‹ Étemens d'idéologie (volume 2)Chapitre 70 sur 99 · CHAPITRE XYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYI

Igf'agit par un seul sigue, on exprime Pune à l'aide le six. mois et l'autre à Taide de sept. Ces deux rroupes forment chacun un ensemble , et nous avons Uns la tête deux idées nettes et complètes que nous muTons comparer; mais nous ne les aurions pas ans ces signes subsidiaires ^qui , dans le cas présent, lont des signes du second ordre par rapport aux leox qui nous manquent et qu'ils suppléent.

Maintenant examinons ces signes eux-mêmes qui ■eprésentent les idées composantes ; nous déoourri- ■OQS aisément quHls sont de différens genres , qu'ils i^ont pu être inyentés que successivement. On voit >ien qu'il a fallu désigner les choses avant de donner les noms aux qualités qu'on y remarquait ou aux lotions qu'où voulait leur faire éprouver, et expriner ces actions ou ces qualités relativement aux ihoses , avant de les considérer abstraitement. Ainsi , es noms des objets existans ont été inventés les iremiers, les verbes et les adjectifs ensuite, et les nbstantifs abstraits postérieurement. A plus forte -aison , on sent que les mots qui exprîment des relaions très -générales , comme le relatif qui et la prélosition £i^ ou des circonstances très-fines , comme 'article le, sont des créations plus récentes encore !t des productions d'esprits plus exercés. H y a plus; ions avons déjà observé , et ne l'oublions pas , que :es substantifs , ces adjectifs , ces verbes sont d'abord les noms particuliers et propres à la chose qu'ils expriment , et ^'ensuite ils ont été généralisés par les réflexions subséquentes. En outre, chacun de wa^mots principaux , par les différentes désinences

25o IDEOLOGIE.

qui constitoent sa déclinaison ou sa oonjugail4|| expriment diyerses oiroonstanoes de nombre, et genre , de tems , de personne , qui font de chaeiUR de ses formes une idée distincte. Tout cela e^est autaut de résultats d^analyses successives, quignduellement rendent poMibles celles qui les suirent; TOUS y observez la même progression et d^ degrés plus nombreux encore que dans la formation (ht mot un et dans celle des premiers noms de nombre, puis des noms de dîxaines, de centaines, ete.; et vous reocmnaissez que, dans un cas comme dans Pautre , il n^a d^abord. été possible de faire qa'in petit nombre d^opérations , et que la capacité de combiner et ceUe de calculer se sont également accrues en proportion de la pvrfection de leurs iu^ trumens.

Pour rendre cette vérité plus frappante encore, faites un essai bien simple ; représentez-vous où vous en seriez si , pour exprimer la proposition qoe nous avons prise pour exemple , au lieu d'employer les treize mots qui la composent , vous substitaiei à chacun d'eux la description complète de toutes les idées partielles qu'ils renferment , des points de vue sous lesquels on les a envisagées pour les réunir, et de leurs relations avec celles comprises sous les aa* très mots ; il est bien clair qu'il en résulterait un ver^ biage épouvantable, au milieu duquel il vous serait impossible de saisir le sens général de la proposition. Cependant toutes ces analyses prélinrinaires sont faites, il ne s'agit plus de les découvrir-, vous n'auriez qn'à les retracer , et vous ne le pourriez même qa'à

Page 1