‹ États-Unis, Manitoba et nord-ouest: notes de voyageChapitre 20 sur 28 · ot · texte numérisé non relu

ot

naire, qui se déploie lentement à nos

regards, trop lentement mème au dire

de mon voisia de gauche, qui.de temps

àautre plonge une main indiscrète dans

une caisse Où prônenr majestueusement. :

des enfants du Haut ‘Sauterne, de la Gironde et de la Champagne. En attendant le solide, dit-il, faisons mieux que

nos compagnons qui déchirent à à belles .

‘dents les salmis de’ canards aux.olives, :

et les poulèts de ‘prairie. :

Enfin notre tour est arrivé, er les fricandeaux de veaux aux petits pois

"vont rejoindre les filets de truite (au ‘gratin, s'il vous plaît.

A ? heures nous sortions dela tente.

à peu près gelés ; les naturels du pays ayant eu l'esprit d'allumer un feu pour éclairer la sèène, nous fûümes réchauffer :

. nos doigts glacés, avant de prenûre la

directiôn de Brandon, où nous devions, prendrele déjeûner, le lendémain matin

. 80 août.

1 est grand jour—? heures—et plusieurs de nos compagnons ‘armi- ceux qui se mettent aulit'à 8 heures p. m..

… Sonic. encore plongés dans les bras de - Morphée, exjtre autres mon ami Steven- .son de lt Aurora Borealis,”’que le bruit

de la fanfare ‘8e Brandon réveille en sursaut. Les abords de la gare regorgent.

de citoyens qui se disputent l'honneur.

de nous offrir l’hospitalité,- On nous ” mène à l'hôtel de Brandon, tenu par un.

Canadien-français, M. Bergeron. On fait un petit bout de toilette, et on déjeune à la-hâte, afin de pouvoir visiter une vills âgée de quinze mois. Des voitures sont mises à notre disposition, - mais nous préférons faire ia course à “pied. Nous rencontrons des Ganadiensfrançais dans tous les coins : ce sont les Taché, les Laberge, les Ousllet, les Ruel, etc. Tous paraissent enchantés de .

‘ nousrevoir! Cesont de vieilles connais-* gances, qui d'Ottawa, qui de Québec.

Deux deuxfils de M Pierre Laberge, de . St Roch, établis à Brandon depuis un

Ci aa

+ an seulement, ont déjà réalisé des bénéfices considérables. - - Après avoir visité la ville, nouë som- . ‘mes invités à nous rendre dans un + spacieux édifice appartenant au gôuver- | nement fédéral: Un diner somptueux :

présidé par le maire Daly, est. servi à ——400-personnes. On boït à la santé des __ Brandonites, à la santé de la presse etc.

Plusieurs excellents discours sogt pro- .

noncés, entre autres par M. Levasseur ‘qui, sans flattarie-aucune, a remporté la-

‘ palme en cette circonstance. Plusiours , dames de Toronto m'en ont fait de grands éloges, età plusieurs reprises. Ce succès a servi a accroître: {a popularité ‘des membres de la presse canadienne

. française auprès de nos amis d’Ontario.

M. Tassé devait le même soir à Portage la Prairie cueillirles applaudissements les plus enthousiastes. ‘

En route pour Portage la Prairie. A.

- 8‘heures:p. m. lextrain entrait en gare.” |

‘Mème réception qu'à Brandon, aussi cordiale et aussi hospitalière.

&- 122 ee

Toute une caravane de voiture à deux chevaux est là dans l'attente. Il's’agit d'aller faire une excursion dans la prai-

rie; visiter les grandes fermes qui avoisènent la ville eft le but de ce voyage.

. Nous nous laïssons faire avec la meil- . Jeure grâce du monde. C’est alors que —hous-avons-vücet- immense-champ-deé-séulement Nous avous vu fonctionner ces moissonpeuses, qui non seulement, coupent le grain, mais qui vous jettent à côté .d’elles les gerbes liées en bonne et due forme. C’est réellement beau de voir fonclionuer ces machines.

Après. avoir ainsi parcouru une quinzaine de milles dans la prairie, on nous, conduit. souper dans différents

| hôtels, les uns au#t Grand Pacific” les

. autres àl'hôtel Lorne. Quelques minutes après nous nous rendons à l'hôtel de ville, où l'élite de la société est déjà

-réunie auprès de vastes tables surchargées de.vins, de gâteaux et de fruits. Le maire.Collins, éditeur de la Marquette

‘123 Review préside à la tabie d'honneur. Au ‘ moihs une dizaine de discours ont été prononcés. ce soir-là Les éloges aux citoyens de Portage étaient aussi daris toutes les bouches, car il faut avouer ” qu’ils ontfait leschoses avec une dignité et une générosité sans égale. Honneur ——au-Maire-CoHins-et-à-ses-dignes-coba-———— ROUTE ————————— © ——— ‘Quand nous quittions nos excellents, ‘ amis de lacharmante ville qui venaitde. ‘ . nous fèter avec tanr d'éclat, il était près de onze heures. Aussi de l'Hôtel de ville - -ànotre fitil ne s’écoula pas cinq minutes.

