CHAPITRE XII
chambre d'Elliel , qui le porta plus tard à sa maîtresse dans un moment où Gaston était sorti.
A peine eut-elle achevé la lecture de cette singuhère lettre, qu'Ethel y répondit en ces mots :
« lime semble, monsieur, que l'époque où l'âge me fera naturellement sortir de tutelle n'est pas assez éloignée pour motiver le parti que vous me conseillez de prendre. Malgré l'ignorance que vous m'attribuez , et contre laquelle je protesterais en vain , je comprends que la conséquence d'une démarche comme celle qu'on me propose serait de déshonorer M. de Montlhéry, mon beau-frère , dont les procédés envers moi méritent toute ma reconnaissance. Vous me permettrez d'être seule juge en cette matière , et de vous remercier, comme je le dois, de l'oftVe que vous voulez bien me faire , ainsi que de l'intérêt dont vous paraissez autorisé à me donner l'assurance de la part des anciens amis de ma tante.
« M. de Montlhéry étant mon plus proche parent , il me paraîtrait scandaleux de ne pas lui laisser l'administration de ma fortune. Quelle raison donnerait-on pour la lui retirer ?
(( J'ignore la source des propos malveillants qui circulent dans un monde auquel je suis
iS» ETHEL.
étrangère ; mais le simple bon sens me dit que , pour ôter la tutelle à mon beau -frère , il faudrait commencer par l'accuser de malversation : or, qui prouvera cette accusation ? Quant à moi , monsieur, je vous déclare que je suis décidée à témoigner publiquement en sa faveur, si jamais un procès de ce genre lui était intenté.
« Je finis en vous promettant de lui cacher votre lettre et ma réponse.
« Recevez , monsieur, l'assurance des sentiments de considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être
« Votre très-humble et très-obéissante servante ,
(( Ethel Macnally. »
Cette réponse fut envoyée à M. Barclay par la voie qu'il avait prise pour faire parvenir sa lettre.
Ethel se garda , selon sa promesse , de faire connaître à Gaston cette correspondance , qui l'aurait rendu si heureux , puisqu'il y aurait vu une nouvelle preuve de la grandeur d'âme , de la droiture de cœur de la femme qu'il adorait.
Sans être dure ni coquette , Ethel était loin de se douter des exigences du sentiment qu'elle inspirait : maligne , insouciante , elle faisait souvent du mal sans le savoir. On est