‹ EthelChapitre 138 sur 172 · CHAPITRE XIX. 2TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. 2TI

(( — C'est un homme ; il y va de sa vie.

« — Madame e n'sait donc pas que c'est lui qu'a été au-devant du faux Macnally ; lui qui l'a conseillé, qui li a baillé des papiers; enfin, qu'c'est une vipère que vous réchauffez dans votre sein, l^our qu'ai' s' tourne contre vous ?

« — Vous ne la croyez pas, j'espère, ma bonne dame, s'écrie piteusement Robinson ; oh ! vous êtes trop noble pour la croire, vous ! . . . Elle ment.

« — Je n'ons jamais menti.

« — C'est une coquine; elle est connue, d'ailleurs , pour m'en vouloir ; je vous dirai pourquoi. Vous ne la croyez pas, n'est-ce pas... vous ne la croyez pas?

« — N'importe , » réplique Elhel.

Aidée de Gaston , qui s'était rapproché , elle parvient enfin à soulever le bahut; on y fait entrer le régisseur infidèle et l'on met un coin de bois entre le bord du coffre et le couvercle , afin que l'air, s'introduisant par la fente, empêche l'homme d'étouffer dans la boîte : une nappe , ouvragée dans le goût gothique , recouvre cette espèce de crédence et dérobe l'ouverture à tous les yeux.

« Je vous défends, dit Ethel à Hannah , de révéler la cachette de ce malheureux ; je vous le défends au nom de votre mère.

« — Ma mère! al dirait comme nous, répond Hannah en jetant sur le bahut un regard oblique.

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à la fois grave et féroce , qui faisait un contraste effrayant avec le bleu de ses grands yeux bien fendus et transparents comme l'eau du lac.

<( — N'importe , je vous ordonne de ne pas trahir Robinson : si vous me reconnaissez pour votre bonne maîtresse , vous m' obéirez. »

Cependant le curé , malgré son éloquence, ne peut retenir plus longtemps les paysans furieux ; l'émeute est une fête pour ce peuple , dont le désordre est l'élément.

(( Nous entrerons , nous entrerons ! crient trente voix à la porte de la salle.

« — Entrons, entrons, répondent les femmes, toujours plus acharnées que les hommes dans ces scènes de passion.

« — Il nous faut la tète de Robinson. Ce n'est pas trop que de nous tous pour arracher d'ici ce méchant , ce traître , ce vilain !

« — Il n'y est plus, vous dis-je.

« — Nous verrons bien ! »

Là-dessus la foule repousse le bon abbé Patrice , qui recule jusque dans la salle , dont les portes restent ouvertes après qu'il les a franchies en trébuchant : les paysans , étonnés de leur premier triomphe , s'arrêtent sur le seuil.

Les deux ou trois hommes les plus déterminés pénètrent seuls jusqu'en la présence de lady Ethel ; le reste demeure dans un respectueux

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