‹ États-Unis, Manitoba et nord-ouest: notes de voyageChapitre 21 sur 28 · SE · texte numérisé non relu

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taine de carosses sont mis à notre dispo-sition, et en cinq minutes nous sommes :

rendus chez M Fairbanks, dont j'ai déjà eu ‘occasion de parler. En attendant que le déjeûner soit tout à fait préparé, ‘.: nous envahissons le salon, et pour la

——ceñtième—foisDemers;—en—véritable

- révolutionnaire, entonne la ‘ Marseil- -

-laise, ” et LeVasseur” fait -les variätions sur le piano. Aux chansons fran-, çaises succèdent les airs américains et anglais. Mais bientôt sur l’aimable invitation de M. Fairbanks nous entouro les tables’pour le déjeuner. Nos bot tonnières s’ornent en un clin d'œil: d’un charmant petit bouquet qu’onsa eu

“la délicatesse’ de placer devant chacun | des couverts. Déjeuner délicieux et servi avec dextérité par les dames d'Emerson.

Après le déjeüner, les eigares et prome-

- nade dans le parterre de M. Fairbanks, ?

qui est-un vrai gentilhomme-dans toûte * ‘” l’acception du mot. -

Grande récéption à l’Hôtel-de-Ville .

à neuf lieures. Quoique la distance ne.

Ê se . . . { . . ee Leon os - . - Lu …. ee in - de ue : .

soit pas très longue pour s’y rendre, ts + voitures sont là qui n’attendent qu’ un ” signalpournousy transporter Quelques-| ‘uns ayant manifesté le désir de fairé une. marche, mes compagnons et moi prénons nos jambes et nous nous aven+ .

——turons-sans- guide-dansla-rue- principale — — . d'Émeérson. Il faut dire que cette ruê était pavoisée ; il y avait même des inscriptions dont une ‘nous.a vivement frappés. Elle était ainsi conçue: “Vive .

la presse” Du français à Emerson, mais - - c'est merveïilleux,nous dimes-nous. Oui . du-belet bon français., Eneffet, il y a - dés Ganadiens-français dans Emerson, ‘et aussi des Belges, tous aussi affables et aussi hospitaliers les uns que les : ‘autres. MM.Prudhommé et Ritenotf, - que nous sommes allés. voir, sont des .

- négociants à l'aise, et qui.nous ont très . bien accueillis.

“ba: salle: de: -v'Hôtel-de-Ville sétait… décorée avec-un‘goût exquis. Les pans étaient littéralement.recouverts de ver-

‘| dure, et au milieu de la salle, sur une

table, les dames, je suppose, avaient, installé toute une jardinière de fleurs naturelles.’ Rien de plus poétique que cette exposition de bouquets dans. un ”. bôtel-de-ville, où l’on ne s'attend guère: à remontrer que des sergents de ville :

où dés huissiers - Au fond sur une ‘ estrade en hémicycle trônent les maïres et les conseillers de ville d'Emerson et de West Lynne. Deux adresses sontprésentées aux touristes. M. Pense qui en est send à son vingt cinquième discours, s'exécute de bonne grâce et tout est terminé. Cependant iLnous faut bien accepter les bonnes offfés qu'on nous fait de visiter les ‘“ Quatre coins ” ou les ‘ Four corners,” c’est-à-dire, aller à West Lynne, de là à Pembina, et enfin à Saint-Vincent, où le train nous attend." - .

” Cette petite promenade estcharmante.

“I ous faut traverser la rivière Rouge ‘ deux fois, d’abord sur un pont en’ qüittant Emerson, ef puis sur ün bac.

” de Pembina à St-Vincent. St-Vincent

—déjà- dans-le-Mianesota; exgninant un - — pays que nous n'avons pas enCOre VU, .

étant passé de nuit..Le pays est beau : ;

et Pembina appartiennent aux Etats-

Ünis, et voilà pourquoi nous avons. pu:

nous. vanter d’avoir foulé le sol du

‘ Dakota.

