58 milles à parcourir pour ‘arriver —
ue
à Chicago, la Reine de’ VOuest. Nous traversons plusieurs autres villes, et à 8,00 précises le train entrait en n gare de
Chicago .
(Chicago —
Après une courte station à L'hôtel un Palmer, quel'on dit être le lus consi- —dérable de Punivers entier; je me joins:
. ‘à MM. Pelletier, Lemay'et Demers pour visiter les endroits les plus intéressänits
de cette superbe ville. Grâce à l'obligeance d’un de nos compatriotes, autrefois résidant à Québec, nous avons pu eus l'espace de dix heures avoir une exéellente idée de Chicago. de ses parcs,
de édifices publics, de sesélévateurs,
de ses chaux, de ses rues, dé ses chars urbains, de Ses magasins et hangars, de ses tunnels, dè.ses églises, etc.
. Le parc LinQ ln,. le seul- que. nous” ‘ ayons pu visites il y'en a neuf. eg tout,—est tout simplement une mer-
. veille. Il couvre une superficie. d’au
moins trois mille, et renferme des .:
lacs et rivières artificielles, des jardins ; ;
- on y voit presque tous les animaux: de | la création; des lions de mer, a “ügres, des pantfiéres, des oùrs,
loups, des - -serpents, des renards, des
- “singes et des oiseaux en grand nombre.
Les renards ont leurs tanières, comme :
les: oiseaux peuvent: prendre leurs
ébats dans d'immenses volières où ils
font leurs nids. Ce&
merveille que cette exposition. d'ani- «
inaux, que l'on péut visiter gratuite:
ment à toute heure. -
- Les édifices publics sont d’une richesse
de construction incroyable. ‘Nous avons”
visité le bureau des postes auquel : est
‘uni le département des douanes, la
Bourse, la cathédrale de Mgr Feéhan,
lé collège St-Ignace, l’église des Jésui, ‘ tes, les tunnels sous la rivière Chicago, le bazar. Lehman, les magasins de.
. Marshall Field où il y a 2,200 commis, : Taquedüciqui peut fournir 360 millions dé gallons d’eäu dans 24 heures, la puis-.
sance môtrite des chars urbains qui
circulent ans la FU State qu'u un fil i $ NJ, Fr ec .
Le ° ° «
LA
‘invisible met en. mouvement, etc. Toutes | ces choses sont réellement étonnantes.
1600 chars urbains font régulièrement
‘ une plaine sur le bord du lac Nfichigan,
dans l'état de l'Illinois. C'est l’état le L
plus florissant dé l'Union américaine,
ns
et il.va sans dire que Chicago bénéficie aa plus haut degré des : avantages .:
géographiques et autres” “dont la nature l'a doté. °
Chicago. ddte de 1830 : fut érigé comme ville en 1837 ; la population, ne dépassait guère à celte époque 4,000 .
A rouen dernier recencement, la Reine.
de l'Ouest comptait une population de ‘503,304. .Avant dix ans, elle sera de , près’ d’un million; car d'après ma manière de woir, € rest une ville destinée.
à prendre plus d'importance que Nevw- York même: ‘Le pays qui entoure‘la
. ville est excellent et le climat est déli-
-'c'eux, de ‘sorte “que: les produits Jui
&. ‘ 5 = arrivent.de tous les eûtés au moyen de
‘ quarante lignes’ de chemins de fer qui
viennent de l'Iowa, du Minnesota, du Dakota, de l'Indiana, de Michigan, de
- Wisconsin elc. j
L'église’ des. dé ésuiles: êst lès élégam:
ent chnsiruite, et de vaste dimension.
Le collége StIgnace est un bel édifice
où l'on donne l’éducationà la'jeunesse.
Vingt. Pères Jésuites dirigent cette
l commhnauté puissante.
‘Le catholicisme est donc très florissant dans la capitale de Plinois.. Les
. bons sont bons, les méchants sont
méchants. À tort ou à raison on m’ as-
süre que c’est la ville.la plus pourrie | ° . des États-Unis. C'est peut-être exagéré ;
mais aussi il peut y avoir.un grand +.
fonds de vérité dans ces dires.. ‘ *Tinais et sept. “Etats dont les riches--
"ses agricoles et minérales sont extrêmes
viennent alimenter le commerce de Chicago. Le commerce lui arrive aussi -
- parles: bateaux à vapeur qui font le servicé des villes situées sur les rives . hu : ; .
des lacs: Supérieur et itichigan, et qui lui apporgnt mème les denrées ‘d'Ontario, du St-Laurent, de l'Atlantique et du. golfe du Mexique par les canaux.
