NOTRE EXCURSION AU NORD-OUEST
NI
L'excursion de 1882 est la plus longue et la'plus importante ‘qü'aient jamais
——entreprise les membres de l'Association
de la presse canadienne. On avait bien
- jusqu’à présent visité quelques villes.
des Etats-Unis et des Provinces maritimes, les grands lacs, mais jamais le ‘Manitoba et le Nord-Ouest n’avaient été explorés. Le trajet parcouru a été de 4,300 milles pour les journalistes d’On- ‘tario et de 5,326 pour ceux de Québec ;.
je le prouve comme suit :
* De Toronto à St-Thomas.… 121 milles.
De Si-Thomas à Détroit. 106 “ De Détroit à Chicago. …. 284 De Chicago à St-Paul...…. Sat ‘«
De St-Paul à St-Vincent…. 390. ‘ ..
De St-Vincent à Pense... 477
X sé De Winnipeg au lac Win-:
MIPEG... mens sssessssns 46
De Winnipegaulac Hawk 175 Du Portage du Rat au lac
ES Bis ernnree 30 « Alerte 2150 .
Retour... sossnnescrs 2150
1 "4300 * De Québec à -à Toronto et re-
ÉOUT nee sssesesssssere 1026 : *:
Total... sonne 5326 ‘
En moins de dixhuit jours nous avons donc parcouru plus de 1800 lieues, c’est-à-dire, une moyenne de 320 milles par 24 heures. C'est un voyage qui dans le bon vieux temps durait plusieurs
mois, alors que nos pauvres missionnaires, prenant la route des grands lacs, arrivaient au Fort Garry par le lacet la rivière Winnipeg. On n'avait alors pour. se transporter que le modeste
20“ ES canot d'écorce. Dans quelques années, quand la section qui va de la Baie du Tonnerre à Callendar sera terminée, on se rendra à Winnipeg dans 60 heures et aux Montagnes Rocheuses dans cinq
‘jours. L'année prochaine la ligne du Pacifique entre le lac Supérieur etles > montagnes sera complètement terminée, et elle se rendra jusqu'à 600 milles à ouest de Winnipeg avant les neiges, ce: ___
ui fera envirou-mille milles en opéra-
tion à la fin de l'automne, sans compter les embranchements de- St “Vincent et ”
de Selkirk.
Comme on le voit le Syndicat du
.Pacifique expédie la besogne avec une
assez grand célérité. Tous les jours on construit de 34 milles à 4 milles de
. chemin, y compris les travaux de tér-
rassement, la pose des rails, etc.
Il n’y a niponts, ni ponceaux à faire; on n'a qu'à poser des traverses sur un léger monticule de terre et des rails que lon réunit par des petites plaques de’ fer solidement vissées. Les “ nutlocks”..
n'ont pas encore fait leur apparition dans ces lieux “ barbares.”
Nous avons vu les ouvriers à la solde du Pacifique ; ily en a de toutes les nations et de toutes les lañgues. [1+ a des Anglais, des Ecossais, des Irlandais,
- des Norvégiens, des Suédois, et des Canadiens-frañçais, mais pas un seul . Sauvage, car trop lâches ils sont ! Les quelques compatriotes que nous ÿ avons
—rencontrés, se meurent d’ennui et se plaignent beaucoup de Ja nourriture, :
malgré les $2.50 qu'on leur paie par.
journée d'ouvrage. Beaucoup d’e pe, eux ont abondonné la.besogne et ceuxi/ qui restent m'ont paru désenchantés, et du pays et de leur entourage. ,
Il y a beaucoup de Canadiens-français dans le Manitoba et dans le Nord-Ouest, La ville de. StBoniface est presque exclusivement composée de Canadiens ei de Métis françäis. Dans Winnipeg il y en a un très granû nombre. À Portage
‘ la Prairie, à Brandon et tout lé long de
YA
‘là section ouest. du chemin de fer du: :
Pacifique. nous en avons rencontré plusieurs qui font bonne figureau milieu de leurs concitoyens de race étrangère.
Pour la plupart ils sont à la tête de -maisons decommerce d'une assez haute’.
importance ; de même qu’à Minnéapolis <
et à St-Paul, nous avons eu l’heureuse chance de nouer l'amitié avec des Cana- .diens-français, qui sont rois de la finan-
et mes compagnons de voyage.
Le police à cheval du Nord-Ouest compte dans ses rangs six de nos compatriotes dont les plus distingués sont M3L Maurice Duchesnay et Alphonse Tètu; -deux" Québecquois bien connus. Tous deux demeurent au Fort Qu’appelle, et, sont très bien vus des hautes autorités militaires. À notre arrivée à Troyes, à dix-sept milles du Fort sus-mentionné,
quelle ne fut point notre surprise de, voir slancer dans notre direction à - travers la.prairie une cavalacade d’une :
vingtaine d’habits rouges. À coup sûr
- nous-disions ‘à part nous, ce ne sont ni su de Sioux, ni des Gris, ni.des Sauteux Re
ce.\ Vaste sujet-de consolation- pOur Moi
C'était une escouade de sergents et soldats appartenant à la police à cheval” du Fort Qu’Afpelle. Notfé ami Duches- :
nay était du nombre de ceux-là, et on peut difficilement se faire une idée du plaisir que nous avons éprouvé à revoir une ancienne connaissance et un ami “d'autrefois. -
-—9æieur fait une vie dure à ces braves.