- A°41.30 h;, le train ‘s’ébranle et fuie la gare de St-Vinceïit. Nous sommes

il est plat, comme toujours, . mais on aperçoit par ci par là des habitations - les” blés sont, j'allais : dire, à

lens clôtures, c'eût été une erreur grave. car.les clôtures. dans : “toutes ces ‘

régions brillent far leur absence, mais les endroits cultivés.sont très beaux.

Nous prenons le diner à Hallock ; au .

moment mème où. nous entrions. dans.

ce village se publiaïit le premier numéro :

du “ Kittson Country Entreprise”, jolie

feuille hebdomadaire spécialement dé- .

- diée aux cultivateurs du Minnésota, du”

Dakota, et dela partie sud du Manitoba.

M. Wallace est un homme entreprenant,

etil n'y a. pas de. doute. que le fortune .

Jui sourira.

Lo 1327:

‘Laissons maintenant filer la locomo-. TT - tive, et ‘après nous être bien reposés, :

entrons à St-Paul. Il est sept heures :

du \matin ; la ville commence à se réveiller.’ Les. rués sont encore peu animées, mais on s'aperçoit . que: le :

—__mouvément-ne tardera-pés-à- -sopérer.

Passons sous silence un déjeûner dans l'hôtel des Marchands, puis allons faire le tour’ de la ville. .

St-Paul

. St-Paul est une très-belle ville. Elle

, $é compose de deux pagties, dont l’une l'inférienre, est située Sur le rivage du Mississipi, l'autre, la supérieure,est bâtie

.-Sur des collines: Li ‘fleuve n'est pàäs bien large, un quart de milleenviron; + ‘ les hauteurs- sont, aussi élevées que le.

. promontoire de Québec.dù côté sud de la rivière St-Charles: - Le coùup d'œil du haut de la”colline “principale est:

‘joli, mais la nature n'a rien d'aussi grandiose dans ses aspects que no05 ,

ri :PAYSAges de troisième: ordre dans notre .-

. province. Tout est rétféci, -comme les ‘horizons. :

St-Paul est la capitale de PEtat du Minnesota et appartient au comté de

Ramsay. Sa- population. est, d'environ 70,000 ‘âmes. C’est le grand centre où. :

les rivières

— aboutissent ler grätides lignes de che--

mins de fer du Nord-Ouest. Sept grandes artères viennent lalimenter quotidien-

nement, et-il y au moins 150 trains.

“qui chaque j jour partent et arrivent à la

gare “ Union ”, la plus belle de PAmé- ‘

rique.

Le commeïce” ‘de gros s'élève à ut

‘chiffre qui n’ést ‘pas inférieur à cent :

millions de dollars ; il y. a, à part cela, la partie manufacturière dont Timpor- :

tance estimmense. .

"Il y 2-65 églises daris St-Paul dont’ le

‘plus grand nombre joignent. l'élégance !

à la grandeur. On a construit en 1881.

des ‘édificés dont ‘le coût réuni s'est

- élevé à $3,000,000. L’aqueduc, les usinés

* à gaz, les chaïs ‘urbains sont sur un

excellent pied et’ ne le -cèdent-en rien . ‘

page en rss

“aux autres villes américaines, si on en end . excepte:les grands centres, où la popu- RE. = ‘ ‘ lation se chiffre par trois cent mille à : un million d'âmes. 17 On vante beaucoup la société de | St-Pdul, qui se targue d’être une des plus aristocratiques des Etats-Unis. Ce :

qu'il y a de bien certain c’est que les institutions de. charité sont sur un excellent pied et font honneur à l'esprit “ religieux des citoyens.

Le fait est qu’on y respire une autre 5 … atmosphère qu'à Chicago ; bien qu'il y 7.*.ait de l’activité et beaucoup de dépla: , cement, on sent que la population a un * fe plus réservé : pas de brothaha (

omme à Chicago.

Les environs de St-Paul ffrent un intérêt tout particulier : aux touristes. Le lac Minnetoka, la chute de Mine-ha-ha

, attürent chaque année des milliers de visiteurs. Surles bords du lac Minnetonka est‘ construit l'hôtel Lafayette, qui peut contenir plusieurs centaines de

* pensionnaires.

