CHAPITRE XII. iSS
« Madame ,
« En qualité d'avoué de lady Buckland, je me crois autorisé à vous instruire des bruits fâcheux qui circulent dans le monde sur la conduite et sur les vues de M. le comte de Mont- Ihéry à l'égard de votre seigneurie. Sans entrer dans des détails qui pourraient blesser sa délicatesse, je viens mettre mon expérience et mes talents h sa disposition, si elle jugea propos de se soustraire à la tutelle d'un homme qui n'use de son autorité sur elle que pour nuire h la réputation d'une jeune personne digne de toutes sortes de respects. Je puis assurer d'avance à votre seigneurie qu'il y a lieu de croire qu'une réclamation de sa part serait accueillie favorablement par le chancelier d'Angleterre , et que l'éclat d'une telle démarche , loin de nuire h son établissement dans le monde , serait peut-être le seul moyen de réparer le scandale passé et d'en éviter un plus grand pour l'avenir.
« On ferait valoir ce que de droit, la jeunesse de votre seigneurie , son ignorance des choses du monde , et le courage avec lequel elle aurait pris subitement le parti de la révolte dès qu'elle se serait aperçue des pièges qu'on lui tendait.
(( J'ajoute que l'avis que je crois de mon devoir de donner ici à votre seigneurie est également celui des personnes les plus recom-
mandables de la haute aristocratie de Londres , telles que sa grâce la duchesse de Fonthill , leurs grâces les ducs de D..., de W..., enfin les amis les plus intimes de feu sa seigneurie la comtesse de Buckland , votre tante, dont j'avais l'honneur de diriger les affaires. Je lui dois la justice de dire que si mes efforts ont été couronnés d'un succès constant, ce résultat est dû à la confiance sans bornes dont elle m'honorait , et dont j'ai profité uniquement dans ses intérêts. Elle a suivi mes conseils en toute occasion, et j'ose dire que sa soumission à l'expérience d'un autre était une preuve de la fermeté de son propre jugement. En perdant son puissant patronage , je puis du moins me glorifier de n'avoir rien négligé pour justifier l'estime dont elle a bien voulu m'honorer, et j'ai la consolation de penser qu'elle n'a jamais eu lieu de se repentir de me l'avoir accordé.
(( Permettez-moi de ne pas finir cette lettre sans me dire , de votre seigneurie , le trèshumble et très-obéissant serviteur ,
Richard Barclay , Avoué (AUorney). »
Bartlett's Building , n° 20. »
Cette lettre ne fut pas envoyée par la poste ; un homme sûr remit le paquet à la femme de