‹ Étemens d'idéologie (volume 2)Chapitre 18 sur 99 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

il est préoisément : enfin nous nous trompons même çnelquefois sur l'organe qui est afieoié; il nous tmVe de prendre l'un pour l'autre. Ces observations idiqnent bien qu'il n'est pas absolument de l'esenoe de la sensation de faire connaître d'où elle vient 1 par où elle vient ; qu'on sent souvent sans savrâr ela, et que par conséquent ce ne sont pas deux lioses inséparablement unies. Cependant tous ces its ne sont pas aussi décisifs que celui que j'ai aliéné à propos de la mémoire. On pourrait essayer 'expliquer ceux-ci par les circonstances de notre rganisation. A défaut de la preuve de fait , ayons OBo recours à la preuve de raisonnement , qui nous déjà réussi. Disons de la sensibilité ce que nous rons dit ée la mémoire.

Sentir une sensation est un acte de la sensibilité x)prement dite} et sentir que cette sensation nous ent d'un tel corps et par tel organe , c'est sentir un pport entre cette sensation et ce corps ou cet orne ; c'est un acte du jugement. Ainsi , il est évimt qu'il n'appartient pas à la sensibilité proprement te, et que par conséquent l'un n'est point essendlement et nécessairement inséparable de l'autre, noluons donc , quoique cela répugne à nos habides les plus invétérées , qu'il n'y a rien dans la simi sensation qui indique d'où elle vient ni par où e vient ; et qu'il a pu y avoir un tems où nous senns sans juger, sans sav<nr que nous avious un rp8 et des organes ,et sans connaître enfin que nous jkoïs par l'oeil , que nous tâtions par la main , et e oe que nous voyions et touchions était des corps.

34 IDEOLOGIE.

Je dis , ifu^U a pu y avoir un t^mt , et Don paa quHly a eu un tems ; oar en oonyenant de la justen» da raisonnement que nous Tenons de faire, et anqurf il me parait' impossible de se refuser , il est trèi* possible de demander si oes deux facultés de sentir et de juger ne naissent pas ensemble ; si elles ne résul* tent pas en même tems de notre organisation; il leurs actes ne sont pas toujours simultanés et ooih fondus , ce qui produirait le même effet que si elki n'étaient qu'une seule et même faculté : et ensuite, on peut demander comment, en supposant que oeli ne soit pas ainsi , il se fait que nous parvenons à eon* ntttre que notre corps existe , qu'il en existe d'an** très , et que ce sont là les eauses et les moyens de noi sensations. *

Sans vouloir encore traiter à fond oes deux questions secondaires , je dirai , à Tégard de la première, que les faits allégués ci-dessus commencent à prouver que la faculté de juger ne se dévelc^pe qu'après celle de sentir ; et que nous le reconnaîtrons encore plus clairemeift dans le chapitre suivant, où nous allons parler du jugement.

Quant à la seconde question , je vous promets que, quand nous en serons là , je vous montrerai comment nous apprenons successivement et graduellement à connaître que les corps existent, et qu'ils sont les causes de nos sensations ; et je me persuade que l'explication que je vous donnerai de ce phénomène ne vous laissera rien à désirer. Mais, quand même je serais dans l'erreur , quand les explications que je tous donnerai ne seraient pas satis&isantes , il s'ensuiTrait

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aetlementqae je me rais trompé , que j^ai mal y a la naiièn doot le iait arrive , qa'il fiiat la oherober de ooiFiao. Mais il n'en faudrait pas oonolnre que la MMition toute seule nous donne la oonnaissanee de te^ la eanae ; car il n*en serait pas moins vrai que fpMoà on ne Sût uniquement que sentir , ou n'apprend pas, par oe seul acte , d'où vient la sensation; ev sentir et juger sont deux choses différentes , qui HUt quelquefois séparées. Voilà ce dont il ne faut pas se départir, puisque cela est indubitable. Il ne KBible pas que ce soit avoir fait un grand pas que de s^étre assurç d^une vérité si simple ; cependaut vous verrez dans la suite que bien des philosophes l'^^sient pour n'y pas faire assez d'attention , et que MMS , nous en tirerons des conséquences très-impor- Uiiles.

Tous n'^avez vraisemblablement jamais observé iTM tant de scrupules les divers élémens de votre otelligence , et sûrement vous êtes surpris que Ton Uoouvre des parties distinctes dans des choses qui trsissent d'abord aussi indécomposables , et que les choses qui semblent si simples donnent lieu à mt de questions délicates. Peut-être aussi trouvezoos ma marche un peu lente , et mes recherches nnutieuses ; mais soyez sûrs qu'on gagne bien du en n'allant pas trop vite , et qu'on ne connaît que oe qu'on a examiné en grand détail. Bien* t vous Terrez que nous serons récompensés de noe patience. Pour le moment , je n'ajouterai rien au m que-je vous ai dit de la mémoire tvant celte diessioa. H me suffit devons avoir fait connaître ex&c- M 6.

36 IDEOLOGIE. a

temcDt oe que c'est , et en quoi elle consiste. Passou f^ au jugement. Quand nous aurons ainsi examiné) pour ainsi dire , pièce à pièce toutes les parties de h faculté de penser , nous les rassemblerons pour lei Toir agir ; et c'est alors que nous ferons des progrès qui seront rapides sans cesser d'être sûrs.

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