‘ “135 "4. y a plusieurs Canadiens francais à SÉPaul qui: se distinguent” dans Je commerc® das l’industrie et “voire

même dans le journalisme. Un journal

français, le “ Canadien ”,-propriété de .M. Michaud, parait toutes les semaines.

Cest. le seul organe des populations françaises de l’ouest américain. Disons à sa louange que sa rédaction est bien soignée, etqu’il est écriten bon français.

. Nous sommes allés saluer son proprié-

4 PVe.

taire; dont l'accueil a.6té charmant

- Considérée sous le rapport du site, St-Paul est la plus jolie ville qu’il nous ‘ait été donné de visiter. Les résidences priv &s situées sur une colline assez

élevée, sont d’une richesse de construc-}

tion remarquable, et sont.supérieures

même sous ce rapport à ce que nous

avons vu de mieux à Chicago, à Détroit

et à Minnéapolis.

Les Québecquois qui ont des maisons

à construire ne sauraient mieux faire

que d'aller or des modèles à

St-Paul ; il y goñts.

a là pour. tous les .

Ts

puis cacher mon admiration. On se ] - repose en parcourant ses rues; c’est. un’ délassemrent rée], tandis que bien sou-* ‘vent, ailleurs on se sent, soit écrasé ‘par la hauteur des édifices, soit fatigué par le débraillé des hommes et des femmes qu’il nous faut coudoyer.

. St-Paul est situé à 2,000 milles de J'embouchure du Mississippi. En-1831 il n’y avait que trois personnes dans id endroit, 50 en 1847, 300.en 1849, 20,000 . . en 1870, et äujourd’hui la populetiondépasse un peu 70,000. Ce n’est donc qu'à dater de 1850 qu'on peut considérer St-Paul comme un endroit digne fle mention. C'est une ville qui.a 25 années d'existence. Ses manufactures sont au nombre de près de huit cents, et la somme d’affaires qui s’y fait est -d'à peu près seize millions de dollars.

Neuf cents personnes trouvent de l’emploi dans ces fabriques variées. Comme on le voit, St-Paul ne peut manquer de devenir une grande ville, malgré les

\ J'ai beaucoup admiré St-Paul et je ne ne

avantages plus nombreux peut-être que

.. possède sa rivale : 4 Minnéapolis

C'est la ville manufacRiiière par ex-

- cellence. St-Paul fonde plus d'espérance ‘sur le commerce. Minnéapolis a des pouvoirs d’eau dont on ne saurait trop calculer l'importance. Ses habitants ont bien compris qu’ils devaient surtout s'attacher à utiliser les ressources natu-

—relles-que leur apportait le Mississippi x pour mettre en mouvément des moulins.

* | à faride, et des scieries.. Aussi il faut “Fvoircomientfonctionnentcesimmenses machines, qui dans une seule journée livrent au comrerce 25,000 barils de farine, provénant du meilleur blé de - PEtat. “Il y a des moulins, qui à eux seults-dofnent cinq mille barils de farine par jour. On dif que Minnéapolis possède les plus grands moulins à farine de . Junivers-entier, et je le crois sans peine. ‘ Il y a là 30 grands édifices consacrés exclusivement à la moûture du blé.'Des

438 re

scieries considérables sont constamment en opération, s'alimentant des forèts qui .bordent le Mississippi supérieur. Les chüûtes St-Antoïine découvertes par le P.

Hennepin, récollet, ont une pente de 82 pieds et ont une force motrice de 120,000 chevaux. Aussi utilise-ton Jargement ce pouvoir d’eau immense.

Afin de donner une idée aussi exacte | que possible de la grandeur et de l’acti vité que l’on déploie dans ces moulins à

farine, je donnerai une description de celui de MM. Pilsbury et Cie, descrip-

tion empruntée à un confrère qui a fait

excursion en mème temps que. nous.

L'établissement de’-messieurs Pilsbury & Cie, situé dans un lieu charmant, est, sans aucun doute, un des plus con-, sidérables du monde entier.

Les bâtisses mesurent 145 pieds sur 173. Elles sont à 7 étages. Chaque étage à 18 pieds de hauleur. |

Dans le bas de l'édifice est placé le pouvoir moteur. Ge sont deux roues turbines de 50 pieds de diamètre chacune.

