A LA PREMIÈRE SECTION
qni floient probables. Quand on juge qu'une opinion on un fait sont vraisemblables, ou le juge |KMitivenent, et ce jugement est juste, faux ou téméraii-e, iniyaiit que Ton a bien ou mal obseiTé les principes de l'art logique. Mais, medira-t-on, la science de la probabilité nous apprenant à évaluer la probabilité d'vne opinion, nous apprend à porter avec justesse le jugement que cette opinion est ou n'est pas probable. D'accord ; mais elle produit cet eilet , comme la science des propriétés des corps , la Physique , nous apprend à porter le jugement que telle propriété appartient à tel corps ; comme la science' de Tétcuduc nous apprend à porter le jugement que tel théorème résulte des propriétés de tell e f igu re ; com me 1 a science de la quantité nous apprend que tel nombre est le résultat de tel calcul ; enOn comme toutes les sciences noos apprennent à juger sainement l'es objets de leur ressort. Cependant on ne peut pas dire , et on ne dit point qu'elles ne sont que des parties de la Ix>gique, ni même qu'elles en sont des supplémcus. Toutes, au contraire , ne portent la lumière dans les sujets qu'elles traitent , que par les moyens et les pn)oédés que leur fournit la saine Logique. Celle-ci sert à toutes les sciences , mais aucune d'elles ne la secourt directement , ni ne la remplace, ni n'en fait partie , ni n'en est le supplément. La science de Li probabilité n'a point à cet égard de privilège particulier; c'est, sous ce rapport, une science comme une autre.
Mais je vais plus loin : la science à laquelle on a donné le nom de science de la probabilité , n'est point
une soienoe; ou , pour m'ezpliqaer plus clair «^MHnprend à tort aoiu ee nom colleetif et ooi une moltilnde de soienoes ou de portiknu de oc toutes différentes entre elles, étrangères les ui autres , et quUl est imposrible de réunir sa: oonfbndre. En effet, œ que Ton appelle com ment la gcience de la probabilité nMifenne de ties bien distinctes , sarar , d?unc part, la rec de révaluation des données, et de Taulre le on les combinaisons de oes mêmes données.
Or , le snccès de la reoberohe et de Tévaluat dcmnées , sHf s^agit de la probabilité d^une nai consiste dans la connaissance des oiroonstanc près an fait en lui-même et à tons ceux qui parlé; ainsi il dépend et fait partie de la soif l^Hîstoire . S^il s*agit de la probabilité d^un évéi physique, cette reoberohe des données cousis quérir la connaissance des faits antérieurs et < liaison ; ainsi elle appartient à la Physique, question de prévoir les résultats dVne institn' ciale, ou des délibérations d^une assemblée mes , les faits antérieurs sont les détails d'un uisation sociale, ou des dispositions et des op^ inlellectucUes de ces hommes ; ainsi ils dëpen la science sociale, ou de la Morale , ou de rid< Enfin , quand il ne s'agirait que de prévoir le ces du jeu de croix ou pile, les données sen cunstruotion de la pièce , le mode de résista; milieu daus lequel elle se meut , celui de contre lesquels elle peut heurter , les mom propres au bras qui la lance, et qui lui sont ]
A LA PREMIÈRE $ECTIO?r. 1 ^ '>
niouis faciles ; ainsi ces données dépendraient enrore de la physique des corps animés et inanimés. IJonc quant à la recherche des données et à la Oxalion rie leur importance , la prétendue science de la probabilité est composée d^unc multitude de sciences dilléi^ates , suivant le sujet dont elle s'occu]>e, et par conséquent n'est point une science particulière.
Quant à la combinaison des données une fois bien établie , la science de la probabilité nVst autre chose, lorsqu^on y emploie le calcul , que la science de la quantité ou du calcul lui-même; car, la difllculté He consiste pas à donner à Punité abstraite une valeur concrète quelconque, et tantôt Punc et tantôt Vautre , mais à connaître toutes les ressources que fournit le calcul perfectionné , pour faire de cette unité et de tous ses multiples , les combinaisons les plus compliquées, et les encliaiuer régulièrement sans en perdre le fil.
On voit donc que ni sous le rapport de la recherche et de révaluation des données , ni sous celui des combinaisons de ces mêmes données , la prétendue science de la probabilité nV'st une science particulière et distincte de toute autre.
On pourrait plutôt la regarder ou comme une branche de la science des quantités , et comme un emploi que Ton eu fait à certaines parties de beaucoup de sciences diii'érentes qui sont susceptibles de cette application, ou comme la réunion de portions éparses de beaucoup de sciences étrangères les unes aux autres , qui ont seulement cela de commun , de donner lieu à des questions que Ton ne peut ré-
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flondrc que par un emplaî très-savant et très-dâKat des moyens admirables de oalcal que fournit h science des quantités dans Pétat de perfSeotion oi elle est maintenant parrenne. Mais ce n'est pas encore là voir la théorie de la probabilité dans tonts son étendue; car on ne peut pas toujours emplofBr le calcul à Testimation de la probabilité. Néanmaîv je cette manière de considérer et de décomposer ceqas k Ton appelle la science de la probabilité, nous ex- |$ plique déjà beaucoup plus de choses qui la ccnoer- \c nrnt, et nous met sur la Toie de nous en fain uns js idée nette et complète. L
On voit d'abord pourquoi ce sont des mathémslt \. cicns qui en ont eu Vidée , et qui Font pour ûrà v. dire créée et faite de tontes pièces. C'est parce qM| i : comme telle qu'ils Tout conçue, elle consiste priuoîpalement dans l'emploi d'un agent puissant dont ili di^pasaient, ils ont pu pousser très-loin des spéow-' lalions que les autres hommes étaient obligés d'ibiidonner faute de moyens pour les suivre.
On voit aussi pourquoi ces mathématiciens se sont premièrement et presque uniquement occupés de sujeU dont les données sont très-simples, tels qne les chances des jeux de hasard et des loteries, oa les ellets de l'intérêt de Targent placé. Cest queleor principal avantaj^e consistant dans leur grande htbileté dans le calcul, ils ont avec raison préféré les objets où cette partie est presque tout , et on le chcii et l'évaluation des données ne présentent presque aucune difficulté ; et c*est en effet dans les cas de ce genre qu'ils ont obtenu des succès curieux et ntiks.