Le catholicisme est la religion prédominante dans.Chicago. Il y a toute
‘ure population de:Cañadiens-français
25,000, d'Allemands” et “d'Irtandats
"dirigés par des prêtres séculiers et
réguliers sous L'autorité de l’Archevêque Feehan. Les Révérends. Pères Jésuites ont leur église et leur collège, .
et la somme du bien qu'ils font est incalcutable.'
I y à 36 églises catholiques dans Ckicago ; ; le nombre actuel des catholiques est de près de trois cent mille.
Les exercices religieux sont suivisavec.
assiduité, et l'on m'a assuré que tous les dimanchés il y en avait au moins 4,000 .
qui recevaient la sainte communion.
Trente associations religieuses ont été fondées par lés bons Pères Jésuites et “elles sont tout.à fait prospères, grâce à
üne aussi intelligente direction.
€. La cathédraleest très jolie :’le maître “7 ‘autel est en marbre blanc veiné de gris.
Elle fut bâtie en 1871.
Le commerce de Chicago est d'une prospérité dont il est impossible d'avoir - «une idée juste. C'est le plus grand centre d’affaires des Etats-Unis, après New-York. Il. faut visiter la Bourse, Æ, 7 lésbanquès;lesmagasinspourse rendre compte un peu du mouvement, du bruit, de l'excitation qui règnent dans Ghicago du matin au-soir. Pendant cet inter‘ valle, chacun est à sa besogne ; à la * Bourse Les spéculateurs, aux comptoirs les banquiers et les négociants.
J'ai visité deux magasins de nou-
. cette importante maison. Il nest #gé, .
aujourd’hui que de 28 ans. Grâce # lui | nous avons pu visiter l'établissement et :
consacrer à cette visite autant d'heures
CNT
—— curer un piano” aussi facilement qu’uné
qu’il était nécessairé. , Il-y a une bagatelle de. 2,200 -co s employés dans l'établissement ; sur ce nombre 125 sont .
préposés à la comptabilité. - |
Le chiffre d'affaires.de cette compagnie mercantile est de $27,000,000.
Le bazar Lehman est une autre maison de commerce, où l’on peut se pro-
verge d’indienne ou une boîte d’allumettes. Ici il n’y a’que 800-commis, dont la plupart sont des jeunes filles. * L'édifice de Lehman comprend un vaste carré à plusieurs étages, et le premier venu peut le‘visiter dans son
‘ entier sans être ennuyé par ‘personne.
Tous les articles dt marchandises sont exposés le long des allées, et le voleur doit avoir beau jeu par suite de cette disposition, qui est de nature à donner tentation aux escrocs. Il suffit de tendre la main pour ‘“ se payer ” une foule de petits objets de luxe. Mais honni soit qui mal y pense :’ lès voleurs sont rares
là-bas, diton.. +.
Le service de’ la brigade du feu est :
“ bien-fait, au moyen des 25 pompes à vapeur dont ils peuvent disposer. En moins de temps qu'il ne le faut pour l'écrire, après une alarme de feu la brigade est rendue sur le terrain, et je vous assure que: l'eau’ n’est pas épargnée. On dirait une trombe marine qui viendrait
—se-précipiter sur Fé élément-destructeur:——
Avec un système aussi complet Chicago ne saurait subir des calamités du genre
déelles de 1871 et de 1874. Les maisons SODtSÉRÉ ent construites pour
” résister à l'incendie. Dans State street
par exemple, lhôtel Palmer, où nous
"logions, est en fer et en marbre ; iln'y
a que les portes qui soient en bois, mais ce bois est recquvert de métal.
Chicago est la ville d'avenir Par excel-
lence. Elle: eulèvera à New-Vork le
, premier rôle, avant dix 4ns. Sa popu- “lation s'accroît avec une rapidité i incom:
parable. Elle prend une extension avec .
- laquelle aucune ville du monde n'est : :
capable de rivaliser ; c’est la ville dun
x PS
d ea
Fu
commérce, des affaires, du remue-mé-
- nage, et, le dirai-je, malheureusement
de limmoralité. Là où il y a beaucoup d’argent il y a beaucoup de laïsseriller.
On va au théâtre, au restaurant, on :
7 coudoie tout un monde cosmopolite qui ne vaut:pas toujours son pesant d'or...
On m'assure que sous le rapport moral - Chicago vaut moins que New-York.
même : c'est très significatif. ‘ ‘ J'en finis avec Chicago, bien qu'il y - aurait des volumes à écrire sur une ville aussi considérable. L'impression.
qui m'en reste peut se-résumer. comme :
suit: DANS VINGT ANS CHICAGO SERA LA PLUS GRANDE VILLE DE L'AMÉRIQUE.