Ces roues sont mises en mouvement ‘par une chûte d'eau de 5? pieds de hauteur, venant dela rivière Mississipi.

Le pouvoir moteur est de la force total de 12,000 chevaux. .

À ces denx roues turbines, est attaché uñ axe-en fer de 6 pouces de diamètre s'étendant dans toute la longueur de la bâtisse.

‘____ Sur cet axe principal-sont-placées

7 quatre. atre grandes Doulies de 12 pieds de diamètre chacune et de 6 pieds de largeur. Elles sont entourées de courroies

. de ‘cinq pieds de large, transmettant le

. mouvement-aux diverses machines des étages supérieurs. Les poulies pèsent cind tonneaux éhacune et servent ainsi, par leur poids .considérable, à régulariser le mouvement des moulanges et autr aines.

Au‘ ..lièr étage du moulin, se trou-

vent 200 moulangés”hièVetées, dont .

‘quelques-unes à doubles meules et for-

. ment en tout 300-meules en mouvement.

.‘Le grain .passe entre 14 paires de meutes avant d’être réduit en farine.

. Lu LES - . à L'E

Des moulanges, le blé est transporté

dans une machine appelé “* séparatéur ? 7.

placée au troisième étage.

Dans le- second étage, 12 hommes

sont employés à paqueter la farine, à marquer les quarts et à les placer sur -des élévateurs qui les descendent à Pétage inférieur du moulin.

Dans le troisième. étage se trouvent:

‘un très grand nombre de machines

farine du son.

Il y à aussi un immense appareil, des-

tiné à recueillir la poussière produite

par la moûture du grain. Cette machine :

transporte la poussière dansun immense

-réceptable d'où on la ‘pousse dans la rivière par une machine à soufñler.

Cette poussière est si fine et si déliée qu: ‘elle est presque aussi inflammable que la poudre. Elle fut la cause de

l'incendie du moulin il y à quelques :

arinées.

MM. Pilsbury & Cie ont soin d'arréter le mouvement des machines une

séparateur ” qui servent-à-séparer-la-

ta

fois la semaine. Ils choisissent pour cela. le dimänche. Ainsi ils préviennent l’'échauffement des meules et des tourillons ; et par ce moyen aussi évitent un incendie pouvant résulter de inflammation de Æ poussière à de mou- ‘ture.

MM. Pilsbury & ci ont encore pris une précaution de plus. Ils oùt pourvu le moulin de plusieurs pompes mues

-par-Peau-et-qui éteindraieñt tout com

mencement d'incendie, s’il s’en déclarait.

‘ Aux quatre coins de. l'édifice est pra-" tiquée une grande . ouverture où l'on introduit le grain destiné à la mêâture.

Au moyen de machines puissantes, ce grain arrive sous les moulanges C’est alors que commente le travail de la moûture. LT LT Tout à l'entour du moulin, sont placés des chars qui arrivent au moulin ‘au moyen d’une chaine sans fin.

* Minnéapolis est ‘une très jolie ville ; ‘ses rues sont propres, larges et par. conséquent bien éclairées. Les maisons de

vs

‘commerce et les résidences privées sont construites avec un goût exquis, et rivalisent assez avantageusement avec celles de St-Paul. Il y a des chars : urbains traînés par des locomotives, qui -. . transportent les voyageurs à quinze milles’en dehors de la ville.

Leë Ganadiensfrançais sontnombreux à Minnéapolis. Comme à Chicago, il y a ue église exclusivement française, des-.

——servie-par-un-prêtre-d'origine-canadien-— ge M M. l'abbé Chandonnet. L'état social - ‘de nos compatriotes n’est pas des plus florissants, bien qu’ils ne soient nullement à plaindre. . Avec-un peu d'économie iln'y a pas de doute pourtant -qu'ils réussiraient à se créer un avenir , prospère.

On dit que Minnéapolis surpassera bientôt St-Paul en population et surtout en importance. Je n'ai pas de jugement.