Trop—peu—nombreux-pour- pour FEI à
tous les besoins et ponr réprimer lesabus que commettent les Indiens, ils :
sont obligés pour ainsi dire de se muitiplier afin de remplir les devoirs qui leur incombent. Ils sont cinq cents distribués en groupe d’une infériorité trop grande pour être uliles.
De sorte qu'ätoutconsidérer, ce corps si vanté ne saurait jouer un rôle sérieux, :
à moins.q\'’on en double la force. Que peuvent faire en effet 30 à 60. hommes, si bien exercés qu’ils soient,côntre 200 à 300 sauväges qui ont des carabines à
‘leur disposition et les diverses ruses de guérre de leur côté? Il est fort étonnant
qu ‘ils aient pu rendre encore quelques services et mettre à la raison ces mauvais garnemenis de Peñux-Rouges dont j'ai vu de bien tristes échantillons. En .
- : générales Indiens Sioux sont assez inal disposés vis-à-vis autorité civile et militaire, et il n’y aurait rien d’étonnant .
‘de les voir se soulever tôt-ou tard, commeleurs frères des Esfts-Unis,contre le gouvernement. J'ai yu dans la Prairie plusieurs groupes-de- Sioux 71 ils sont —— id à f à faire peur au diable. ‘On les dit remplis de vices, paresseux, voleurs, ivrognes etc. La femme est la bôte noire de la famille ; les enfants pullulent,pour la bonñe raison que‘le gouvernement paie 65.00 par- tête, à chaque famille.
7 Alorsplus la famille est nombreuse,plus ‘Ja recetté est grosse. En huit jours ils.
dépensent les quelques dollars qui leur sont alloués par le gouvernement fédé..
ral, soit en liqueurs enivrantes, soiten :
tabac, et le plus souvent à à payer des dettes contractées. depuis plusieurs 5 lunes. ‘ : ;
Le chef des Sioux est fort exigeant. ::-
paraît-il. Quelques jours avant notre arrivée à Regina, devait avoir lieu la paye annuelle aux nations indigènes.
Les Sioux s'étaient rendus au Fort .
Qu’Appelle au nombre de 600. Avant tout
le chef s'avance et déclare au nom de
sa nation qu'il refusera tout argént, à moins qu'on ne Lui fasse bâtir une
-maison-en-pierre à deux étages, et qu'on ne lui fournisse une escorte de 20 soldats.
Cette demande ‘ridicule à été traîtée comme elle le méritait, et le grand chef
s’est-retiré,-rêvant sans dôute de: se venger. Te .
Voilà un trait'entre bien d’autres des :
exigences de ces’'individus pleins de perversité;t qui coûtent bièn trop cher au Gouvernement du Canada pour ce qu'ils lui rapportent de bénéfices.
se EV | » SUR LA ROUTE
ns
“De Détroit à Emerson, il nous.a fallu
‘bon gré mal gré parcourir les routes
- américaines. . J'avais .une assez bonne : opinion de la valeur. du territoire qu'il
‘ me. faudrait traverser, mais. j'étäis à -.
- ceït lieues de la réalité: J'ai parcouru " - sept Etats de la grande République: .
New-York, Michigan, Indiana, Illinôts, -
. Jowa, Minnesota. et Dakota. Le sol n’a°
pas fa même fe ertilité partout--les diffé
rences en sont même notables, de même que les -productions varient comme la ” latitude dé chacun d'eux. Ainsi. le Minnesota produit. surtout du blé ; © YJowa du bled-dinde ;-lIllinois, du bled-d’Inde, du blé, du seigle, et de.
V’avoine ; l’Indiana, du bled et du bledd'Inde ; le: Dakota, du bled et de Y'avoine ; le Michigan, le houblon et le sarrazin ; l'Etat de New-York, le sarra- + zin, les pommes . de terre; le foin, lei houblon, l’avoine, Vorge, etc. — Ces statistiques, poussées jusqu’à leur” dernières liraites, seraientextrèmem intéressantes, . si on pouvait-parven en faire ressortir un €tat compa avec les productions à du. Nord- Où
. #7 # Foi ee
> fais pour cette dernière contrée, il est presque impossible d'arriver à de justes
; |. : fonnées. J'ai pu cependant me procurer
# .: des chiffres exacts en ce qui a trait aux
| récoltes ,des divers états de l'Union
Américaine:-Je les donne tels qu'ils me
“sont arrivés. - > Les. Etats qui produisent le. plus de me.
© blé sont, par ord re de priorité, jusqu’au éouzième :: | | -