APHORISME XIV
Enfin quand les motifs de détermination nous mandent invinciblement, il faut savoir rester dans le doute complet et suspendre absolument notre jugement, plutôt que de l'asseoir sur des apparences Vaines ou confuses, puisque dans celles-là nous ne lommes jamais sûrs quHl n'y ait pas quelques élémens faux.
Remarque et conclusion,
Cest là le dernier des principes logiques, et le plus essentiel de tous ; car , en le suivant, nous pouvais bien rester dans Tignorance, mais nous ne pouvons jamais tomber dans Terreur, toutes nos erreurs Tenant toujours de ce que nous admettons , dans ce ^Be nous savons , des élémens qui n'y sont réellement pas , et qui nous mènent à des couséquences ^ne devraient pas suivre de ceux qui y sont efiectiîement.
En effet , si depuis nos impressions premières les plus simples , jusqu'à nas idées les plus générales et ^ leurs coinbinaisons les plus compliquées , nous it'avions jamais reconnu dans nas perceptions successives que ce qui y est , nos dernières combinaisons Seraient aussi irréprochables que le premier acte de notre sensibilité. Ainsi, il est bien certain qu'eu ri-
^enr logique noiu ne éemmu jamais porter on jngemenk , que noua neTQjîoos nettement que le sujet renferme Tattribut , o*c8t4-diire qœ le jugement ert ju5te.
Mais en même temps il est bien vrai aussi que dias le cours de la TÎe nous arrivons rarement à la oertitude, et que pourtant nous sommes souvent obUgés de prendre un parti par prorision , d'autant que m- Tenk n*en prendre aucun e^est en prendre un , et mine très-dMsif. Sans done renoncer au principe que «m Tenons de poser, ni y déroger en aucune niamini il convient de parler actuellement de la tbéoriedeli probabilité. Cest un sujet que j'aborde aveo r^pignauce, premièrement parce qu'il est très-difficik et encore très-peu éclairci; ensuite, parce qu'on se peut se flatter de l'approfondir , quand on n'est ptf très au fait des combinaisons de la science des quitités et de la langue qui leur est propre; St enfii parce que , même avec ces moyens , la nature du sujet prive de l^espërance d'arriver à presque aucun réisl' tat certain . et ne laisse que celle de bien calculer les cbances. Essayons cependant de nous en laire da mcnns une idée nette et juste; ce sera peut-être déjà contribuer à ses progrès.
La science de la probabilité n'est point une partie de la Ijogique , et ne doit pas même être regardée comme en élant le supplément. La Logique nous enseigne à porter des jugemcns justes, et à faite des séries de jngemens , o^est-à-dire des raiscmnemeni qui soient conséquens. Or, il n'y a point, à proprement parler, de jngemens ni de séries de jugemens