à porter là-dessus, car je ne voudrais pas m'attirer les malédictions de mes amis de St-Paul, qui rivalisent de eèle pour enâre leur - ville la Plus prospère du

de:

Minnesota et lui € conserver sa : prédi rarice. On dit aussi que la popuül 1 “de Minnéapolis dépasse de 5,000 âmes ” celle de la capitale äè-Minnesota

D "Emerson à Québec

De Minnéapolis nous. nous réndons :

" à Chicago de. nuit, de sorte que les paysages nous restent inconnus. Le —lendemain matin cependant, à notre - entrée dans l'Illinois, nous avions le plaisir de revoir un pays déjà connu, mais qu'il est difficile de se “asser UN dadmirer. Le.fait est que l'Illinois est £ ‘un pays magnifique sous tous les ‘rapports. Impossible de le trouver en défaut,qu'on le considère sous le rapport . agricole ou sous le côté industrie ste.

toujours V'Etat par excellence. A Ta.

nous ne laissons pas que d'admirer s . productions en tous genres ; le blé, le maïs, les légumes, les productions minières, etc.,'etc., ravissent tous nos amis.de la presse, qui mont pas d'yeux :.

"assez grands pour tout voir et tout," examiner. . . »

L'Illinois est d’après des statistiques sûres, l'Etat qui produit le plus, etqui “par ses villes et villages sert plus que tout autre à accroître. la réputation industrielle et agricole de toute l’Union...

- Cet “Etat fait l'orgue des Etats-Unis

de l'Émérique et confribue pour une large, part à sa fortune. | F Il est huit heüres du soir et c'est un

dimanche ; nous sommes rendus à

. Chicago, après avoir passé toute üne

XF

longue journée et une nuit dans les chars, à partir de St-Paul! La ville est

. toute illuminée par des lumières élec-

triques ; les théâtres ne chôment pas plus le dimanche que ‘la semaine. .Les débits de fruits, etc, sont ‘en pleine opération, (peut-être même 6n y vend malgré les règlements municipaux}. En .

tous cas, on sert les pratiques qu'elles quelles soient, pourvu qu’elles aient le bon esprit de payer la note qui leur est présentée. Geci vient à aire qu’à .Chicägo on n’observé guère le repos du dimanche ; l'énigme est bien facile

à trouver, car Chicago est la ville du

laisser-aller elon ne s'occupe pas plus—-.

de l'observance du dimanche qu'on ne prête attention à ne pas blesser la morale, ete. ‘

"Détroit

Nous passons deux heures dans Ja capitale de l'Illinois et nous prenons le :

‘Michigan Central”, en route pour Détroit, où il est bien entendu qnenous-——

aurons EG hônres à notre disposition, pour visiter la ville fondée par Lamothe.

Cadillac.

: J'ondée comme on sait, par les Franvais En l’année 1700, la ville de Détroit “estla plus ancienne de l'Etat du Michigan. En 1812, elle fut cédée à l’Union’ Américaine parla couronne anglaise;qui alors semblait éprouver un souverain plaisir à donner aux Etats-Unis des possessions estrèmementimportantes.

Malgré toutes les vicissitudes la ville de ” Détroit n’en a pas moins conservé ses traditions,ses mœurs,et l'usage de la langue française. Il n'y a pas de doute que.ce'

. .& œ - 146 -ne soit la ville la plus française des Etffe-Unis.. Mais la tendance de la.

population vise à tout angliciser, et cela se conçoit. facilement, quand on considère que la majorité est anglaise.

. Cela n'empêche pas toutefois que le premier drapegh qui ait flotté sur le - territoire de VOuest a été le drapeau de DE! France. /- .

Et comme l’a si bien dit M. Lacroix, ‘ qui à consacré plusieurs de ses écrits à ; " l'étude de la fondation de Détroit, “le premier signe de la, r demplion paï toute la Nouvelle-France, a été érigé par la main des Français, et l'Evangile * a été prêché Ja: première fois - par des prêtres francais.

Devant la robe noire du missionnaire, ‘ le casse-tête de l’Indien est tombé de ses mains, et le plus fier républicain de:

l'Amérique Septentrionale a baissé son:

front altier devant la croix du Chrisi.

