‹ Étemens d'idéologie (volume 2)Chapitre 76 sur 99 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

fkvLi attribuer la plue grande partie de cette différence à œlle qui existe entre la langue des noms de nombre et la langue des chiffres, ces derniers représentant par leurs places seules une multitude de rapports, c^est-à-dire de jugemens, que n'expriment pas les noms même écrits. Je m'en tiens donc an premier fait^ il suffit pour prouver l'utilité des •ignés permanens, à ne considérer même que leur effet actuel, et sans parler de la propriété qu'ils ont encore de consenrer pour d'autres tems et d'autres lieux des suites d'idées qui , sans eux , seraient impossibles à perpétuer et à transporter. Les sons , au moyen de l'écriture , acquièrent donc tous ces arantages , et seuls, entre tous les signes passagers, ils ont celte prérogative $ car tous les signes quelconques peuyent bien être traduits , mais nuls , excepté les saoB , ne peuvent être écrits. Pour que vous entendiez bien ceci, jeunes gens , il faut que je vous fasse voir nettement en quoi consiste l'opération de traduire et celle d'écrire. J'ai commencé à vous en donner une idée lorsque je me suis refusé à regarder les alphabets comme des langues, et les caractères alphabétiques comme des signes d'idées * ; mais cela ne suffit pas , et c'est ici le lieu de compléter cette explication.

Traduire ect une opération par laquelle on unit aux signes d'un langage les idées qui étaient jointes à ceux d'un autre langage ; à une première association elle en substitue une seconde , et , par consé-

' /V^vs la Gramnairey chap. vi>

a^ IDÉOLOGIE.

qncBl , elle néoesâte de les avoir toutes denx pri sentes à la Ibis à Pesprit. Cette opératioD a lieu tootc les fins que «mis transportons nos idées d^une à nos lan|>iies parlées dans nne autre ; mais elle n' pas moins lieu quand nous exprimons des signaiv par des gestes, des gestes par des hiéroglyphes « autres 6gures , ecs figures par des mots; ou senlemeD quand nous suhstituons un système de signes êi ehaeune de oes espèces à un autre système de li même espèee. En général , il y a traduction dès qw nous mettons un langage à la plaee d'un autre. Geit opération de traduire se fait également dans mm tétos, soit que nous émettions des idées, sott tjm nous les recevio n s, dès que la langue dans laquell nous les reoevons on les émettons n*c8t pas celle ave lacpielle nous les formons , odle à lacpielle elles son intimement liées en noas. La peine qu^elle non route est exactement proportionnée au plus ou moin, d^habitude que nous avcms d'associer dos id^ an] agnes de la langue dans laquelle ou de laquelle noa traduisons : si cette seconde langue pouvait nous ètr aussi familière que celle dans laquelle nous pensons si nos idées pouvaient être également liées aux si gnes de Tune et de l'autre , si enfin nous pension indifféremment dans toutes deux , la peine de 1 traduction serait nulle , ou plutôt il n'y aurait pa traduction. Mais je ne crois pas que cette parfait égalité puisse exister dans une tête humaine; et s elle a lieu , ce ne peut être qu'entre deux langue parlées , entre deux systèmes de signes vocaux : cai nous avons vu qu'aucune autre espèce de signes m

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