- La nuit précédente avait éte si courte et marquée par tant d'incidents de nature.

à donner sur les nerfs, que le mieux qui ” nous restait à faire était d’estalader au plus vite le 2e étage de notre Pullman.

‘Demain matin, nous serons. sur la partie est du Pacifique, qui va de.

Selkirk à la baie du Tonnerre. J'avais “donné ‘le consigne à mon voisin de.

lit de ne faire lever au premier ‘ chant du coq. Je ‘fus servi à souhait;

aa es ee 4 ces k mt -

monami Pelletier, qui, par parenthèse,

se levait toujours avant le soleil, eut la

complaisancede m'annoncer que l'heure

du réveil était sonnée, et que, si je voulais voir des paysages charmants, il en était temps. '

Je m'habille à la hâte, je me frotte la

fgureavec deux ou troiscuilierées d’eai

sale que notre nègre avait dû recueillir --

.dans quelques trous marécageux du

Nord Ouest. Et vite je me glisse sur4da plate-forme en arrière du train.

Quel spectacle! De l'eau, des lacs, du :

boïs, des épinettes, ‘oui, des épinettes l Et puis des rochers:et même des mon-

. tagnes, de vraies montagnes... Et plus nous avançens dans notre course vers:

l’est, plus il y a des lacs, plus il y a des montagnes. Quelle nature tourmentée

que ce pays, où Dieu s’est plu à semer :

pour ainsi dire des îles et des-ilots sux un océan immense. Nous n'avons

‘parcouru que 120 milles de chemin:

durant la nuit, et nous nous trouvons dans un pays: si différent d'aspect de

celui que nous avors suivi la veille,

que j'ai cru pendant quelqnes minutes :

être le jouet d’un rêve. Mais non, la.

réalité était bien là, devant moi. Mes compagnons ne sont pas moins émer-

veillés du paysage qui s'offre à “leurs:

regards. -

Nous n'avons pas encore terminé n0$ Tékclämatiôns de joie en même” temps que de gurprise à la vue de cette contrée ER qu’on nous annonce que nous allèns bientôt-arriver à la petile ville du Portage du Rat, située comme on le sait, à la tête du Lac des Bois. Une réception

cordiale nous attend au Rideoutet chez

‘M. Macdonald, ‘Qui est à la tôte descieries

cousidérables, Les citoyens kt le Conseil.

de ville nous ayant ‘souhaité ‘la bien.

venue d’une manière officielle, nous.

nous.-mettons de suite à table, afin de

. pouvoir faire‘ensuite uncexedrsion sur.

le lac des Bois. [ci‘nous sommes les hôtes de MM. Manning et Macdonald.

. Un grand bateau remorqué par un tout

ui se déroule devant nous,

petit steamer nous fait décrire une

série de zigzags à travers les milliers ‘ d'iles qui couvrent le lac.:

La course est assez rapide, et parfois

lon dirait que le vaisseau qui nous

‘porte va aller s'abimer sur quelque

rocher ou écueil, tant la direction qui

Le

luï esi imprimée par notre toueur,

être. Mais aucun malheur ne nous est arrivé. La promenade dure près de deux heures, et à midi notre convoi

. continuait sa route vers l’est, en gagnant gag

le lac de l'Epervier. La voie n’est pas complètement terminée dans-cette par-

‘tie du pays. Le lieu étant très monta-

gneux, il à fallu construire des ports sur pilotis, dont plusieurs ont au moins

1000 à 1500 pieds d'un sommet à ” Fautre, leur hauteur dépasse aussi 70 à

80 pieds.

L Après avoir pris un “excelle ñt souper

” donnë par MM. Manning, Macdonald et.

Gie, nous retournons à notre Pullman,

non sans avoir crié plusieurs hourrahs

. semble différente de ce qu’elle devrait.

en l'honneur de ces aimables citoyens ré

‘du Portage du Rat, qui nous ônt reçus à bras ouverts.

. Le lendemain matin * ‘nous devions nous réveiller à Emerson, sur la fron-

tière du Manitoba. Partis de Winnipeg le lundi à 3 heures p. m. nous arrivä--

—mes-à-Emerson, le vendredi matin, .après avoir passé près de quatre jours sur le chemin du Pacifique.

. D'EMERSON A QUÉBEC Enfin nous voilà rendus à la frontière

américaine. Dans quelques heures nous :

la franchirons. dans un endroit très visiblementindiqué par de petits poteaux

plantés à courtes distance les uns des

autres, entre Emerson et West Lynne.

* À. Emerson comme ailleurs, les estomacs ont besoin de nourriture, et c’est ‘ce qu'on nous ‘propose. justement de

“faire à”notre::arrivée à: la: gare. . de.

cette charmante petite ville‘ qu’on a baptisée du nom‘d'Emerson. Une tren-

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