Las premiers martyrs de la foi, tom- -bés sous la hache du. farouche s sauvage,

furent des missionnaires - Français, qui,

147 | seuls,sans armes et sans or, vinrent bra- . ver lesfatigues, les périls et la mort pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. .

Le premier temple que le Détroit a-vu ?

s'élever à la Majesté Suprême, a été un ” temple catholique : le premier enfant qui aété régénéré daus les eaux baptismales ; le premier mariage qui a êté béni. par l'Église etla première tombe quis’ouvrit pour recevoir la première victime dela -mort-ont-été-des-fils-de] la France. Voilà ce que nous enseigne la véritable “his-

toire de l'Ouest. dl __ Trente-huit ans S étaient écoulés de

puis la fondation: et l'établissement de

Détroit, et° son fondateur, ML. de La- ‘mothe-Caditlac était mort. M. Joseph fut nofnmé : administrateur des biens. que

son frère possédait à Détroit, et le 28

août, 1738, “toute. la terre du Dé-

troit Ê sur laquelle est à présent bâtie l4

‘ville, fut vendue par lui en sa qualité de procureur,” à M. Barnard Mäichen

pour ‘la somme de cinq mille piastres.

Aujourd’hui vingt.cirgq pieds de front.

| 148 ° sur une des rues principales, coûtent le triple de toute cette somme. ë I a quelques années toute la ville du Détroit fut mise en éveil. | 777 Un” document” d’une importance” el .d’une rareté extraordinaire se trouvait, par un heureux hasard, entre les mains

de M. Lacroix. a Tr La curiosité publique était à soi

comble. Toute fa presse,sans distinctions :

voulait voir et er Ce e papier d'une si

- hanté valeur; et le lendémain, toutes

, des feuilles de la Ville ef païlaient - “et faisaient forcè comneñtaires. Les bou-

—< \quins, les tracés, les plans ef.l sarchi- A 8" de la ville qui dorm et t tranquil lès depuis ‘des: années Ky leurs ‘rayons couverts de poussièré, *-fürent arrachés-avec'avidité ‘de leur sommeil, époussetés, examinés, étudiés et commentés. D'après l'examen qu on en-a

fait, on a,pu constater jusqu'à un certain point que, quand le Détroit fût vendu,

‘en 1738, par‘le frère de M. àe Cadillac,

la ville pouvait contenir une population

° … 149 Lie de 455 âmes ; elle avait deux rues de vingt pieds de large ettrente habitants, sans çompter quelques huttes. De nos ” jours encoré on respecte et vénère chaque pied de terrain qui appartenait autrefois à son fondateur: *

Détroit est une jolie ville, je V'ai parcourue en tous sens,et je doisavouer

” que j'ai été frappé par la beauté de ses

édifices, de ses résidences privées, de ses carrés, par la propreté de ses Tues,par le bon air qu’on y respire, et sa physionomie générale. On se sent plus thez soi que dans toutes les autres villes de la grande République. Les construc.

tions sont généralement faites dans un . bon style. Les édifices publics ne le.

cèdent pas en beauté à ceux de Chicago :

ce qui n'est pas peu dire. Tous les excursionnistes sans exception ont été unanimes à admettre que Détroit est une très belle ville.

Quatre ‘heures sont bientôt passées * |

quand on visite une: ville intéressänte ; aussi ce fut avec regret que je me vis

re

pour ainsi dire forcé de quitter Détroit :

afin de Suivre les excursionnistes d'Ontario jusque dans leur ville-capitale.

- Nous nous rendons à la gare“ du ‘“ Canada Southern ” vers midi pôur prendrele train qui se dirige au sûd vers le lac Erié.longeant sur tout le parcours, distance" d'une quinzaine de milles énviron la-rivièreDétroit-Les-paysages — sont très attrayants et la campagne m'a paru très riche sur tout letrajet. La rivière Détroit n’est pas bien large, et à l'endroit où le train doit la traverser, © ily a un pont qui communique de la . terre ferme jusqu’à la Grosse Isle. De * ce dernier endroit un bateau passeur fait le service régulier d’un côté à lPäutre de la rivière touchant à Amhertsburgh, qui setrouve sur le sol canadien. .

