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CHAPITRE IX

DKS PROPRléT^S DBS CORPS ET DB LEUR RELATIOTT.

Il demeure donc convenu que tant que nous ne faisons que sentir , nous ressouvenir, juger et vouloir sans qu'aucune action s'ensuive , nous n'avons counaissanoe que de notre existence , et nous ne nous connaissons que comme un être sentant , comme une simple vertu sentante, sans étendue, sans forme,

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sans parties, sans aucune des qualités qui coosiituent les corps.

Il demeure enoore oonstant que, dès que notre volonté est réduite en acte , dès qu'elle nous &it moa- VOIT , la force d'inertie de la matière de nos meoikrei, la propriété qu'elle a de résister au mouvement ayant d'y céder , nous en avertit, nous donne une aeosition qui peut-être ne nous apprend enoore rieu de nouveau ; mais lorsque ce mouvement que nous sentons , que nous voudrions eontiniuer , est arrêté, nous découvrons avec certitude qu'il existe autre ohoK que notre vertu sentante. Ce quelque chose c'est notre corps , ce sont les corps environnans , c'est l'anivera et tout oe qui le compose.

La propriété de résister à notre vakmté de nou mouvoir , est donc la base de tout oe que nous apprenons à connaître. Un être qui ne serait pas résistant du tout , ne pourrait nous donner aucune sensation. Il serait le néant absolu pour nous.

Cette propriété est la force dHnertie des corps , qui n'a lieu et ne se découvre que par leur mobilité.

La mobilité et l'inertie sont donc à notre égard les deux premières qualités des corps , celles sans lesquelles notie organisation ne saurait subsister, sans lesquelles nous ne pourrions rien connaître , lien sentir même , sans lesquelles enfin nous ne pouvons seulement concevoir ce que serait l'existence de Tunivers.

Ces deux propriétés en nécessitent une troisième, c'est celle en vertu de laquelle les oorps en mouvement oui la puissance d'agir sur les autres.

DE l'idéologie. 3o'j

de les déplacer ; je l'appelle la force (TimpuUion.

La mobilité, Vinertie et VimpuUion sont donc trois propriétés inséparables et oorrélatiyes ; nous ne faisons d'abord que sentir leurs effets , sans savoir oe que c'est que le mouvement.

Nous apprenons que le mouvement consistée changer de place , en éprouvant que les obstacles qui s'opposent à nos mouvemens ont la propriété d'être sentis oontinuement par nous pendant que nous faisons du mouvement. Cest en cela que consiste la propriété d'être étendu.

Uétendue est donc pour nous la propriété d'être parcouru par le mouvement. Ce qui est senti ainsi est un être existant , réel. Ce qui ne nous donne aucune sensation pendant que nous nous mouvons , n'est rien , est le néant , le vide.

L'idée de Vespace vide ou plein est une idée abstraite de ces deux-là , l'être et le néant , rapprochées sous le rapport de leurs relations avec nos mouvemens.

'Uétendue est une propriété sans laquelle nous ne pouvons concevoir aucune existence réelle ; car nous ne pouvons comprendre comment existerait un être qui n'existerait nulle part.

De la propriété d'être étendu dérive nécessairement celle d'être impénétrable , c'est-à-dire , de ne pouvoir céder sa place sans en occuper une autre ; d'être dtpisible , c'est-à-dire , d'être composé de parties existantes dans des places différentes; d'av(Hr une certaine forme , c'est-à-dire , d'être circonscrit dans certaines limites.

On ne cUnrraU pis coofoniirc les mdUjarmu cftjEgurê, Lft forme que uoas lernniMi— M par le tact à unoorpf, eit toujoari la même ; clic ffjuilc à aobt vue diïiéreiitef figuref , stmrant les cûooBiliBees et

lef potfitionj.

La porosité est une propriété géoéiale de to«s Ici êtres étendus connus , et ne pourrait aroir lien ans rétendue } mais elle n'en est pas une oonséquenoe néoessaire.

Observez que l^inertie ne prouve pas que la matièit ait plus de teudsnoe au repos qu'au mouvement ; et quand Texistenoe des êtres animés ne suffirait pas pour prouver qu'elle est essentiellement active, toates les attractions , toutes les propensions à des monvemens spoutaués que nous observons dans les étresqui, élaut itiorgiiuisés , n'ont aucun mojen de nous maniftidlur leur aoliou iuteme , devraient nous faire coqolui*o ({u'ils n'ont besoin d'aucune impulsion étrangère |H)Ut' être mus.

Observons ciioore qu'aucune des propriétés ci-dessus f^uoncées ne pourrait avoir lieu dans des êtres privi^s dV^tendue.

lin durée , au contraire , pourrait appartenir à des (Ures in^t(tndus , si nous pouvions en connaître ou mi^iue en concevoir de tels.

\a\ seul sentiment de notre existence , la seule succession de nos sensations , suffît pour nous donner ridét^ do la durée ; mais si nous ne connaissions rien autre chose , nous n'aurions aucun moyen de la me- !<uror ; nous ne |x)un*ions avoir Tidée de f^mx, qui est colle truue durée mesurée.

DE L IDEOLOGIE. Sog

Pour formel* celle- oi , il faut connaître le mouyemenl et Tétendue ; car nous ne mesurons la durée que par le moyen du mouvement , lequel est représenté par retendue ; et ensuite la durée et l'étendue combinées nous servent à mesurer le mouvement luimémé. Nous allons voir dans le chapitre suivant comment cela se fait.

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