D'Ambertsburg à St-Thomas, le pays noffre/rien qui puisse intéresser.

Nos compagnons de voyage commencent à nous quitter; à St-Thomas les adieux commencent à se faire, et depuis St-Thomas jusqu'à Toronto,

«TT

nous perdons plusieurs de nos plus intimes amis, entre autres notre charmant secrétaire, M. Climie, et madame Climie, M. Weld, madame et mademoiselle Weld; cette’ dernière-rédige en partie le ‘* Farmér's Advocate, ” un des meilleurs journaux d'agriculture Tue nous connaissons. A chaque station où nos amis nous quittent pour

aller dans leur famille, nous ‘chantons nos airs les plus en vogue, et crions des hourrahs frénétiques en Phonneur de chacun d’eux.. Les liens d'amitié ainsi contractés dans un voyage de trois semaines, entre des gens qui ont à supporter les-mêmes fatigues et:les -mèmes ennuis, se resserrent facilement.

La preuve en est que plusieurs d’entre nous se sont fait des amis dévoués de la plupart des journalistes d'Onta-

rio. Tous nous ont montré uve bien

vive sympathie, et j'en appelle à mes compagnons de voyage de Québec

qui sefont unanimes. à déclarer que.

MM. Pense, Climie, Allen, Weld, Law,

Steveuson, Calloway, Higgins, Tye, James, mesdemoiselles Crawford et Hortou, et nne foule d’autres nous on!

donné des preuves de ja plus franche :

amitié. ..

Enfinsnous voilà rendus au terme de notre voyage, c'est-à-dire à Toronto, qui était le véritable point de départ. Les

___ adieux se font-cette-fois-d'une-manière —

encore plus solennelle et plus touchante.

Chacun prend sa direction, et moi je vais m'installer à l'hôtel Walker, à deux pas de la gare du ‘ Credit Valley”; la journée du lendemain devant être consacrée à une promenade aux chutes de Niagara. 5

À Theures le surlendemain matin,” nous prenions le convoi du Grand- Tronc, qui nous déposait le soir en pleine santé à la gare Bonaventure. Et‘le matin du 8 septembre nous revoyions notre cher Québec, nos familles et nos amis, après une absence de dix-huit'füurs, et après avoir accompli le plus beau voyage qu'il nous ait été donné encore de faire,

en compagnie de gens gais, courtois et remplis de-meilleures dispositions à l'égard des excursionuistes de la province de Québec. J'espère que l’année prochaine nous aurons le plaisir de saluer ces braves journalistes, dans un endroit qui ne sera pas très éloigné de Québec. C'est le souhait le plus ardent

que je Iôrme, de concert avec tous ceux qui ont pris part à l’excursion de 1882.

Quelques notes

pour ceux qui désirent aller se fiver au Nord-Ouest ou au Manitoba.

Culture et Chauffage

On cultive dans le Nord-Ouest canadien toute espèce de céréales ; le blé donne en moyenne 25 minots par

arpent ; l'avoine, 50 minots ; l'orge 40 P 3 ? 2 t Lo

minots ; le seigle et le sarrazin, 35 minots ; les pois, 25 minots., -

Le blé-d’'Inde ne réussit pas très bien.

Le lin et le chanvre donnent un excellent rendement. ,

Les pommes de terre ou patates viennent mieux que partout ailleurs dans le Dominion of Canada. Des cultivateurs en ont récolté jusqu'à 1 200 minots par arpent.

La moyenne de production des navets et de 606 minots par acre de terre. ”

Les lécumes en général poussent avec une vigueur extrême. Les choux, les carottes, les oignons, melons, citrouilles, betteraves, panäis croissent à merveilles.

Les fruits sauvages ne manquent pas dans ces fertiles contrées. On trouve les bluets, les mures, les atocas, les fraises, les merises, les framboises, etc.

Les fruits du jardin, comme les pom-.

mes, les prunes, les poires, les gadelles, groseilles, cerises peuvent donner aux colons les meilleurs, rendements.

Le poisson abonde dans tous les lacs et rivières du Nord-Ouest et du Mani-

A TT Ll

sh)

om

toba. On mentionne comme les plusC ° nombreux la carpe, le doré, le broche.

le maskinongé, le poisson blanc, la barbue, le saumon, la truite et une foule d’autres.

Les gibiers et les animaux à fourrure y sont extrêmement nombreux, entre autres le bison, l'ours, le caribou, le cerf, le chevreuil. le loup, la chèvre et le mouton des Montagnes, le renard, le chat sauvage, le chat tigre, l’hermine, le lapin, le vison, le castor, le rat musqué, la belette, le faisan, la perdrix, les

, canards, les tourtes, etc.

Le bois et le charbon ne sont pas aussi rares qu’on le croit généralement. Il ya de précieuses mines de houille le long des différentes branches de la Saskatchewvan et dans la province du même nom.

On'a trouvé du charbôn sur les bords de la rivière McLeod. d'Athabaska. de la Paix, Mackenzie, à la Bataille et à la Biche. Il existe un terrain houillier . d'à peu près 25,000 milles carrés dans cette région bornée au nord par la

rivière Athabaska et au sud par la rivièré à la Biche, et dont la profondeur est at moins de 300 pieds.

Il y a également du charbon près de la rivière Souris, et à quelques milles à .

l'est d'Emerson.

En supposant même que le“bois et lé charbon feraient défaut, les colons

peuvent compter sur de vastes dépôts tourbeux qui peuvent foùrnir un excelient combustible. , IT Les terres du Nord-Ouest

On a divisé les terrains en tosynships de six milles carrés. Ces towi sont divisés en 36 sections. Chaqt section a une étendue de 646 acres ou un-mille carré. ‘ | , Pour obtenir uniitre du gouvernemènt chaque colon doit cultiver son lot de terre pendant trois ans, en vertu de la loi du homestead. IL lui faut être âgé de 18 ans et payer $10 pour l'inscription de son lot.

À part la loi du‘ homestead, le colon

TT 157

peut acheter une quantité égale de terrain dans le voisinage immédiat, à des prix variant de $2 à 8250 l’acre conformément aux dispositions établies par le Gouvernement et par le Syndicat du Pacifique.

Les endroits les plus fertiles de cette partie du pays sont les vallées des

rivières Rouge, Assiniboïne, de la Pluie, du Cygne, de Qu’'Appelle, de Souris, de la Saskatchewan, de l'Athabaska, de la Rivière à la Paix. ‘.

Les seuls iriconvénients qui se présentent sont les gelées un peu hâtives.

les maringoyins, les mauvais chemins, les tempètes, les feux de prairies, les sautérelles et le Sauvages.

- Ces inconvénients ne sont ,pas d’une nature très sérieuse et il est ‘très facile de se mettre à l'abri de ces derniers qui, du reste, ont des allures assez

acifiques.

PA Il |

Le voyage au Nord-Ouest

* On se rend au Nord-Ouest de bien des -mänières. : Les lignes suivantes sont

. celles qui peuvent donner le plus de confort possible.a l'émigrant canadien français.

Chemin de fer du Grand Tronc—de Québec à Chicago.

-——Ghemiréefer de Chicago, Milwaukee Bt. Saint-Paul—de Chicago à Saint-Paul. :

“Chemin de fer de Saint-Paul, Minnéa-:

—polis: et-Manitoba=de Saint-Paul à à Saint-- Vincent.

Embranchement de Pembina du Pacifique Canadien—de Saint-Vincent - à Saint-Boniface ou Winnipeg.

Par cette voie, l’émigrant ne change de convoi que trois fois seulemenÊ® ‘ Il |

Chemin de fer du Grand-Tronc—de Québec à Chicago. -

Chemin de fer de Chicagoet du Nord- Ouest—de Chicago à Saint-Paul.

Chemin de fer de Saint-Paul, Minnéa.

polis et Manitoba—de Saint-Paul à à Saint-

. Vincent.

Embranchement de ‘Pembina du Pacifique Canadien—de Saint-Vincent, à Saint-Boniface ou Winnipeg.

Par cette voie encore, l’on ne change

de convoi que trois fois.

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